
Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département d'Ille-et-Vilaine (35)
Voyage 35 : « Les Irréductibles bretons sont à la tête de l’art ! »
Quoi de plus émoustillant pour le scientifique que la confrontation avec l’inconnu… à plus forte raison, en terrain connu ?
Lors de ces précédents voyages sur FR 22 - Côtes d’Armor et FR 29 - Finistère, la mission StarITPEtrek s’est abondamment familiarisée avec le territoire breton et ses habitants au caractère trempé et très attachant !
L’approche de la planète FR 35 - Ille-et-Vilaine s’est donc passée dans un climat inhabituel de sérénité à peine teinté d’appréhension vis-à-vis d’une éventuelle surexposition aux musiques des bardes locaux…Mais quelle ne fut pas la stupeur de l’équipage et des scientifiques de la mission lorsque au détour d’une des artères de la colonie principale rennaise, ils découvrirent une biodiversité tout à fait singulière, mêlant, cette fois avec une opportunité ahurissante, règne animal et univers musical.
Il est désormais acquis que les insectes constituent de très loin l’effectif et le nombre le plus important d’espèces du règne animal, mais aussi que leur capacité d’évolution et d’adaptation est incontestablement la plus affutée. Certains insectes se nourrissent avantageusement des restes des autres espèces mais pas au point d’en constituer leur propre structure !
Eh bien, en l’occurence, Darwin va devoir avaler son chapeau car il existe des espèces d’insectes qui mixent désormais animalité et instruments de musique. La mission StarITPEtrek a rencontré cet ordre tout à fait particulier que ses découvreurs-créateurs ont nommé Anima (Ex) Musica.
L’équipage de la mission StarITPEtrek a eu la chance d’approcher certains individus de cette biodiversité exceptionnelle (identifiés ici par référence à leurs homologues de nos espèces classiques) et de constituer un véritable cabinet de curiosité photographique.
|
|
|
|
|
|
Bien sûr, ce “ bestiaire utopique“ est une oeuvre d’art étonnante et exceptionnelle créée par un collectif d’artiste. “Tout reste à faire" associe Mathieu DESSAILLY (designer, graphiste), Vincent GADRAS (scénographe, constructeur) et David CHALMIN (compositeur, producteur). Leurs impressionnantes sculptures d’arthropodes sont réalisées à partir d'instruments de musique hors d’usage et elles sont animées et sonores. Comme dans un environnement naturel, elle “chantent“ un discret bruit de fond, rumeur d'une forêt ou d'une jungle.
Un monde onirique sublime ! : Anima(ex)Musica
Pour l’anecdote, la mission StarITPEtrek constate un parallélisme surprenant avec l’avènement, au siècle dernier dans les années 1960, d'un groupe de scarabées iconique dont les chants ont conquis à une vitesse supersonique l’ensemble de la galaxie Terre.
Qui sait si John, Paul, Georges et Ringo ne constituaient pas une première manifestation de l’évolution de notre humanité vers des espèces mixées et reconstituées, mêlant technique, humanité, animalité, art et poésie ?
« Se dire les choses franchement ! »
Karine MARIE est directrice des opérations immobilière Ouest pour l’opérateur ORANGE à Rennes
Karine est originaire de Normandie et plus exactement de la colonie d’Elboeuf sur la planète FR76 - Seine-Maritime où se déroule sa scolarité primaire et secondaire. Au terme d’une classe préparatoire scientifique au lycée François 1er au Havre, elle intègre, comme élève ingénieur civil, la 41e promotion de l’ENTPE (1996). « J’ai choisi l’ENTPE au regard du panel des domaines et activités proposées par la formation de l’école avec des options très spécialisées mais aussi une orientation plus généraliste qui, de mon point de vue, pouvait me permettre de m’adapter et de faire évoluer ma carrière professionnelle en fonction des voies qui s’ouvraient. »
Dans le même ordre d’idée, Karine choisit la voie d’approfondissement “Gestion“. « La RDM (résistance des matériaux) … ce n’était pas du tout ma tasse de thé et la gestion ouvrait plus largement sur les différents parcours. Je n’avais pas vraiment défini de choix de carrière et je pense que je n’en ai jamais vraiment eu. J’ai saisi des opportunités. »
