Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département du Loiret (45)

Published on November 28, 2024

L'ingénieur(e) ordinaire . . . du canal historique !

 
Mais d’où peuvent bien venir tous ces merveilleux ingénieurs des TPE !?
Une question existentielle que chacun de nous peut légitimement se poser et que la mission StarITPEtrek s’est promise d’élucider.
Son séjour sur FR45 - Loiret lui a permis de réunir, dans des conditions tout à fait fortuites, les premiers éléments de réponse. Remontant le cours de la Loire en lisière des forêts profondes de la Sologne, l’équipage n’a pas hésité à s’aventurer jusqu’au fin fond de la région naturelle de la Puisaye (si ! si ! les porteurs vont jusque là !). Elle savait y trouver un des fleurons parmi les ouvrages d’art anciens la galaxie Terre.
 
Le pont-canal de Briare (FR45) est un des ouvrages les plus marquants de la voie d’eau en France.
 
La mission StarITPEtrek s’est longtemps attardée dans la contemplation de cet ouvrage qui était à l’époque de sa création une prouesse technique de franchissement de la Loire par le canal de Briare pour lui permettre de rejoindre le canal latéral à la Loire en évitant les eaux dangereuses et peu profondes du fleuve lui-même.
L’objectif d’ensemble était de relier la Méditerranée à Nantes et plus encore à Paris par une vois navigable permanente et rapide en utilisant la vallée de la Loire.
Le pont-canal enjambe le fleuve sur près de 900 mètres et, si il n’est désormais emprunté que par des embarcations de tourisme, il est demeuré aux travers des siècles une oeuvre technique à l’esthétique confondante, à l’instar du magnifique pont du Gard rencontré lors du séjour sur FR 30.
« Faire passer l’eau au dessus de l’eau ! » aura nécessité 10 années d’études préalables (1876-1886), une enquête publique de plus d’un an jusqu’en octobre 1887, des études détaillées terminées en 1890 avec le choix d’une structure en béton pour les piles et en acier doux pour les travées, et enfin 6 ans de travaux pour une ouverture à la circulation le 16 septembre 1896.
Au final, l’ensemble, canal et ses dérivations, représente un budget global actualisé d’environ 3,2 milliards d’euros, sensiblement équivalent à celui de la construction de la tour Eiffel estimé à 3 milliards d’euros.
Mais c’est un élément tout à fait spécifique qui a retenu immédiatement l’attention de l’équipage de l’ISS ENTPrisE…
Une des culées du pont-canal supporte une plaque commémorative de la mise en service qui porte les noms du ministre des Transports Publics TURREL, du directeur des routes et de la Navigation GUILLAIN, de l’ingénieur général des Ponts et Chaussées HENRY, de l’ingénieur en chef MAZOYER le concepteur de l’ouvrage, d’un ingénieur ordinaire VICAIRE et du conducteur MORIN.
Point d’Ingénieur des TPE donc, mais cet énigmatique “ingénieur ordinaire“ a suscité toutes les interrogations tant par son appellation légèrement dévalorisante à l’oreille que par son rang dans la liste entre la conception et les travaux.
Il n’en fallait pas plus pour que la mission StarITPEtrek se lance dans des recherches historiques poussées qui ont démontré que l’ingénieur ordinaire historique du pont pourrait bien-être le chaînon manquant entre le big bang et l’avènement des Ingénieurs des TPE : bref un ITPE canal historique !
S’il est un ouvrage a conseiller à tout ingénieur qui se respecte c’est bien le “ Dictionnaire portatif de l’ingénieur “, publié en 1755 par Bernard Forest de Bélidor, où l’auteur explique « les principaux termes des sciences nécessaires à un ingénieur ». Ce mathématicien qui s’est intéressé à la formation des ingénieurs donne une définition délicieuse de l’ingénieur ordinaire :
« Ingénieur ordinaire du Roi est le nom que l'on donne en général à tous les Ingénieurs entretenus par Sa Majesté dans les places de guerre, pour les distinguer de tant d'autres gens qui prennent la qualité d'Ingénieur, sans en avoir les talents. »
L’aspect guerrier mis à part, un ingénieur à temps plein et talentueux… voilà qui nous rapproche déjà un tantinet d’un ITPE !
En fait, le grade d’ingénieur ordinaire devient progressivement le premier niveau du corps du Génie Militaire dont les officiers prennent la dénomination d’ingénieur ordinaire du Roi en 1762, ainsi que le premier niveau du corps des ingénieurs des Ponts-et- Chaussées créé en 1716 par la Monarchie française. Celle-ci caressait de longue date le projet d'assurer la construction des voies de circulation , ordinairement de la compétence des autorités locales, provinces, seigneurs ou communautés. Le XXVIIIe siècle ne fut pas celui de la décentralisation et la Révolution de 1789 ne remit pas en cause la tendance re-centralisatrice de l’Etat !
La clef et l’acte de naissance du corps des Ingénieurs des TPE est évoquée dans une étude sur “ L’espace des Carrières des Ingénieurs de l’Équipement dans le Public et le Privé (1800-2000) réalisée par Konstantinos Chatzis et Georges Ribeill, chercheurs à l’École Nationale des Ponts et chaussées :
« …Formant un corps auxiliaire et subalterne au corps des ponts, le corps des conducteurs des ponts et chaussées (CPC), ancêtre de l’actuel corps des ingénieurs des travaux publics de l’État, est créé en 1804. La croissance de leurs effectifs épousera étroitement celle des IPC dont, indispensables et discrets bras droits, ils sont l’ombre portée. Très vite, ils démontrent leur efficacité sur le terrain, pouvant faire parfois fonction d’ingénieur ordinaire à la tête de l’un des arrondissements du service ordinaire des ponts et chaussées…
… En 1867, est créé néanmoins le grade « tampon » de sous-ingénieur des ponts et chaussées pour les conducteurs principaux faisant fonction d’ingénieur depuis cinq ans au moins ; et l’année 1868 voit le premier conducteur reçu au concours d’ingénieur…
… Le décret du 29 juin 1920 transforme le conducteur des ponts et chaussées en ingénieur- adjoint des travaux publics de l’État (IATPE) et le sous-ingénieur des ponts et chaussées en ingénieur des travaux publics de l’État (ITPE). »
 
