Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Haute-Marne (52)

Published on September 18, 2025

Voyage 52 : Les Lumières allument la mèche !    

« Aucun homme n’a reçu de la Nature le droit de commander aux autres ! »

Denis Diderot

Mais la nature serait-elle nécessairement provocatrice, voire volontairement révolutionnaire ?
La mission StarITPEtrek n’a pas tardé à se poser la question dès son atterrissage au sein même de la petite colonie de Langres sur FR 52
- Haute-Marne. “Petite“ n’est d’ailleurs pas le mot juste tant en impose cette citadelle médiévale parmi les plus importantes au monde, entièrement ceinte de hautes murailles de pierre !

Son rôle ne fait aucun doute dès le premier abord. Au service de tous les Rois de France, ses hauts murs devaient être une protection infranchissable vis-à-vis des invasions venues de l’Est sur la route de Paris. Sa stature en impose d’autant plus qu’elle est dominée par une impressionnante cathédrale, et parsemée d’églises et de bâtiments religieux. Une des plus puissantes représentation de la féodalité royale avec le sabre dans une main et le goupillon dans l’autre !

En observant la citadelle depuis son orbite géostationnaire, la mission StarITPEtrek animée par son indéfectible curiosité scientifique et tenaillée par son objectivité proverbiale s’est rapidement heurtée à un paradoxe ! Comment se fait-il que le hasard ait fait naître en 1713 de notre ère, au sein même de la très grande forteresse royale, le fils d’un artisan coutelier appelé à devenir un érudit, un scientifique, un philosophe, un écrivain, et un encyclopédiste de toutes les connaissances de son temps dans le but de les transmettre aux générations suivantes, : un certain Denis Diderot…

Et le paradoxe ne s’arrête pas là, loin s’en faut ! Si Denis Diderot s’était contenté d’être une tête bien pleine, il est probable que son nom se serait perdu. Mais il est aussi un membre éminent d’une des plus importantes associations de bienfaiteurs que l’humanité ait connue. Au même titre que ses comparses du XVIIIe siècle, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau et Montesquieu à son époque, Denis Diderot est désormais, et pour l’éternité une “Lumière“ ! Et ces “Lumières“ ont éclairé si fort la philosophie, la littérature, la politique et toutes les sciences de leur temps qu’elles ont, sans nécessairement s’en rendre compte ni réellement le vouloir, allumé la mèche du big bang de la Révolution Française, de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et de la chute de la Monarchie de droit divin vieille de 13 siècles.

Si on en croit un autre écrivain, artiste et érudit du XIXe siècle, Théophile Gautier « Le hasard est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer ! » Alors, il faudrait que ce monsieur “Dieu“ soit un brin facétieux pour faire naître au milieu même de cette forteresse de Langres, symbole de la toute puissance royale immuable et de droit divin, un tel germe d’auto-destruction !

Sans écarter totalement ni définitivement cette hypothèse, la mission StarITPEtrek, tenaillée par son indéfectible curiosité scientifique et par son objectivité proverbiale, doit reconnaître que ses investigations doublées de multiples sauts spatio-temporels n’ont, à ce jour, pas permis de confirmer ne serait-ce que l’existence de l’embryon d’un début du commencement d’une explication scientifiquement établie.


Au vu des difficultés endurées par Denis DIDEROT et ses co-auteurs dans l’entreprise majeure de l’Encyclopédie, (interdictions, autodafés, emprisonnement, excommunications, lettres de cachet, etc.) la mission propose de laisser Dieu de côté dans cette affaire. Avec lui, la mission StarITPEtrek est toute prête à admettre que c’est la Nature qui décide au final. Elle a aussi l’espoir de penser que la Nature ne confère pas de pouvoir sans se préoccuper avec le temps de délivrer un contre pouvoir.
Mais elle est un peu inquiète malgré tout, car, dans un avenir proche, la Nature se chargera probablement de réguler le pouvoir des hommes sur leur environnement et leurs exactions sur la planète et que ça risque d’être sévère !


« Avec la curiosité, on construit son poste ! » 

Chantal GRIMAUD

Chantal GRIMAUD est cheffe du service “Routes et ouvrages d’art“ du Conseil Départemental de la Haute-Marne à Chaumont.

