Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Haute-Loire (43)

Published on October 2, 2024

Tout est affaire d’équilibre !

 

Avant son atterrissage dans la principale colonie du Puy-en-Velay, la mission StarITPEtrek a choisi de visiter une petite lune de FR43 - Haute-Loire, la Chaise-Dieu et sa célèbre abbaye…

…. sans doute pas vraiment par attirance particulière pour la chose religieuse mais beaucoup plus pour en apprécier les dimensions impressionnantes et les qualités acoustiques, ainsi que pour y admirer sa fameuse galerie des tapisseries et sa fresque de la danse macabre.

Mais, à cette occasion, la mission fit deux découvertes inattendues.
. Le Pape Clément VI, grand architecte au 14ème siècle de la (re)construction de l’église abbatiale qui recèle son tombeau, était originaire du Limousin; ce qui confirme, si nécessaire, l’excellence de ce terroir exceptionnel…
. Un mystère entoure l’usage de la “salle de l’écho“ qui présente une singularité acoustique surprenante. L’architecture de sa voûte permet à une personne qui chuchote tournée face à un angle de la pièce, d’être entendue très distinctement par une autre personne, positionnée face à l’angle opposé. Une salle d’essai pour un premier “internet médiéval 1G“ ?

Il va sans dire qu’à l’issue de ce premier contact avec FR43, l’équipage de l’ISS ENTerPrisE baignait dans une sérénité quasi- monastique, voire presque mystique avant de se poser sur l’astroport principal de la colonie principale du Puy-en-Velay !
Mais là également le choc fut intense … à en perdre son équilibre !

Au sein même de l’agglomération, l’astroport se situe quasiment au pied du Rocher-Chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe.
Une proximité qui communique d’emblée une sensation forte de domination et d’écrasement, au point de risquer de vous faire perdre tout équilibre et cette fois définitivement.
D’autant, qu’après avoir gravi les 268 marches qui mènent à ce sanctuaire, et y avoir fait des dévotions essoufflées, l’équipage, armé d’une indéfectible volonté d’élévation morale et, par force, physique, enchaîna les reconnaissances de la Cathédrale Notre-Dame et son sanctuaire de la Vierge Noire, au sommet du mont Anis (et pas question d’apéritif !) et de la statue de Notre-Dame-de-France, piédestal naturel à l’altitude 757 m au sommet du Mont Corneille.
Si l’on ajoute, et ce n’est pas rien, que le sanctuaire de la Vierge Noire est le point de départ du Chemin de Compostelle le plus fréquenté par les pèlerins depuis le XIIe siècle, on peut dire que la mission StarITPEtrek avait de plus en plus tendance à se croire comme les Blues Brothers, en mission pour le Seigneur !
Une tendance en mal d’équilibre, propice à vous faire rejoindre le plus rapidement possible les sandales et la robe du bure des moines bénédictins de la Chaise-Dieu avec l’espoir d’un pardon pour des péchés certes modestes en importance mais en nombre significatif !

Un peu désorienté par cette quasi-transmutation inattendue, le commandant de bord, en proie à une recherche spirituelle (autant que spiritueuse d’ailleurs!) intense, errait dans les rues médiévales du centre-ville, lorsqu’il comprit que cette sensation de fort déséquilibre était ressentie dans les siècles anciens et que les ancêtres avaient mis en place leurs propres “pare-feux“.
Au 16 de la peu fréquentée rue de Chamarlenc, il tomba en arrêt devant une énigmatique façade fermée, ornée de médaillons de pierre au faciès diabolique et cornus portant les inscriptions « voies le cornard rian » et « a que les cornes von bien sur un fron comme le mien » ainsi qu’une plaque de « siège de la joyeuse confrérie des Cornards du XVIIe siècle ».
Du XIVe au XVIIe siècle, dans de très nombreuses villes de France, la Confrérie des Conards (ou Cornards ou Cosnards) n’était pas seulement comme on pourrait le penser de prime abord, un refuge pour les époux trompés…mais bien plus un lieu de ripaille, de relâchement et de folie carnavalesque !
Qui plus est, la hiérarchie de chaque confrérie reprenait en la détournant celle de l'église : cardinaux et abbés se réunissaient par exemple en conclave. Chants, poèmes, banquets et jeux animaient la fête et, par exemple à Rouen (FR 76 - Seine-Maritime) un prix était décerné au bourgeois responsable de la plus sotte action de l’année.
Au Puy-en-Velay, les Cornards poussaient loin la licence et leur gaité se déchaînait lors de manifestations très bruyantes et colorées. Leurs banquets pouvaient se reproduire jusqu’à deux à trois fois par semaine ! Et ils n’étaient pas seuls, chaque niveau social avait sa confrérie, comme par exemple, « les Chevaliers de Saint- Hubert » ainsi que les « Clercs de la Basoche » et certaines survécurent jusqu’au XIXe siècle.