De 1762 à 1920, il aura donc fallu plus de 150 ans, une guerre mondiale et beaucoup d’eau passée sur et sous notre pont-canal pour que des dénominations plutôt rugueuses à l’oreille disparaissent enfin !
 
La mission StarITPEtrek a eu maintes fois l’occasion de rappeler que les mots constituent souvent une arme redoutable. Sa remontée du canal historique du corps des ITPE démontre, si cela était encore nécessaire, que le respect mutuel dans une société démocratique et laïque sont des conditions indispensables à l’épanouissement collectif aussi bien qu’individuel.
Après six années de périple et près de 230 rencontres avec des ITPE, elle peut affirmer clairement que, dans leur très grande majorité, ils n’ont rien d’ordinaire ni aucun besoin de vivre dans l’ombre ou dans les dessous de qui que ce soit !

 


« La gestion de projet au service du territoire ! »

Pascal LENOIR

Pascal LENOIR est directeur général adjoint (DGA), responsable du pôle “Aménagement durable“ au sein des services du Conseil Départemental du Loiret à Orléans.

« Je me considère bien plus Loirétain, et mon épouse est Tourangelle ! » précise Pascal qui est natif de La-Ferté-Bernard sur FR72-Sarthe et a vécu sa jeunesse sur FR61-Orne dans la commune de Nocé, aujourd’hui intégrée à Perche-en-Nocé.
A l’issue de sa scolarité, baccalauréat obtenu dans un établissement de Tours (FR37 - Indre-et-Loire), il s’intéresse aux recrutements de l’administration. En 1983, il est admis au concours externe d’assistants techniques (AT) du ministère de l’Équipement et rejoint l’ENTE d’Aix en Provence. « Adolescent, la déviation de la Madeleine sur Nocé était en chantier et j’enfourchais souvent mon vélo pour aller suivre les travaux ! En plus, l’année du bac, l’ingénieur d’arrondissement était client de la charcuterie de mes parents et nous habitions dans la même rue ! Il m’a fait visiter son service et m’a ensuite recruté pour un stage lors de ma formation d’assistant technique. A Aix-en-Provence, j’ai découvert toute la diversité des domaines qui pouvaient s’ouvrir à moi. Mon fil conducteur s’est constitué progressivement autour de la gestion de projet avec un fort intérêt pour l’informatique et les innovations en général. »
En 1985, Pascal rejoint sa première affectation d’AT au sein de la DDE d’Indre-et-Loire (FR37) comme adjoint au chef de la subdivision territoriale d’Azay-le-Rideau. « Une entrée en matière très formatrice qui couvrait tous les domaines de l’ingénierie publique, de l’urbanisme et de l’exploitation des routes du ministère de l’Équipement. Après la théorie, la pratique sur le terrain ! »
En 1991, Pascal est chef de section des travaux publics de l’État (CSTPE) et intègre les effectifs de la DDE du Loiret (déjà !) au poste de responsable de la cellule “Informatique“ du Secrétariat Général. « L’occasion pour moi d’exprimer ma volonté d’innovation dans un domaine en pleine expansion. Mais j’espérais bien aussi poursuivre ma progression !» Effectivement, Pascal est lauréat du concours interne d’ingénieur des TPE en 1995. Il suit la formation complémentaire de l’ENTPE et rejoint la 41e promotion de l’école (1996). « Nous étions un effectif restreint de 18 personnes et les 6 mois se sont tellement bien passés que, depuis, nous nous retrouvons avec plaisir chaque année pour un week-end ! »
