Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de l'Aude (11)

16 nov. 2020

Voyage  11  -  épisode 1 : « Dame  Carcas  sonne … le retour ! »

Notre vaisseau est bien équipé d’une option « déplacement temporel » mais qui fonctionne uniquement dans un créneau de 1960 à nos jours ; elle s’appelle "Souvenirs de Serge " et a tendance à cafouiller légèrement de temps en temps...

Dans ces conditions, impossible de vérifier la légende de Dame Carcas.

Toujours est-il qu’a peine installés depuis une semaine au pied des fortifications de la Cité de Carcassonne, nous avons rebroussé chemin, comme Charlemagne quelques siècles auparavant.
Mais cette fois, c’est face aux menaces coronaviriennes ; très probablement un cadeau empoisonné de nos ennemis Klingons avec leur faciès de pangolin...                    

Le fil de l’eau pourrait prendre une direction inattendue...  

Hélène MATHIEU-SUBIAS

 

Hélène MATHIEU-SUBIAS est directrice technique du Syndicat Mixte des Milieux Aquatiques et des Rivières (SMMAR).

Les crues dramatiques qui ont touché le territoire en novembre 1999 (25 morts, 1 disparu et 534 millions d’euros de dégâts estimés) sont à l’origine de la création du SMMAR. Son but est de répondre à la nécessité de mener une gestion concertée de l’eau et d’organiser la prévention des inondations à l’échelle du bassin versant. Depuis décembre 2008, le SMMAR a le statut d’Établissement Public Territorial de Bassin (EPTB) de l’Aude. Son périmètre recouvre 438 communes du département mais aussi 30 de l’Hérault, 6 des Pyrénées-Orientales et 5 de l’Ariège.

Pas de doute, Hélène est "comme un poisson dans l’eau" à la direction technique du SMMAR grâce à son solide cursus uni-versitaire :  licence en Sciences de la Terre, maîtrise en Sciences de l’Environnement et DESS en Hydrologie et environne-ment (ressources, qualité et protection des eaux souterraines). « Mon fil conducteur professionnel est toujours l’hydrogéologie ».

Recrutée sur titres, elle devient Ingénieur des TPE de la 46e promotion en 2001. « 15 jours à l’ENTPE à Vaulx-en-Velin, ce n’est pas assez. On ne peut pas vraiment parler de formation ! ». Fidèle à son « fil conducteur professionnel », elle enchaîne par un poste de chargée de mission recueil, bancarisation et valorisation des données en hydrologie-hydrogéologie à la DIREN Alsace.  

Son mari ayant été muté à Toulouse, elle dévie légèrement son cours et occupe successivement les postes de responsable du pôle "risques majeurs" puis de l’unité "gestion de crise, sécurité, transports" en Préfecture de la Haute-Garonne. « Des postes à très faible composante technique qui ne me convenaient pas vraiment ». En 2008, elle prend le poste de chef de l'unité "connaissance des risques" à la DDTM de l’Aude et tisse de bonnes relations avec la direction du SMMAR.


L’effectif du SMMAR est de 27 agents. Directrice technique, Hélène met en œuvre la politique GEMAPI à l’échelle du bassin versant et assure le suivi technique du Programme d’Actions de Prévention des Inondations de l’Aude (PAPI) et des plans de gestion et contrats de bassin versant. « La collectivité départementale envisage de prendre également la compétence sur le domaine fluvial pour mettre en place un plan de gestion à l'échelle du fleuve similaire à ceux déployés sur ses affluents et ini-tier l'intégration de ce cours d'eau comme élément essentiel en matière d'aménagement du territoire ».

« Mon boulot me passionne mais pour moi, le travail doit rester un plaisir et je n’ai pas envie de me retrouver à faire l’amortisseur entre la technique et la politique, surtout en période d’élections ! ». Son projet est donc tout autre. Hélène envi-sage de s’installer comme bio-énergéticienne.   

Notre équipage est fréquemment soumis à de très fortes pressions lors des voyages interstellaires de la mission StarITPEtrek. Il aurait bien besoin des services de la bio-énergie qui « aide à libérer les blocages et à trouver la paix intérieure ».


De l’eau, toujours de l’eau...

Maxime MONFORT est chef du service de l’eau et des milieux aquatiques (SEMA) à la DDTM de l’Aude. 

Maxime MONFORT

A 46 ans, Maxime a, derrière lui, une carrière construite intégralement sous le symbole "H2O". Titulaire depuis 1997 d’un DEA "Hydrologie, Hydrogéologie", il réussit le concours externe d’ITPE en 2000, et fait partie de la 47e promotion de l’ENTPE.
Jusqu’en 2003, Maxime dirige le service "hydrologie urbaine" au Laboratoire Régional des Ponts et Chaussées de Trappes (Yvelines). « Un poste des plus interessants car très technique et développant une vraie ingénierie, bien souvent meilleure que celle proposée par le secteur privé ». « Aujourd’hui notre travail est essentiellement un contrôle sur les projets conçus par les bu-reaux d’études privés, mais sans réellement pratiquer nos disciplines. Il nous faut prendre de la hauteur, mais inévitablement, à force d’en prendre, la précision technique nécessaire a tendance à s’atténuer ! ».