La mission StarITPEtrek prend plaisir à penser que, si la belle et majestueuse cité du Puy-en-Velay dégage une sensation certaine de tranquillité et de sérénité, elle le doit séculairement et collectivement à un équilibre assumé entre la spiritualité et le “bon vivre“. Rassuré, l’équipage ne rejoindra pas en définitive la congrégation des moines de l’abbaye de la Chaise-Dieu, d’autant plus que, renseignements pris, ces bénédictins là ne fabriquent pas de Bénédictine !


" Préserver l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle ! "

Stéphane GRANET

Stéphane GRANET est directeur général des services de la Communauté d’agglomération du Puy-en-Velay.

Il faut dire d’emblée que Stéphane disposait dès le départ d’avantages naturels considérables puisqu’il est natif de Limoges (FR 87 - Haute-Vienne) et qu’il bénéficie donc de la nationalité Limousine !
De parents enseignants et forcément plutôt bon élève, il déroule ses premières armes scolaires dans la cité de la porcelaine et y intègre les classes préparatoires scientifiques du lycée Gay Lussac, fameuses aussi, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’évoquer, parce que leur entrée se situe exactement en face du réputé bar “Le Trianon“…
Tombé tout petit dans la marmite de la Fonction Publique, Stéphane rejoint la 37e promotion de l’ENTPE (1992) et opte pour une spécialisation “ Génie civil / structures“.
« J’étais attiré par les problématiques d’aménagement du territoire mais surtout par leurs volets directement opérationnels. L’enseignement à l‘ENTPE couvrait parfaitement l’ensemble des domaines et la grande variété des sujets. »
En 1992, dans le cadre du Service National, Stéphane est Volontaire à l’Aide Technique (VAT) sur l’île de La Réunion au sein de la cellule départementale des Ouvrages d’Art (CDOA) de la Direction Départementale de l’Equipement 974. « Un vrai premier poste de 16 mois parfaitement dans le prolongement de ma voie d’approfondissement et dans des conditions telles que je n’étais vraiment pas pressé de terminer mon service militaire ! Pour l’anecdote, j’y ai travaillé sur l’amélioration de la route d’accès au cirque de Cilaos dont les deux spécialités sont la broderie et les lentilles, exactement comme au Puy-en-Velay où j’ai atterri pour ma première affectation au retour ! »
Effectivement, en 1994 Stéphane change d’hémisphère sans changer de sujet. Il rejoint (déjà) la DDE de la Haute-Loire comme responsable de la CDOA. « Je ne connaissais pas du tout ce territoire vers lequel le ministère me dirigeait, mais je dois dire que ce fut une vraie et excellente découverte. Deux gros projets nous ont mobilisés : le contournement routier du Puy-en-Velay et les aménagements environnementaux du Plan Loire Grandeur Nature. Mais il faut être modeste, ce n’est que 24 ans après, à mon retour en Haute-Loire, que j’ai assisté à l’inauguration du contournement routier ! »
Entre temps, Stéphane sillonne l’hexagone et les DDE en devenant responsable du bureau des constructions publiques de la DDE de l’Allier (FR03 en 1997), puis chef de la subdivision territoriale de Tonneins de la DDE du Lot-et-Garonne (FR47 en 2000), et, promu ingénieur divisionnaire, responsable de l’arrondissement territorial Artois-Ternois de la DDE du Pas-de-Calais (FR62 en 2004). « Si le premier poste ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, la subdivision est une super bonne empreinte ! Notamment le contact direct avec le terrain et des collectivités en besoin d’appui, mais aussi l’ambiance familiale des échanges autour de la toile cirée de notre salle de réunion ! Malheureusement j’ai été le dernier subdivisionnaire de Tonneins… »
Lors de son séjour sur FR62, à Arras, Stéphane rencontre sa future épouse et l’aspiration à un réel équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle devient une donnée majeure. « Sur un territoire minier et maritime et dans un contexte économique difficile, l’aide aux communes à dominante rurale et la rénovation urbaine (ANRU et politique de la Ville) m’absorbaient énormément et la création des DDT se profilait nettement… J’ai assez rapidement imaginé des options nouvelles. »
En 2006, Stéphane rejoint les services du Conseil Général du Lot-et-Garonne ( FR 47) à Agen comme directeur des Infrastructures.
« Nous avons dû nous décider très rapidement à parution de l’avis de vacance de ce poste particulièrement attractif qui comportait l’obligation d’opter pour la Fonction Publique Territoriale. En 2007, j’ai définitivement “validé mon ticket FPT“ en réussissant le concours d’accès à Ingénieur en Chef Territorial et je me suis mis en recherche d’un poste correspondant à mon nouveau grade. »
L’équilibre pro/perso guide à nouveau Stéphane qui, en 2009, devient directeur général des services techniques de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole (FR59). « Un poste qui m’allait bien. Outre qu'il nous permettait de remonter dans le nord à proximité de ma belle famille, sur le plan professionnel, je dirigeais un service conçu comme un gros bureau d’études composé à moitié de cadres A et porteur de gros projets de rénovation urbaines et de développement économique comme le stade de football de Valenciennes et le centre des Congrès. Certainement un de mes meilleurs postes. J’y suis resté près de neuf années avant de rechercher une affectation de directeur général et de revenir à mon point de départ en Haute-Loire en 2018 à mon poste actuel ! »