Pour son premier poste d’ITPE, Pascal rejoint en 1996 l’administration centrale du ministère au sein de la direction “ Informatisation des Services“ où il est chargé de l’animation du développement de l’informatique dans les services de la zone Ouest (1/4 de la France). « J’ai également exercé la fonction de chef de projet pour les guides “Réseaux locaux informatiques“, pour la promotion de la “Mission territoriale informatique“ et pour la “Méthodologie des plans d’informatisation“, notamment. Un prolongement passionnant, mais j’ai passé cinq années d’AR dans le train Orléans-Paris ! »
C’est en 2000 que Pascal atterrit définitivement dans le Loiret, initialement en DDE 45 comme chef de la subdivision de Châteauneuf-sur-Loire, puis en 2003 comme chef d’une cellule “Études et travaux neufs - ETN 1“. « Ces unités étaient sur le point de disparaître avec l’abandon de l’ingénierie publique et le transfert des routes nationales d’intérêt local au département ! »
Promu ingénieur divisionnaire en 2006, Pascal intègre le service “Maîtrise d’ouvrage routière (SMO)“ de la DRE Pays-de-la-Loire à Nantes comme conducteur d’opérations. « Je n’y suis pas resté longtemps faute de crédits, les budgets étaient restreints et faire des études d’aménagement routier sans perspectives de travaux, est peu motivant ! » De fait, Pascal revient rapidement à Orléans. Il est recruté par le Conseil Départemental du Loiret et occupe les fonctions de responsable de la “Mission Études & Travaux“ (2007), puis de directeur de “l’Ingénierie et des Infrastructures“ (2013), avant d’accéder à son poste actuel de DGA en 2019 avec le grade d’ingénieur territorial en chef hors classe (Lauréat du concours interne ICT 2009) au sein de la Fonction Publique Territoriale.
« Le travail à l’échelle départementale est très sympa. Toutes les routes nationales ont été transférées au Département. Nous pouvons mener à bien une politique posée de développement et de sécurité routière, avec réalisation quasi-immédiate contrairement à la maîtrise d’ouvrage de l’État. Dans l’actualité, la déviation de Jargeau avec un nouvel ouvrage de franchissement de la Loire, est une opération de près de 100 millions d’euros qui sera mise en service au printemps 2025. 40 % de la surface du nouveau pont est réservée aux modes doux qui se raccordent à la Loire à vélo, et concrétisent ainsi le schéma départemental des mobilités adopté en 2022. Lorsque je partirai en retraite, j’aurai le sentiment d’avoir réalisé de beaux ouvrages pour aménager durablement le territoire ! »
Avec l’exemple de Pascal, la mission constate combien la pratique régulière du sport dès le plus jeune âge, notamment le vélo, est incontestablement un facteur positif dans la carrière des Ingénieurs de la Fonction Publique. Sans exclure évidemment les autres sports, un avenir “en jaune“ est prédit pour les Ingénieurs aux Tours de Pédalier Énergiques !


