
Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département du Loiret (45)
L'ingénieur(e) ordinaire . . . du canal historique !

L’objectif d’ensemble était de relier la Méditerranée à Nantes et plus encore à Paris par une vois navigable permanente et rapide en utilisant la vallée de la Loire.
Point d’Ingénieur des TPE donc, mais cet énigmatique “ingénieur ordinaire“ a suscité toutes les interrogations tant par son appellation légèrement dévalorisante à l’oreille que par son rang dans la liste entre la conception et les travaux.« …Formant un corps auxiliaire et subalterne au corps des ponts, le corps des conducteurs des ponts et chaussées (CPC), ancêtre de l’actuel corps des ingénieurs des travaux publics de l’État, est créé en 1804. La croissance de leurs effectifs épousera étroitement celle des IPC dont, indispensables et discrets bras droits, ils sont l’ombre portée. Très vite, ils démontrent leur efficacité sur le terrain, pouvant faire parfois fonction d’ingénieur ordinaire à la tête de l’un des arrondissements du service ordinaire des ponts et chaussées…… En 1867, est créé néanmoins le grade « tampon » de sous-ingénieur des ponts et chaussées pour les conducteurs principaux faisant fonction d’ingénieur depuis cinq ans au moins ; et l’année 1868 voit le premier conducteur reçu au concours d’ingénieur…… Le décret du 29 juin 1920 transforme le conducteur des ponts et chaussées en ingénieur- adjoint des travaux publics de l’État (IATPE) et le sous-ingénieur des ponts et chaussées en ingénieur des travaux publics de l’État (ITPE). »
« La gestion de projet au service du territoire ! »
Pascal LENOIR est directeur général adjoint (DGA), responsable du pôle “Aménagement durable“ au sein des services du Conseil Départemental du Loiret à Orléans.
« Je me considère bien plus Loirétain, et mon épouse est Tourangelle ! » précise Pascal qui est natif de La-Ferté-Bernard sur FR72-Sarthe et a vécu sa jeunesse sur FR61-Orne dans la commune de Nocé, aujourd’hui intégrée à Perche-en-Nocé.
A l’issue de sa scolarité, baccalauréat obtenu dans un établissement de Tours (FR37 - Indre-et-Loire), il s’intéresse aux recrutements de l’administration. En 1983, il est admis au concours externe d’assistants techniques (AT) du ministère de l’Équipement et rejoint l’ENTE d’Aix en Provence. « Adolescent, la déviation de la Madeleine sur Nocé était en chantier et j’enfourchais souvent mon vélo pour aller suivre les travaux ! En plus, l’année du bac, l’ingénieur d’arrondissement était client de la charcuterie de mes parents et nous habitions dans la même rue ! Il m’a fait visiter son service et m’a ensuite recruté pour un stage lors de ma formation d’assistant technique. A Aix-en-Provence, j’ai découvert toute la diversité des domaines qui pouvaient s’ouvrir à moi. Mon fil conducteur s’est constitué progressivement autour de la gestion de projet avec un fort intérêt pour l’informatique et les innovations en général. »
En 1985, Pascal rejoint sa première affectation d’AT au sein de la DDE d’Indre-et-Loire (FR37) comme adjoint au chef de la subdivision territoriale d’Azay-le-Rideau. « Une entrée en matière très formatrice qui couvrait tous les domaines de l’ingénierie publique, de l’urbanisme et de l’exploitation des routes du ministère de l’Équipement. Après la théorie, la pratique sur le terrain ! »
En 1991, Pascal est chef de section des travaux publics de l’État (CSTPE) et intègre les effectifs de la DDE du Loiret (déjà !) au poste de responsable de la cellule “Informatique“ du Secrétariat Général. « L’occasion pour moi d’exprimer ma volonté d’innovation dans un domaine en pleine expansion. Mais j’espérais bien aussi poursuivre ma progression !» Effectivement, Pascal est lauréat du concours interne d’ingénieur des TPE en 1995. Il suit la formation complémentaire de l’ENTPE et rejoint la 41e promotion de l’école (1996). « Nous étions un effectif restreint de 18 personnes et les 6 mois se sont tellement bien passés que, depuis, nous nous retrouvons avec plaisir chaque année pour un week-end ! »