La mission StarITPEtrek, révolutionnaire dans l’âme appelle de ses voeux à l’abolition complète de définitive des obstacles administratifs qui entravent encore les mouvements des ITPE entre le service de l’Etat et celui des Collectivités Territoriales.
Comme pour Stéphane, il s’agit de concourir à l’équilibre de chaque individu au profit du collectif.


« Altiligérien, au fond du coeur ! »

Jean-Claude MOREL est responsable du pilotage de l’Application du Droit des Sols (ADS) au sein de la Direction Départementale des Territoires de la Haute-Loire (DDT 43) au Puy-en-Velay.

Jean-Claude MOREL

Les racines de Jean-Claude sont ancrées si profondément en Haute-Loire qu’il est depuis trois mandats maire de Saint Préjet d’Allier, sa (petite) commune d’origine, forte de 176 habitants au recensement 2021 !
On pourrait également dire que Jean-Claude est “génétiquement“ relié au service public de l’Equipement (des Ponts-et-Chaussées ?) puisqu’il est petit fils d’un chef cantonnier devenu conducteur de travaux de la subdivision territoriale de Langeac en DDE 43. Il est donc incontestablement notre altiligérien de l’étape !
« En fait, je voulais devenir professeur et je me suis expatrié à Lyon (FR69 - Rhône) pour préparer une maîtrise de Physique-Chimie obtenue en 1999 à l’université Claude Bernard. Mais je me suis vite aperçu que pour devenir professeur, à l’époque, il y avait beaucoup de candidats pour peu de postes proposés… Je me suis donc tourné vers les concours de l’administration, et plus précisément de l’Equipement où mon grand- père avait oeuvré. »
Jean-Claude devient donc par concours, en 1999, contrôleur des Travaux Publics de l’État avec pour première affectation un poste d’animateur territorial à la subdivision de Giromagny sur la planète FR90 - Territoire de Belfort. « Une excellente formation que j’ai particulièrement appréciée ! Les anciens du service m’ont communiqué leur exigence de rigueur et transmis leur expérience et leurs connaissances. Je ne pouvais pas mieux débuter ma carrière ! »
Malgré tout, Jean-Claude s’était éloigné “considérablement“ (et longtemps !) de son territoire. Fort heureusement, la suite est quasi- exclusivement altiligérienne !
En effet, en 2001, Jean-Claude revient précisément chez lui puisqu’il intègre la DDE 43 au sein de la subdivision territoriale de Langeac comme responsable du centre d’exploitation de Saugues (dans les traces de son grand-père !). « C’était, avec 15 agents, le plus important centre d’exploitation de Haute-Loire. Le diriger à 24 ans a été une excellente première expérience de management. Les contacts se sont avérés très positifs et cette période me laisse de nombreux bons souvenirs. Malheureusement le transfert des routes au Département a rebattu complètement les cartes et j’avais la volonté de rester à l’Etat. »
