Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Charente Maritime (17)

Voyage 17 : « Sous le vent de l’Hermione !! »

A la fin du XVIIe siècle de notre ère, un des grands prédécesseurs d’Emmanuel Macron …, le Roi Soleil, Louis XIV décide de construire rapidement une flotte destinée à rétablir sa puissance maritime et à favoriser le commerce avec les colonies de son royaume. Le monarque choisit le site de Rochefort pour sa localisation stratégique dans l’estuaire de la Charente, protégé par les îles de Ré, d’Aix et d’Oléron, et relié à l’arrière-pays par le fleuve.

Surnommé « Le Versailles des Mers », l’Arsenal de Rochefort voit la construction de près de 550 navires de guerre dont la frégate l’Hermione, dite « Frégate de la Liberté » pour avoir transporté en 1781 le marquis de La Fayette vers les jeunes Etats Unis d’Amérique. Construite en 1778, elle est l’oeuvre d’un certain Henri  Chevillard. Un architecte naval me direz-vous … que nenni… un ingénieur, certes ingénieur-constructeur naval mais ingénieur donc !

Henri Chevillard aurait pu légitimement se revendiquer d’être un ingénieur des travaux publics de l’Etat c’est moi !! Même si le « Cercle des conducteurs des ponts et chaussées et des garde-mines », association ancêtre de notre Syndicat des TPE ne verra le jour qu’en 1855, la mission StarITPEtrek propose que lui soit décerner le titre d’ITPE d’honneur à titre posthume !

Une fois n’est pas coutume, en hommage à ce brillant ancêtre, notre frégate ISS ENTerPrisE a jeté l’ancre sur la planète FR17 - Charente-Maritime à Rochefort au plus proche de l’Arsenal, et non à La Rochelle, la préfecture qui abrite la principale colonie d’ITPE.

l’Hermione

« Formé à L’Ovalie… TPE !! »

Serge CEAUX

Serge CEAUX est Directeur des Eaux à la Communauté d’Agglomération de La Rochelle.

Serge est natif de Brive-la-Gaillarde (19). Il est donc de la race des Coujoux , et il engage, comme il se doit, une 1 carrière de rugbyman au CA Brive-Corrèze, participant notamment au championnat de France espoirs, le challenge REICHEL. Mais chacun sait que le rugby est un sport qui se joue avec la tête… et Serge, qui mène de front une classe préparatoire de Biologie à Bordeaux, réalise qu’il manque de temps pour tout concilier.

En 1984, Serge décide d’opter pour une autre voie. Il passe le concours de Technicien Supérieur de l’Equipement et intègre l’ENTE de Montpellier. Sous les drapeaux à la base aérienne de Villacoublay en 1986, il y est recruté pour assurer la maîtrise d’oeuvre des travaux de VRD et de bâtiment. « Ce n’était vraiment pas par affinité… Je me suis immédiatement lancé dans la préparation du concours interne d’ITPE (après un DEUG de maths en cours du soir). Tous mes copains de prépa étaient en école d’ingénieur ; je me devais donc d’y aller ! »

Ce challenge-là est remporté haut la main ! Serge rejoint la 38ème promotion de l’ENTPE (1993) et choisit une voie d’approfondissement Hydraulique et Environnement. Mais pas de chance pour l’équipe de rugby de l’ENTPE, une grosse blessure au genou le prive de terrain pendant près de 2 ans !

Pour son premier poste, Serge devient chef de la subdivision Etudes et travaux Neufs de la DDE de la  Vendée (85). En 1997, il s’installe en Poitou-Charentes, région qu’il ne quittera plus. Il prend la tête de la cellule Eaux et Déchets de la DDE de Charente-Maritime (17). En 2000, il bascule vers la fonction publique territoriale en intégrant pour sept ans la Communauté de Communes du Pays Santon (Saintes - 17) comme directeur adjoint des services techniques. « A Saintes, c’était presque trop bien !! On assurait les services que la subdivision de l’Equipement n’était plus en mesure de rendre pour répondre aux besoins des communes. »

