Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département des Alpes-Maritimes (06)

07 avr. 2020

Voyage 06 : Saga Riviera . . . mais attention les secousses ! !

Cannes, Antibes, Nice, Monaco, Menton… la planète 06 étire sa Riviera prospère devant la Méditerranée ; farniente, plages, jeux de boules, silver économie… mais aussi Nice sixième population de notre galaxie France et Sophia-Antipolis première technopole de la nébuleuse Europe… Entre besoins d’infrastructures et protection d’un environnement exceptionnel, les Maralpins ne doivent cependant pas oublier que la planète 06 est exposée à un risque sismique élevé.

Antibes

La bonne planète dès le premier atterrissage !

Avec Patrcik MORAND

Patrick MORAND est directeur des Editions et des Formations au Centre Scientifique et Technique du Bâtiment. Le CSTB est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) sous tutelle ministérielle. Sa mission est de garantir la qualité et la sécurité des bâtiments, et d'accompagner l'innovation dans le domaine de la construction.
Originaire de Limoges (bon sang ne saurait mentir !), Patrick est de la 27e promotion de l’ENTPE (1982). Après un début de carrière de chercheur au sein du CENERG (centre de recherche sur l’énergie de l'Ecole des Mines de Paris) sur la com-mande optimale des systèmes énergétiques appliquée au stockage saisonnier de l’énergie solaire dans le sous-sol, il opte pour l’Agence Française de Maîtrise de l’Energie (AFME) dès sa création.
« Ma vocation c’est le bâtiment ». En 1990 il intègre le CSTB « pour quelques années » et finalement pour toute sa carrière ! Entré comme ingénieur études et recherche, il sera chef de la Division Systèmes d’Information Avancés, directeur Technolo-gies de l’Information et Diffusion du Savoir et directeur de l’Etablissement de Sophia Antipolis, avant son poste actuel.
« Le CSTB, c’est une passerelle entre chercheurs et détenteurs de besoins identifiés sur des sujets concrets de recherche appliquée». Patrick se qualifie de « pionnier et défricheur » comme pour le Building Information Modeling, jumeau numé-rique du projet de construction dans ses moindres détails et inspiré de l’aéronautique. Avec près de 1.000 agents (« mais moins de 15 fonctionnaires ») et une chaîne hiérarchique proche et directe, le CSTB développe des activités variées et inno-vantes mais «  il reste énormément à faire, particulièrement sur le changement climatique ».
« Les compétences en aménagement et urbanisme nous intéressent, mais ce qui compte c’est l’individu et pas le diplôme... ».  

 

Un Tramway nommé challenge...

Jacques Le Corre

Jacques LE CORRE , ITPE de la 32e promotion (1987), est directeur technique des grands projets de Métropole Nice Côte d’Azur en charge notamment de la construction des lignes 2 et 3 de tramway et de la coordination du projet, mais aussi du  pilotage de la construction de la Plateforme d’Echanges Multimodale de Nice et des interfaces avec l’aéroport.
Natif du Morbihan, avec une option hydraulique à l’ENTPE, Jacques se destinait tout naturellement au domaine de l’eau… Oui, mais après deux « solides et formateurs » postes de subdivisionnaire territorial (St Pierre à la Réunion et Châteaubriant en Loire-Atlantique), puis 5 ans comme Secrétaire Général de la DDE des Alpes-Maritimes (« un poste sportif avec la négo-ciation du transfert des routes au Département ! »), il se laisse happer par l’attraction sidérale de la galaxie ESTROSI au Con-seil Général des Alpes-Maritimes puis à la Métropole de Nice Côte d’Azur.
Jacques se définit comme un « homme de challenge ». Depuis 2013, la construction de la ligne 2 du tramway de Nice, dé-sormais achevée, en est un exemple particulièrement consistant avec notamment la réalisation en site urbain d’un tunnel de 3 km avec 4 stations enterrés et des liaisons avec l’hôpital, l’aéroport et  le port… et bien sûr, dans des délais quelquefois "ul-tra-luminiques" ! Toutefois, le plus délicat n’est pas technique. « Par exemple, il faut discuter chaque place de stationnement avec les élus, les commerçants, les riverains, etc ! ». « Le travail est quelquefois « alourdi par la forte pression de la proximi-té ».        
« La confiance de l’élu dans ses ingénieurs et techniciens demeure la clé de la réussite , même si elle doit être assortie d’une présence puissante et permanente du décisionnaire. On entre dans la collectivité pour y faire souvent toute sa carrière. »