Intéressé par l’informatique et les systèmes d’information géographiques, Jean-Claude regagne, en 2007, le siège de la DDE 43 au poste de chargé d'études SIG, puis, en 2009, de responsable de la cellule Valorisation et Analyses Territoriales. En 2010, il réussit brillamment le concours professionnel d’ITPE (classé 2e au niveau national et 1er des contrôleurs) et rejoint la 55e promotion de l’ENTPE. « J’y ai très bien vécu les 4 mois de formation grâce à la qualité excellente des enseignements et aussi parce que , contrairement à beaucoup d’autres lauréats qui souffraient de l’éloignement géographique avec leur famille, j’étais proche de la mienne restée en Haute-Loire. »
De même, la première affectation d’ITPE de Jean-Claude ne l’éloigne guère. Il rejoint les rangs de la Direction Interdépartementale des Routes Massif Central, à Clermont-Ferrand, comme chef du Parc. « Un excellent poste où j’ai d’ailleurs eu l’occasion de retrouver certains ex-collègues de l’ancien Parc de la DDE 43… »
En 2012, un drame personnel impose à Jean-Claude un retour près des siens. Il réintègre alors la DDT 43 pour ne plus la quitter. Il est successivement chef du bureau “Application du Droit des Sols“, puis, en 2015, référent territorial sur le territoire du Pays de La Jeune Loire avant de revenir en 2021 sur son poste actuel. « Le poste de référent territorial m’avait paru intéressant et propice à compléter mes connaissances et mes compétences mais, à l’usage, porter des politiques pas assez concrètes ni consistantes de mon point de vue, me convenait peu ! Le bureau ADS porte actuellement l’enjeu essentiel et très concret de dématérialisation des actes d’urbanisme et, sur le sujet, notre département est au deuxième rang en France métropolitaine par le volume des actes à traiter. »


La mission StarITPEtrek félicite chaleureusement Jean-Claude pour son engagement d’élu local dans la durée d’autant que la fonction de maire d’une petite commune relève de nos jours beaucoup plus du sacerdoce que de la partie de plaisir. Elle ne saurait recommander aux ingénieurs des TPE de rechercher dans la politique un appui d’équilibre mais après tout et pour paraphraser Albert Einstein, chaque vie est comme une bicyclette et il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre !


" Être au plus près possible du terrain ! "

Olivier TIGNOL

Olivier TIGNOL est chef du district Centre de la Direction Interdépartementale des Routes Massif Central (DIR MC) au Puy-en- Velay.

