Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de l'Orne (61)

Published on September 9, 2026

Voyage 61 : Un air léger et une mine déterminée … !

« Les crayons c’est pas du bois et de la mine, c’est de la pensée par les phalanges. » (Toulouse Lautrec)

Des informations recueillies sur la planète FR61 - Orne, il ressortait clairement que cet astre très rural avait donné naissance à l’un des inventeurs les plus universels de la galaxie terrestre.
Au plus fort d’un mois de juillet très caniculaire, l’ISS ENTerPrisE s’est donc posé sur l’astroport de la colonie principale d’Alençon avec la ferme intention de se pencher sur un certain Nicolas-Jacques CONTÉ. Et l’équipage ne fut pas déçu… La vie de Nicolas-Jacques est une constante et vertigineuse ascension de l’échelle sociale, au travers des arts et des sciences, et à la force de son impressionnante I.A (pour intelligence avertie !).
Nicolas-Jacques est né le 4 août 1755 dans le hameau de Saint-Cénery sur FR61-Orne d’un père laboureur et d’une mère qui filait la laine. Avec pour seul bagage une initiation de deux ans aux lettres latines, il est placé comme aide jardinier à l’Hôtel-Dieu où il se fait remarquer pour ses talents de dessinateur et ses goûts prononcés pour les jeux physiques et chimiques.
Formé au contact du peintre Greuze notamment, à 30 ans, Nicolas-Jacques est devenu un artiste peintre portraitiste de renom. Installé à Paris, il exerce dans l’entourage du Duc d’Orléans et entre en contact avec les milieux scientifiques et techniques de la capitale.
Jeune, isolé dans sa province, Nicolas-Jacques s’était déjà fait remarquer pour ses inventions : un appareil de mesure angulaire pour perfectionner les levés topographiques, une machine hydraulique pour l’arrosage des terres ainsi qu’une montgolfière lâchée depuis une tour de la cathédrale de Sées (FR61).
Son séjour à Paris lui permet de se former à la physique et à la chimie. Favorable à la Révolution, il reste plutôt dans l’ombre jusqu’en 1793 où il devient l’assistant du physicien Coutelle, responsable du centre de recherches sur les armes aérostatiques à Meudon, au contact de savants dont Monge, Bertholet et Lavoiser. Son rôle déterminant d’ingénieur dans la mise au point de l’arme aérostat lui vaut de recevoir, en 1794, la direction de l’Ecole Nationale Aérostatique, crée par la Convention Thermidorienne pour assurer la formation scientifique et technique des futurs aérostiers. Une explosion lors de travaux sur les vernis lui provoqua la perte de son oeil gauche.


Fabrication de l’aérostat - dessin de Nicolas-Jacques Conté
 
En lien avec ses activités artistiques, Nicolas-Jacques s’était intéressé très tôt à la fabrication de couleurs stables pour le dessin, la peinture et surtout l’émail. En 1794, il fut chargé de trouver un substitut aux mines de graphite utilisées par les ingénieurs civils et militaires et dont l’approvisionnement était coupé par la guerre avec l’Angleterre qui en était le seul fournisseur. Le 30 janvier 1795, il dépose un brevet qui marque la naissance du crayon par mélange de graphite et de kaolin cuit au four pour les artistes et par trempe dans un bain de cire ou de suif pour les ingénieurs, architectes et géomètres. D’inventeur, Nicolas-Jacques devient entrepreneur en créant en 1796 avec son jeune frère une manufacture de crayons. Son procédé bouleversa universellement la production des crayons au point que le nom Conté remplaça le mot crayon dans le vocabulaire jusqu’au Japon !
Et la carrière de Nicolas-Jacques ne s’arrête pas là ! En octobre 1794, la Convention le désigne parmi les 3 démonstrateurs du Conservatoire des Arts et Métiers qu’elle vient de créer pour en assurer le développement et l’organisation.
En 1798, Nicolas-Jacques est envoyé en campagne d’Egypte où l’inépuisable technicien qu’il était, mit au point notamment des pompes à incendie, des fourneaux à rougir les boulets utilisés contre la flotte anglaise ainsi que protection contre la rouille des armes. « Il avait tous les arts en main » (Monge) et « fut la colonne de l’expédition » (Berthollet) au point de recevoir les éloges et la confiance de tous les savants et des généraux en chef dont un certain Bonaparte. Conté fit fabriquer des sabres pour l’armée, des ustensiles pour les hôpitaux, des instruments de mathématiques pour les ingénieurs, des lunettes pour les astronomes, des crayons pour les dessinateurs, des loupes pour les naturalistes…
Le premier Consul Bonaparte, qui professait pour Conté la plus haute estime, l’avait mis au nombre des premiers membres de la Légion d’honneur, le 26 frimaire an XII (18 décembre 1803). Mais la santé de Nicolas-Jacques déclinait et il est mort dans sa cinquante et unième année.