De la hauteur, Maxime en prend pour un bond transatlantique à destination de la Direction Régionale de l’Environnement de la Guyane. Jusqu’en 2009, il y est responsable du réseau de mesures hydrométriques, mais aussi de la mission inter-service de l’eau (MISE) puis de la mise en place de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau.

« Le poste de chef de l’hydrométrie s’est avéré déterminant pour les 10 années suivantes. Avec 4 techniciens, nous avons repris un réseau vétuste de stations de mesure antérieurement géré par l’Institut de Recherche pour le Développement (ministère des Affaires Etrangères), assuré sa remise en état et réorganisé complètement sa gestion. Un travail passionnant !! ».

De 2009 à 2014, Maxime est dans l’Aude pour diriger le pôle "Hydrométrie" au service "Prévision des Crues -  Méditerranée-Ouest" (DREAL Languedoc-Roussillon), avant de repartir en Guyane jusqu’en 2018 pour prendre la direction de la cellule "Veille Hydrologique" de la DEAL. Dans les deux postes, Maxime se confronte à la mise en place ou à la réorganisation de la structure, au management de projet, à la rénovation du réseau des stations de mesure ainsi qu’au développement des outils informa-tiques de prévision. Un « gros travail » qui lui vaut une reconnaissance par le comité de domaine "Eau, environnement, risques".  

Il faut croire qu’il existe une voie inter-stellaire directe Carcassonne – Cayenne... Inscrit au tableau d’avancement IDTPE 2018, Maxime envisage un temps de concrétiser en changeant de domaine d’activité. « La vie c’est des opportunités qu’on saisit ou pas !! ». En fait, « ma décision de changer de domaine est tombée à l’eau... ». Certes, mais dans l’eau de l’Aude bien sûr !

Malgré tout, Maxime considère que son poste actuel comporte « trop de police et pas suffisamment de technique ». Comme nombre de collègues positionnés sur le domaine de l’eau, il pourrait bien commencer à regarder du côté des collectivités territo-riales auxquelles les compétences ont été transférées et qui abritent désormais l’ingénierie publique de l’eau.  

L’équipage de la mission StarITPEtrek tient à préciser que la planète FR11 – Aude n’est pas complètement constituée de pure et banale H2O … Minervois,Corbières, Fitou, Limoux et bien d’autres la rendent terriblement hospitalière !

 

Que d’eau, que d’eau ...

André HEBRARD

 

André HEBRARD est chef de l’unité "Hydrométrie – Hydrologie" au sein du Service de Prévisions des Crues (SPC Méditerranée-Ouest) de la DREAL Occitanie.

Ingénieur des TPE de la 56e promotion de l’ENTPE (2011), il s’est spécialisé en gestion des cours d’eau et littoraux dans le cadre de la voie d’approfondissement "Environnement". « L’eau est le fil conducteur de ma carrière, mais pas que... »
André est natif de Caen donc, de la désormais grande région "Normandie". Pas étonnant dans ces conditions que son 1er poste soit celui de chargé de mission "Eau" au service des risques technologiques et naturels de la DREAL Basse-Normandie. Il y est référent pour la thématique "Eau" dans les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), et il participe à l'inspection des ICPE. « Plutôt une bonne expérience : rentrer dans une usine automatisée qui emploie 3.000 personnes, c’est impressionnant et passionnant. Malgré tout, j’ai compris assez rapidement que je n’étais pas fait pour le contrôle et la police ! ». Deux ans plus tard, il devient référent "Hydrologie et modélisation au SPC Seine aval et côtiers normands".

« Sous l’autorité d’un super chef, passionné et ITPE lui-même, je me suis découvert : absolument SPC ! Il est désormais plus im-portant pour moi de conserver ce domaine que de vouloir faire carrière».

La fusion des régions et des évènements personnels ont conduit André et sa compagne à rechercher une mobilité conjointe et à atterrir dans l’Aude. Dans son poste actuel, André encadre 12 personnes sur 3 sites (Carcassonne, Perpignan et Montpellier). « Même avec un forte dominante de management, le boulot reste très technique et concret. Les postes en SPC sont en or ! ». Son unité a été très profondément marquée par les très graves inondations d’octobre 2018 (14 morts) au cours desquelles les agents sont intervenus aux côtés de la Sécurité Civile.

« L’eau, les risques et la gestion de crise sont des voies solides et très importantes pour les Ingénieurs des TPE ».

Comme quoi, ce n’est pas toujours à une planète que l’on s’attache. André, lui, est désormais de la nébuleuse SPC !
 


NB : Le risque de contamination à la Covid-19 a contraint StarITPEtrek à interrompre prématurément son séjour sur FR11 - Aude  pour regagner une orbite haute de quarantaine… Au final, une fausse alerte heureusement, et, à l’unanimité de l’équipage, la décision est prise d’un second séjour à la rencontre des ITPE de l’Aude dans les mois à venir. A programmer donc...  

 


Première représentation  connue de Dame ​​​CARCAS

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : sergechantillac@gmail.com - 06 03 86 16 64


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