Olivier est Ariégeois (FR 09) et plus précisément de la colonie de Laroque-d’Olmes dans la vallée de Lavelanet qui mène tout droit au vertigineux château de Montségur. Rien ne le prédestinait vraiment à une carrière en administration, qui plus au ministère de l’Equipement. La vallée est vouée à l’industrie textile et son père est agent de maîtrise dans une des usines de la filière.
Au terme de son cursus scolaire, collège et lycée, dans la bonne cité bastide de Mirepoix, Olivier engage une première année en Deux A, filière« mathématiques, mécanique, physique, informatique », à l’université Paul Sabatier de Toulouse (FR 31).
« J’ai réalisé assez vite que cela ne me convenait pas et qu’il me fallait entrer dans la vie active locale le plus rapidement possible. »
En 1989, Olivier débute sa vie professionnelle comme opérateur sur machines dans une teinturerie industrielle de la région. « A la longue, je me suis senti frustré. J’avais bien l’intention de progresser pour mieux gagner ma vie. Un ami de la famille m’a parlé du concours de recrutement de technicien supérieur par le ministère de l’Equipement. J’ai intégré l’ENTE de Montpellier et j’ai eu la chance de recevoir une excellente formation et de découvrir la diversité des domaines couverts par le ministère ! »
En 1992, Olivier connait sa première affectation de TS au sein de la DDE du Val-d’Oise (FR 95) comme chargé d’études générales en aménagement. « Intéressant, mais au bout de 5 années, je me suis dit que je pouvais encore progresser. »
Olivier décide donc de suivre la préparation au concours interne d’ingénieur des TPE. « Ce retour au milieu scolaire ne m’enchantait pas vraiment mais j’ai fait un effort ! » Effort couronné de succès puisqu’il intègre la 46e promotion de l’ENTPE (2001) et opte pour une voie d’approfondissement “Infrastructures“ guidé par « un indéfectible attrait pour les réalisations concrètes ».
La suite ne dément pas cette orientation car Olivier, pour son premier poste, rejoint la DDE de l’Aube sur FR10 comme chef de la subdivision territoriale de Romilly-sur-Seine en 2001, puis la DDE de l’Aveyron sur FR 12 comme chef de la subdivision territoriale de Saint-Affrique en 2004. « Deux excellents postes (dont un me ramenait un peu plus au Sud) et deux belles expériences de management au plus près du terrain qui imposaient aussi à me mettre régulièrement les mains dans le cambouis. Depuis mes débuts en usine et au sens propre de l’expression, j’en avais acquis un bon niveau de pratique ! »
En 2006, le parcours d’Olivier s’oriente vers les infrastructures routières pour ne plus quitter le domaine. Il intègre la Direction Interdépartementale des Routes Sud-Ouest (DIR SO), sur FR31 - Haute-Garonne, comme chef de la cellule “Ingénierie de l'entretien et de la sécurité routière“. « Il faut dire que j’avais toujours rêvé de travailler à Toulouse, mais avec l’abandon de l’ingénierie publique et la disparition des subdivisions, mon re-positionnement s’est fait un peu par défaut et m’a coûté une énergie considérable. »
En 2012, Olivier est nommé au poste de chef du pôle “Exploitation et matériels“ de la DIR SO où, principalement, il gère l’ensemble des matériels roulants du service et pilote les projets immobiliers, dont la construction du centre d’exploitation de Chaum. Avec succès puisqu’il est promu ingénieur divisionnaire en 2015 avec obligation de mobilité. « La fusion des régions et la création de l’Occitanie ont compressé énormément le nombre de postes accessibles et j’ai donc dû quitter la région mais je voulais aussi demeurer dans le réseau des DIR. »
Olivier atterrit donc en 2016 au Puy-en-Velay au poste de chef adjoint du district “Centre“ de la DIR “Massif Central“, district dont il prendra la direction en 2023, son poste actuel. Ce district, fort de 160 agents, couvre l’entretien et l’exploitation de 530 km de routes nationales et comporte 8 centres d’entretien et d’intervention pour un budget global annuel de 20 millions d’euros.
« J’ai eu une chance exceptionnelle de pouvoir m’y poser car je le dois au renoncement après 4 jours, du titulaire initial du poste ! Il est très possible que j’y termine ma carrière. C’est vraiment mon poste de prédilection. Il faut savoir y gérer, au jour le jour et en toute autonomie, l’évènement et le factuel (le cambouis toujours !). »