La mission StarITPEtrek tient en profonde admiration les « allumés de la science et de la technique » tels que Nicolas-Jacques Conté qui cumulait également de réels talents d’artiste. Elle le place Incontestablement aux côtés d’un certain Léonard De Vinci, génie de la Renaissance trois siècles plus tôt !
Pour ceux-là, il faudrait inventer une dénomination comme Ingénieurs et Tellement Plus Encore !

« Mon cerveau a besoin d’apprendre en permanence ! »

Quentin CATHRIN-HAMELIN

Quentin CATHRIN-HAMELIN est chef de l’unité départementale “Eure - Orne“ de la DREAL Normandie à Alençon.

Abandonnez pour une fois votre GPS et prenez une carte de la galaxie France et une règle que vous positionnez sur Caen (FR14 - Calvados) et à l’autre extrémité sur Blois (FR41 - Loir-et-Cher). Vous pourrez constater que votre règle traverse FR61 - Orne et passe par sa colonie principale d’Alençon ! Le décor est planté pour Quentin ! En effet, il est originaire de Caen mais il situe plutôt ses racines à Blois où se passe sa jeunesse et sa scolarité clôturée par un bac scientifique. Une très légère ellipse, le mène à Orléans où il intègre les classes préparatoires aux écoles d’ingénieur.
Quentin appartient à la 56e promotion de l’ENTPE (2011) avec voie d’approfondissement “Bâtiment“.
« J’ai choisi l’école parce qu’elle me permettait d’accéder à l’autonomie financière et au statut de fonctionnaire qui avait beaucoup de sens pour moi, mais aussi en raison de la gamme très étendue de ses thématiques de formation et je ne voulais pas m’enfermer dans une spécialité. Dans le bâtiment c’est plutôt la diversité des champs techniques qui m’intéressait plutôt que l’aménagement du territoire. »
« Globalement, j’ai apprécié mon séjour et ma formation à l’école. Même si on n’est pas appelé à en utiliser toutes les disciplines, le tronc commun est une bonne préparation au contexte professionnel. Evidemment, je lui ai préféré la spécialisation avec la conduite de projet, l’animation d’équipe et le management. »
Pour sa première affectation, Quentin choisit tout naturellement « un poste à mi-chemin entre Caen et Blois ». Une ligne qui trouve un attraction supplémentaire irrésistible puisqu’il fonde une famille avec une “ornaise“ ! Professionnellement, il rejoint en 2011 la DDT 61 comme délégué territorial centre à Argentan (dans l’épaisseur de notre fameuse ligne…). « En interne, j’ai entendu à mon arrivée « C’est toi qui vient fermer ?! » Une ambiance “ très particulière“ régnait dans les services mais aussi chez nos interlocuteurs du fait de la fin de notre ingénierie publique pour les collectivités que nous devions accompagner dans leurs prises de compétences… »
En 2013, à l’issue des regroupements d’unités territoriales, Quentin devient délégué territorial ouest à Flers. « Cette délégation avait un effectif assez jeune et donc un peu plus prêt à évoluer. Elle existe toujours. Malgré tout, les débuts n’ont pas été une partie de plaisir d’autant que nous avions aussi à traiter des domaines très variés y compris agricoles sans formation initiale sur ces sujets. »
« On peut dire que mes deux premiers postes ont été très formateurs… et très intéressants car j’ai abordé toutes les politiques publiques du service en interaction avec les sous-préfectures et les élus locaux. »