Malgré tout, Karine débute sa carrière par un stage de 3 mois comme conducteur de travaux “Aménagement et génie civil“ au sein de l’entreprise Dumez-Marion à Rouen. « Il est clair que je n’avais pas l’intention de faire carrière dans le métier, mais ces 3 mois m’ont permis de découvrir la vie de chantier, les rapports entre les différents acteurs notamment avec les sous-traitants, mais aussi… de réaliser le machisme ambiant à l’époque ! »
Le premier fil conducteur de Karine se dessine immédiatement après ce stage, il s’agira de son employeur. En effet, elle rejoint dès novembre 1996, à Paris, la direction de l’Immobilier et des Assurances de France Télécom seulement pour un CCD de 6 mois, sans savoir évidemment qu’elle allait dérouler l’ensemble de sa carrière au sein de l’opérateur public. Il faudra, en 2013, la transformation de France Télécom en Orange pour l’obliger à adapter légèrement son CV ! « Rien d’évident car ce début a été plutôt compliqué… Grâce à un ITPE, j’ai été recrutée dans le cadre de la création de la Mission Emploi Formation, pour être la correspondante du cabinet de conseil qui travaillait à la constitution de la Direction de l’Immobilier, mais je suis tombée en pleine “guerre des chefs“. Il m’arrivait de manquer cruellement de travail… ce qui m’a permis au moins de me former à l’informatique. »
La suite sera moins chahutée. En 1997, Karine intègre, dans la même direction, la structure “Contrôle de gestion opérationnel“. Dès lors, elle participe à la définition de la politique des opérations immobilières, à la validation et à la consolidation du programme des opérations ainsi qu’au suivi de la réalisation du programme immobilier. « Passionnant car j’ai participé à la construction des règles de gestion des opérations immobilières pour l’ensemble du patrimoine immobilier de France Telecom, soit environ 10 millions de m2 à l’époque. J’avais trouvé mon second fil conducteur de carrière, dans la gestion de ce patrimoine immobilier. »
Mais comme beaucoup de jeunes ITPE, Karine ressent assez vite le souhait de partir de Paris avec sa famille, de « retourner sur le sol » et de se confronter à « du vrai opérationnel ». Rien d’étonnant aussi à ce qu’elle choisisse de “revoir sa Normandie“… Elle intègre en 2000 l’unité de “Gestion Immobilière Normandie Centre“ de France Telecom à Rouen (76) comme chargé d’affaires. Sa progression est rapide puisqu’elle y devient successivement pilote de la zone Normandie en 2001, puis responsable du “Département Maîtrise d’Ouvrage Opérationnelle“ en 2003. « Avant 2015, la politique immobilière de France Télécom se résumait par : on réutilise ce qu’on a…et pourtant mon premier projet concernait une démolition ! Dans mon évolution, la marche principale à franchir a été d’avoir à diriger des collègues avec lesquels je travaillais antérieurement. Heureusement, la formation “Management“ de l’ENTPE avait été excellente ! »
En 2013, au sein de la même unité, Karine choisit de prendre les rênes du Département “Ressources“. « J’avais besoin de changer, d’alléger un peu ma charge mentale et de réduire mes déplacements… J’ai réappris à dormir en 2013 ! Les gestions budgétaire, comptable et de la logistique m’ont appris aussi qu’il faut impérativement se dire les choses franchement. »
En 2014, cette fois sous la bannière Orange, Karine devient directrice territoriale de l’Administration et de la Performance Immobilière, puis, en 2019, directrice des Opérations Immobilières Ouest, son poste actuel, à Rennes. « Mon périmètre géographique d’intervention a quasiment doublé d’ampleur et correspond désormais aux Régions Bretagne, Normandie, Centre Val-de-Loire et Pays-de-Loire. Nous réalisons les projets et assurons la maintenance pour près 1 million de m2 de plancher et environ 15.000 occupants. »
Au fil de ses voyages, la mission StarITPEtrek a constaté avec inquiétude chez la plupart des collègues ITPE rencontrés un accroissement du volume de travail et donc corrélativement de ce que Karine désigne sous le terme “charge mentale“. Outre la recommandation à tous les employeurs des ITPE de veiller à la santé de leurs forces vives, la mission se dit favorable au développement d’une formation à l’ENTPE sur le thème « Apprendre ou réapprendre à dormir ».
Paradoxalement, bien que peu menacé, l’équipage au grand complet s’est porté volontaire pour participer aux tests préalables à la mise en service !