« Au service de la construction et de l’immobilier du secteur public ! »

Jean-Jacques BOUR

Jean-Jacques BOUR est adjoint au responsable régional de la politique immobilière de l’État au sein de la Direction Régionale des Finances Publiques (DRFIP) de la région Centre-Val de Loire et du département du Loiret.

Bien que né à Brest sur FR29 - Finistère de parents fonctionnaires, Jean-Jacques a passé sa jeunesse à Reims sur FR51 - Marne.

« Je suis bien plus Marnais que Loirétain ! » précise-t-il. Effectivement la scolarité de Jean-Jacques est Rémoise en totalité, y compris les classes préparatoires scientifiques. « Il se trouve que je m’intéressais plutôt à l’aménagement du territoire qu’à l’industrie. J’ai choisi l’ENTPE car elle offrait en plus un panel très large d’enseignements dans des domaines particulièrement diversifiés. » Jean-Jacques rejoint donc la 29e promotion de l’ENTPE (1984) et choisit une voie d’approfondissement “Hydraulique“.
En 1985, pour sa première affectation, Jean-Jacques intègre les effectifs de la DDE de l’Aisne (FR02) à Laon comme responsable d’une unité “ Eau et environnement “. « Un bon premier poste dans la continuité de ma VA avec, en plus, un peu d’ingénierie en aménagements de rivière. J’ai apprécié le caractère opérationnel du poste ainsi que les contacts avec les élus et les acteurs économiques et sociaux sur le terrain. »
Jean-Jacques regagne en 1989 sa planète de prédilection FR51-Marne. Au sein de la DDE, il est successivement responsable d’une unité “Études et travaux neufs“ puis, en 1994, de la subdivision territoriale de Reims-Sillery. « A cette époque, la route m’intéressait aussi comme composante essentielle de l’aménagement du territoire. Les deux postes étaient très opérationnels avec des exigences croissantes en matière de management. Je conserve un excellent souvenir de la maîtrise d’oeuvre exercée pour les grands travaux routiers comme pour divers projets communaux, de l’entretien des routes nationales, de la conduite d’opération pour la réalisation de bâtiments publics, et du développement des premiers diagnostics territoriaux dans le cadre d’une ingénierie d’appui aux communes. »
En 1999, Jean-Jacques émigre sur la planète voisine FR10 - Aube où il devient adjoint au directeur des subdivisions de la DDE à Troyes. « Les réorganisations successives s’accompagnaient de la baisse rapide des effectifs et ça tanguait un peu ! Nous avons compensé avec des démarches de mutualisation et des pôles de compétence. »
Promu ingénieur divisionnaire en 2001, Jean-Jacques rejoint cette fois la direction régionale de l’environnement (DIREN) Centre à Orléans (FR45) comme chef du pôle “ Aménagement durable du territoire “ et adjoint du chef de service “ Nature, paysage, qualité de la vie “. « C’est ma spécialisation en hydraulique ainsi que les premières expériences dans le domaine “ eau et environnement “ qui m’ont guidé vers les enjeux environnementaux et le portage des politiques publiques de l’écologie. Sur le plan personnel, la région nous plaisait et nous avons décidé de nous y installer. »
De fait, professionnellement, Jean-Jacques ne quittera Orléans que pour tenter un passage en administration centrale. En 2006, il devient responsable du bureau de l’environnement de la Direction Générale des Routes au ministère en charge des Transports.
« Un travail très dense et enthousiasmant sur les questions environnementales concernant la DGR au moment du grenelle de l’environnement et avec la création des services de maîtrise d’ouvrage et des Directions Interdépartementales des Routes. Malgré la richesse du poste et des partenariats, j’ai souhaité assez vite me rapprocher de ma famille à Orléans mais en restant à l’État ! »
Pour ce faire, Jean-Jacques décide, de prendre un tout autre chemin en s’orientant vers le bâtiment et la construction. En 2008, il devient conseiller technique pour les affaires immobilières du directeur général de l’Agence Régionale de Santé du Centre, puis, en 2013, ingénieur régional de l’équipement (IRE), conseiller technique du Recteur au Rectorat de l’académie d’Orléans-Tours. « Deux postes de vocation similaire de référent pour les investissements sur le patrimoine immobilier des établissements médico-sociaux côté ARS, et des établissements d’enseignement supérieur mais avec maîtrise d’ouvrage des opérations, côté Rectorat. »
Dans la même veine, Jean-Jacques prend son poste actuel à la DRFIP en 2020. « Cette fois en liaison avec toutes les administrations occupantes, il s’agit de définir et de mettre en application la stratégie immobilière de l’État au niveau régional par la connaissance et l’optimisation du patrimoine. Nous en sommes à la 2e vague de schémas directeurs immobiliers régionaux (SDIR) avec des objectifs actualisés pour la transition environnementale et l’adaptation aux nouveaux modes de travail notamment.
« Je ne me souviens pas avoir occupé un poste sans intérêt, je découvre encore de nouveaux partenaires avec un champ d’action élargi dans mon poste actuel ! »
La mission StarITPEtrek constate que Jean-Jacques a trouvé son chemin grâce une sortie de route qui l’a fait rentrer dans le bâtiment après un court passage dans les espaces verts ! Un exemple à ne pas suivre au pied de la lettre mais aussi une illustration du vieil adage : « Quand le bâtiment va, tout va ! »