Le nouveau tram de Nice (Jacques L.)
La Métropole Nice Cote d'Azur a souhaité se doter de nouvelles lignes de tramway alliant esthétique et perfor-mance pour relier en moins de 30 mn le port à l'aéroport, condition impérative d'attractivité.
Le système de transport bénéficie de deux atouts majeurs: la circulation sous le centre ville via un tunnel de 3 km qui permet  des pointes à  70 km/h,  et qui technologiquement  a dû sacrifier  le sacro-saint principe de la conduite à vue. En surface, le tram circule librement sur une voie totalement engazonnée,  entre deux alignements d'arbres qui offrent l'ombre nécessaire pour résister aux températures méditerranéennes.  Ce couloir végétalisé a été ren-du possible par la suppression des lignes aériennes de courant, au bénéfice d'une alimentation des rames par recharge presque instantanée  en station. Cette nouvelle technologie offre ainsi de larges possibilités d'insertion urbaine.
Associé à  un terminus Aéroport positionné en toute sortie des aérogares, le tramway a vite remporté un vif suc-cès avec près de 100 000 voyageurs quotidiens, et qui s'approprient  en plus les multiples  oeuvres d'art remar-quables, sans parler bien sûr du débouché sur le quai  du port, véritable joyau de l'architecture locale.     
   

 

Pétanque, SpaceLab puis Equipement… une mise sur orbite atypique !

Serge Castel

Serge CASTEL est directeur départemental des territoires des Alpes-Maritimes. StarITPETrek le remercie chaleureu-sement d’avoir évoqué avec franchise une vie professionnelle débutée sous des auspices très originaux.
« Jamais je n’aurais pensé en arriver là ! ». Originaire de Marseille, bien avant d’intégrer comme Jacques LE CORRE, la 32e promotion de l’ENTPE (1987), Serge « gagnait très bien sa vie en jouant aux boules... » (option pé-tanque à inscrire au programme de l’ENTPE ?). « Un peu poussé par des amis », à 19 ans il répond à un avis de re-crutement du Centre National d’Etudes Spatiales et obtient un CDD comme technicien dans le cadre du projet SpaceLab. Au sein d’une équipe, travaille notamment sur une caméra de la navette spatiale américaine.
Et puis l’Equipement ! Des amis lui parlent du concours de technicien qu’il réussit en 1981 et entre à l’ENTE d’Aix en Provence. A partir de 1983, il enchaîne des postes en subdivision Etudes et Travaux Maritimes en DDE de Guyane (réalisation d’un quai de déchargement des éléments de la fusée Ariane) puis à la Subdivision de Pontoise au Service de la Navigation de la Seine. Passé ITPE par examen professionnel, il sera tour à tour chef de la Sub-division Eau Environnement du SNS, des subdivisions territoriales de Poissy et de Meulan (DDE 78), de la subdi-vision d’Aix-en-Provence des Services Spéciaux des Bases Aériennes (SSBA) et du parc Départemental à la DDE13.
Depuis 2004, il fait partie des cadres dirigeants comme Secrétaire général puis directeur Prospective et Action territoriale du SSBA, puis directeur adjoint et délégué mer et littoral en DDT 13 avant son poste actuel.
«  La vie professionnelle, c’est des rencontres avec quelquefois la chance de travailler avec des très bons ! ».
 


Pour sauver des vies !...

Stéphane Liautaud

Stéphane LIAUTAUD  est chargé de mission Risque Sismique à la DDT 06, seul poste de ce type dans les services départementaux pour tout l’hexagone.
Auvergnat du Puy-en-Velay, Stéphane a mené une carrière de technicien comme chargé d’opérations et de maîtrise d’œuvre au service Habitat Equipements en DDE de Haute-Corse, puis en DDE/DDT 06 comme chargé d’études routières, puis adjoint conseiller de gestion et chargé d’opérations en ingénierie aéroportuaire. ITPE en 2010 (Pro-mo 55), il dirige le pôle gestion patrimoine immobilier (DDTM 06), puis le pôle pathologie des ouvrages d’art à la Direction Interdépartementale des Routes Méditerranée, et le service Logement de Direction Départementale de la Cohésion Sociale 06. « J’ai l’ADN Equipement ! »
Depuis juin 2017, sur commande du Préfet, la DDTM 06 s’est engagée dans la déclinaison locale du Plan National Sismique. L’enjeu est fort : à l’instar de l’Italie du Nord, le territoire vit sous la menace imprévisible de séismes dont le dernier le 11 novembre 2019 à Le Teil en Ardèche heureusement sans victime (Stéphane y a été mobilisé comme inspecteur post-sismique). Depuis janvier 2019, la commune de Nice s’est dotée d’un PPR sismique. Saint Laurent du Var et Menton devraient suivre.
Stéphane s’est investi dans des actions de communication et de sensibilisation, de connaissance du risque, de réduction de la vulnérabilité des bâtiments, d’intégration à la gestion de crise et de mise à jour du Plan Orsec. Les partenariats en jeu sont nombreux : SDIS, BRGM, CNRS, Cerema, Bureau Central Sismologique Français, BTP,collèges, CFA, médias locaux, etc.  
« C’est un marathon sur le long  terme : anticiper pour sauver des vies ! »