Ouf ! Il était temps ! Chantal prendra sa retraite à compter du 1er octobre 2025. Originaire d’une famille modeste de la colonie de Beaumont-Lès-Valence sur FR 26 - Drôme et bien que titulaire d’un baccalauréat scientifique C, elle ne peut matériellement envisager de
« grandes études ». Elle rejoint donc l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Valence et obtient en 1982 un DUT de “Gestion des entreprises et des administrations “. « Sans orientation spécifique bien précise, je n’avais pas non plus d’information particulière sur la fonction publique car ma famille ne comptait aucun fonctionnaire. »
La même année, Chantal réussit le concours des agents de catégorie C de la fonction publique territoriale et est recrutée en février 1983 par le Conseil Général de la Drôme comme commis. Elle est mise à disposition de la DDE de la Drôme au sein de la direction des ressources humaines (DRH) puis du service comptable du Parc Départemental. « Mon parcours tient a des circonstances et des rencontres. En DDE, j’ai découvert les missions techniques du service et j’ai pris goût au service public. « Une bonne personne, comptable de son état, m’a vivement conseillé de poursuivre en filière technique et, grâce à mes acquis en IUT, j’ai pu intégrer l’Ecole Nationale des Techniciens de l’Équipement d’Aix en Provence. »
En 1986, Chantal rejoint sa première affectation au sein des services de la DDE de Seine-et- Marne (FR 77) comme adjoint au chef du bureau d’études de l’Arrondissement Sud à Fontainebleau. « J’aurais dû me retrouver au bureau d’études de Provins mais un “loupé“ du service du personnel m’a fait atterrir à Fontainebleau, ce qui, accessoirement, me facilitait les retours vers la Drôme. Mon intégration s’est plutôt bien passée même si j’étais un peu “la petite jeune“ au milieu de projeteurs anciens et expérimentés !. L’arrondissement couvrait 3 subdivisions territoriales avec également de gros projets routiers comme les renforcements coordonnés de la RN 7. Nous réalisions aussi les plans d’occupation des sols (POS) des communes.»
De fait, la “petite jeune“ ne perd pas de temps ! En 1991, Chantal réussit au concours interne d’ingénieur des TPE et intègre la 40e promotion de l’ENTPE. Elle opte pour une voie d’approfondissement “Transports“. « Mon objectif était plutôt de rejoindre une cellule départementale d’exploitation et de sécurité (CDES) ou de revenir en territoriale. Je visais prioritairement une subdivision du Cantal »
C’était sans compter le jeu des postes obligatoires en sortie d’ENTPE ! Chantal connait en 1995 sa première affectation d’ITPE au sein de la DDE de la Haute-Marne à Chaumont comme chef d’unité “Travaux neufs“ pour la réalisation de la déviation de la RN 67 de Bologne à Chaumont, puis en 1996 comme responsable de la subdivision “Études et travaux neufs 2“. « Sur le moment, je me suis dit que, malgré tout je me rapprochais encore un peu plus de la Drôme … et puis je me suis installée ici, plus particulièrement à Langres où j’ai retrouvé un peu la mentalité des gens du Sud. J’ai appris à apprécier cette région et je ne l’ai plus quittée ! »
Fidèle à ses objectifs, Chantal prend en 1999 la tête de la subdivision territoriale de Langres. « En fait, je suis devenu subdivisionnaire du Sud de la haute-Marne ! En effet, en plus de Langres, j’ai assuré pendant plus d’un an l’intérim de la subdivision de Bourbonne et pendant plus de deux ans celui de la subdivision de Bourbonne-les-Bains. À la fin, je connaissais comme ma poche tout l’arrondissement Sud ! »
Il faut croire que la “petite jeune“ avait fait ses preuves notamment en ce qui concerne le réseau routier départemental pour lequel, à l’époque, les services des DDE étaient mis à disposition du Conseil Général ! En 2006, Chantal est contactée par le Directeur des Routes du Département qui lui propose de rejoindre la Collectivité au poste qu’elle occupe toujours actuellement. « Je n’ai pas donné suite immédiatement. Mais les réformes du nième acte de la Décentralisation et l’abandon de l’ingénierie publique par l’État conduisaient à morceler complètement mon poste et ses responsabilités. En 2007, j’ai donc accepté de rejoindre la collectivité en détachement sur le corps des ingénieurs territoriaux comme ingénieur principal. J’ai intégré la fonction publique territoriale un peu plus tard avec le passage à ingénieur en chef territorial. Depuis 2007, mon poste n’a pas cessé d’évoluer. J’ai notamment géré les études et les travaux d’une grosse déviation (environ 30M€). Je dois dire que j’ai eu de la chance de trouver dans ma collectivité une ambiance de travail quasi-familiale où on s’attache à reconnaître les compétences et où on n’hésite pas à confier des responsabilités. »
« Au terme de ma carrière, je suis sûre que c’est ma curiosité qui m’a permis de m’adapter à toutes les situations et de construire mes différents postes ! »

Avec Chantal, la mission StarITPEtrek affirme que « la qualité du Service Public est primordiale particulièrement dans les territoires vers lesquels les gens ne se bousculent pas ! »
Elle lui décerne par ailleurs, et à l’unanimité, le titre d’ICTPE, “Ingénieur à la Curiosité Toujours Plus Éveillée“, avec les félicitations du jury !

 

 « J’ai pu construire chacun de mes postes en pleine confiance ! »

François-Xavier DESCHERVOIS
François-Xavier DESCHERVOIS est directeur général des services du Syndicat départemental d’énergie et des déchets de la Haute- Marne (SDED 52) à Chaumont.
 