De retour dans le domaine de sa spécialisation, mais sans quitter l’Orne, Quentin devient en 2017 adjoint du chef de service “Habitat et construction“ de la DDT 61. « Outre le suivi de toutes les politiques du logement de lutte contre l’habitat indigne et l’ANRU, nous avions en charge la rénovation de la cité administrative d’Alençon. Nous avons réussi l’exploit d’y regrouper toutes les administrations avec seulement deux exceptions : l’Architecte des bâtiments de France (ABF) logé dans un édifice classé et l’office national des anciens combattants (ONAC) parce qu’on n’a jamais pu trouver un emplacement et une logistique adapté pour leur char d’assaut ! »
Quentin rejoint en 2019 les effectifs de la DDTM du Calvados (FR14) à Caen (pas question de s’écarter de la ligne !) comme adjoint à la cheffe de service “Eau et biodiversité“ et responsable de l’unité “Eau“. « J’avais apprécié le contact avec la DDTM 14 dans le cadre des politiques et dossiers de l’ANRU, et j’y ai découvert les métiers de l’environnement, notamment le travail avec les hydrogéologues. Sur la difficulté de préserver les équilibres entre tous les acteurs, je me suis particulièrement intéressé à la gestion des marais rétro-littoraux dont ceux de la Baie des Veys. Ce sont des zones saumâtres régulées par des barrages très anciens qui engendrent de solides débats permanents sur les niveaux d’eau et la gestion de la salinité à mettre en œuvre selon leur répartition géographique, les saisons, les intérêts à protéger … »
Promu ingénieur divisionnaire, Quentin intègre en 2022 l’organigramme de la DREAL Normandie comme adjoint au responsable du bureau “ Risques technologiques chroniques“. « Mon “portefeuille“ était riche du pilotage - animation des rejets aqueux et prélèvements en eau, du co-pilotage avec le conseil régional de la politique des déchets et du pilotage du pole “Après-mine et sous-sol“. J’ai dû acquérir les compétences requises sur les mines et carrières, les ICPE, ainsi que sur les déchets. »
Ingénieur en chef, Quentin est désormais responsable de l’unité départementale “Eure - Orne“ de la DREAL Normandie à Alençon (on ne change pas une équipe qui gagne sur toute la ligne !). « J’apprécie beaucoup la technicité des métiers des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ainsi que plus généralement pour la gestion de crise. les préoccupations majeures concernent le sujet sensible des polluants PFAS ainsi que les rejets d’eau des innombrables laiteries du territoire. »
« A l’avenir, je me consacrerai volontiers aux domaines de protection de la santé, ou peut-être sur le champ très technique des domaines vétérinaires …

La mission StarITPEtrek salue l’ouverture d’esprit de Quentin et sa volonté de toujours se positionner sur des sujets techniques même s’ils ne sont pas toujours très simples à gérer. Heureusement, ses activités de président d’une association de musiciens et organisateurs d’évènements musicaux lui confère un équilibre évident et particulièrement réjouissant.
Et puis il est absolument dans la tendance de notre société actuelle d’atteindre et de préserver à tout prix,… la ligne !

 « J’ai tenté ma chance et suivi le courant ! »

Isabelle WERQUIN-QUESNEY
Isabelle WERQUIN-QUESNEY est adjointe à la cheffe du service “Connaissance, prospective et planification » et responsable du bureau « Connaissance des territoires et traitements numériques (CTTN) » en DDT de l’Orne à Alençon.
 