Une vocation de chercheur pour comprendre les colères de la planète ...

Avec Julie Regnier

Julie REGNIER est chargée de mission Risques Sismiques à la Direction Territoriale Méditerranée du Cerema.
La trajectoire de Julie peut être qualifiée de parfaitement rectiligne. ITPE de la 51e promotion (2006), elle poursuit par une 4e année de spécialisation, un master en sismologie par Erasmus en Italie et une thèse au LCPC sur la va-riabilité de la réponse sismique des sites de la classification des sites, au comportement non linéaire des sols. En-trée au laboratoire de Nice (Cerema), elle intègre une équipe Risques Sismiques constituée dès 1980. Elle est re-connue spécialiste par le Comité de Domaine Géotechnique et chercheur par le Comité d’Evaluation Scientifique des agents de catégorie A exerçant une Activité de Recherche (CESAAR).
Menant des travaux sur l’amplification des ondes sismiques en bassin sédimentaire et des analyses du comporte-ment et du vieillissement des structures exposées aux vibrations (vent, marées, vagues,etc.), elle aspire à « rester chercheur », mais estime que « nos compétences ne sont pas très bien valorisées au MTES ».
« Mon réseau de travail est essentiellement universitaire et dépasse largement l’hexagone (Italie, Iran,Japon,etc.) ». Inquiète sur l’avenir du Cerema et de son site de Nice, elle déplore les difficultés budgétaires et regrette « l’isolement du chercheur ».
 


Plage-Villeneuve-Loubet

A la rencontre d’une nouvelle colonie planétaire sur le satellite CBNMed de FR-06

Découvrir un nouvel astre dans l’univers professionnel des ITPE est un privilège rare qui s’est offert à l’équipage du StarITPETrek qui a été chaleureusement accueilli au Conservatoire Botanique National Méditerranéen. La fédération nationale des CBN a inté-gré l’Office Français de la Biodiversité mais le CBN Mediterranéen est le seul à abriter des ITPE.

Katia DIADEMA, comme deux de ses collègues chargés de mission, est une "jeune" ITPE depuis 2017 à l’issue du concours dit de dé-précarisation. Elle est « essentiellement une scientifique », titulaire d’une thèse sur la biodiver-sité méditerranéenne et auteur de nombreuses publications sur la biodiversité végétale méditerranéenne. Son champ d’activité  s’étend sur tout l’arc méditerranéen de l’Italie à l’Espagne, en partenariat avec toutes les universi-tés et acteurs de la conservation du territoire (voir encart).
Les enjeux sont considérables dans les Alpes-Maritimes qui ont la biodiversité la plus riche de France après l’Outre Mer. La topographie spécifique du territoire et la Méditerranée ont produit de nombreux micro-climats et zones de stabilité climatique. Sous tutelle de la Direction Eau et Biodiversité du MTES, le Conservatoire doit malgré tout re-chercher chaque année des partenaires extérieurs, comme les collectivités départementales ou régionales, pour boucler son budget. La dotation de l’État ne couvre pas complètement les salaires. Néanmoins, « les élus ont pris conscience de la richesse de leur patrimoine naturel et des impératifs de sa protection ».  
Après 14 années en contrat à durée déterminée, Katia apprécie son statut d’ITPE même si, sur le plan du travail, « le concours n‘a pas changé grand chose ». « La protection de la biodiversité s’inscrit dans un temps long au contraire de certaines politiques publiques. »