En 2006, Serge se donne un nouveau challenge en prenant la direction du Centre d’Etudes d’Agglomération (CEA) de la Communauté d’Agglomération de NIORT (79). « Le CEA avait en charge toutes les études et démarches stratégiques pour l’agglomération et devait m’ouvrir la porte de la direction des services techniques mais il est difficile dans la Fonction Publique Territoriale de ne pas être aspiré par la politique… » . Désireux de conserver son libre arbitre technique, Serge s’oriente vers le poste de directeur de la Régie des Déchets Ménagers, le plus gros service de l’agglomération Niortaise avec ses 188 agents.

« Un domaine très intéressant sur le plan de la stratégie. Les élus ont souvent tendance à croire en des solutions à caractère immuable alors qu’il est préférable de travailler sur des solutions réversibles; dans le domaine des déchets, mieux vaut travailler sur la prévention que sur un gros projet d’incinérateur. »

Depuis 2016, directeur des Eaux au sein de l’agglomération Rochelaise, Serge poursuit la construction d’un service qui comptait 6 agents à l’origine et 69 aujourd’hui. « Et nous avons 20 recrutements à venir. A terme l’agglomération portera tout le petit et le grand cycle de l’eau et toute l’eau potable de l’agglomération sera traitée en régie. »

« Les qualités majeures des ITPE, identifiées par les employeurs, ce sont leur capacité d’intégration face à des enjeux multiples et complexes, et leur adaptabilité. En territoriale, la compétence acquise par l’expérience et l’ancienneté sont aussi généralement reconnues. »

Notre équipage sait que le maintien en TOP 14 (tour des 14 plus hautes orbites planétaires, évidemment) ne souffre aucune compromission. « Lorsque vous jouez face aux Coujoux, vous passez toujours un test !! » reconnaissait récemment un entraîneur. Test réussi Serge !!

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1 D'après Pierre Pérol, historien, coujoux serait un surnom donné à la suite d'un siège mis en place par les anglais pendant la guerre de cent ans, lors duquel, à bout de munitions et d’armes, les habitants de Brive jetèrent des flots de courges sur les assaillants. 
Une technique efficace que le XV de France pourrait avantageusement utiliser à Twickenham !!!


« Passion milieu marin… sous l’eau, sur l’eau et même à coté ! »

Sebastien MESLIN est chargé de mission Usages de Loisirs au Parc naturel marin de l'Estuaire de la Gironde et de la Mer des Pertuis, au sein de l’Office Français de la Biodiversité (OFB).

Sebastien MESLIN

Les origines parisiennes de Sébastien ne l’ont pas empêché de développer une passion pour le milieu marin et, qui plus est, d’y consacrer sa carrière professionnelle. Titulaire d’une maîtrise de biologie des organismes et des populations, mention écologie marine, puis d’un DESS en gestion des ressources naturelles renouvelables, il est donc ingénieur écologue de formation.

Après un contrat Emploi Jeune dans les services de la Ville d’Athis-Mons (91) comme chargé de mission Développement Durable, Sébastien s’oriente vers la Fonction Publique Territoriale, réussit le concours d’ingénieur territorial et aborde les côtes de la mer du Nord en 2001 au Conseil départemental de la Somme (80) comme chargé de mission Environnement. « Le département est une bonne échelle pour travailler sur la diversité écologique avec des missions très opérationnelles mais aussi des moyens. »

Mais ce n’est pas au bord de la mer que Sébastien trouve un terrain de jeu naturel selon ses aspirations. En 2004 et pour près de 12 ans, il prend la direction du pôle Milieux Naturels dans les services du Conseil Départemental du Doubs (25). Avec une équipe de 4 personnes, il développe et met en oeuvre les politiques locales en faveur des Espaces Naturels Sensibles, des zones humides et de la randonnée. « C’est un bon et beau territoire. Je n’ai jamais eu l’intention de bouger pour bouger d’autant qu’à cette période, mon ancrage familial était prioritaire ! »

Oui mais voilà, les vents dOuest finissent par porter jusque dans le Doubs, les effluves d’iode et d’algues marines. Devenu ingénieur principal territorial, Sébastien cède aux chants des sirènes de l’Atlantique et intègre en 2017 l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) et plus particulièrement, le Parc Naturel Marin (PNM) de l’Estuaire de la Gironde et de la Mer des Pertuis (EGMP) créé en avril 2015.