« J’aime quand ça avance ! »
Nadège DARBOUX est Ingénieure Régionale de l’Équipement et conseillère technique auprès du Recteur de la région académique Bretagne.
Native de la colonie de Melun, sur la planète FR77 - Seine-et-Marne, sans doute trop proche de notre soleil parisien pour y planter des racines, Nadège se ressent plutôt franc-comtoise du côté de Besançon (FR 25 - Doubs) avec une pincée de granit breton.
Au terme d’un cursus universitaire alsacien et bisontin conclu par un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) de “Géologie appliquée“, Nadège entre en 2002 dans la vie professionnelle comme ingénieure d’études “Hydrologie et hydraulique urbaine“ au sein du bureau d’études privé ALIDADE à Brest (FR29). « En CDI directement, je participais à la réalisation d’études de sol, de schémas directeurs d’assainissement et de dimensionnement d’ouvrages hydrauliques. L’anecdote est que mon conjoint travaillait sur les mêmes sujets mais dans un bureau d’études concurrent ! Cette situation n’a pas duré longtemps car sur le conseil d’un ami qui avait suivi la même voix, nous avons tous les deux été recrutés sur titres par le ministère de l’Equipement en 2002 mais … lui comme technicien dans un premier temps et moi comme ingénieur ! »
Nadège appartient donc à la 47e promotion de l’ENTPE. Elle rejoint sa première affectation au sein de la Direction Régionale de l’Equipement Ile-de-France (DREIF) comme chargée d’études “Hydrologie et hydraulique urbaine“ au sein du Laboratoire Régional de l’Ouest Parisien (LROP) à Trappes (FR78 - Yvelines). « Dans la continuité de mon précédent travail, je venais en appui des DDE pour l’amélioration des réseaux d’assainissement et le dimensionnement des ouvrages hydrauliques, et je réalisais aussi des mesures de pollution des eaux de la Seine. Un bon boulot dans un très bon contexte, mais après 6 ans sur les mêmes sujets, j’ai eu envie de voir autre chose et aussi de quitter la région parisienne avec ma famille ! »
En 2006, Nadège choisit de rejoindre Besançon (« plutôt que Guéret » ; ce qui est proprement incompréhensible pour notre équipage limousin !) et la DDE 25 au poste de cheffe de l’unité “Pilotage modernisation guichet unique“. « Il s’agissait plus clairement d’appuyer le chef du service chargé de l’ingénierie publique pour les re-positionnements de ses collaborateurs à la suite de l’abandon de cette ingénierie par le ministère. Le contexte était forcément un peu dur car « il ne fallait pas leur en conter », mais, à titre personnel, cet accompagnement au changement fut très enrichissant. » Dans la grande lessive des réformes de l’administration territoriale de l’Etat, Nadège devient, en 2009 et pour 9 mois seulement, chargée de mission “ Développement durable “ au sein de l’éphémère DDEA du Doubs. « Cela m’a permis de me confronter à un domaine nouveau mais très rapidement, comme mon conjoint était nommé à Rennes, j’ai émigré vers la Bretagne. »
Effectivement, nous retrouvons Nadège, en 2009 toujours, au poste de chargée de mission “ Logement “ au sein de la DREAL Bretagne à Rennes. « J’ai découvert le domaine “ Habitat - Logement “ avec la mise en œuvre des Programmes Locaux de l’Habitat ainsi que les tensions qui ont accompagné la mise en application de la Loi SRU (solidarité et renouvellements urbains). Un grand saut tourné aussi vers l’extérieur, dans une situation un peu exposée avec comme interlocuteurs, les collectivités et les bailleurs sociaux notamment ! »
Nadège y prend goût car elle devient en 2013, cheffe de l’unité “ Gouvernance du Comité Régional de l’Habitat “ chargée du pilotage de la programmation budgétaire annuelle des aides pour le logement locatif social. « Un poste encore un peu plus exposé avec des responsabilités et une équipe de 4/5 personnes à manager. Comme j’aime quand ça avance, les choses se sont plutôt bien passées. »
De fait, Nadège est promue ingénieur divisionnaire en 2015 et elle intègre les rangs de la direction inter-départementale des routes Ouest (DIRO) à Rennes comme adjointe de la cheffe de service “ Mobilité Trafic “ et responsable du pôle “ Ingénierie du Trafic “.