Les métiers de la route au sein du MTECT  ne font manifestement plus recette, vu les difficultés de recrutement en DIR constatées ces dernières années. La route serait-elle devenue « le vilain petit canard » du ministère, dont on peine à parler quand on évoque les projets de développement et de modernisation….sans doute car elle peine à trouver sa place dans les
orientations actuelles en matière de développement durable et raisonné.
Quelques signes avant-coureurs expliquent pourtant la situation actuelle à commencer par le bleuissement/verdissement de l’appellation du corps et Ponts et Chaussées et le désengagement massif du CEREMA des missions d’ingénierie et d’expertise dans le domaine.
Il est vrai que les DIR, de part leurs activités, sont les mauvais élèves en matière de bilan d’émission de gaz à effet de serre et peuvent être taxées de « bétonneurs » par certaines têtes soi-disant bien pensantes. Mais peut-on vraiment le leur reprocher ? Nous aurons encore besoin des routes pendant quelques années et il est indispensable de les entretenir pour qu’elles restent praticables, car la voiture volante, ce n’est pas pour demain ! Le viaduc de Millau a d’ailleurs été conçu pour une durée de vie de 120 ans.
La route devrait bien au contraire susciter des vocations en particulier chez les plus jeunes car elle représente des enjeux colossaux en matière de développement durable et de résilience face aux effets du réchauffement climatique.
Il est donc nécessaire de repenser les pratiques en matière de conception, modernisation et entretien des infrastructures routières et, pour y parvenir, les DIR ont besoin de forces vives.
A ceux qui hésitent encore à venir travailler dans les DIR, il y a des métiers intéressants et pleins de sens.
Olivier TIGNOL

La création des DIR sous l’égide de la notion d’itinéraire est certainement ce qui pouvait arriver de mieux à nos infrastructures routières nationales. La mission StarITPEtrek suggère aux instances internationales futures de s’en inspirer pour la mise en place des futures D.I.R.E., les “directions inter-planétaires des routes de l’espace“.
Pour Olivier, de l’industrie textile aux routes, le lien ne paraît pas franchement évident. Sauf si on réalise que le fil est conducteur !


« J’ai tout ici ! »

Joël ROBERT est directeur des services techniques du Conseil Départemental de la Haute-Loire au Puy-en-Velay.

Joël ROBERT

Comme toute sa famille, Joël est originaire de Montpellier (FR 34 - Hérault). « Je suis même une forme d’aberration familiale car je suis le seul à demeurer au nord de Montpellier ! »
Bien évidemment Joël déroule une scolarité montpelliéraine, couronnée par un bac scientifique C, et intègre en 1984 les classes préparatoires du lycée Joffre. Au terme des concours, il choisit de rejoindre la 35e promotion de l’ENTPE (1990). « Mon choix a été guidé par mon intérêt pour le Service Public, l’aménagement du territoire et les infrastructures. J’avais l’intention de mener à bien des réalisations concrètes et je voulais faire mienne la devise de l’époque “Mon bureau, c’est la France !“. »
Joël opte pour une voie d’approfondissement (VA)“Informatique“ parce que « c’est un domaine commun à tous les sujets couverts par l’ENTPE qui connaissait un développement très rapide. Globalement la formation de l’école est d’excellente qualité, tout particulièrement sur les domaines techniques. La marge de progression, je l’aurais plutôt située sur les sciences dites molles. »
Pour sa première affectation, Joël vise parfaitement juste… Il rejoint en 1991 la Direction Régionale de l’Equipement du Limousin comme chef de la cellule “Infrastructures et transports“, mais ne réalise pas, d’emblée, la chance d’une telle entrée en matière !
« En fait, c’était le poste le plus au Sud que j’ai pu obtenir… mais j’y ai vite pris goût au domaine des infrastructures routières accompagné par un directeur exceptionnel porteur d’une exigence très forte. Pour l’anecdote, à son départ, faute d’alternative, j’ai dû assurer son intérim pendant quinze jours et l’assistante avait pour consigne stricte de ne pas donner mon grade ! »
Entre temps, Joël a épousé une lyonnaise et « malgré tout, Limoges c’en est un peu loin ! » En 1994, il atterrit une première fois en Haute-Loire et devient chef d’une cellule “Études et travaux neufs (ETN) au sein de la DDE 43. « Le service “Opérationnel“ montait en puissance avec des chantiers importants comme l’aménagement de la RN 88. La technique comme l’administratif étaient poussés à fond; qui plus est avec une inauguration ministérielle et une arrivée du Tour de France au Puy-en-Velay ! »
Il semble bien que Joël a trouvé “sa planète“ car en 1999, il devient sur place le chef de la subdivision territoriale du Puy-en-Velay.
« Un challenge de management car ma subdivision résultait de la fusion des deux anciennes, et comptait près de 70 agents. Elle couvrait le territoire de 40 communes, avec un fort domaine sur l’application du droit des sols (ADS), et entretenait 50km de routes nationales et 460 km de départementales. »