Un PNM est un outil de protection du milieu marin sensiblement équivalent à un Parc Naturel Régional sur la terre ferme. La structure vise la gestion intégrée, dans un objectif de protection, d’une zone maritime d’intérêt particulier pour la biodiversité et les activités humaines. Un PNM doit contribuer notamment à la restauration du bon état écologique des eaux marines, des milieux et des espèces, à une exploitation durable des ressources naturelles et à créer une valeur ajoutée (socio-économique, scientifique, pédagogique, etc.). « Notre PNM couvre près de 1.100 kms de côtes de la Vendée à la Gironde et s’étend en mer sur 65.000 km2 jusqu’à une profondeur de 20 à 30m. C’est l’emprise la plus importante des PNM métropolitains. »

Chaque PNM se dote de l’équivalent d’un projet de territoire qui se décline en un plan de gestion sur 15 ans dont l’objectif est de promouvoir le développement durable des activités marines. « Mon domaine couvre l’ensemble des usages de loisir, et ils sont nombreux et variés (pêche, nautisme, plongée, etc.) ! Mes  interlocuteurs sont tous les représentants de ces ces secteurs d’activités qui doivent pouvoir exister et se développer dans le respect des objectifs du Parc. C’est donc beaucoup d’information et de sensibilisation, mais nous disposons également d’une équipe d’ingénierie ainsi que d’inspecteurs de l’environnement. »

« Notre Parc est de création relativement récente. Nous écrivons actuellement les toutes premières étapes de l’histoire de cette nouvelle aventure ! »

La mission StarITPEtrek prend le pari que ces parcs naturels terrestres et maritimes inspireront, dans le futur, la création de parcs naturels spatiaux et pourquoi pas spatio-temporels ! L’aventure continue !
(NDLR : Le commandant de bord atteste que cette réflexion n’est pas le résultat d’une absorption inconsidérée par l’équipage de substances alcoolisées et/ou hallucinogènes.)

 

« TILT ! … pour le Conservatoire ! »

Patrice BELZ est délégué de rivages Centre-Atlantique au sein du Conservatoire du Littoral.

Patrice BELZ

Si je vous dis que Patrice est Cigalois de naissance, il vous sera sans aucun doute aisé d’en conclure qu’il est natif de Saint-Hippolyte-du Fort, dans le Gard (30) … « Je n’ai pas vraiment de racines profondes, car mes parents étaient militaires et nous avons connu des affectations nombreuses et variées. L’essentiel de ma scolarité jusqu’au bac C s’est déroulé en internat militaire.»

Patrice enchaîne par un DEUG A et une licence de mathématiques à l’Université de Montpellier. « Ma fibre scientifique, mon aspiration à l’autonomie financière et mon profond intérêt pour le secteur public m’ont naturellement conduit à l’Ecole Nationale des Techniciens de l’Equipement (ENTE). »

En 1995, pour son premier (et seul) poste d’assistant technique, Patrice rejoint le service Métrologie et Electronique du Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (LCPC) à Paris. « Intéressant car il y avait là plein de jeunes et brillants chercheurs de toutes les nationalités, mais la recherche n’était pas exactement ma tasse de thé ! »

Sans attendre, Patrice prépare le concours interne d’ITPE et intègre la 47e promotion de l’ENTPE (2002) avec une voie d’approfondissement Ingénierie Maritime et Fluviale. Au sortir de l’école, il devient chef de la cellule Canal de Bourgogne au Service Infrastructures de la DDE de la Côte-d’Or (21). «  Enfin, je m’épanouissais sur un poste très technique avec la gestion du canal pour le compte de VNF, la coordination de 2 subdivisions de navigation fluviale, un effectif de190 agents, 6 barrages et un très important patrimoine bâti et naturel ! J’étais beaucoup plus à l’aise qu’au LCPC, mais déjà très attiré par le domaine maritime.»

