Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de l'Isère (38)

Published on July 4, 2024

Voyage 38 : « Vers des Alpes Limousines . . . ? ! »


La mission StarITPEtrek, en poursuivant son périple inter-galactique par la planète FR38 - Isère, était bien loin de se douter des découvertes politiquement fort incorrectes mais savoureuses qui l’attendaient !!
Le culte limousin pleinement revendiqué par le commandant de bord de l’ISS ENTerPrisE n’est un secret pour personne. Mais il était à des centaines d’années-lumière de penser que des adeptes répandaient également la bonne parole jusqu’à la galaxie dauphinoise au sein même de la colonie grenobloise des ITPE et cette découverte lui fit évidemment l’effet d’un véritable coup de pied occulte !
Au terme d’une étape d’une quinzaine de révolutions autour du soleil, les éléments d’enquête réunis par la mission sont éloquents et ouvrent sur une hypothèse qui ne manquera pas de faire date dans l’histoire de notre cosmos :
La planète FR38 - Isère, et pourquoi pas les Alpes entières, risquent-elles une annexion par la galaxie Limousin…?
Il faut d’emblée modérer le propos car il est évidemment un peu excessif d’évoquer un “risque“ pour l’Isère, alors qu’il s’agit, à l’évidence, beaucoup plus d’une chance pour elle de rejoindre l’élite de l’espace !
En tout état de cause, l’analyse de la mission repose sur des éléments factuels, recueillis notamment lors des entretiens relatés dans la suite de cet article. Et le constat est sans appel :
La colonie grenobloise des ITPE est incontestablement noyautée par des éléments directement originaires du Limousin ou dont les racines s’y sont ancrées indéfectiblement. Qui plus est, lorsque l’ITPE interrogé est étranger au Limousin, c’est l’un ou l’une de ses proches qui en vient ! Enfin la combinaison des deux, le couple entièrement d’origine limousine, existe également. Dans tous les cas, il semble bien que les forces de la Confédération Limousine ont choisi une invasion chromosomique des colonies grenobloises !
Mais le constat ne s’arrête pas là et la preuve est faite aussi que l’annexion est en passe de s’étendre à l’économie et au commerce et ce, beaucoup plus ouvertement, comme en témoigne cette vitrine “à la ville de Limoges“ immortalisée “en caméra cachée“ par notre équipage dans les rues de Grenoble.
La motivation profonde de cette tentative d’annexion est en cours d’analyse par les enquêteurs de la mission, mais force nous est de reconnaître que les monts limousins offrent une scénographie moins prestigieuse que les sommets des Alpes…

 

La mission StarITPEtrek n’a évidemment pas vocation à intervenir sur le cours de l’histoire et elle s’en garde bien ! … Malgré tout, ses équipements techniques sophistiqués lui ont permis de faire des petits sauts spatio-temporels pour s’assurer de la qualité de son analyse.
Mais le sujet est à ce point sensible que, tenue par le plus strict secret professionnel, elle n’en révèlera aucune information; et ce, même à l’issue d’un “after-work“ particulièrement sympathique organisé, sans doute pour lui “tirer les vers du nez“, par les ITPE grenoblois. Toute la mission adresse ses remerciements fraternels à Maud, Simon, Romain, Florent, Philippe, Titouan et Henri pour leur accueil si chaleureux.

 

 


« Des carottes fondantes pour la prévision des crues ! »

Simon EDOUARD

Simon EDOUARD est chef de l’unité “Prévision“ au sein du pôle “Hydrométrie et Prévisions des crues Alpes du Nord (HPCAN)“ de la DREAL Auvergne Rhône Alpes.