Malgré tout, Joël est sollicité pour faire partie de l’équipe de préfiguration de la Direction Interdépartementale des Routes Centre- Est (DIR CE) à Lyon. Il intègre donc la mission en 2005 et contribue à l’état des lieux des organisations en place, à la conception de l’organisation de la future DIR CE et à la préparation de son démarrage en janvier 2007. « Au sein de l’équipe, je me concentrais sur la modernisation du réseau et sur la viabilité hivernale en zone rurale. Il faut dire que j’en avais une expérience concrète et récente puisque nous sortions d’un hiver 2004-2005 particulièrement compliqué avec 3 mois de neige ! Nous avons passé un an et demi à fond, pour appréhender nos 1.200 kilomètres de réseau et organiser le travail des quelques 930 agents ! »
Dans la nouvelle structure, Joël prend le poste de chef de la cellule “Entretien routier“, « dans la continuité de la préfiguration ». En 2009 il accède au grade d’ingénieur divisionnaire des TPE et s’oriente vers la DDE de la Lozère (FR48) au poste de chef du service “Aménagement“. « J’y suis confronté à des problématiques bien différentes, la planification, l’habitat et le logement avec un fort volet social et quelquefois un décalage important. Par exemple, l’accueil des gens du voyage est un sujet un peu “stratosphérique“ pour les élus des Cévennes… »
Les réductions d’effectifs sévères imposées aux services de l’Etat incitent naturellement Joël à “regarder ailleurs“ et il rejoint en 2012, pour ne plus les quitter, les services du Conseil Départemental de Haute-Loire. « Après 18 mois sur le poste d’adjoint, j’ai été nommé directeur des services techniques. La direction propose et met en œuvre la politique du département en matière de voirie (3 400 km et 2 650 ouvrages et murs ) et de bâtiments départementaux (120 immeubles). Elle regroupe 420 agents. Mes racines sont définitivement ancrées en Haute-Loire et je souhaite y rester. J’ai tout ici ! »

Joël pratique la course à pied et le tir à l’arc. Avec une grande sagesse, il compare une carrière à un tir olympique sur une cible à 70 m : « A cette distance, il est impossible de distinguer la cible nettement, c’est l’instinct et l’équilibre qui entrent en jeu ! »
Si on ajoute l’incertitude grandissante sur l’avenir du service public, la mission suggère à l’ENTPE de mettre en place dans les années à venir un cursus complémentaire de “Mas-tir 2 Robin des Bois en coopération avec l’université de Sherwood ! »


L’équipage de l’ISS ENTerPrisE unanimes remercient chaleureusement Jean-Pierre VAGGIANI et son épouse pour leur accueil le temps d’une bien charmante étape apéritive sur leurs terres dans la colonie de Le Monastier-sur-Gazeille, un petit paradis perché aux confins de la Haute-Loire et de l’Ardèche. L’équipage se souviendra longtemps de l’atterrissage !
Jean-Pierre appartient à la 13e promotion de l’ENTPE (1968) et fut jusqu’en 2006 directeur adjoint de la DDE de la Haute-Loire. Au risque de froisser un peu sa modestie, les “anciens“ du service rencontrés par la mission en ont été fort élogieux !
Longue vie aux retraités !


Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64