Patrice met donc le cap au sud en 2005 et prend la direction (dans les deux sens !) de la subdivision maritime de Nice au sein de la DDE des Alpes-Maritimes (06). Outre la gestion du transfert des ports aux collectivités, de l’entretien des phares et balises, il traite des autorisations d’occupation du Domaine  Public Maritime (DPM) et dans ce domaine, la houle méditerranéenne a souvent beaucoup plus d’amplitude que celle des canaux !. « J’ai beaucoup appris surtout en stratégie politique concrète… et comme la tendance était à la reconquête du domaine public, c’était quelquefois très tendu avec des interlocuteurs parfois haut-perchés ! »

Lorsque ce contexte se double de fusions-restructurations et d’abandon de certaines missions, Patrice ressent « un peu de lassitude » et commence à regarder ailleurs. « C’est précisément lors d’une réunion sur la préparation du transfert du DPM que les informations sur la politique du Conservatoire du Littoral ont fait tilt ! »

Patrice intègre le Conservatoire en 2009 pour ne plus le quitter. Il devient délégué de rivages adjoint Corse à Bastia (20), puis, en 2016, il intègre son poste actuel à Rochefort-sur-mer (17). Sur les 1 900 kilomètres de côtes, de la Loire-Atlantique à l’estuaire de la Gironde, sa délégation gère, entretient et exploite, avec comme objectif premier leur protection, 15.500 hectares d’espaces naturels sur 74 sites. Et le Conservatoire y prévoit l’acquisition de 28.000 hectares supplémentaires à l’horizon 2050 !

« Le Conservatoire est un outil essentiel de préservation de l’environnement et du littoral, et plus généralement du bien public car les propriétés qu’il acquiert sont versées au Domaine Public de l’Etat et deviennent de fait inaliénables. »

La mission StarITPEtrek, qui a particulièrement apprécié l’accueil dans les locaux de la délégation avec vue directe sur l’HERMIONE, réclame la création d’un Conservatoire des Rivages Interstellaires; c’est un CRI !
Quelques protections pour les ITPE, pour leur éviter de devenir fou à cause des réformes de tout poil, seraient également les bienvenues. Pour les rendre eux-aussi inaliénables !

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Créé en 1975 le Conservatoire du littoral est un petit établissement public de 180 agents sous tutelle
du Ministère de la transition écologique er solidaire. Cette structure a pour mission d’acquérir des
parcelles du littoral menacées par l’urbanisation ou dégradées pour en faire des sites restaurés,
aménagés le cas échéant, accueillants dans le respect des équilibres naturels. Le Conservatoire est
propriétaire des sites qu’il acquiert mais il les confie ensuite en gestion aux régions, départements,
communes et communautés de communes, syndicats mixtes ou associations. La clé de voûte de sa politique,
c’est le partenariat. Depuis sa création, il protège ainsi plus de 200 000 ha au plan national.
Parmi les objectifs la prise en compte du changement climatique par une gestion raisonnée est de plus en
plus développée dans la stratégie de l’Etablissement. Dans ce cadre, le Conservatoire s’est engagé dans un
programme Life européen appelé Adapto. Ce programme explore sur les territoires littoraux naturels des
solutions face à l’érosion et à la submersion marine dans le contexte d’accentuation du changement
climatique qui se manifeste par l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de la fréquence des
événements climatiques extrêmes.
Sur 10 sites pilotes appartenant au Conservatoire du littoral, dont le marais de Brouage en Charente-
Maritime, Adapto teste une gestion souple du trait de côte. Il contribue à démontrer l’intérêt écologique et
économique d’améliorer la résilience des espaces littoraux pour protéger les activités humaines en redonnant
de la mobilité au trait de côte. https://www.lifeadapto.eu/ …………………………………….. par Patrice BELZ

 


«Investir pour une société sobre, respectueuse de nos ressources et de nos océans! »

Lydia MARTIN-ROUMEGAS est chargée de coordination et d’animation des études pour la transition écologique à la DDTM de la Charente-Maritime.