"La coopération au service de la conservation (Katia D.)
La région méditerranéenne française est un hotspot mondial de biodiversité. Son remarquable patrimoine floristique, est considérablement menacé par les mutations socio-économiques actuelles et le change-ment global. Des solutions à la hauteur des enjeux doivent répondre à ces impacts. 
Créée en 2018, RESEDA-Flore (RESEaux D’Acteurs pour la conservation de la flore méditerranéenne) est le tout premier réseau œuvrant sur cette thématique, à l'échelle de la France méditerranéenne. Il regroupe actuellement une quinzaine d’organismes scientifiques, de conservation et de gestion, dans le but d’améliorer la coopération en faveur d’une meilleure conservation des espèces et des écosystèmes. Son approche permet de relier de façon performante la recherche fondamentale et appliquée à la gestion con-crète des milieux naturels. Ce réseau impulse une dynamique collective formalisée par la signature d’une charte de coopération inédite au niveau de la région méditerranéenne. 
Par la mutualisation des connaissances, des compétences, des expériences et des outils, l’objectif prin-cipal de RESEDA-Flore est de développer des dispositifs de référence pour la conservation et la gestion durable de la biodiversité en France méditerranéenne. Gestionnaires d’espaces naturels, collectivités et services de l’Etat disposeront d’outils diagnostics fiables et simples afin d'évaluer les enjeux de conserva-tion des espèces et des écosystèmes et de mettre en œuvre des politiques efficaces et adaptées au territoire." 

 


De la petite entreprise à la grande …

Maxime GARRABOS est ingénieur civil de la promotion 59 de l’ENTPE (2014). Il est actuellement chargé des méthodes au sein de la société d’autoroute ESCOTA du groupe Vinci.
La passion de Maxime, c’est la géologie avec une prédilection pour les terres ultimes, notamment la Terre Adélie. En sortie de l’ENTPE,  intéressé par la diversité de métiers proposés par les gestionnaires d’infrastructures, il est recruté par Vinci Autoroutes - ESCOTA comme chargé d’études exploitation puis il passe responsable d’exploitation A 51 Aix-Gap. Au tournant de l’aire Digitale, il prend la charge de l’ innovation digitale au sein de la Direction de l’innovation et développe notamment un service dépannage 2.0. Avant de retourner à l’exploitation où il s’occupera pendant 1 an de l’exploitation des tunnels. Il travaille aujourd’hui au sein du Département d’Administration du Péage où il gère les process et méthodes.
Même si son travail a peu à voir avec la géologie, Maxime est parfaitement à l’aise « dans une grande entreprise avec une grande variété de métiers et un souci permanent d’innovation ». L’intégration des nouvelles technologies lui permet de sortir du périmètre strictement autoroutier.
Il faut dire que Maxime a fait mûrir son attrait pour l’entreprise lors de sa scolarité à l’ENTPE puisqu’il a dirigé la Junior Conseil Travaux Projets Etudes (JCTPE). Née il y a 25 ans, cette association d’élèves ingénieurs de l’ENTPE et d’élèves architectes de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon (ENSAL) propose, dans un cadre sé-rieux et avantageux, les services des étudiants aux professionnels pour réaliser des missions d’étude (structure, thermique, trafic, aménagement, architecture), de conception et diagnostic d’ouvrages, des études de marché, des prestations de formation et de conseil, des études informatiques ainsi que des missions de dessin, graphisme et communication. JCTPE permet aux élèves de se familiariser très concrètement avec le monde de l’entreprise, de sa gestion comme de sa production.
« Il faut reconnecter les ITPE, fonctionnaires comme civils, au travers de groupes de travail sur des sujets socié-taux. Les ITPE ont la légitimité pour être une force de proposition de solution intégrées et innovantes pour préparer l’avenir de l’aménagement et des pratiques ! ».



Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : sergechantillac@gmail.com - 06 03 86 16 64

Lors de ses missions sur FR06, StarITPETrek a rencontré un Ingénieur des TPE de la 23e promotion (1978 – celle du comman-dant de bord) . Jean-Jacques BUIRE est à la retraite mais s’il a la particularité comme ingénieur fonctionnaire d’avoir réalisé toute sa carrière dans des entreprises privées comme Schlumberger. On vous dit que FR06 est une terre de grande biodiversité !


Le StarITPETrek est exposé comme tous les astres aux tempêtes galactiques et aux vents cosmiques « coronaviriens ».
Immobilisé en orbite géostationnaire, il vous communiquera son plan de vol pour les mois à venir dès le calme revenu !


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