Native de Seclin sur FR59-Nord, Isabelle est incontestablement “Ch’ti“. Seulement voilà, lorsqu’elle avait 5 ans, sa famille d’agriculteurs décide de déménager “veaux, vaches, cochons, couvées …“ bref tout, dans le petit village de Saint Grégoire du Vièvre près de Pont-Audemer sur FR27-Eure, en plein système planétaire normand ! Jeunesse et scolarité pont-audemeriennes la mènent sans problème à un baccalauréat scientifique. « À cette étape, je pense que l’attachement des agriculteurs au territoire, au terrain, a guidé mon choix d’intégrer à Armentières (FR59) les classes préparatoires au métier de géomètre. »
Isabelle passe l’examen préliminaire des géomètres experts fonciers et entame sa vie professionnelle par des « travaux d’été » mais, dans le même temps, elle décide de postuler aux concours de la fonction publique et revient dans l’Eure où se trouvait son futur conjoint. Son choix va définitivement au ministère de l’Équipement et elle rejoint en 1986 les bancs de l’École Nationale des Techniciens de l’Équipement (ENTE) à Aix en Provence. « Avec du recul, je suis sûre que j’ai fait le bon choix. En plus, avec mes acquis de la prépa-géomètre, je n’ai pas eu de difficulté à m’adapter aux différents domaines enseignés. »
En 1987, Isabelle rejoint la DDE de l’Eure où elle occupe successivement les postes de technicienne au service “Études et travaux neufs sur routes nationales“, puis d’adjointe au chef de la subdivision de Pacy-sur-Eure (1991), et enfin de responsable de la cellule “Prospectives et Observatoires“ à Évreux (1999). « Dès mon arrivée, le Secrétaire Général du service m’a vivement conseillé de passer le concours d’ingénieur des TPE. Mais le grand révélateur pour moi a été la subdivision où j’ai touché à tous les domaines : application du droit des sols, planification, exploitation routière et maîtrise d’œuvre pour les collectivités locales. Mon dernier poste de technicienne m’a conduite à revenir au siège de la DDE sur un poste qui, en quelque sorte, me ramenait à ma culture de géomètre et aux cartes ! Globalement, j’ai connu une excellente entrée dans la vie professionnelle, dans de très bons postes et un environnement motivant ! »
En 2003, Isabelle « tente sa chance » et devient ingénieur des TPE de la 48e promotion à l’issue du concours professionnel. Sa première affectation d’ITPE est pour la DDE de l’Oise (FR60) à Beauvais comme adjointe du chef de service de l’arrondissement fonctionnel routier et responsable par intérim pendant 18 mois de la cellule départementale d’exploitation et de sécurité (CDES). « La CDES est un poste passionnant mais ma situation de célibataire géographique compliquait sérieusement la vie ! »
Isabelle rejoint en 2006 les services de la DRE Haute-Normandie à Rouen comme responsable du bureau “Système d’information géographique (SIG) puis du pôle “Administration des données et géomatique“ de la future DREAL en prise directe avec la direction, notamment dans le cadre de l’éphémère projet de création d’un pôle TLAM (transports, logement, aménagement, mer). Ce poste me convenait parfaitement car il s’agissait de réaliser le recensement du patrimoine de données SIG des services du ministère de l’Écologie en région ex-Haute-Normandie » ; j’y ai donc découvert tout le panel des services déconcentrés et rencontré de nombreux collègues.
En 2010, le mari d’Isabelle doit émigrer professionnellement vers Nogent-le-Rotrou. Isabelle devient responsable de l'unité “Géomatique“ de la DDT de la Sarthe (FR72) au Mans. « J’ai suivi le courant tout en conservant le fil conducteur “SIG“. »
Isabelle est promue ingénieur divisionnaire en 2015 après plus de trois années à la tête de la délégation territoriale Est de la DDT de l'Orne (FR61) à Mortagne-au-Perche. « Certainement mon poste le plus difficile avec la disparition des subdivisions et le management d’une quinzaine d’agents peu motivés par des perspectives incertaines sur des missions de représentation auprès des acteurs locaux, de portage des politiques du service, de développement de la planification et de conseil aux collectivités locales pour le développement durable du territoire. »
En 2015, Isabelle devient adjointe du chef de service “Connaissance, prospective et planification“ de la DDT de l’Orne et responsable du bureau SIG, poste qui sera complété en 2019 par les missions en lien avec la programmation et la production d’études en régie au sein du bureau “Connaissance des territoires et traitements numériques» pour former son poste actuel.
« Toujours dans le courant SIG et de la transversalité, en appui à l’organisation et l’animation autour du patrimoine et de l’exploitation de données de la DDT, pour le renforcement des liens avec les autres services et ses partenaires, je manage directement une équipe de 7 personnes sur la stratégie de la DDT en matière d’administration de données, de programmation et de production de connaissance de territoire (données, géomatique, production cartographique, études, applications). »
 