Pour son premier poste d’ITPE, Pascal rejoint en 1996 l’administration centrale du ministère au sein de la direction “ Informatisation des Services“ où il est chargé de l’animation du développement de l’informatique dans les services de la zone Ouest (1/4 de la France). « J’ai également exercé la fonction de chef de projet pour les guides “Réseaux locaux informatiques“, pour la promotion de la “Mission territoriale informatique“ et pour la “Méthodologie des plans d’informatisation“, notamment. Un prolongement passionnant, mais j’ai passé cinq années d’AR dans le train Orléans-Paris ! »
C’est en 2000 que Pascal atterrit définitivement dans le Loiret, initialement en DDE 45 comme chef de la subdivision de Châteauneuf-sur-Loire, puis en 2003 comme chef d’une cellule “Études et travaux neufs - ETN 1“. « Ces unités étaient sur le point de disparaître avec l’abandon de l’ingénierie publique et le transfert des routes nationales d’intérêt local au département ! »
Promu ingénieur divisionnaire en 2006, Pascal intègre le service “Maîtrise d’ouvrage routière (SMO)“ de la DRE Pays-de-la-Loire à Nantes comme conducteur d’opérations. « Je n’y suis pas resté longtemps faute de crédits, les budgets étaient restreints et faire des études d’aménagement routier sans perspectives de travaux, est peu motivant ! » De fait, Pascal revient rapidement à Orléans. Il est recruté par le Conseil Départemental du Loiret et occupe les fonctions de responsable de la “Mission Études & Travaux“ (2007), puis de directeur de “l’Ingénierie et des Infrastructures“ (2013), avant d’accéder à son poste actuel de DGA en 2019 avec le grade d’ingénieur territorial en chef hors classe (Lauréat du concours interne ICT 2009) au sein de la Fonction Publique Territoriale.
« Le travail à l’échelle départementale est très sympa. Toutes les routes nationales ont été transférées au Département. Nous pouvons mener à bien une politique posée de développement et de sécurité routière, avec réalisation quasi-immédiate contrairement à la maîtrise d’ouvrage de l’État. Dans l’actualité, la déviation de Jargeau avec un nouvel ouvrage de franchissement de la Loire, est une opération de près de 100 millions d’euros qui sera mise en service au printemps 2025. 40 % de la surface du nouveau pont est réservée aux modes doux qui se raccordent à la Loire à vélo, et concrétisent ainsi le schéma départemental des mobilités adopté en 2022. Lorsque je partirai en retraite, j’aurai le sentiment d’avoir réalisé de beaux ouvrages pour aménager durablement le territoire ! »
Avec l’exemple de Pascal, la mission constate combien la pratique régulière du sport dès le plus jeune âge, notamment le vélo, est incontestablement un facteur positif dans la carrière des Ingénieurs de la Fonction Publique. Sans exclure évidemment les autres sports, un avenir “en jaune“ est prédit pour les Ingénieurs aux Tours de Pédalier Énergiques !
« Au service de la construction et de l’immobilier du secteur public ! »
Jean-Jacques BOUR est adjoint au responsable régional de la politique immobilière de l’État au sein de la Direction Régionale des Finances Publiques (DRFIP) de la région Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Bien que né à Brest sur FR29 - Finistère de parents fonctionnaires, Jean-Jacques a passé sa jeunesse à Reims sur FR51 - Marne.
« Je suis bien plus Marnais que Loirétain ! » précise-t-il. Effectivement la scolarité de Jean-Jacques est Rémoise en totalité, y compris les classes préparatoires scientifiques. « Il se trouve que je m’intéressais plutôt à l’aménagement du territoire qu’à l’industrie. J’ai choisi l’ENTPE car elle offrait en plus un panel très large d’enseignements dans des domaines particulièrement diversifiés. » Jean-Jacques rejoint donc la 29e promotion de l’ENTPE (1984) et choisit une voie d’approfondissement “Hydraulique“.