« Certainement un de mes postes les plus durs mais incontestablement le plus beau car marqué notamment par un excellent binôme de complémentarité avec la cheffe de service. Mon domaine était conséquent avec la gestion budgétaire, la commande publique, la maîtrise d’ouvrage et la maintenance des équipements dynamiques routiers, la gestion du système d’aide à la gestion du trafic (SAGT) et le management des 25 agents du pôle IT. »
Après 6 années, Nadège est prise à nouveau d’un peu de « bougeotte ». Elle rejoint son poste actuel en 2021. « Un autre grand saut car je ne m’étais jamais confrontée au domaine du bâtiment. Mais il me semble que j’avais acquis au fil du temps les compétences pour la gestion des projets complexes ; ce qui est indispensable sur les sujets sensibles que sont la stratégie immobilière académique et la maîtrise d’ouvrage associée, de même que l’accompagnement des établissements d’enseignement supérieur et de recherche dans leur politique immobilière. Avec mon parcours, je crois que je suis bien placée pour revendiquer le qualificatif d’ingénieur généraliste ! »
La mission StarITPEtrek constate que Nadège a acquis progressivement une compétence très pointue en “ Grand Saut “. La mission compte bien sur elle pour la transmettre à son équipage et lui permettre d’assumer dans les meilleures conditions les grands sauts spatio-temporels qui facilitent grandement les voyages intersidéraux !
« Territorial, avant tout ! »
Erwan QUILLIEN est délégué territorial adjoint “Rennes - Brocéliande“ au sein de la DTTM d’Ille-et-Vilaine à Rennes.
On peut dire que peu de choses prédestinaient Erwan à s’ancrer en Bretagne, sauf évidemment son prénom ! Originaire de Strasbourg (FR 67 - Bas-Rhin), il passe sa jeunesse à Tonnay-Charente (FR17 - Charente-Maritime). Après un bac scientifique, il déroule une classe préparatoire tout aussi scientifique au Lycée Montaigne à Bordeaux (FR33 - Gironde). Là, notre commandant de bord souligne à nouveau, combien cette trajectoire girondine le prédestine forcément à faire partie de l’élite des ingénieurs…
Et pourtant, Erwan, lui, livre une explication un peu différente. « En fait, je suis devenu scientifique par contrariété ! J’ai toujours voulu faire Sciences Po mais j’ai échoué sans doute aussi parce que, venant de ma province, ma préparation était insuffisante. J’ai intégré l’ENTPE avec l’intention de faire des ponts mais aussi, bien sûr, avec un grand intérêt sur le double cursus ENTPE - Sciences Po. »
De fait, Erwan appartient bien à la 57e promotion de l’ENTPE (2014) avec voie d’approfondissement “Urbanisme“ et un CV renforcé par un Master 2 “Politiques publiques et gouvernements comparés “ de Sciences Po Lyon en 2012.
« J’étais un peu parvenu à mes fins, mais je n’étais pas sûr que cela me serait très utile ! Erreur manifeste d’appréciation car, rétrospectivement, je me suis rendu compte que mes acquis sur la modélisation des systèmes complexes m’ont servi dès mes premiers postes. La formation à l’ENTPE est très bonne et l’ambiance y est excellente. On ne se la pète pas tout en encourageant les élèves à développer une vision critique des choses !»
En sortie d’école, Erwan rejoint en 2012 sa première affectation à la DDT de la Dordogne (FR 24) à Périgueux comme chef du service territorial (déjà !) de la vallée de l’Isle. « Mon premier poste et ma première expérience de management avec une douzaine de personnes issues du regroupement de deux anciennes subdivisions et de l’abandon de l’ingénierie publique et des routes… Un contexte pas simple de re-positionnement des agents sur des missions régaliennes et de conseil mais il me semble que tout s’est plutôt bien passé ! »
En 2016, Erwan décide d’émigrer vers une plus grande ville et choisit Toulouse et la DDT 31. Il y prend le poste d’adjoint au chef du pôle territorial (encore !) nord, et chef d’une unité de portage des politiques sur la grande agglomération toulousaine. « Ma carrière est encore courte, mais il reste mon poste préféré ! J’y ai découvert l’aménagement et l’urbanisme à l’échelle des quartiers de l’agglomération ainsi que les missions régaliennes de prise en compte des enjeux environnementaux. Un grand terrain de jeux doté de moyens importants que j’ai quitté avec regret à l’issue d’un changement hiérarchique. »
Erwan a donc rejoint en 2020 la DDTM 35 mais pour y retrouver évidemment un poste territorial. « C’est un peu un retour à mon premier poste avec, cette fois, une subdivision à deux agents, le délégué et moi ! Nous travaillons sur tout le panel des activités de la direction, toujours en lien avec les services métiers de la DDTM et nous assurons l’articulation avec les élus qui sont particulièrement actifs et moteurs. »
« Au terme de mes premiers 10 ans de carrière, je constate une intensification progressive de la quantité et du rythme de travail qui nuit à l’engagement collectif avec une fâcheuse tendance à empiéter sur la vie personnelle. »
« A l’avenir, si je reste à l’Etat, je chercherais plutôt à me positionnement sur les thèmes de l’énergie et du climat, mais je n’exclus pas de rejoindre une collectivité territoriale (encore et toujours !) sur les domaines de l’aménagement et de l’urbanisme. »
Parfaitement en phase avec Erwan, la mission StarITPEtrek clame haut et fort que l’Etat a un rôle fort de régulateur à jouer sur le terrain ainsi que celui d’appui technique et administratif indispensable aux collectivités territoriales petites et moyennes.
