Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département des Bouches-du-Rhône (13) | AIX EN PROVENCE

04 déc. 2020

Voyage  13  : « Une puissance publique . . .  canon ! ! »

"FR 13 – Bouches-du-Rhône" est un système stellaire à 2 planètes principales :" FR 131 – Aix-en-Provence " et " FR132 – Marseille " et c’est la première fois que notre mission allait à la rencontre d’une telle configuration.

Qui plus est, la colonie des ITPE y est particulièrement nombreuse, extrêmement riche en diversité et répartie sur FR 131 et FR132 mais aussi sur quelques satellites ou astéroïdes plus ou moins éloignés de chacune, bien que dans leur attraction.

A l’instar des grands explorateurs, à leur approche, l’équipage a ressenti une intense curiosité pour ces rivages et espaces inconnus mais aussi une sourde inquiétude sur d’éventuelles prédispositions belliqueuses des peuplades locales. A sa décharge, ses seuls éléments d’appréciation antérieurs sur FR 13, étaient les retransmissions télé des matchs de l’OM et il avait quelquefois du mal avec les banderoles !     
Plus sérieusement, sans prétendre évidemment à l’exhaustivité, l’objectif de notre mission est ici de rendre compte de cette richesse de la biodiversité provençale. FR13 compte près de 500 ITPE répartis sur pas moins de 50 structures différentes ! Bien sûr, FR131 et FR132 se taillent la part du lion mais nous avons pu également identifier quelques spécimens tout à fait originaux sur des orbites quelquefois un peu lointaines...

Il nous aurait fallu de nombreuses révolutions solaires pour prétendre à un témoignage complet et nous faisons le pari que tous ceux qui ne s’y retrouvent pas voudront bien nous pardonner.
   

Aix Le Cours Mirabeau

" FR 131 – AIX EN PROVENCE "

Paul Cézanne en disait : « Quand on est né là-bas, c’est foutu, rien ne vous dit plus ! »
Le cours Mirabeau et les ruelles du centre-ville sont autant de séduisants cheminements qui appellent le promeneur à la flânerie sur les pas du grand peintre.

En cet automne ensoleillé de l’année terrestre 2020, l’équipage du StarITPEtrek s’en est donné à coeur joie même si un mistral intense et un peu froid avait tendance à faire s’envoler les casquettes de leurs uniformes...
 

Un collectif dans le moteur !

Avec Anne, serge, Renaud et Gilles

Renaud BALAGUER est directeur du Développement au Cerema Méditerranée à Aix-en-Provence.

Renaud se revendique volontiers « Européen et français aux racines diverses ». De coeur à la fois dans les Hautes-Alpes et à l’île de la Réunion, il est fils d’instituteur, d’une famille "pieds-noirs" qui a connu le déchirement du rapatriement d’Algérie. Au final, « je suis un peu de là où je veux et désormais, plutôt du grand delta du Sud-Est ! ». De la 54e promotion de l’ENTPE (1989), Renaud débute sa carrière en administration centrale par 2 postes de chef d’unité et de chargé de mission informatique avant de rallier en 1996 la région PACA et la DDE 13 comme chef de la subdivision "Etudes routières" à Marseille puis de la subdivision territoriale d’Istres. « Nous ne voulions pas élever nos enfants à Paris. C’est une opportunité de mobilité double qui nous a conduits à opter pour le Sud-Est et les Bouches-du-Rhône à défaut de la Réunion».

En 2005, Renaud devient chargé de mission "Infrastructures, transport et énergie" auprès du Secrétaire Général aux Affaires Régionales (SGAR ) en préfecture de la région PACA. « J’ai eu la chance de travailler avec deux très grands commis de l’État, le DRE et le SGAR de l’époque ». En 2009, il entre au Cerema Méditerranée comme responsable du département "Risques, eau et construction" dont l’effectif d’une quarantaine d’agents est constitué pour moitié d’ingénieurs spécialistes de la gestion des risques naturels et technologiques et de la politique technique de la construction.