En 1985, pour sa première affectation, Jean-Jacques intègre les effectifs de la DDE de l’Aisne (FR02) à Laon comme responsable d’une unité “ Eau et environnement “. « Un bon premier poste dans la continuité de ma VA avec, en plus, un peu d’ingénierie en aménagements de rivière. J’ai apprécié le caractère opérationnel du poste ainsi que les contacts avec les élus et les acteurs économiques et sociaux sur le terrain. »
Jean-Jacques regagne en 1989 sa planète de prédilection FR51-Marne. Au sein de la DDE, il est successivement responsable d’une unité “Études et travaux neufs“ puis, en 1994, de la subdivision territoriale de Reims-Sillery. « A cette époque, la route m’intéressait aussi comme composante essentielle de l’aménagement du territoire. Les deux postes étaient très opérationnels avec des exigences croissantes en matière de management. Je conserve un excellent souvenir de la maîtrise d’oeuvre exercée pour les grands travaux routiers comme pour divers projets communaux, de l’entretien des routes nationales, de la conduite d’opération pour la réalisation de bâtiments publics, et du développement des premiers diagnostics territoriaux dans le cadre d’une ingénierie d’appui aux communes. »
En 1999, Jean-Jacques émigre sur la planète voisine FR10 - Aube où il devient adjoint au directeur des subdivisions de la DDE à Troyes. « Les réorganisations successives s’accompagnaient de la baisse rapide des effectifs et ça tanguait un peu ! Nous avons compensé avec des démarches de mutualisation et des pôles de compétence. »
Promu ingénieur divisionnaire en 2001, Jean-Jacques rejoint cette fois la direction régionale de l’environnement (DIREN) Centre à Orléans (FR45) comme chef du pôle “ Aménagement durable du territoire “ et adjoint du chef de service “ Nature, paysage, qualité de la vie “. « C’est ma spécialisation en hydraulique ainsi que les premières expériences dans le domaine “ eau et environnement “ qui m’ont guidé vers les enjeux environnementaux et le portage des politiques publiques de l’écologie. Sur le plan personnel, la région nous plaisait et nous avons décidé de nous y installer. »
De fait, professionnellement, Jean-Jacques ne quittera Orléans que pour tenter un passage en administration centrale. En 2006, il devient responsable du bureau de l’environnement de la Direction Générale des Routes au ministère en charge des Transports.
« Un travail très dense et enthousiasmant sur les questions environnementales concernant la DGR au moment du grenelle de l’environnement et avec la création des services de maîtrise d’ouvrage et des Directions Interdépartementales des Routes. Malgré la richesse du poste et des partenariats, j’ai souhaité assez vite me rapprocher de ma famille à Orléans mais en restant à l’État ! »
Pour ce faire, Jean-Jacques décide, de prendre un tout autre chemin en s’orientant vers le bâtiment et la construction. En 2008, il devient conseiller technique pour les affaires immobilières du directeur général de l’Agence Régionale de Santé du Centre, puis, en 2013, ingénieur régional de l’équipement (IRE), conseiller technique du Recteur au Rectorat de l’académie d’Orléans-Tours. « Deux postes de vocation similaire de référent pour les investissements sur le patrimoine immobilier des établissements médico-sociaux côté ARS, et des établissements d’enseignement supérieur mais avec maîtrise d’ouvrage des opérations, côté Rectorat. »
Dans la même veine, Jean-Jacques prend son poste actuel à la DRFIP en 2020. « Cette fois en liaison avec toutes les administrations occupantes, il s’agit de définir et de mettre en application la stratégie immobilière de l’État au niveau régional par la connaissance et l’optimisation du patrimoine. Nous en sommes à la 2e vague de schémas directeurs immobiliers régionaux (SDIR) avec des objectifs actualisés pour la transition environnementale et l’adaptation aux nouveaux modes de travail notamment.
« Je ne me souviens pas avoir occupé un poste sans intérêt, je découvre encore de nouveaux partenaires avec un champ d’action élargi dans mon poste actuel ! »
La mission StarITPEtrek constate que Jean-Jacques a trouvé son chemin grâce une sortie de route qui l’a fait rentrer dans le bâtiment après un court passage dans les espaces verts ! Un exemple à ne pas suivre au pied de la lettre mais aussi une illustration du vieil adage : « Quand le bâtiment va, tout va ! »
« De l’eau à tous les étiages ! »
Mathilde MORIZOT est chargée de mission “ Gestion des étiages pour le bassin Loire-Bretagne “ au sein de la DREAL Centre- Val de Loire à Orléans.
“ Bon sang ne saurait mentir ! “ disait-on couramment aux siècles précédents.
Bien que native de la planète FR69 - Rhône, Mathilde dispose d’un capital génétique en granit limousin avec un grand-père et une mère de Limoges (FR87 - Haute-Vienne). Sa brillante scolarité se conclut dans les meilleures conditions avec un baccalauréat scientifique SVT et la mention “ Très Bien “. Elle enchaîne logiquement par les classes préparatoires scientifiques à Lyon et intègre la 64e promotion de l’ENTPE (2019).
« J’avais entendu parler de cette école par mes parents et puis aussi du secteur public par ma mère qui était cheffe des services techniques dans une collectivité. Mais en abordant les concours des écoles d’ingénieurs, je ne savais absolument pas ce que je voulais faire dans la vie professionnelle, même si mes centres d’intérêt tournaient autour de l’environnement. »
On comprend dans ces conditions que Mathilde ait choisi à l’ENTPE une voie d’approfondissement “ Environnement “ avec une orientation spécifique vers “ Gestion des cours d’eau, du littoral et des voies navigables “.