Lydia MARTIN-ROUMEGAS

Originaire du Poitou-Charentes, Lydia dispose d’un cursus universitaire de haut niveau. Elle enchaîne depuis 1992, dans des universités françaises et anglaises, un DEUG sciences de la vie et une Licence de chimie (La Rochelle et Poitiers), puis une Maîtrise de chimie (1997 - East Anglia), un Mastère de sciences sur l’évaluation environnementale, l’audit et le management environnemental (1998 - East Anglia) et enfin une thèse appliquée sur la compétitivité durable et la gestion environnementale des fonderies d’aluminium (2001 - Loughborough).

En même temps (sans doute à ses moments perdus!), Lydia poursuit une carrière de consultante et ingénieur environnement au sein de sociétés comme SHELL, CETE APAVE, ANTEA et Hadleigh Casting Ltd à Ipswich où elle conçoit et met en place un système de management environnemental, basé sur ISO 14000, et gère une équipe de 8 auditeurs. « Malgré tout, j’ai réalisé progressivement que je ne souhaitais pas poursuivre dans l’industrie mais donner à ma carrière professionnelle une orientation de protection de l’environnement au service de l’intérêt général. Je voulais donc travailler en France pour le ministère de l’Environnement. »

Recrutée sur titres en sciences environnementales en 2002, Lydia fait partie de la 47e promotion des Ingénieurs des TPE. Et des titres, on vient de le voir, elle n’en manque pas ! Elle entame une deuxième carrière de fonctionnaire à Brest (29) comme chargée de projet à la division Environnement marin et littoral du Centre d’Etudes Techniques Maritimes Et Fluviales.

« Le CETMEF a été l’occasion de conforter mon expertise sur le milieu marin et de renforcer mes aspirations à travailler sur ce domaine en particulier. »

Sans s’éloigner vraiment du littoral et du milieu marin, Lydia rejoint en 2006 la DREAL Aquitaine à Bordeaux comme chargée de mission Connaissance et évaluation où elle prépare les avis de l’Autorité Environnementale. En 2010, elle y plonge réellement en devenant conseillère scientifique sur le milieu marin à la Direction Interrégionale de la Mer (DIRM) Sud-Atlantique.

« Une étape dense et importante. Avec la DIRM Nord-Atlantique Manche-Ouest et des scientifiques, nous avons mis au point un plan d’action Milieux Marins couvrant jusqu’aux 200 miles nautiques. Ses objectifs environnementaux s’imposent à tous les plans opérationnels (Parcs Naturels Marins, Parcs éoliens et tous autres projets). L’équivalent d’une directive cadre européenne. »

Dans ces conditions, on comprend parfaitement pourquoi, en 2014, Lydia est sélectionnée parmi 200 candidats de haut niveau pour devenir experte nationale détachée sur la protection du milieu marin et les données marines auprès de la Commission Européenne à Bruxelles. Elle participe à l’évaluation et à la mise en oeuvre de la directive cadre sur le milieu marin (DCSMM de 2018) et anime 3 groupes de travail sur le bruit sous-marin, sur les analyses économiques et sociales et sur les données marines.

« Les lobbyistes s’y étaient un peu trop infiltrés et j’ai du faire un peu de ménage… Je ne me suis jamais vraiment occupé de ma carrière. »

En 2017, Lydia réintègre la DDTM 17 comme chargée de mission Qualité des eaux marines, puis à son poste actuel. « Je souhaite désormais évoluer vers des activités plus opérationnelles sur la transition écologique et la protection du milieu marin et sur les énergies marines renouvelables. »

La mission StarITPEtrek regrette vivement de ne pas compter dans ses rangs quelque vaisseau marin ou sous-marin, affecté à l’étude des mers et océans des planètes visitées. Elle aurait sans aucun doute recruté Lydia pour mener ces explorations. Notre ministère terrien serait bien avisé d’utiliser correctement autant de connaissances et de compétences accumulées.