« De l’eau à tous les étiages ! »

Mathilde MORIZOT

Mathilde MORIZOT est chargée de mission “ Gestion des étiages pour le bassin Loire-Bretagne “ au sein de la DREAL Centre- Val de Loire à Orléans.

“ Bon sang ne saurait mentir ! “ disait-on couramment aux siècles précédents.
Bien que native de la planète FR69 - Rhône, Mathilde dispose d’un capital génétique en granit limousin avec un grand-père et une mère de Limoges (FR87 - Haute-Vienne). Sa brillante scolarité se conclut dans les meilleures conditions avec un baccalauréat scientifique SVT et la mention “ Très Bien “. Elle enchaîne logiquement par les classes préparatoires scientifiques à Lyon et intègre la 64e promotion de l’ENTPE (2019).
« J’avais entendu parler de cette école par mes parents et puis aussi du secteur public par ma mère qui était cheffe des services techniques dans une collectivité. Mais en abordant les concours des écoles d’ingénieurs, je ne savais absolument pas ce que je voulais faire dans la vie professionnelle, même si mes centres d’intérêt tournaient autour de l’environnement. »
On comprend dans ces conditions que Mathilde ait choisi à l’ENTPE une voie d’approfondissement “ Environnement “ avec une orientation spécifique vers “ Gestion des cours d’eau, du littoral et des voies navigables “.
« Les trois années d’école ont été vraiment très riches et intéressantes avec une mention particulière pour le PAT (projet d’aménagement du territoire de deuxième année) ! J’ai également réalisé deux stages pratiques dans les services de Voies Navigables de France (VNF) qui ont conforté mon orientation initiale vers le domaine de l’eau et de ses enjeux. Le premier à Lyon (FR69) était consacré à une étude hydraulique de la Petite Saône, le second au siège de VNF à Béthune (FR62) à la création d’outils d’aide à la décision pour la gestion de deux barrages réservoirs. »
Dans le parfait prolongement de sa formation, Mathilde devient en 2019, pour sa première affectation, cheffe de l’agence VNF de Longeau sur FR52 - Haute-Marne. Un premier poste pour le moins “ musclé “ avec le management d’une quarantaine d’agents affectés à l’exploitation, l’entretien et la maintenance du secteur Sud du Canal entre Champagne et Bourgogne et de ses 4 barrages-réservoirs. « « D’emblée je me suis dit que ce poste était pour moi ! L’équivalent d’une subdivision territoriale de l’ancien ministère de l’Équipement, avec une ambiance quelquefois rude et où il faut être compétent dans tous les domaines et faire preuve de beaucoup de courage. Un challenge permanent mais que j’aimais bien. Je ne m’ennuyais jamais ! »
En 2023, Mathilde décide de rejoindre son compagnon qui, au terme d’une thèse soutenue à l’École Nationale des Ponts et Chaussées (ENPC) a été recruté par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) à Orléans. Elle intègre donc les effectifs de la DREAL Centre-Val-de-Loire sur son poste actuel.
« Sous l’autorité de la Préfète de Bassin, j’assure le secrétariat du comité de gestion des réservoirs Naussac et Villerest et des étiages sévères (CGRNVES) composé de représentants des usagers (élus, chambre d’agriculture, EDF, association de protection de la nature), des services de l’État et de l’Etablissement Public Loire, le propriétaire des barrages. Il s’agit de suivre avec précision le niveau des deux réservoirs, d’évaluer les débits de la Loire et de l’Allier pour l’année en cours et de décider du soutien d’étiage à mettre en œuvre pour éviter les étiages sévères. »
« Par ailleurs, j’ai en charge la remontée et la centralisation, aux niveaux de la région et du bassin, de toutes les données relatives aux étiages collectées par tous les services sur le territoire du bassin Loire-Bretagne. Je participe également à la création ou la révision des arrêtés cadres de gestion de la sécheresse dont l’arrêté d’orientations du bassin Loire-Bretagne, lequel nécessite des échanges et des discussions très souvent de nature politique avec les représentants des usagers et les services de l’État des 36 départements concernés.»
« L’ensemble est très intéressant et m’a permis aussi de découvrir en outre toutes les activités de la DREAL. À l’avenir, j’essaierai de retrouver des activités plus opérationnelles et proches du terrain comme, par exemple, celles des services de police de l’eau dans les Directions Départementales des Territoires. Mais rien ne presse pour l’instant. »
Lors de ses premiers échanges avec la mission StarITPEtrek, Mathilde confiait que son orientation vers l’ENTPE relevait à l’époque du plus pur hasard car elle avait décidé de passer l’oral du concours « un peu par raccroc au dernier moment ». À la fin de l’entretien, Mathilde concluait également « Désormais, si je n’exerce aucune responsabilité, je m’ennuie un peu ! »
Ceci montre une fois de plus que cette école est une inépuisable source de soif professionnelle. À Mathilde et à bien d’autres encore, elle a mis l’eau à la bouche !