La mission StarITPEtrek reprend à son compte la phrase tellement humaine de Gitta Mallaz (écrivaine slovène) écrite sur le tableau d’Isabelle: « La nouvelle perfection, c’est l’imperfection heureuse ! ». Comme Isabelle, elle vilipende les gouvernants successifs qui ont délité progressivement le service public au profit d’une réorientation sécuritaire au service de la toute puissance de l’administration territoriale de l’Etat (ATE). Élue municipale depuis 2020 à la mairie de St Germain le Vieux (FR61), Isabelle est également accompagnante bénévole dans une association d’accompagnement aux soins palliatifs.
StarITPEtrek lui décerne sans l’ombre d’une hésitation le titre d’Ingénieure de Toute Première Excellence Humaine Chaleureuse !
 
Être bénévole dans une association d’accompagnement aux soins palliatifs, c’est quoi ?
Toute personne malade dont l'état le requiert a le droit d'accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement (loi du 09 juin 1999).
L'accompagnement en soins palliatifs est une approche globale qui vise à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, sociale et spirituelle, et à préserver la dignité de la personne gravement malade tout en soutenant son entourage.
Dans l’Orne, une équipe d’environ 70 accompagnants bénévoles formés, soutenus par une psychologue, propose, dans le cadre de l’association des soins palliatifs de l’Orne (A.S.P. Orne) et d’un partenariat avec plusieurs établissements hospitaliers de l’Orne, l’accompagnement :
-    des personnes malades à l’hôpital, en EPHAD et à domicile,
-    des familles et des proches confrontés à la maladie,
-    des personnes en situation de deuil.
Le rôle des accompagnants bénévoles est d’écouter, de réconforter par leur présence attentive, le malade et son entourage en dehors de tout projet pour lui.
En complément de la psychologue, une coordinatrice fait le lien avec tous les responsables des services de soins.
Isabelle WERQUIN - QUESNEY
 

 « Je suis curieux des relations qu’entretiennent les humains avec la Nature ! »

Thomas BIERO
Thomas BIERO est directeur du Parc Naturel Régional et Géoparc mondial UNESCO “Normandie-Maine“ à Carrouges.
 
Si Thomas devait se qualifier lui-même par rapport à sa formation de biologiste, il emploierait à coup sûr le qualificatif d’endémique ! Il est fort rare que la mission StarITPEtrtek ait la surprise et le plaisir de rencontrer un(e) ingénieur(e) des TPE dans son biotope originel. C’est donc avec une attention toute particulière et une curiosité scientifique de tous les instants que la mission put recueillir des informations qui, à coup sûr, resteront comme une étape mémorable dans le périple de l’équipage de l’ISS ENTerPrisE !
Thomas est originaire de la colonie principale de FR61-Orne, la préfecture d’Alençon. « J’ai passé toute ma jeunesse dans le bocage d’Alençon, les pieds dans l’eau et dans la nature ! Je ne regardai que très rarement la télévision et je crois que je savais dès l’origine que je voulais être ce qu’on désigne aujourd’hui par écologue. »
Naturellement, dans tous les sens du terme, Thomas s’engage dans la filière universitaire et enchaine, en 1997, une première année de diplôme d’études universitaires générales (DEUG) de biologie de l’université de Caen (FR14-Calvados), puis en 2000, une maîtrise de gestion de l'environnement, option “Espaces et milieux“ de l’université Paris VII et, en 2002, un diplôme d’études approfondies (DEA) “Homme : espace, temps, ressources, environnement“ de l’université Paris I–Panthéon Sorbonne.
« Mon domaine de prédilection, c’était les oiseaux. »
Pour Thomas, le chemin est tracé tout droit. En 2000, il intègre les effectifs de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Ile-de-France comme médiateur pour le patrimoine naturel. « En fait, j’ai commencé mon travail au sein de l’association en même temps que j’y réalisais mon stage de maîtrise. C’était exactement ce que j’ai toujours voulu faire : rapprocher les habitants et les élus des sujets de la biodiversité. la première phrase de ma lettre de motivation à venir étudier à Paris VII résume mon engagement : je suis curieux des relations qu’entretiennent les humains avec la Nature. Pour le Conseil Général de Seine-Saint-Denis (FR93), j’ai coordonné la création et les premières années de fonctionnement de l’Observatoire départemental de la Biodiversité. »
 