Simon est originaire de la colonie du Havre sur la planète FR 76 - Seine-Maritime; ce qui, nous en conviendrons tous, ne prédestine pas forcément à un avenir montagnard, même si, Normandie oblige, c’est « Peut-être bien que non mais peut-être bien que oui… »
C’est à l’âge de 7 ans que Simon, sans s’en douter, entame une trajectoire nettement ascendante en altitude, et qui nous ramène à notre enquête du prologue. Avec sa famille il s’installe en Limousin sur FR 87 - Haute-Vienne, à proximité de Limoges, au sein de la petite colonie d’Ambazac dont les Monts culminent à 702 mètres d’altitude.
Evidemment l’air du Limousin lui réussit et il enchaîne scolarité primaire et secondaire sur place pour, au final, intégrer une classe préparatoire au Lycée Gay-Lussac de Limoges. Pour ceux qui ne connaitrait pas ce haut lieu de culture, notre commandant de bord précise que l’entrée du lycée se trouve exactement en face du bar “Le Trianon“…
Et le sans-faute se poursuit puisque Simon intègre la 58e promotion de l’ENTPE (2013) avec une voie d’approfondissement “Environnement“.
« J’avais ciblé en première position l’École nationale de la météorologie (ENM) et l’ENTPE en second, mais dans le même temps ma copine allait rentrer en Fac de maths à Grenoble… A l’ENTPE, j’ai bien accroché sur l’hydraulique et ses calculs, ce qui m’a conduit à prolonger jusqu’en 2016 ma formation de généraliste par une thèse sur la prévision d’ensemble des crues rapides méditerranéennes. »
Pour son premier poste, dans le prolongement de sa thèse, Simon rejoint dès 2017 le pôle HPCAN de la DREAL Rhône-Alpes comme adjoint au chef de pôle et responsable de la modélisation informatique. « La prévision des crues par modélisation est largement tributaire de l’acquisition et du traitement des données. En dehors de nos propres données, elles provenaient notamment de Météo-France, de la Compagnie nationale du Rhône et d’EDF et étaient stockées sur 15 serveurs. Mon travail était essentiellement de les rendre homogènes pour en permettre le traitement. Bref, je suis devenu un peu le “couteau suisse“ informatique du service ! »
Pour Simon, l’ascension se poursuit donc avec la Suisse… Plus sérieusement, la prévision des crues devient cruciale en particulier avec les effets du dérèglement climatique et le service s’étoffe progressivement jusqu’en 2021. Simon en devient le chef de l’unité “Prévision“ son poste actuel. « La réforme des Services de Prévisions des Crues (SPC) a reconnu la spécificité du massif alpin mais nous a conduit à une augmentation du périmètre des secteurs à surveiller. Notre plan de charge s’est accru et il nous faut impérativement maintenir nos moyens et remplacer efficacement les départs en retraite qui s’annoncent. »
Le travail de Simon comporte aussi une importante activité de terrain, et pas n’importe quel terrain, lorsque chaque année en début de printemps, lui et son équipe montent en ski jusqu’à plus de 2000m d’altitude pour prélever des carottes de neige afin d’en mesurer la densité et établir les prévisions de fonte. « Ce lien au terrain est indispensable. Il participe à la motivation permanente nécessaire à la gestion de crise dont fait partie la prévisions des crues. Pendant les périodes de crise la pression est considérable et la mobilisation naturellement totale. Ces moments là nous permettent de vivre le sens de notre travail ! »

Cette pression, Simon la canalise à titre personnel par la pratique de deux activités dont l’association n’est pas forcément courante, voire en apparence peu compatibles … le trail (au rythme d’au moins 10 heures d’entrainement par semaine) et … la pâtisserie.
Il est à notre connaissance le premier pâtissier à avoir terminé la “Diagonale des Fous (pas celle des fours!)“ de la Réunion, et atteint la 51ème place en 2023. En plus, il avoue « J’adore manger des gâteaux ! Si je les fait c’est pour les manger ! »
Pour une fois unanime, la mission StarITPEtrek se propose, à des fins d’étude évidemment, d’aider Simon à écouler sa production !

Cette pression, Simon la canalise à titre personnel par la pratique de deux activités dont l’association n’est pas forcément courante, voire en apparence peu compatibles … le trail (au rythme d’au moins 10 heures d’entrainement par semaine) et … la pâtisserie.
Il est à notre connaissance le premier pâtissier à avoir terminé la “Diagonale des Fous (pas celle des fours!)“ de la Réunion, et atteint la 51ème place en 2023. En plus, il avoue « J’adore manger des gâteaux ! Si je les fait c’est pour les manger ! »
Pour une fois unanime, la mission StarITPEtrek se propose, à des fins d’étude évidemment, d’aider Simon à écouler sa production !


« La chance d’un parcours cohérent en lien avec le territoire ! »

Guirec PREVOT est adjoint au chef du Pôle National de la Sécurité des Ouvrages Hydrauliques (PONSOH), service de la Direction Générale de la Prévention des Risques (DGPR) du Ministère, basé à Grenoble.