« Donner un peu du meilleur de moi-même pour un monde meilleur ! »

Alice LEFEUVRE

Alice LEFEUVRE est cheffe du pôle “ Loire “ au sein des services de la DDT du Loiret à Orléans.

Si la mission StarITPEtrek utilisait le jargon militaire, elle pourrait qualifier Alice d’ITPE 3 étoiles ! Elle est en effet la fille de deux Ingénieurs des TPE, Christelle LE ROY (DDT Indre et Loire) et Yvan LEFEUVRE (Cerema - La Réunion).
Si elle est native d’Annecy sur FR74 - Haute-Savoie, Alice passe une partie de sa jeunesse sur FR33 - Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence (« bien mais pas de neige ! »), avant que la famille n’atterrisse sur FR 974 - Réunion. « Je n’ai pas vraiment de racines, mais j’ai un attachement profond pour cette île où les enfants sont particulièrement bien accueillis. »
Le climat tropical réussit fort bien à Alice puisqu’elle déroule une scolarité de haut niveau couronnée par un baccalauréat scientifique avec mention “ Très Bien “ et, au passage, un 20/20 en Maths. Naturellement elle poursuit son excellent parcours par les classes préparatoires scientifiques du Lycée Leconte-de-Lisle à Saint-Denis. « A cette époque, je ne savais pas réellement ce que je voulais faire, même si je savais que ce ne serait pas médecine… En définitive, grâce au large panel des formations et des domaines qu’elle proposait, l’ENTPE, m’a permis de retarder encore un peu mon choix ! »
Alice intègre donc la 63e promotion de l’ENTPE (2018) et opte pour une voie d’approfondissement “ Risques (naturels, technologiques et pollutions) “, complétée par un Master en “Gouvernance des risques environnementaux (RISE) “ Je suis très satisfaite de la formation dispensée par l’école. Elle permet de constituer un bon bagage pour avoir des bases sur tout malgré une légère insuffisance sur le domaine des déchets ! Au final, j’avais le souhait de travailler sur la nature en ville particulièrement sur la qualité de vie et la gestion des eaux. Le Master m’a été essentiel pour saisir les ressorts économiques de l’action publique. »
En continuité, Alice rejoint en 2018 sa première affectation comme chargée de mission “ Risques naturels et hydrauliques “ au sein de la DREAL Centre-Val-de-Loire à Orléans. Son poste est axé sur le contrôle de la sécurité des digues et des barrages de la région (instruction technique et réglementaire des études de dangers, et dossiers travaux, suivi des ouvrages, coordination avec les appuis régionaux, nationaux et DDT). « Le premier jour, j’ai ressenti un abîme de perplexité devant le lexique des termes techniques sur les ouvrages hydrauliques… En liaison avec les DDT, Il a fallu construire un recensement complet des ouvrages et de leur état des lieux et formaliser les modalités du suivi réglementaire. Sur les risques naturels, l’année 2019 a vu, dans la région, un accroissement considérable des feux de forêts. En m’inspirant de l’Atlas des feux de forêts de la région Nouvelle-Aquitaine et avec une collecte “ tous azimuts “ des données (DRAAF notamment), nous avons mis au point un Atlas pour Centre-Val-de-Loire. Il est conçu pour pouvoir être transposé dans toutes les régions de plaines. »
C’est en 2022 qu’Alice rejoint les rangs de la DDT du Loiret sur son poste actuel de responsable du pôle “ Loire “. « L’opportunité pour moi de poursuivre dans mon domaine de prédilection, en me rapprochant des activités opérationnelles et du terrain, et sans mobilité géographique. Mon compagnon est orléanais de pure souche ! »
« A mon arrivée, le pôle (13 agents) assurait la gestion de 150 kilomètres de digues sur la Loire et sensiblement autant sur la gestion du cours d’eau lui même. Les lois de décentralisation de 2014 et 2015 ayant transféré la compétence de gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI) aux intercommunalités avec effet définitif au 27 janvier 2024, le climat dans le service était un peu à l’inquiétude… Nous avons réorganisé nos activités notamment sur la mise au point d’un Plan de Gestion de la Loire. A titre d’exemple, l’extraction intensive des sables et des granulats après guerre a provoqué au fil du temps un tel déficit de matériaux qu’il faudrait plus de 1000 ans pour recharger, ainsi que le développement excessif de la forêt alluviale du lit du fleuve. Une concertation avec les services de la police de l’eau, avec les associations environnementales, avec les usagers du fleuve, et les élus est en cours avec des objectifs de préservation et d’entretien durable. »
 