Avec un séjour à la délégation territoriale Rennes-Brocéliande, donc au contact des druides dans les forêts bretonnes enchantées et peuplées de sangliers savoureux, le taux de potion magique dans le sang d’Erwan a dû croitre considérablement ! La mission StarITPEtrek ne serait pas étonné que cela dynamise considérablement son parcours. Mais attention aux contrôles de potiomagicotest !
« Passionné par le service public, surtout la prévention des risques sanitaires ! »
Pierrick ESNAULT-EA est expert au Centre Référent “Dépollution pyrotechnique, sites et sols pollués“ de l’Etablissement du Service d’Infrastructure et de la Défense (ESID) de Rennes.
On se trompera peu en affirmant que Pierrick a placé son parcours professionnel sous la bannière de l’environnement et son périmètre géographique personnel dans le grand quart Nord-Ouest de l’hexagone. Originaire de la colonie vrombissante du Mans (FR72 - Sarthe), il fait ses études primaires à Saint-Nazaire (FR44 – Loire Atlantique), secondaires à Angers (FR49 - Maine-et-Loire) et poursuit par une prépa scientifique à Nantes (FR44 - Loire- Atlantique). « Une jeunesse et une scolarité tout au long du TGV ! »
Pierrick appartient à la 49e promotion de l’ENTPE (2004). « A priori, je n’aurais pas forcément choisi l’ENTPE mais elle présentait des avantages considérables, notamment un très large éventail de domaines techniques du service public et un statut de fonctionnaire qui me permettait d’être autonome financièrement. »
Pour ce qui est du domaine, Pierrick n’a aucune hésitation. Il opte pour une voie d’approfondissement (VA) “Environnement - Assainissement“ et complète ses acquis techniques par un diplôme d’études approfondies (DEA) “Environnement Sciences et Techniques des Déchets“.
Tout au long de son parcours, Pierrick a fait le choix de renforcer ses compétences techniques, notamment par un cycle de formation du Conservatoire des Arts et Métiers (CNAM) sur “Analyse et contrôle appliqués à la prévention et aux traitements des pollutions “ (2014 - 2018), puis par un Master “ Manager Qualité, Sécurité, Environnement, en dépollution pyrotechnique et restes explosifs de guerre “ de l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie, de Biologie et de Physique de Rennes (2020 - 2021).