En 2003, Thomas réintègre “à tire d’aile“ la Normandie. Il est recruté par le centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) “Collines normandes“ à Ségrie-Fontaine (FR61) comme chargé de mission Natura 2000. « Pour le compte de la direction régionale de l’environnement (DIREN), j’avais un rôle d’opérateur et d’animateur pour 3 sites Natura 2000. Des fonctions qui me convenaient parfaitement et qui ont marqué toute la suite de mon parcours. »
Effectivement, en 2007, Thomas est recruté comme contractuel pour 6 ans puis en CDI par la DIREN Basse-Normandie au poste de même dénomination de chargé de mission Natura 2000 mais, sur un périmètre beaucoup plus large, il pilote et accompagne les animateurs de 14 sites Natura 2000. « Cette étape m’a inoculé le virus du service public et j’ai décidé de passer l’examen professionnel de “déprécarisation“ proposé par le ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement (MEDDTL).» Thomas appartient donc à la 40e promotion du corps des ingénieurs des TPE (2015).
Entretemps, en 2010, il devient chef de l’unité “Réglementation“ et chargé de mission Natura 2000 de la toute nouvelle DREAL Basse-Normandie à Caen. « J’avais en plus la charge, avec une collaboratrice, de l’instruction des demandes de dérogations “Espèces protégées” et de permis au titre de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). »
En 2012, Thomas prend les fonctions de coordinateur régional Natura 2000 au sein de la DREAL Basse-Normandie puis au sein de la DREAL Normandie à l’issue de la mise en application de la loi du 16 janvier 2015 portant création des “grandes régions“. « Mon rôle s’est étendu notamment au pilotage pour la Région des fonds européens dédiés à Natura 2000 et je suis devenu également formateur pour l’office français de la biodiversité (OFB) et pour le centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). »
En 2018, Thomas devient chef de l’unité “Territoires labellisés“ de la DREAL Normandie. Son périmètre de travail s’étend encore aux sites “Ramsar“ (zones humides d’importance internationale au titre de la convention de Ramsar) ainsi qu’aux parcs naturels régionaux (PNR).
La loi dite 3DS du 21 février 2022 transfère la gestion des sites Nature 2000 terrestres aux Régions et Thomas décide de rejoindre la Région Normandie et en devient le chef du pôle Natura 2000. « Il s’agissait évidemment d’intégrer la compétence Natura 2000 par la Région (60 sites), d’assurer le management d’une équipe de 7 agents et l’animation du réseau des animateurs de sites. Mais il se trouve qu’une fois achevée la décentralisation de Natura 2000, le Parc Naturel Régional et Géoparc Normandie-Maine mondial UNESCO recherchait un(e) nouveau(elle) directeur(rice). Je me suis bien sûr porté candidat. J’ai ainsi eu la très grande chance de revenir travailler et vivre sur mon bocage. Un retour aux sources en quelque sorte ! »
 
La mission StarITPEtrek mesure, avec l’exemple de Thomas, tout l’épanouissement que procure la concrétisation d’une vocation qui plus est sur le territoire même qui l’a inspirée. Pas de doute, le PNR Normandie-Maine est entre de bonnes mains d’autant que Thomas compte bien « faire bouger les lignes vers le bien-vivre en synergie avec la Nature, intégrer les enjeux environnementaux aux sujets économiques et accompagner en ce sens les 136 communes du Parc ».
Le programme d’un “oiseau de bon augure“ promu immédiatement : Ingénieur Déterminé à Travailler pour la Planète et l’Ecologie !
 

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64