
LE PORTRAIT DU JEUDI | Corinne DURU ING 1994 Directrice de la maintenance et de l’exploitation - Hospices Civils de Lyon, actuellement Directrice du Patrimoine à l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne
LE PORTRAIT DU JEUDI
« Bâtiments durables »
Nouveau témoignage aujourd'hui avec Corinne DURU, diplômée de l'ENTPE en 1994, elle était Directrice de la maintenance et de l’exploitation - Hospices Civils de Lyon et actuellement elle occupe le poste de Directrice du Patrimoine à l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne.
Aménagement & Territoires : Bonjour Corinne, quel est ton parcours professionnel ? Comment es-tu arrivée au poste que tu occupes ?
Corinne : A ma sortie de l’ENTPE en 1994, je débute ma carrière par un poste de responsable hydrologie à la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) Picardie à Amiens. Ensuite, je deviens subdivisionnaire territorial à Autun (DDE Saône et Loire). Ce poste me conduit à rechercher un poste en conduite d’opération que je trouve à la direction des affaires techniques des Hospices Civils de Lyon (HCL, 2ème CHU de France).
Après plusieurs années de conduite d’opération en détachement de la fonction publique d’Etat, je saisis l’opportunité et deviens chef du département maintenance exploitation au sein de cette même direction des HCL, et j’intègre la fonction publique hospitalière.
A&T : Quelles sont tes missions actuelles ?
Corinne : J’anime une équipe de plus de 300 personnes, en charge de maintenir et exploiter le patrimoine des HCL : bâtiments et installations techniques.
Les HCL correspondent à plus de 900 000 m² bâtis, sur une quinzaine de sites géographiques regroupés en 7 secteurs de maintenance / exploitation. Pour chaque secteur, les équipes sont composées d’un ingénieur responsable de site, de techniciens chefs d’atelier dans les filières techniques du bâtiment : courants forts, maintenance générale, chauffage-ventilation-climatisation (CVC) plomberie, courants faibles, travaux d'amélioration, dessinateurs. Les agents de maîtrise et les ouvriers forment les ateliers. A ces équipes de site, s’ajoute une structure transversale d’ingénieurs référents : environnement, méthode, gestion technique centralisée (GTC) notamment.
Ma mission est de garantir la fonctionnalité des bâtiments, 24 heures sur 24 pour la plupart. Cela veut dire maintenir le bâtiment : réparer (maintenance corrective : curative ou palliative) et prévenir les pannes (maintenance préventive : systématique, conditionnelle ou prévisionnelle). Mais il s’agit également d’améliorer les installations et bâtiments dans des objectifs de sécurité des personnes et des biens, de respect réglementaire, de qualité de service, de performance notamment énergétique ou encore de fonctionnalité.
Et pour contribuer à ces objectifs, nous intervenons en amont de la livraison du bâtiment, dans les phases de programmation, conception et réalisation, en donnant les meilleurs avis et analyses pour que nos retours d’expérience de mainteneur soient pris en compte par les conducteurs d’opération et les concepteurs.
L’ensemble de ces actions est évidemment réalisé dans un contexte budgétaire contraint.
A&T : Quels sont les intérêts spécifiques du domaine dans lequel tu exerces ?
Corinne : L’intérêt réside dans l’exigence liée aux spécificités du domaine hospitalier qui est très technique, et cela dans plusieurs filières :
- en électricité : les sites hospitaliers sont de très gros consommateurs d’électricité qui s’imposent le « zéro coupure électrique ». Aussi, les hôpitaux lyonnais sont alimentés en haute tension avec une architecture de réseau électrique élaborée. Il s’agit donc de maintenir et exploiter des groupes électrogènes, des transformateurs, cellules HTA, onduleurs.
- en qualité d’air notamment en bloc opératoire, préparation pharmaceutique, laboratoires. Il sera alors question de centrales de traitement d’air (CTA), groupes froid, équilibrage de réseaux, GTC, filtration, étanchéité.
- en plomberie. Il faut s’assurer de la qualité de l’eau, de la température de production et distribution de l’eau chaude sanitaire et éviter tout risque de contamination bactérienne.
Je pourrais ajouter le contexte réglementaire, comme la protection contre le risque incendie des établissements recevant du public. La présence de locaux à sommeil et d’un public qui ne pourra pas être évacué facilement conduit à des règles strictes en matière de construction et de maintenance et une vigilance élevée.
Je peux aussi évoquer les règles des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) : quelque part, l’hôpital est vu comme une usine réglementée.
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