LE PORTRAIT DU JEUDI | Bruno LOUSTALET Doctorant ENTPE - Être Maire dans le temps de la COVID-19

LE PORTRAIT DU JEUDI 

La gestion de la crise sanitaire et ses effets sur les métiers des TPE, les diverses postures d'intervention qu'elle implique

 

Découvrez aujourd'hui le témoignage de Bruno Loustaletdoctorant ENTPE, Maire (SE), de la commune de Thil dans l’Ain de 2008 à mai 2020 et Vice-Président délégué à la Mobilité de la Communauté de Communes de Miribel et du Plateau, son intercommunalité entre avril 2008 et Juillet 2020.

"Être Maire dans le temps de la COVID-19"

« Le cours des choses ne change jamais que par l’action de ceux et celles qui travaillent le temps : ceux et celles qui font vivre quotidiennement nos sociétés en donnant les réponses qu’il faut donner à tout moment ».
La simplicité et la justesse des mots de Jacques Rancière concentrent en elles, le vécu d’un maire du 16 mars au 23 mai 2020, période inclusive du « Grand confinement » dû à la déferlante de la pandémie de la COVID-19. Ne sollicitant pas de troisième mandat, je n’avais envisagé, jusqu’alors, que de m’assurer de la bonne fin du scrutin du 15 mars et de l’organisation de l’installation la semaine suivante de la future équipe municipale. Par la suite, mon avenir serait tout entier consacré à l’écriture de ma thèse. Le scénario ne fut pas celui initialement envisagé.

Des signaux faibles à la sidération collective (mi-janvier-16 mars 2020)
Les premiers signaux faibles étaient pourtant connus dès la mi-janvier 2020. Gouvernement, technostructure sanitaire de l’État, corps médical n’ont pas évalué l’ampleur exacte de ce qui se révèlera être une pandémie -ils le reconnaitront plus tard-. Il faut attendre le tout début du mois de mars pour que les premières informations commencent à être diffusées dans les échelles de l’organisation territoriale.

En « week-end prolongé » à Budapest, je reçu de l’avocat de la commune un courriel. Sa teneur m’informe des conséquences pénales pesant sur les maires si les dispositions ad hoc ne sont pas prises au titre de leur pouvoir de police sanitaire. J’alerte mes collègues mais sans véritable effet, le déni collectif est toujours de mise.

Le 12 mars, dans le temps de ce que je pense être mon dernier conseil communautaire, j’apprends avec stupéfaction, dans « le même temps », et le maintien du scrutin municipal du 15 mars et la fermeture administrative des restaurants, bars et cafés dès le 14 mars à minuit !

Avec le personnel communal, nous nous sommes appliqués à désinfecter et organiser le bureau de vote de façon à garantir les nécessaires distances physiques pendant les opérations de vote et lors du dépouillement qui suivrait. Le 16 mars le Président de la République décrète le confinement général « au moins pour 15 jours ». La suite est connue. La sidération collective fut à l’image du décompte macabre des victimes.

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Retrouvez l'ensemble de son témoignage dans le fichier joint en annexe.

Si vous êtes intéressés par les retours des TPE sur leur façon de gérer la crise sanitaire : une quinzaine d'interviews de TPE à découvrir au sein de la revue 68 "Aménagement & Territoires" dans le mediacenter AITPE (réservé aux adhérents).

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