Guirec PREVOT

Bien que natif de Roubaix (FR 59 - Nord), comme son prénom l’indique manifestement, Guirec revendique des racines ancrées dans le granit breton. Effectivement, il faut reconnaître que passer vingt de ses premières années à Ploubazlanec (FR 22 - Côtes d’Armor) ne peut que vous forger un caractère quasi-breton… .
Après les classes préparatoires, bretonnes également à Saint-Brieuc, Guirec rejoint la 53e promotion de l’ENTPE (2008) et opte pour une voie d’approfondissement (VA) “Génie civil“.
« En fait, je voulais intégrer l’ENTPE pour sa VA “Ingénierie Maritime et Fluviale“ (sans doute ma fibre bretonne !) mais elle a été supprimée à l’arrivée de notre promotion ! Je me suis donc tourné vers les infrastructures tout en suivant en auditeur libre des cours de la VA “Environnement et Gestion des Cours d’Eau et Littoral (GCEL)“ , et en complétant mes bagages par un Master 2 recherche en “Génie côtier“. »
Dans le droit fil de sa formation, Guirec rejoint en 2009 le Centre d’Etudes Techniques Maritimes Et Fluviales (CETMEF), à Compiègne (FR 60 - Oise) comme responsable du pôle “Digues maritimes“ au sein du département “Ports maritimes et voies navigables “, puis en 2011 comme chargé d’études scientifiques et techniques au sein de la Direction de l’ingénierie, à l’issue d’une réorganisation interne. « 2012 verra la fin de plusieurs projets au CETMEF et son intégration au sein du Cerema. »
Mais le Limousin est entré depuis déjà un certain temps dans la vie de Guirec, en la personne de son épouse Marine, elle même ITPE de la 54e promotion (2009) et originaire de Limoges, principale colonie de FR 87 - Haute-Vienne ! Marine, après un premier poste en administration centrale à la Direction Générale de l’Aménagement, du Logement et de la Nature (DGALN), rejoint en 2013 le Service Technique des Remontées Mécaniques et des transports Guidés (STRMTG) à Grenoble.
Marine et Guirec prennent leur vaisseau pour rejoindre Grenoble où Guirec intègre le bureau d’études techniques et de contrôle des grands barrages (BETCGB - service de la Direction Générale de la Prévention des Risques) comme chargé de mission suivi technique des grands barrages et ouvrages hydrauliques. « Une opportunité tout à fait exceptionnelle car dans le prolongement direct de ma spécialisation, mais cette fois appliquée aux grands ouvrages hydrauliques. En France, on est en pointe sur cette ingénierie depuis la création en 1920 du Comité Français des Grands Barrages. »
Promu ingénieur divisionnaire en 2020, Guirec poursuit sa route d’expert en ouvrages hydrauliques, initié par ces premières expériences. « A 23 ans, lorsque le CETMEF m’a envoyé en Charente-Maritime pour aider les services de l’État à prioriser les travaux sur les brèches des digues de protection littorale, j’ai réalisé que ma vocation était de contribuer à cet appui technique indispensable au territoire et à ses habitants. » C’est effectivement ce que Guirec poursuit également depuis 2022 sur son poste actuel d’adjoint au chef du PONSOH, nouvelle appellation du service. Ses compétences lui ont valu en 2023 la reconnaissance d’expert international sur la sécurité des ouvrages hydrauliques avec, à la clef, un léger agrandissement de son périmètre d’activité…
« Par exemple, en juin 2024, je serai en Albanie pour partager avec mes homologues européens et répondre à une demande d’assistance du gouvernement albanais pour la mise en place d’une réglementation sur la sécurité des ouvrages hydrauliques. »
« J’ai la chance d’avoir un métier techniquement passionnant, qui me fait parcourir la France, et “vers l’infini et au delà“ pour faire profiter de mon expertise sur des questions souvent délicates sur la sécurité des ouvrages hydrauliques. Et la taille des enjeux est souvent énorme à la dimension de ces fameux ouvrages : un grand barrage en béton c’est conçu pour résister à une période de retour de 1.000 ans et un grand barrage en terre de 10.000 ans ! »

Jusqu’à ce jour, la mission StarITPEtrek n’avait pas eu la chance de rencontrer un expert international. Il est clair que la France peut légitimement s’enorgueillir d’avoir su développer des compétences techniques de très haut niveau au service de la sécurité des populations et qui, et ce n’est pas accessoire, favorise un rapprochement pacifique entre les peuples.
A noter que compte tenu des enjeux à l'aval des grands ouvrages hydrauliques, il importe évidemment de pérenniser ces compétences et de les transmettre à travers les générations futures d’ingénieurs. Rien n’empêche également de penser dès à présent à en étendre le périmètre à l’espace tout entier. La voie est ouverte pour les ingénieurs experts inter-planétaires !

En France, on dénombre près de 700 grands barrages. Ces ouvrages constituent un patrimoine exceptionnel pour la France (production hydroélectrique, irrigation, eau potable, alimentation des canaux de navigation, soutien d’étiage). Ils représentent néanmoins des risques pour les populations à l’aval. C’est aussi le cas pour les petits barrages (près de 2000 en France) et les systèmes d’endiguement. Le rôle des services de contrôle de la sécurité des ouvrages hydrauliques en DREAL, appuyé par le PoNSOH est de veiller à ce que les responsables de ces ouvrages les exploitent en sécurité pour les populations.
Guirec PREVOT


« De tout temps, une mentalité de spécialiste ! »

Titouan FLAUX

Titouan FLAUX est pilote de la cellule “Hydroélectricité“ et instructeur “Police de l’Eau et des Milieux Aquatiques (PEMA)“ au sein du service “Environnement“ de la Direction Départementale des Territoires de l’Isère .

