INTERVIEW | Cécile Delolme nouvelle directrice de l’ENTPE

21 déc. 2020

Cécile DELOLME a été nommée directrice de l’ENTPE, à compter du 2 décembre 2020, par arrêté de la ministre de la transition écologique en date du 23 octobre 2020 pour un mandat de 5 ans (renouvelable). Elle succède ainsi à Jean-Baptiste LESORT qui a dirigé l'École pendant 2 mandats (2010-2020).

 

Diplômée ingénieure de l’ENTPE promotion 34, titulaire d'une thèse délivrée en 1994 par l'INSA de lyon en "Gestion et traitement des déchets" et réalisée à l'ENTPE et d’une Habilitation à diriger des recherches en sciences de la terre délivrée à l’Université J. Fourier de Grenoble en 2003, Cécile Delolme a été chercheure et enseignante au sein de l’équipe "Impact des polluants sur l’environnement" du Laboratoire d’écologie des hydrosystèmes naturels et anthropisés (UMR 5023 Lyon1/CNRS/ENTPE) à l’ENTPE. Parallèlement, elle a dirigé, entre 2004 et 2014, le Groupement d’intérêt scientifique Envirhônalp regroupant 1000 chercheurs et enseignants-chercheurs de la région sur les domaines de l’environnement comme les écotechnologies, les risques naturels, la santé environnementale, la biodiversité et le climat.

 

Elle a rejoint, en 2015, la COMUE Université Paris-Est, en qualité de vice-présidente en charge de l’initiative d’excellence FUTURE sur "Les villes de demain", puis a poursuivi cette activité au sein de l’Université Gustave Eiffel dès sa création en janvier 2020.

 


 

Service Communication ENTPE : Vous venez d'être nommée directrice de l'ENTPE, et vous êtes déjà une figure bien connue de cette école, pourquoi avoir fait le choix d'un retour ?

Cécile Delolme : Après avoir porté pendant de nombreuses années des dynamiques collectives destinées à faire travailler ensemble des établissements d’enseignement supérieur et de recherche j’ai acquis une compréhension de plus en plus fine des enjeux actuels auxquels doivent faire face les écoles d’ingénieurs.

 Après les 5 années passées à porter l’initiative d’excellence FUTURE, j’avais envie de consacrer du temps et de l’énergie à porter les intérêts d’un seul établissement et de revenir sur Lyon.

L’école a des forces et des ressources qui doivent lui permettre de continuer à se développer et qui donne tout l’intérêt d’en prendre la direction.

 

ENTPE : L’ENTPE est au croisement de pas mal de chemins, quelles évolutions souhaitez-vous réaliser ? Quelles orientations souhaitez-vous prendre ?

CD : L’école est un établissement de petite taille dans un contexte de restructuration du paysage de l’enseignement supérieur et la recherche, sous tutelle du Ministère de la transition écologique. Elle doit faire des choix stratégiques forts à court terme et affirmer une position dans ce paysage. Elle a de réels atouts pour déployer une stratégie de développement et améliorer sa visibilité auprès des futurs élèves ou des partenaires. Elle doit, à court terme, faire le choix d’un partenariat académique principal et structurant qui facilite le déploiement d’activités, comme les partenariats entreprises ou les relations internationales. Ce choix doit être construit collectivement, après avoir précisé ce que nous pouvons apporter à ce partenariat académique et ce que nous pouvons en retirer. 

Pour ce qui est de la formation, il faut affirmer une stratégie ambitieuse : 
•    poursuivre l’accompagnement et la reconnaissance professionnelle des enseignants,
•    rendre l’élève acteur de sa formation et impliqué dans la vie de l’établissement.

La formation doit gagner en lisibilité autour des enjeux de transition énergétique et écologique en mettant en avant les domaines d’excellence qui sont ceux des laboratoires de l’école.
L’activité de recherche doit être confortée, par des recrutements de très bon niveau, le soutien à l’innovation, le maintien des équipements scientifiques qui pour certains sont remarquables et l’attrait des ingénieurs vers le doctorat.
Le partenariat entreprise est essentiel pour les écoles d’ingénieurs et doit être une priorité pour nous. Je souhaite évoluer vers une gestion des partenariats par « compte », afin d’envisager des modalités partenariales diverses pour le recrutement d’élève et de docteurs, l’accès à des équipements et le montage de projet de recherche et développement ou le financement de thèse. Les liens avec les entreprises doivent aussi s’appuyer sur le réseau de l’AITPE qui est un partenaire important pour cette activité.
Enfin, je souhaite mettre en place une filière de formation d’ingénieur par apprentissage, qui par construction renforce les liens avec les entreprises et permet parallèlement de diversifier les voix de recrutements des étudiants. 

 

ENTPE : Le nouveau contrat d’objectifs et de performance commence en 2021, quels sont les 1ers objectifs que vous vous êtes donnés ? Les 1ers défis que vous souhaitez relever ?

CD : Le contrat d’objectif doit traduire de façon structurée et opérationnelle les principales ambitions de l’école pour les 5 prochaines années sur l’ensemble de ses activités. L’école doit gagner en attractivité et doit pour cela être visible.

A court terme, je souhaite que nous précisions notre positionnement en formation et recherche face aux enjeux de la transition énergétique et écologique. Notre taille nécessite de nous définir de façon plus précise et plus spécifique. Ce travail doit être mené collectivement en interne en interaction avec les partenaires publics et privés de l’école.

Au-delà des activités de formation et de recherche, il est important de réaffirmer le rôle du campus comme un lieu d’innovation technologique et sociale, de démonstration des savoir-faire des laboratoires et des étudiants, ouvert sur le territoire. L’enjeu est aussi de réussir notre intégration dans le concours Mines Télécom et d’attirer les étudiants.

Enfin parmi les dossiers importants, une démarche qualité, demandée explicitement par la CTI et l’HCERES sera mise en place dès l’année 2021.

 

ENTPE : Comment pensez-vous accompagner les étudiants dans ce contexte très particulier de crise sanitaire ? Avez-vous un message particulier à leur transmettre ?

CD : L’ensemble de la société est fortement impacté par le contexte sanitaire. La sphère de l’enseignement supérieur est particulièrement touchée à l’échelle mondiale.

Les étudiants comme les personnels et enseignants de l’école vivent des mois très particuliers, avec des surcharges de travail, des découragements, des décrochages possibles et une baisse de moral.

Tous les personnels de l’école sont très attentifs à la continuité de l’activité de formation à distance. Cela nécessite une adaptation permanente des pratiques des enseignants et des personnes en charge de la scolarité et un contact renforcé et rapproché avec les étudiants pour les tenir informés.

Nous souhaitons vivement que les étudiants retrouvent le plus vite possible la vie collective en présentiel, en proposant une reprise progressive des enseignements à l’école si le contexte sanitaire le permet début 2021.

Le maintien du collectif, de la motivation dans la formation est pour moi un point majeur de préoccupation et nous auront besoin d’eux pour participer aux réflexions sur les principales orientations stratégiques à fixer pour l’école.

 

ENTPE : Pour toi, quelle est la place à donner au réseau des ENTPE Alumni ?

CD : Le réseau des Alumni a un rôle très important à jouer pour nous accompagner dans le développement des partenariats qu’ils exercent leur activité dans le public ou le privé. Il faut continuer à développer les activités de parrainage pour accompagner les plus jeunes dans la précision de leur projet professionnel. Le soutien des jeunes femmes ingénieures est notamment à traiter spécifiquement et avec attention. Les jeunes femmes ont besoin de modèles professionnels pour pouvoir se projeter.


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