Pour sa première affectation, Pierrick rejoint en 2004 le service d’études sur les transports, les routes et leurs aménagements (SETRA) à Bagneux (FR92 - Hauts-de-Seine) comme chargé d’études “Environnement, eau, et déchets“. « Un excellent poste pour débuter. Il s’agissait de piloter les études “eau et déchets“ du réseau scientifique et technique du Ministère de l’Equipement, et de mettre au point des outils de mise en œuvre de la Directive Cadre sur l’Eau, notamment la réalisation de guides techniques. Je suis monté très vite en compétence grâce aux experts du réseau au sein d’une équipe soudée et avec un très bon réseau technique sur le domaine de l’eau. »
Pierrick devient en 2007 responsable des unités techniques “Bâtiment et acoustique“ au Laboratoire Régional de l’Est Parisien (LREP). et se confronte à une première expérience de management des équipes chargées du contrôle des règles de construction. « Un très bon accueil de la part de techniciens spécialistes très pointus, mais j’ai compris que certains domaines me plaisent moins que d’autres… et puis la thématique “Eau et déchets“ est venue assez vite à me manquer ! En plus, avec ma famille, on voulait habiter près de la mer ! »
En 2010, Pierrick rattrape le TGV et s’installe à Nantes. Il intègre les rangs de la DREAL Pays-de-Loire comme responsable de la subdivision 3 “Traitement de surface/ déchets“. « Avec l’Inspection des Installations Classées, j’étais sur mes sujets préférés : la prévention des risques, la gestion des crises sanitaires sur l’eau et la dépollution des sites. Le fil conducteur de mon parcours ! »
Pour concrétiser un rapprochement de conjoint, Pierrick rejoint en 2013 la DDTM 35 à Rennes, au poste de responsable de l'unité “Transports, circulation et sécurité des infrastructures“. « J’avais tout à apprendre même si l’accidentologie est une approche un peu similaire à l’épidémiologie. L’adaptation s’est révélée plus difficile et le travail avec mon ancien supérieur hiérarchique, très humain et avec qui j’avais noué une relation de travail basée sur une confiance réciproque, me manquait. »
En 2015, Pierrick devient chargé de mission “Contrôle de la sécurité des ouvrages hydrauliques“ au sein de la DREAL Bretagne. « Ce n’était pas le poste auquel je me destinais initialement, mais proche de mes affinités sur la prévention des risques avec un gros volet technique de contrôle des digues et des barrages et un lien intéressant avec les élus et la mise en œuvre de la GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations. ».
Mais c’est en 2019 que Pierrick opère son « grand retour aux sources » en se positionnant sur son poste actuel. « Il a failli m’échapper à cause d’une fiche de poste mal intitulée “Chargé de mission Hygiène et Sécurité“ alors que le contenu était exactement ce que je cherchais, rester dans le service public sur le domaine “Sites et sols pollués“ ! » Ingénieur divisionnaire des TPE en position normale d’activité au ministère des Armées, Pierrick assure des missions d’assistance à maîtrise d’ouvrage et de conduite d’opérations de dépollution ainsi que la mise au point d’outils méthodologiques pour l’ensemble du SID. « Et on ne manquera jamais de travail car, au rythme actuel, il faudra 150 ans pour effacer la pollution des trois dernières guerres. Un métier d’avenir donc, et forcément en CDI ! »
La mission StarITPEtrek formule la suggestion qu’avec toutes les “Star Wars“ qui ne manqueront pas de se déclencher dans les siècles et millénaires à venir, l’ENTPE se voit adjoindre dès à présent un deuxième établissement, une “ Ecole de Nettoyage et Traitement des Pollutions de l’Espace et de l’Hyperespace “ (ENTPEH) !
La gestion du risque pyrotechnique, enjeu majeur de sécurité pour le domaine militaire et civil.
L’origine de pollution pyrotechnique vient principalement des faits de guerre : combats terrestres, bombardements, sabotages, mais également de la fabrication de munitions ou des activités propres au ministère des Armées. A dire d’expert, ce sont 10 à 30% des munitions utilisées lors des 2 guerres mondiales qui n’auraient pas explosé. L’activité de la dépollution pyrotechnique est atypique : elle recouvre différents domaines : génie civil, géophysique, sécurité pyrotechnique. Pour ce qui est de la gestion des risques, les inspecteurs des installations classées ou des ouvrages hydrauliques ne seront pas trop dépaysés par les textes réglementaires encadrant cette activité : ils ont en commun de baser leur doctrine sur la courbe de Farmer.
La découverte de ce domaine m’a beaucoup enrichi : ayant passé la majeure partie de ma vie dans des villes littorales faisant partie du mur de l’Atlantique, fortement bombardées, je n’avais pas conscience du risque encore présent dans le sous-sol de celles-ci. J’y prête désormais plus d’attention : à Saint-Malo, par exemple, ce sont 2 bombes d’aviation de 500 livres qui ont été découvertes lors de travaux en l’espace de 2 mois. Mon master en dépo’ pyro m’a permis d’étendre mon réseau dans le domaine, et de travailler en trinôme avec des démineurs. Pour l’anecdote, l’occasion pour moi de découvrir une excuse jamais entendue dans ma formation initiale : désolé Pierrick, je n’ai pas pu t’envoyer les docs hier soir, j’étais en intervention d’urgence sur un engin explosif
Pierrick ESNAULT-EA