« Et ça me correspond bien ! » précise immédiatement Titouan lorsqu’on évoque ses origines au sein de la petite colonie rurale de Lent sur la planète FR 01 - Ain et le territoire de la Dombes ! L’’humour véritable est toujours teinté d’autodérision.
Et pourtant, notre Lentais, fils de boulanger, ne laisse pas vraiment la pâte reposer ! Après un bac scientifique obtenu en 2012 avec mention “Très bien“, il enchaîne avec les classes préparatoires, spécialisation Physique-Chimie et Sciences de l’Ingénieur au lycée “Jérôme Lalande“ de Bourg-en-Bresse (FR 01) et rejoint la 62e promotion de l’ENTPE (2017) avec voie d’approfondissement “Environnement“.
« L’’ENTPE était classée haut dans ma liste à cause de l’éventail large des disciplines qu’elle propose et du statut de fonctionnaire. Mais je ne m’attendais pas du tout à être reçu. Le jour de l’oral des travaux sur l’A40 m’ont fait rater le TGV au départ de Mâcon et j’ai failli renoncer au déplacement ! C’est principalement la gestion des cours d’eau et du littoral qui a déterminé mon choix de spécialisation, avec un Master en Mécanique des Fluides et Énergétique ».
En 2017, Titouan connait sa première affectation d’ITPE comme responsable de l’unité “Nature“ du service “ Planification Risques Eau et Nature“ de la Direction Départementale des Territoires de l’Indre (FR 36) à Châteauroux. « En fait, je n’ai pu avoir aucun des 3 postes sur lesquels je postulais en sortie d’école et parmi la “short list“ des 6 postes qui restaient, cela m’a paru la moins mauvaise option, d’autant que le thème “Eau“ m’allait bien. Et le hasard fait bien les choses car j’ai réalisé progressivement que ce type de poste en DDT me convenait parfaitement, d’autant plus que j’y ai redécouvert les sujets autour des continuités écologiques. »
Il est évident que Titouan dispose d’une force de caractère remarquable car en 2021, il choisit de réintégrer la région Auvergne- Rhône Alpes alors que des amis tout fraîchement diplômés de l’Ecole Nationale de Céramique Industrielle (ENSCI) de Limoges lui vantaient les mérites de la capitale limousine ! « Lors du dernier cycle de mobilité, j’ai eu beaucoup de chance d’obtenir mon poste actuel qui correspond parfaitement au périmètre d’activité et à ma mentalité de spécialiste. Je suis convaincu que les DDT, sur le territoire, ont besoin de compétences techniques pointues en fonction de leurs spécificités. Pour ma part, c’est au contact du terrain et avec l’appui des experts des services de l'Etat et de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) que j’ai appris mon métier. »
Depuis 2021, en Isère, Titouan s’est donc attelé, avec deux collaborateurs, à la gestion des procédures réglementaires de l’hydroélectricité pour les installations, ouvrages, travaux et activités (IOTA) induisant des impacts ou des dangers pour le milieu aquatique et la ressource en eau. « Nous ne manquons pas de plan de charge car l’Isère se place au deuxième rang des départements français dans ce domaine après la Savoie (FR 73). Je suis donc de manière quasi-permanente “les mains dans le cambouis“ et j’adore ça ! A l’avenir, j’aimerais poursuivre dans cette voie car je suis très attaché à la protection des milieux aquatiques. Mais, pour l’instant, je n’ai pris aucune option. Je souhaite attendre dans quelques mois l’achèvement de la réforme de l’Autorisation Environnementale dans laquelle je me suis beaucoup investi. Pour la suite, je ne m’interdis rien… »

La mission StarITPEtrek est particulièrement sensible au sujet de l’Autorisation Environnementale car, avant d’entreprendre son périple interstellaire, son comandant de bord en fut pour quelques années terrestres le pilote de déploiement pour l’ensemble du système planétaire de Nouvelle-Aquitaine. Même si Titouan est resté assez évasif sur les raisons de son renoncement à un séjour dans le Limousin, il a acquis la confiance de l’équipage et l’Autorisation Environnementale sera sans aucun doute entre de bonnes mains.
Et puis qui sait s’il aura vraiment besoin d’une mobilité géographique pour devenir Limousin ?

En l’expliquant à tort et à travers à des auditoires pas toujours experts de la question, je me suis aperçu que la restauration de la continuité écologique des cours d’eau est une des politiques publiques les plus incomprises, et par conséquent les moins acceptées du grand public. Pourtant, le dépeuplement piscicole de nos rivières nous préoccupe de longue date puisque dès 1865, une loi prévoyait d’équiper certains barrages et seuils en rivière de dispositifs de restauration de la libre circulation du poisson. Et quand on s’intéresse un instant à l’équilibre fragile du cycle de vie des poissons, en particulier de ceux dits « grands migrateurs » (on pense aisément au saumon, voire à l’anguille, mais il en existe bien d’autres !), on comprend que la multitude d’obstacles qui parsème nos cours d’eau puisse poser un sérieux problème pour la conservation de ces espèces. Reste alors à démêler les fils des droits d’eau anciens, des usages plus ou moins clairs, des préoccupations d’ordre patrimonial et des postures et croyances, qui motivent le
maintien de ces ouvrages pour espérer aboutir à une solution satisfaisante de restauration de la continuité piscicole et sédimentaire.
La tâche est loin d’être aisée, mais le jeu en vaut la chandelle, à plus forte raison dans un contexte de course permanente contre un dérèglement climatique qui n’ avait f ranchement pas besoin d’ aide pour dégrader la qualité des milieux aquatiques.
Titouan FLAUX
 


« Les Alpes avant tout ! »

Sylvie VIGNERON est coordonnatrice des politiques de montagne au sein du Commissariat de massif des Alpes et pour le compte de l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT) à Grenoble.