Depuis mars 2019, comme directeur du Développement, son rôle est de développer les relations de la structure avec ses clients et partenaires, en particulier avec les collectivités territoriales, mais aussi avec les entreprises privées. « Il faut savoir communiquer sur les forces du Cerema : ses compétences, ses technicités multiples et sa capacité à répondre en transversalité sur des projets complexes ». Un travail qu’il qualifie de « vrai plaisir, car il est au service de toutes nos équipes et nécessite de bien en connaître toutes les spécialités ».  «  Les gens du Cerema sont souvent des experts passionnés ».

Une seule parenthèse est venue démentir l’ancrage de Renaud en région PACA pour un épisode parisien de 3 ans comme secrétaire permanent du SNITPECT-FO. « Le syndicat, ce fût un moment fort de ma vie, personnelle comme professionnelle, de belles rencontres et de beaux combats. Mon moteur, c’est le collectif ! »
Ce ressort est primordial pour Renaud, car il devient, dès 2003, membre du Conseil d’Administration de l’ENTPE et, en 2014, le président de l’Association des ITPE dont il exerce toujours la responsabilité.

« Mon objectif est de promouvoir les échanges intergénérationnels, de favoriser le réseau, les rencontres, le contact et l’ouverture. C’est de faire mieux connaitre toute la richesse des parcours des ITPE. Aujourd’hui l’ENTPE est une école qui forme presqu’autant d’ingénieurs du secteur public que du secteur privé. Point d’origine ou point de passage, l’ENTPE est pour beaucoup un symbole marquant de la vie professionnelle.

« La force du réseau c’est de s’en souvenir, d’y revenir, comme un port d’attache qui permet de repartir pour voyager plus loin, et si notre environnement relationnel à tous est semé d’embuches de communication, c’est pour cela qu’il nous faut quotidiennement agir collectif et favoriser les relations humaines! »

Notre équipage se retrouve bien souvent « à l’isolement » lors de ses pérégrinations inter-planétaires. Il va sans dire que sans un travail constant sur le collectif, les échanges internes tourneraient vite à des relations inhumaines !!


Agente "Tous Risques"...

Anne CHANAL est chef du Service "Vulnérabilité, Gestion de Crise" au Cerema Méditerranée à Aix-en-Provence.  Ingénieure reconnue en gestion des risques de catastrophes naturelles, elle encadre 8 personnes dont 2 ingénieurs de 2e niveau, 3 ITPE et 3 techniciens supérieurs. Leurs domaines d’expertise portent sur la vulnérabilité face aux catastrophes naturelles, la résilience des territoires et des acteurs, l’ingénierie de crise, la prévention et la gestion des risques naturels et technologiques.

Originaire de Marseille (« Mais ce n’est pas déterminant !»), Anne appartient à la 39e promotion de l’ENTPE (1994) avec une spécialisation "Hydraulique et environnement". Dès son premier poste de chef de la cellule "Prévention des Risques" à la DDE de l’Ardèche, elle plonge dans ce qui sera son élément favori : les risques et leur gestion.

En 1998, contre l’avis du ministère, Anne demande et obtient un poste au sein de l’unité "Contrôle des grands barrages hydroélectriques" de la direction régionale de l’industrie de la recherche et de l’environnement (DRIRE) PACA-Corse à Aix-en-Provence. « J’avais peu d’affinité pour le seul volet des contrôles mais le sujet technique de ce poste était très intéressant, mêlant géotechnique et hydraulique».

En 2002, Anne rejoint la DDE des Bouches-du-Rhône comme responsable de l’unité " Défense et Sécurité Civile". Membre du CODIR, elle encadre une équipe de 19 agents répartis en 5 unités sur les domaines : préparation et gestion de crise, commissions de sécurité des établissements recevant du public (ERP), accessibilité des personnes à mobilité réduite, sécurité et financement des transports collectifs guidés, contrôle de la distribution d’énergie électrique. « Un poste transversal relié à tous les services, mais dommage que, dans les services déconcentrés, la gestion de crise ne soit pas considérée comme un métier et relève des activités supports ».
Depuis 2007, Anne est très satisfaite de son poste actuel qui lui permet de développer une expertise reconnue au plan national avec, depuis 2 ou 3 ans, une demande de plus en plus forte de la part des collectivités territoriales notamment pour la mise en oeuvre des programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI) et le recours au Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (dit fonds "Barnier"). « C’est désormais une part importante de notre plan de charge que nous menons en liaison étroite et fructueuse avec les services déconcentrés ».