Avec des parents militaires, François-Xavier a, dès le départ, parfaitement intégré le concept de mobilité ! Ses racines, il les situe plutôt du côté de Bourges (FR 18 - Cher), plus précisément à Avord où se situe la deuxième plus grande base aérienne de France. « C’est là que je suis resté le plus longtemps, jusqu’en seconde, avant de rejoindre Langres pour le lycée, puis Dijon (FR 21) pour la prépa. »
François-Xavier appartient à la 52e promotion de l’ENTPE (2007) avec voie d’approfondissement “Aménagement et politiques urbaines“. « Dès 3/2 j’avais remarqué la plaquette d’information sur l’ENTPE et je l’avais mise sur le haut de la pile dans mes objectifs pour 5/2 ! Outre le très large panel des formations proposées, l’autonomie financière et le statut de fonctionnaire étaient des critères déterminants. »
Il achève sa formation par un Master II “Politiques publiques et gouvernements comparés“ à l’Institut d’études politiques de Lyon. « La formation à l’ENTPE a été excellente pour moi avec des professeurs et des intervenants de qualité. En plus, j’ai fait partie de la première promotion à ne pas faire obligatoirement “Routes“ et j’ai plutôt apprécié “Génie ferroviaire“ ! »
En sortie d’école, François-Xavier met un peu de côté le concept de mobilité ! Il se pose en Haute-Marne et ne l’a pas quitté à ce jour ! En 2007, sa première affectation le conduit en DDT à Chaumont, comme chef du bureau “Accompagnement des Territoires“. « Il s’agissait d’un poste nouveau par lequel le directeur souhaitait encourager le développement des énergies renouvelables mais dans un contexte maitrisé. J’ai tout de suite été envoyé “au charbon“, si j’ose dire, avec les projets éoliens notamment au contact des élus locaux et des opérateurs. Nous avons utilisé l’outil ZDE (zones de développement de l’éolien) pour en réguler le foisonnement et le département est passé de 0 éoliennes en 2007 à 144 autorisées au bout de 5 ans. Une excellente entrée en matière pour moi car, partant d’une feuille blanche, j’ai pu construire mon poste avec la confiance de ma hiérarchie. »
« Il vaut mieux que je bouge. » C’est la réflexion qui pousse François-Xavier à une mobilité en 2012. Mais pas question de quitter la Haute-Marne, au sein de la DDT, il prend le poste de chef du bureau “Biodiversité, forêt, chasse“ et adjoint au chef du service “Environnement et forêt“. « C’était là aussi une création de poste dans un contexte totalement différent et avec un choc culturel bien réel dans un service à majorité d’ingénieurs de l’agriculture et de l’environnement (IAE). Heureusement, avec le chef de service, nous avions sensiblement le même tempérament et l’entente était parfaite. Toujours dans le ressort de la nouveauté, je me suis passionné pour la préfiguration du Parc National des Forêts qui couvre, depuis sa création en 2019, 218.000 hectares, avec un cœur boisé à 95%, sur la Haute-Marne et la Côte d’Or (FR21).»
En 2015, François-Xavier ouvre une voie qu’il continue à construire aujourd’hui. Il intègre le SDED 52 à son poste actuel de directeur général des services. En fait ce sont ces services et leurs missions qui vont considérablement s’étoffer. « Initialement, la structure était issue du regroupement en janvier 2016 d’un syndicat départemental d’énergie et d’un syndicat départemental de traitement de déchets. En 2018, le périmètre d’activité s’est considérablement accru grâce à la fusion avec un syndicat de collecte des déchets et doit encore s’accroître en 2026 à l’issue du regroupement programmé avec les deux derniers syndicats de collecte des déchets.
Le syndicat départemental gère des services publics essentiels du quotidien extrêmement variés, entre la distribution publique d’électricité (6000 km de réseaux électriques en propriété), la recharge de véhicules électriques (94 points de charge) ou la collecte et la valorisation des déchets (100 000 tonnes chaque année). C’est aussi une collectivité qui investit beaucoup puisque sur l’ensemble de son budget annuel (70 millions d’euros), la moitié est consacrée à des travaux d’adaptation du réseau électrique, d’amélioration de performance énergétique de l’éclairage public ou d’augmentation des performances environnementales de la gestion des déchets.
« Il y a ici une forte culture technique et, ce, dans des domaines très spécialisés et le Syndicat apporte au territoire une ingénierie tout à fait singulière. » Nous proposons également aux communes adhérentes un portail SIG (Système d’information géographique) pour les déclarations de panne d’éclairage public, la consultation du cadastre et des données foncières notamment ainsi que la gestion des documents d’urbanisme et le SPANC (service public de l’assainissement collectif). »
Ingénieur principal territorial depuis 2022, François-Xavier n’envisage pas immédiatement de nouvelle orientation. « Je suis très épanoui sur mon poste actuel pour lequel, comme pour les précédents on m’a confié la construction du poste et de la structure. Je souhaite rester ici au moins jusqu’à la fusion de 2026 et, au delà, ce sera fonction des opportunités. »

La mission StarITPEtrek a parfaitement noté que François-Xavier a conservé des liens étroits avec l’ENTPE puisqu’il a décidé de partager son expérience avec une vingtaine d’élèves de 2ème année comme tuteur du projet d’ingénierie territoriale, enseignement qui place les élèves en bureaux d’études pluridisciplinaire fictifs.
Elle rappelle la devise du chef mécanicien de l’ISS ENTerPrisE: « Si tu veux un moteur efficace, soigne la transmission ! »

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64