La mission StarITPEtrek se félicite tout particulièrement de son séjour sur FR 45 car c’est à cette occasion qu’il lui a été donné d’observer avec beaucoup d’émotion, en la personne d’Alice, le premier spécimen d’ingénieur des TPE génétiquement pur !
Il va sans dire qu’il s’agit là d’une plaisanterie car la mission sait pertinemment que la vér…IT réside dans la biodiversité…PE !

« Entendre et bien comprendre les autres ! »

Coline GARDE

Coline GARDE est cheffe de l’unité “ Qualité des eaux et milieux aquatiques “ de la DREAL Centre Val-de-Loire à Orléans.

Décidément la Loire baigne de son flux capricieux la plupart de nos rencontres ! Et pour Coline, on peut dire que l’histoire commune remonte à la source puisqu’après un bref passage dans la galaxie bretonne et la colonie de Quimperlé sur FR29 – Finistère elle émigre dans la colonie de Veauche puis de Saint-Just-Saint-Rambert sur FR 42 - Loire, située sur les berges du fleuve. Elle y effectue sa scolarité conclue avec succès par un baccalauréat scientifique S.
Coline enchaîne par les classes préparatoires “agro“ du Lycée du Parc à Lyon sur FR69 - Rhône. « J’aimais toutes les matières et il n’était pas question que j’en abandonne une seule ! J’ai donc volontairement mis l’ENTPE en tête de ma liste en raison de la grande diversité des enseignements dont en particulier les sciences sociales. Je comptais poursuivre sans me spécialiser. »
De fait, Coline intègre la 53e promotion de l’ENTPE (2008), opte pour une voie d’approfondissement “ Aménagement et politiques urbaines “ et complète par un Master 2 en “ Science politique “. « A l’époque, j’aimais beaucoup le jeu vidéo SIMCITY dans l’organisation et la construction de quartiers urbains ! »
Au cours des 3 années d’école, j’ai trouvé qu’on allait pas toujours à fond et qu’on effleurait certaines disciplines. Par contre les activités extra-scolaires étaient parfaites et particulièrement enrichissantes. Les stages également m’ont beaucoup appris. A Lorient au service maritime de la DDE notamment, où j’ai eu l’occasion de naviguer sur le bateau baliseur historique “ le Roi Gadlon“ mais j’ai pu aussi déplorer le sous-emploi et la perte de compétences très pointues… »
Pour se « rapprocher de la Bretagne », Coline, pour sa première affectation, atterrit en 2008 sur FR50 - Manche, dans la colonie principale de Saint-Lô, au poste de responsable de l’unité “ Politiques sociales de l’habitat “ de la DDE. « Je ne savais pas exactement ce qui m’attendait mais la réponse est venue rapidement : poste supprimé dans 8 mois du fait de la réorganisation territoriale de l’Etat ! Dans ces conditions je ne me sentais pas très à l’aise ! Sur le plan personnel, je suis malgré tout très satisfaite de mon passage dans la Manche où j’ai pu nouer des amitiés durables. »
En 2009, Coline se repositionne au sein de la toute neuve DDTM 50 comme animatrice de la mission “ Aménagement de l’espace “. « J’y ai connu trois chefs de service en 3 ans et demi et le contenu de mon poste n’était pas vraiment cadré! L’objectif était de faire travailler toutes les administrations sur les grands projets d’aménagement, les écouter et bien comprendre leurs enjeux respectifs…l’occasion pour moi de monter en compétence sur l’animation de projet ! »