Sylvie VIGNERON

En cette période, il est difficile de ne pas cultiver la métaphore sportive et olympique… Rares sont les champions sportifs qui ont obtenu des médailles dans des disciplines très différentes. Tout au plus tiennent-ils sur les doigts des deux mains, mais ceux qui ont triomphé dans trois disciplines différentes logent à peine sur une seule main ! Eh bien, on va le voir, Sylvie peut s’enorgueillir de faire partie de cette élite dans la version professionnelle de la compétition…
Originaire de La Rochelle (FR17 - Charente-Maritime), Sylvie y enchaîne scolarité primaire et secondaire, avant d’intégrer une classe préparatoire “Bio“ au lycée Camille Guérin à Poitiers (FR86 - Vienne). « En fait, à cette époque, je ne savais pas du tout vers quelle voie m’orienter. J’étais plutôt attirée par l’Environnement et surtout la qualité de l’eau. »
Et les Jeux Olympiques de Sylvie commencent ! Elle entre à l’École nationale supérieure agronomique (ENSA) de Rennes (FR35 - Ille-et-Vilaine) et devient en 1989 Ingénieure Agronome. « Malheureusement, l’agriculture prenait le pas sur l’environnement, ce qui ne me convenait pas. »
Qu’à cela ne tienne, Sylvie rejoint dans la foulée l’École nationale de la santé publique (ENSP) de Rennes et obtient en 1990 le diplôme d’Ingénieur du Génie Sanitaire. Mais toujours insatisfaite, Après avoir consulté un avis dans la presse, Sylvie postule au concours de recrutement sur titres du ministère de l’Equipement et rejoint, pour son 3e diplôme d’ingénieur, la 36e promotion de l’ENTPE. Elle devient Ingénieur des TPE une année plus tard en 1991.
Cet impressionnant CV en poche, Sylvie intègre les troupes du Centre d’Etudes Techniques de l’Equipement (CETE) à Metz (FR57 - Moselle) comme chargée d’études “Environnement“. « J’avais exclu la région parisienne et, après contact avec le service, j’ai choisi de participer aux études d’environnement sur de grands projets dont en particulier le TGV Est. En plus, j’ai apprécié particulièrement la proximité avec les frontières ! »
De 1994 à 1997, Sylvie est en disponibilité de l’administration. Elle accompagne son mari à Menton (frontière toujours !), cadre dans l’industrie, et en profite pour compléter la famille avec deux enfants. Une médaille d’or de plus dans une autre discipline !En 1997, elle rejoint à Lyon (FR69 - Rhône) les rangs du Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU) comme chargé de mission “Eau et prévention des risques“. « A l’origine, je menais des études sur les réseaux d’eau pluviale et l’environnement. Un travail passionnant au cours duquel j’ai découvert l’influence des lobbys des entreprises du secteur… Et puis, les risques naturels ont pris le pas, notamment le risque “Inondation“. »
En 2010, Sylvie intègre la DREAL Auvergne - Rhône-Alpes, toujours à Lyon, comme chargée de mission “Plan Rhône“ pour porter, accompagner et initier des actions de prévention des inondations sur le fleuve en partenariat avec notamment la Région, l’Agence de l’eau et Voies navigables de France (VNF). « Un excellent poste où Il s’agissait de mettre en oeuvre les contrats de plans auxquelles les inondations dramatiques de 2003 avaient donné un important coup d’accélérateur . »
Promue ingénieure divisionnaire, Sylvie concrétise sa promotion en rejoignant en 2015 la DDT de la Loire (FR42) à Saint-Etienne comme adjointe au chef de service “Aménagement et planification“. « Une trentaine d’agents dont une douzaine que je dirigeais en propre sur les activités en Urbanisme. Si j’ai choisi le poste un peu par défaut, j’ai pris goût à cette première expérience de management. »
C’est en 2020 que Sylvie rejoint son poste actuel à Grenoble et un nouvel employeur, l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT). Au sein du Commissariat de Massif des Alpes, comme “coordonnatrice des politiques de montagne“, elle a notamment en charge le déploiement du Programme Montagne de l’ANCT sur les Alpes, en appui des Collectivités Territoriales. Elle anime également le comité de massif des Alpes, sous pilotage du préfet coordonnateur du massif, sur les sujets de l’urbanisme, des mobilités et des risques. « Un travail passionnant d’animation de « petit parlement de montagne » regroupant élus, représentants des acteurs économiques de la montagne, monde associatif et administrations. Désormais, je me suis prise de passion pour le massif alpin et je ne souhaite pas, pour la suite, revenir dans les limites administratives d’un département.»

Outre ses performances professionnelles de niveau olympique, la mission StarITPEtrek envie également Sylvie pour ses activités sportives. Elle pratique et enseigne l’aïkido, art martial japonais qui permet d’acquérir des techniques de self-défense tout en préservant l’intégrité de l’adversaire, considéré comme partenaire, et en obtenant son désarmement volontaire.
Un magnifique principe de non-violence beaucoup plus olympien qu’olympique …


« L’ingénierie publique n’a pas totalement disparu ! »

Thibault CHATELUS est chargé d'affaires “Système Transports à Câbles“ au sein du département “Installations de Transports à Câbles“ du Service Technique des Remontées Mécaniques et des Transports Guidés (STRMTG) à Grenoble.