« Les trois années d’école ont été vraiment très riches et intéressantes avec une mention particulière pour le PAT (projet d’aménagement du territoire de deuxième année) ! J’ai également réalisé deux stages pratiques dans les services de Voies Navigables de France (VNF) qui ont conforté mon orientation initiale vers le domaine de l’eau et de ses enjeux. Le premier à Lyon (FR69) était consacré à une étude hydraulique de la Petite Saône, le second au siège de VNF à Béthune (FR62) à la création d’outils d’aide à la décision pour la gestion de deux barrages réservoirs. »
Dans le parfait prolongement de sa formation, Mathilde devient en 2019, pour sa première affectation, cheffe de l’agence VNF de Longeau sur FR52 - Haute-Marne. Un premier poste pour le moins “ musclé “ avec le management d’une quarantaine d’agents affectés à l’exploitation, l’entretien et la maintenance du secteur Sud du Canal entre Champagne et Bourgogne et de ses 4 barrages-réservoirs. « « D’emblée je me suis dit que ce poste était pour moi ! L’équivalent d’une subdivision territoriale de l’ancien ministère de l’Équipement, avec une ambiance quelquefois rude et où il faut être compétent dans tous les domaines et faire preuve de beaucoup de courage. Un challenge permanent mais que j’aimais bien. Je ne m’ennuyais jamais ! »
En 2023, Mathilde décide de rejoindre son compagnon qui, au terme d’une thèse soutenue à l’École Nationale des Ponts et Chaussées (ENPC) a été recruté par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) à Orléans. Elle intègre donc les effectifs de la DREAL Centre-Val-de-Loire sur son poste actuel.
« Sous l’autorité de la Préfète de Bassin, j’assure le secrétariat du comité de gestion des réservoirs Naussac et Villerest et des étiages sévères (CGRNVES) composé de représentants des usagers (élus, chambre d’agriculture, EDF, association de protection de la nature), des services de l’État et de l’Etablissement Public Loire, le propriétaire des barrages. Il s’agit de suivre avec précision le niveau des deux réservoirs, d’évaluer les débits de la Loire et de l’Allier pour l’année en cours et de décider du soutien d’étiage à mettre en œuvre pour éviter les étiages sévères. »
« Par ailleurs, j’ai en charge la remontée et la centralisation, aux niveaux de la région et du bassin, de toutes les données relatives aux étiages collectées par tous les services sur le territoire du bassin Loire-Bretagne. Je participe également à la création ou la révision des arrêtés cadres de gestion de la sécheresse dont l’arrêté d’orientations du bassin Loire-Bretagne, lequel nécessite des échanges et des discussions très souvent de nature politique avec les représentants des usagers et les services de l’État des 36 départements concernés.»
« L’ensemble est très intéressant et m’a permis aussi de découvrir en outre toutes les activités de la DREAL. À l’avenir, j’essaierai de retrouver des activités plus opérationnelles et proches du terrain comme, par exemple, celles des services de police de l’eau dans les Directions Départementales des Territoires. Mais rien ne presse pour l’instant. »
Lors de ses premiers échanges avec la mission StarITPEtrek, Mathilde confiait que son orientation vers l’ENTPE relevait à l’époque du plus pur hasard car elle avait décidé de passer l’oral du concours « un peu par raccroc au dernier moment ». À la fin de l’entretien, Mathilde concluait également « Désormais, si je n’exerce aucune responsabilité, je m’ennuie un peu ! »
Ceci montre une fois de plus que cette école est une inépuisable source de soif professionnelle. À Mathilde et à bien d’autres encore, elle a mis l’eau à la bouche !
« Donner un peu du meilleur de moi-même pour un monde meilleur ! »
Alice LEFEUVRE est cheffe du pôle “ Loire “ au sein des services de la DDT du Loiret à Orléans.
« Entendre et bien comprendre les autres ! »
Coline GARDE est cheffe de l’unité “ Qualité des eaux et milieux aquatiques “ de la DREAL Centre Val-de-Loire à Orléans.
En parallèle de ce déroulé de carrière, il y a aussi l’engagement syndical, que j’ai découvert à Bordeaux et que je poursuis depuis. La défense du collectif et de nos missions, des choses particulièrement malmenées depuis… mon entrée dans l’administration en fait, c’est une manière de donner du sens à mon travail et de devenir actrice dans un système où l’on se sent parfois traité comme un pion. Travailler au côté de personnes dont on partage des valeurs fortes, pour faire bouger les lignes, comme on le fait, pour ce qui me concerne, au sein du SNITPECT-FO, c’est revigorant. Je le conseille à tout le monde ! Coline GARDE
Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64