Après ce démarrage un tantinet “ chaotique “, Coline décide de se consacrer à un sujet « plus resserré » et d’émigrer dans une ville
« où je connaissais quelqu’un ». Ce sera Bordeaux sur FR33 - Gironde où elle devient en 2012 chargée de mission “ Natura 2000 “ au sein de la DREAL Nouvelle Aquitaine.
« Je trouvais enfin un sujet d’intérêt fort avec l’évaluation des incidences des projets sur les zones de protection du programme européen Natura 2000, particulièrement vis-à-vis des espèces de chauve-souris. J’ai particulièrement apprécié le travail en lien avec les Conservatoires Botaniques Midi-Pyrénées et Sud Atlantique. Mais en 2015, le regroupement des régions avec la création de la Nouvelle-Aquitaine a considérablement durci le fonctionnement des services »
Faut-il prendre pour acquis que pour « travailler dans la sérénité » il faut être à proximité du fleuve Loire ? Un retour aux sources en quelque sorte que Coline réalise en 2017 en rejoignant les services de la DREAL Centre-Val-de-Loire à Orléans comme adjointe du chef du département “ Délégation de bassin Loire Bretagne“. « Le suivi et le pilotage de l’élaboration et de la mise en œuvre du schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau (SDAGE) en coordination avec l'Agence de l’Eau, l’Office français de la biodiversité, sur un périmètre de 36 départements et 8 régions, a été un challenge très relevé mais aussi très stimulant ! »
A l’issue d’une réorganisation des services de la DREAL, Coline rejoint en 2022 son poste actuel. « Un poste très intéressant avec notamment, à l’échelle du bassin Loire - Bretagne le pilotage des travaux sur les zones vulnérables, le suivi de la politique sur les poissons migrateurs et sur la restauration de la continuité écologique. »
 
Dans une vie antérieure, le commandant de bord de l’ISS ENTerPrisE a eu, avec Coline, l’occasion de constater (et de lutter contre !) l’effet particulièrement néfaste sur le fonctionnement des services et collectivités publics du regroupement de 3 régions qui n’avaient pas grand-chose de commun dans leur histoire comme dans leur vie économique et sociale. Encore eut-il fallu que leurs planètes en soient convenablement alignées !
La mission unanime considère, avec Coline, que nos décideurs politiques feraient souvent mieux de se limiter à jouer à SIMCITY !
En parallèle de ce déroulé de carrière, il y a aussi l’engagement syndical, que j’ai découvert à Bordeaux et que je poursuis depuis. La défense du collectif et de nos missions, des choses particulièrement malmenées depuis… mon entrée dans l’administration en fait, c’est une manière de donner du sens à mon travail et de devenir actrice dans un système où l’on se sent parfois traité comme un pion. Travailler au côté de personnes dont on partage des valeurs fortes, pour faire bouger les lignes, comme on le fait, pour ce qui me concerne, au sein du SNITPECT-FO, c’est revigorant. Je le conseille à tout le monde ! Coline GARDE

 

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64