Thibault CHATELUS

Au fil de ses rencontres, la mission StarITPEtrek se pose clairement la question : L’Isère est-il le département de tous les records ?
Thibault, lui, a commencé très tôt à accumuler les performances mais dans un registre plus personnel. Enfant, il passe sept années à Bellac (FR 87 - Haute-Vienne) qui est la colonie de naissance et de coeur du commandant de bord de la mission StarITPEtrek ! Qui plus est, avec ses parents qui enseignent au Lycée Jean Giraudoux, il est installé dans une maison située juste en face des locaux de la subdivision territoriale de l’Equipement. «Et pour couronner le tout, pour rejoindre ma grand mère à Blois nous empruntions la Route Nationale 20 en grands travaux pour devenir l’Autoroute A20 ! J’ai bien bassiné mes parents avec l’avancée des chantiers, une prédestination certaine !»
Mais l’imprégnation Limousine de Thibault ne s’arrête pas là ! A l’issue de sa scolarité, il choisit d’intégrer les classes préparatoires scientifiques du Lycée Gay-Lussac à Limoges (dont nous avons déjà évoqué l’entrée située juste en face du bar “Le Trianon“…) et fait la connaissance de Marine, elle-même originaire de Limoges qui deviendra l’épouse d’un camarade de promotion et une collègue au STRMTG.
C’est donc sous ces auspices “exceptionnels“ que Thibault rejoint la 53e promotion de l’ENTPE (2008) et opte forcément pour une voie d’approfondissement “ Infrastructures et Circulation“. « Pour moi, pas de doute, je devais construire des routes et des ouvrages d’art mais des cours très ludiques sur la modélisation du trafic et le dimensionnement des carrefours à feux ont élargi mon intérêt professionnel à l’ensemble de l’ingénierie de conception. »
Une 4ème année de Master en “Sécurité des Transports“, à l’université de Versailles-St Quentin en Yvelines supervisée par le STRMTG, assortie d’un stage de Master à la RATP sur la sureté des systèmes ferroviaires, vont décider de l’orientation de Thibault.
« Je n’imaginais pas pouvoir travailler dans les remontées mécaniques ni intégrer le STRMTG. C’est grâce à la politique de recrutement très dynamique du service en 4A que cette chance m’a été offerte. »
Effectivement, dès son premier poste, en octobre 2009, Thibault intègre la division “Métros et Chemins de Fer Locaux“ du STRMTG, comme chargé d'affaires “Métros“. « Pour l’ensemble des réseaux de métros de l’hexagone et en appui de nos bureaux locaux, le rôle essentiel du service est régalien. Nous instruisons les demandes d’autorisation de métros (ex : automatisation de la ligne 1 à Paris, réseau de transport public du Grand Paris, Rennes ligne b "CityVAL", projet Lille 52m, ...) et nos avis sont largement reproduits dans les arrêtés préfectoraux d’autorisation. Nous menons également des enquêtes techniques sur tous les accidents de métros et en assurons le suivi. L’animation de groupes de travail et d’échanges professionnels complète le dispositif. De fait, notre plus-value au niveau du siège, c’est vraiment une vision d’ensemble qui permet la capitalisation de l’expérience et des positions prises ! »
En octobre 2014, Thibault décide d’élargir ses compétences en changeant de domaine au sein du STRMTG. Il rejoint le département “Installations de Transports à Câbles“ sur son poste actuel de chargé d’affaires. « Avec des missions régaliennes analogues à celles des métros, je travaille aujourd’hui sur l’ensemble des téléphériques, c’est-à-dire les transports à câbles pour lesquels les véhicules transportant des personnes ne touchent pas le sol : par exemple les gros téléphériques, les télécabines, les télésièges, mais pas les funiculaires ni les téléskis. Notre activité comporte également la certification de composants de sécurité et sous-systèmes de téléphériques (comme par exemple des attaches débrayables, des suspentes, des sièges, des cabines) conçus par différents fabricants. Sur l’ensemble de nos activités, nous sommes très contents de continuer à faire de l’ingénierie publique ! »
Son parcours vaut à Thibault d’être qualifié en 2019 “Expert enTransports durables, sécurité, inter-modalité et mobilité “ par le comité de domaine ad hoc, puis en 2022 d’être promu ingénieur divisionnaire des TPE. « Mes missions se sont élargies au niveau international, notamment avec le portage des positions françaises ou le pilotage sur deux chantiers de révisions de normes européennes sur les transports à câbles : le premier sur la gestion du vent et le deuxième la “récupération intégrée“, c’est à dire des démonstrations très compliquées qu’il est possible de ramener les passagers en gare dans les véhicules quelle que soit la situation de défaillance, sans avoir besoin de faire une évacuation classique à la corde. »

La mission StarITPEtrek, qui s’enorgueillit d’être, avec quelques astronautes, la seule représentation de l’ingénierie française dans l’espace, se désole constamment de l’abandon progressif par nos dirigeants d’une l’ingénierie publique qui produisait en nombre des experts reconnus sur le plan international et participait sans bruit mais efficacement à la renommée de la galaxie France.
Verrons-nous jamais des Ingénieurs des Travaux Publics de l’Espace, reconnus “Experts Interplanétaires“ par le comité de domaine des “Transports Interstellaires“ ?


« Mon avenir est dans ma région ! »

Sara ECHARD est adjointe au chef de service “Aménagement du Territoire Trieves au sein des services du Conseil Départementale de l’Isère, en poste à Mens (38710).