Mais cette reconnaissance ne s’arrête pas à nos frontières et Anne développe également des activités internationales notamment avec le Québec dans le cadre de la caractérisation du risque inondations et avec le Portugal et l’Espagne sur les risques littoraux et la mise au point de scénarios de crise à Majorque et au Pays Basque. « J’ai longtemps dit que j’étais une généraliste mais je me considère désormais comme une spécialiste ».

Notre équipage souhaite ardemment l’ouverture, au plus vite, d’une spécialité sur les risques spatiaux et temporels !


Jusque sur les orbites élevées de l’État...

Gilles PIPIEN, jeune retraité, a terminé sa carrière comme inspecteur général de l’environnement et du développement durable à la Mission d’Inspection Méditerranée du Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer.

Originaire de Paris mais Ardéchois de coeur, Gilles est de la 23e promotion de l’ENTPE [NDLR : sans conteste la meilleure !]. « Mon rêve était d’être préfet ! ».
Sans atteindre le graal préfectoral, Gilles a construit une carrière au profil ascendant comme la Montagne Sainte Victoire et à la géographie proprement hexagonale.
Après un premier poste au sein de la Mission des Villes du Massif Central (DATAR) à Clermont-Ferrand, il sillonne la galaxie en passant par Montpellier comme chef d’unité urbanisme à la DDE 34 (1980), puis Lille comme chargé de mission "urbanisme, transport" à la mission interministérielle pour les nouvelles technologies des services du Premier ministre (1983), Lyon comme chef de l’Arrondissement Urbain Direction en DDE 69 (1987), et Nantes comme directeur adjoint de la DDE 44.
En 1998, Gilles devient directeur de la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN)PACA.

« Au fil de mes postes, j’ai découvert les problèmes environnementaux et sociaux et leurs dégâts, par exemple, les nuisances de nos autoroutes à Lyon ». Cette sensibilité le mène en 2002 au poste de directeur de cabinet de la ministre de l’environnement et du développement durable, Roselyne Bachelot. 

Au cours de deux années de hautes responsabilités, les dossiers importants foisonnent : Sommet de la Terre à Johannesburg (2002), Charte de l’Environnement, Stratégie Nationale de Développement Durable, lois sur les risques naturels et technologiques, la chasse, l’antarctique, etc... « L’environnement, ce n’est pas que les petites fleurs !» 

Mais la boulimie d’activité dont fait preuve Gilles ne s’arrête pas là. Deux ans de coopération au Sénégal en sortie de l’ENTPE ont intégré une fibre internationale à ses orientations de carrière. 

C’est pourquoi, à partir de 2005, après retour à des altitudes ministérielles moins élevées, donc forcément mieux oxygénées, Gilles participe à la création de l’agence la Banque Mondiale à Marseille et en devient conseiller pour le développement durable assurant en particulier le rôle de pilote du programme gouvernance et développement urbains de soutien aux maires et autorités locales des pays du Moyen Orient et d’Afrique de l’Ouest. « J’y ai connu huit années de bonheur intégral ! Mes interlocuteurs étaient les ministres et les hauts fonctionnaires des pays concernés. J’ai eu l’occasion de mobiliser toutes les compétences du ministère ainsi que les ressources du réseau des ITPE ».

Pour Gilles, la retraite ne saurait constituer une césure conduisant à se priver « du bonheur de rencontrer des gens ». Engagé dès les années 90 au côté d’Hubert REEVES au sein de l’association "Humanité et Biodiversité", il compte bien encore se frotter aux enjeux essentiels : Santé et environnement, prévention des risques majeurs et gestion quantitative de l’eau. « Mon épouse est d’accord sur les enjeux mais elle est inquiète sur le "trop en faire"… on en parle jeudi !! »

Bien que sans nouvelle des suites de ce fameux jeudi, l’équipage n’est pas franchement inquiet et salue l’enthousiasme magnifique et communicatif de Gilles. Nous avons retenu notamment qu’ « un projet de carrière, c’est un projet de vie ! »


Le ciment d’une carrière...