Sara ECHARD

Sara est incontestablement la régionale de notre étape iséroise. Originaire de Saint-Martin-d’Uriage, commune proche de Grenoble, elle déroule en Isère ses scolarités primaires et secondaires avant d’intégrer tout naturellement des classes préparatoires scientifiques à Grenoble. « A l’issue de ma prépa, j’ai choisi d’intégrer l’ENTPE parce que l’école propose un large éventail de thématiques dont notamment pour moi, l’aménagement du territoire et les transports. Sa plaquette de présentation m’a séduite au milieu de celles des autres écoles. »
Sara appartient donc à la 56e promotion de l’ENTPE (2011) avec une voie d’approfondissement “Transports“. « La formation à l’ENTPE est plutôt très bonne et diversifiée. Par exemple, j’y ai découvert la sociologie. Au final, cela a renforcé mes affinités pour l’organisation des déplacements. »
Pour sa première affectation, Sara, n’ayant pas obtenu ses premiers choix de poste, doit accepter un poste “obligatoire“. Elle rejoint en 2011 la Direction des Routes Ile-de- France (DIRIF) comme chef de projet “Modernisation des tunnels“. « Un domaine auquel je souhaite m’adonner “avec modération“, mais, au final, un premier poste qui s’est révélé très formateur avec une activité opérationnelle forte, mais aussi de l’administratif avec un volet “Marchés Publics“ conséquent, ainsi que de fréquentes concertations avec les élus et les partenaires professionnels. »
En 2014, pour revenir au domaine de la mobilité et des déplacements, Sara intègre l’administration centrale du ministère de la transition écologique comme chargée d'études “Transport ferroviaire régional de voyageurs “, au sein de la Direction Générale des Infrastructures, des transports et des Mobilités (DGITM). « Je me suis consacrée à l’analyse des conséquences socio-économiques du transfert des TER aux régions et à l’installation et à l’organisation du Haut Comité du Système des Transports Ferroviaires présidé par le ministre. Pour moi, une approche très intéressante des aspects politiques et stratégiques et de la préparation des supports réglementaires. »
Mais en 2018, l’attraction de la planète Isère s’avère tellement forte que Sara, toujours en recherche d’opportunité dans le domaine des Transports, remarque sur le site du Département une offre d’emploi de chargée de tarification et billettique du réseau Transisère au sein de la direction des Mobilités à Grenoble. « Une opportunité exceptionnelle qui m’a permis de travailler à la mise à jour du Règlement des Transports et des grilles de tarification, mais aussi d’initier une expérimentation innovante de billettique par Internet. »
Il reste un domaine d’activité auquel Sara ne s’est pas encore confrontée et elle avoue en « avoir eu l’envie », c’est le management. Elle choisit donc en 2021 de rejoindre le service “Aménagement du Territoire du Trièves“ sur son poste actuel. Elle y est tout à la fois adjointe du chef d’un service dont l’effectif atteint 45 personnes à la période de viabilité hivernale, et contrôleuse des routes sur le secteur Lalley-Clelles avec la responsabilité directe d’une équipe d’une quinzaine d’agents. « Nous assurons la maintenance, l’entretien et l’exploitation de 120km de RD avec 2 centres d’exploitation. Les sujets sensibles sont notamment les ouvrages d’art mais surtout les risques naturels de glissement de terrain, considérablement aggravés par le dérèglement climatique. Les variations de température de plus en plus brutales provoquent une fonte rapide de la neige avec souvent d’importantes coulées de boues.»
« J’aime ce que je fais et je pense que mon avenir est dans ma région ! »

“Contrôleur(se)“, “centre d’exploitation“, “viabilité hivernale“ … autant de termes qui fleurent bon le (très) ancien ministère de l’Equipement, cher au coeur de l’équipage de l’ISS ENTerPrisE !
La mission StarITPEtrek constate bien souvent chez les Ingénieurs des TPE un attachement profond au territoire ainsi que l’aspiration un travail technique et concret à son service.
Or il reste à l’infini des territoires à investir pour satisfaire leur appétit… Et pourquoi pas comme contrôleur des routes interplanétaires de la galaxie du Centaure, ou pour diriger les centres d’exploitation de la constellation de la Lyre, et, qui sait, manager la viabilité hivernale permanente de Neptune par -218 °C !


« Le Service Public avant tout ! »

Marie-Laure BRUNERIE est cheffe du service “Conseil et Urbanisme réglementaire“ et adjointe de la direction “Urbanisme et Aménagement au sein des services de la Ville de Grenoble.

Marie-Laure BRUNERIE

Le doute n’est plus permis… l’annexion de l’Isère et donc celle des Alpes, par les hordes colonisatrices,, mais bienfaitrices, de la galaxie Limousin est engagée !
En effet, difficile de faire mieux que Marie-Laure. Originaire de Linards (planète FR 87 - Haute-Vienne), elle déroule sa scolarité sur cet astre béni des dieux au sein des petites colonies d’Eymoutiers, puis de Saint-Léonard-de-Noblat. [ NDLR : Pour les incultes limousinesques et pédalistiques, Saint-Léonard-de-Noblat est la ville de l’immense et regretté Raymond POULIDOR ] . Le service public et son administration pointent d’ailleurs leur nez très tôt pour Marie-Laure puisque sa maman est secrétaire de mairie en la commune de Bujaleuf sur la même planète.
Bien sûr, Marie-Laure poursuit sur cette voie royale par les classes préparatoires du lycée Gay-Lussac à Limoges (dont, vous le savez déjà, l’entrée se situe face à celle du bar “Le Trianon“…). « A l’époque, même si j’aimais bien la chimie, je n’avais pas fait mon choix pour mon parcours professionnel. L’ENTPE avec son très large éventail de formations me permettait de temporiser un peu plus en accumulant les informations, tout en m’orientant vers le Service Public. »
Marie-Laure intègre donc la 52e promotion de l’ENTPE (2007) et trace son chemin en choisissant une voie d’approfondissement “Aménagement et politiques urbaines“. « En plus l’école s’est révélée idéalement placée pour moi puisque mon conjoint était en école d’ingénieur physique à Grenoble. »
Seulement voilà, « la quasi totalité des postes proposés en sortie d’école se situaient dans la moitié Nord de l’Hexagone ! » Elle choisit donc en 2007 de rejoindre la DDTM de la Manche à Saint-Lo comme responsable de l'unité Politique de l’Habitat. « Je voulais aussi un poste avec un minimum d’encadrement au sein d’une petite DDI où l’accueil est bon et l’intégration rapide. Et puis, cela me permettait sans trop de difficulté de rejoindre Lyon par la ligne aérienne depuis Caen. »
Malgré tout, attirée par le domaine du logement social, Marie-Laure émigre vers Paris en 2011 pour devenir chargée d'étude “Suivi évaluation des Conventions d’Utilité Sociale (CUS) et évolution du tissu des opérateurs HLM en administration centrale. « C’était la créations des CUS et il s’agissait d’informer les opérateurs et de porter ce nouvel outil. Une excellente ouverture pour moi sur le droit administratif dont je me sers encore beaucoup. Dans l’effectif de la direction, j’étais la seule à venir du contexte local; ce qui me conférait évidemment une expérience et un statut un peu particulier. »
Mais l’attraction de la planète Isère se fait sentir et, en 2013, Marie-Laure rejoint les rangs de la DDT 38 comme chargée de mission “Développement durable en urbanisme“ au sein du service “Etudes et Territoires“ à Grenoble. « La DDT comportait à l’époque deux services “Aménagement“ à Grenoble et à Vienne. Mon rôle était d’en assurer une coordination optimale, notamment en agrégeant leurs avis pour une formulation efficace du dire de l’Etat. »
Au fil des départs en retraite et de la mise en oeuvre des projets de la direction, Marie-Laure intègre en 2015 le service “Aménagement Sud-Est“ comme chargée de planification et responsable de la mission inter-service de planification, puis en 2016 responsable du pôle “Doctrine et missions départementales“.
Marie-Laure est promue ingénieure divisionnaire des TPE en 2018 mais ne trouve aucun poste au sein des services de l’Etat à Grenoble. « Pour des raisons personnelles, je ne pouvais pas envisager une mobilité géographique. J’ai donc opté pour un détachement à la Ville sur mon poste actuel. J’y encadre une équipe 13 agents sur un effectif de direction de 36 personnes qui participent au montage d'opérations d'aménagement opérationnel, à la valorisation du patrimoine immobilier et à la supervision de la mission accessibilité. »
Très attachée au respect du cadre réglementaire, Marie-Laure doit réintégrer en septembre le service de la DDT 38 quitté en 2018.
« Même si je n’ai jamais eu à franchir la ligne rouge en collectivité, je suis plutôt faite pour le Service Public d’Etat. »

La mission StarITPEtrek reviendra à plusieurs reprises dans les années à venir en région Auvergne - Rhône-Alpes et s’attachera à réunir les éléments permettant de juger d’un éventuel rattachement de l’Isère à la région Nouvelle-Aquitaine…
Avec Marie-Laure, elle fait remarquer aux tenants jusqu’au-boutistes de la Décentralisation que celle-ci n’a de sens que dans le cadre d’un Etat jouant pleinement son rôle de régulateur pour maintenir l’homogénéité de la galaxie France !
[note de l’interviewée … et elle pensait que l’État était le garant d’une certaine stabilité … mais ça, c’était avant juin 2024 … Pour le coup, pas trop visionnaire en cette année 2024 ]

Bien que je retourne au sein des services de l'État, je profite de cette tribune pour promouvoir la mobilité vers les collectivités locales. Il est en effet enrichissant de passer de la posture parfois un peu donneuse de leçons de "dire de l'État" à celle du "faiseur", en menant à bien des projets concrets sur le terrain. Dans les domaines de l'aménagement et de l'urbanisme, on observe souvent un écart entre les intentions des textes et leur mise en œuvre réelle, dans un contexte de complexité généralisée, qu'elle soit administrative, technique ou financière. À cela s'ajoute la complexité du découpage des compétences au sein des collectivités locales et les défis de la gouvernance politique, qui peuvent parfois faire douter du sens de l'intérêt public, pour lequel nous travaillons tous … a priori.. dans le service public. Certaines collectivités souhaitent même aller au-delà des cadres réglementaires, innovant et menant
des réflexions à des échelles de projet urbain qui alimentent ensuite les réflexions locales ou nationales.
Je retourne au sein des services de l'État avec une expérience enrichissante et j'ai rencontré peu d'ingénieur-e-s des TPE à cette échelle très locale. Osez les collectivités locales ! L'expérience en vaut la peine… et cela permet aussi de relativiser sur les dysfonctionnements de nos organisations. 
Marie-Laure BRUNERIE


Le plan de vol des semaines à venir de la mission StarITPEtrek

Semaines 28 et 29 : Saint-Etienne et la Loire

Semaines 30 et 31 : Le-Puy-en-Velay et la Haute-Loire
Semaines 33 et 34 : Nantes et la Loire-Atlantique
Semaines 35 et 36 : Orléans et le Loiret

Semaines 38 et 39 : Cahors et le Lot
Semaines 40 et 41 : Agen et le Lot-et-Garonne

 

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64