Yves CHEDORGE

Yves CHEDORGE est coordonnateur du département "ingénierie bâtiment" (Site Méditerranée) au Service National d’Ingénierie Aéroportuaire (SNIA) à Aix-en-Provence. Avec un service de 12 personnes dont 3 ingénieurs et 3 ingénieurs/architectes, il assure la maîtrise d’oeuvre complète de bâtiments aéroportuaires et techniques pour le compte de l’aviation civile et militaire.

Yves est né à Marseille. « Mon père travaillait dans l’ancienne usine des cimenteries Lafarge ; celle qui a servi de décor au film "Marius et Jeannette" de Robert GUEDIGUIAN. Lorsqu’ils s’embrassent, c’est dans l’ancien bureau de mon père ! » Yves aurait pu ne jamais appartenir à la 29e promotion de l’ENTPE (1984). « Je suis devenu ITPE par hasard ! Lors des concours, je ne savais même pas ce que voulait dire ENTPE ! C’était un peu l’aventure. Je l’ai choisi pour l’indépendance que procurait la rémunération. » Il opte pour une spécialité "Hydraulique" et admet avec conviction « J’ai toujours été très mauvais en Routes ! »

Le lien avec la Provence se reforme à l’occasion d’un service militaire passé comme adjoint au subdivisionnaire de la base aérienne d’Istres.  Yves enchaîne comme adjoint au chef du bureau "Infrastructures" au Service des Transports par Voies Navigables au ministère à Paris (au cours duquel il perfectionne ses compétences en bâtiment à l’Ecole d’Architecture Paris La Seine et participe à la création de VNF), puis chef de subdivision "Grands Travaux Civils" au Service Spécial des Bases Aériennes Sud-Est à Aix-en-Provence.

Dés lors, Yves ne quitte plus le bâtiment et la Provence. Il devient successivement responsable de l’antenne régionale de l’Equipement du ministère de la Justice (Marseille – 1994), chef du service "Bâtiment, Construction, SIG" du CETE Méditerranée (Aix – 1999), puis, promu IDTPE, délégué régional de l’Agence Nationale de l’Habitat (2004 ) et chef de l’unité "Bâtiment et Construction Durables en DREAL PACA (2009) avant son poste actuel en 2012.

« Le volet bâtiment a pris le dessus dès mon premier job à Paris ». Une passion qui s’exprime toujours à l’ENTPE où, de longue date, Yves donne des cours en deuxième année sur le montage des opérations de constructions publiques (MOCP).

Dans l’immédiat Yves se satisfait pleinement de l’exercice complet de maîtrise d’oeuvre réalisé par le SNIA, mais pour l’avenir, il considère que « l’aviation civile est à l’orée de grands bouleversements. Dans tous les autres pays, les équivalents des SNIA sont des agences ». Mais « il restera important de garder une maîtrise d'ouvrage et une conduite d'opération fortes et efficaces car nécessaires au maintien de la haute technicité de l'aviation civile ».

Sentiment partagé par le responsable de la mission StarITPEtrek qui se souvient avoir dirigé une unité "constructions publiques" sur la planète FR 87 – Haute Vienne, mais convient volontiers que ses références datent… du dernier millénaire !!

 

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : sergechantillac@gmail.com - 06 03 86 16 64

 


Le plan de vol prévisionnel du StarITPEtrek pour le premier semestre 2021
        - Semaine 14 : Carcassonne et l’Aude (2e passage suite COVID)
        - Semaines 15 et 16 : Aurillac et le Cantal
        - Semaines 18 et 19 : Caen et le Calvados
        - Semaines 21 et 22 : Angoulême et la Charente
        - Semaines 23 et 24 : La Rochelle et la Charente-Maritime
 


Autres communications