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Je remercie Serge pour créer du lien entre nous tous, et pour donner envie à chacun d’entre
nous de suivre son chemin ! Une multitude d’opportunités et de métiers est possible en tant
qu’ITPE. En croyant en nos rêves professionnels, en développant nos compétences, notre
confiance en soi, nous ouvrons le champ des possibles ! Bravons ceux qui veulent nous enfermer
dans des carcans et ré-inventons de nouveaux services publics vers plus de sobriété et au plus
près des citoyens ! …………………………………………………….. par Lydia MARTIN-ROUMEGAS

 


« Tout a commencé avec le Grand Bleu! »

Stéphanie MAGRI

Stéphanie MAGRI est chef de l’unité Cultures Marines et Pêche à la DDTM de la Charente-Maritime.

“La vocation est un torrent qu’on ne peut refouler, ni barrer, ni contraindre. Il s’ouvrira toujours un passage vers l’océan.” Le dramaturge norvégien Henrik IBSEN ne saura malheureusement jamais combien sa définition s’est appliquée à la lettre à la carrière de Stéphanie !

Originaire de Vitry-le-François dans la Marne (51), donc à quelques centaines de kilomètres du littoral le plus proche, Stéphanie a tracé son projet très tôt dans les années 90. Le film de Luc BESSON en a été le déclencheur ; « Dès lors, je voulais être delphinologue ou océanographe ! »

De 1998 à 2002, Stéphanie déroule le cursus universitaire qui va bien ; une maîtrise de Sciences de l’Environnement, option Océanologie, puis un DEA Climat et Physico- Chimie de l’Atmosphère, et un doctorat en océanographie physique et biologique. En 2003, elle enchaîne logiquement par une mission de 18 mois comme cadre de recherche à l’IFREMER de Brest (29) et de Nantes (44).

« Passionnant, je suis entrée enfin dans la recherche appliquée ! Notamment avec une étude sur l'influence environnementale hydrodynamique sur l'abondance des populations halieutiques. » (NDLR : ce qui, pour les néophytes que nous sommes, peut se traduire par étude sur l’abondance et les espèces de poissons en fonction des différentes couches de l’océan). On imagine aisément l’intérêt de ce type de recherche pour la détermination des quotas de pêche.

Dans l’impossibilité de poursuivre dans cette voie, au terme de cette mission à durée déterminée, Stéphanie réussit le concours de recrutement des Contrôleurs des Affaires Maritimes dans la spécialité Pêches, Cultures Marines et Environnement. Elle rejoint la DDAM de la Vendée (85), future DDTM 85, et occupe un poste de gestionnaire Cultures Marines jusqu’en 2014. « La gestion des Autorisations d’Exploitation des Cultures Marines (AECM) est le fondement réglementaire de notre activité, mais nous gérons également le cadastre conchylicole, en cartographie et sur le terrain, et nous animons un réseau de surveillance sanitaire lié à la mise sur le marché des coquillages vivants. Notre principal interlocuteur, c’est le Comité Régional de la Conchyliculture (CRC). »

Cet épisode constitue évidemment une inflexion dans la carrière de Stéphanie mais qu’elle a opérée sans regret. « J’ai appris le métier d’instructeur Cultures Marines grâce à la connaissance et aux compétences d’une collègue devenue amie qui oeuvrait en Charente-Maritime. Les missions sont très intéressantes, mais il ne faut surtout pas imaginer que ce type de poste est idéal pour y faire du bateau… ! »

La passion demeure et l’énergie est intacte, elle s’est simplement transférée. Devenue en 2013 responsable de l’unité Cultures Marines de la DDTM 85 (dont une équipe de 3 agents sur site distant à Noirmoutier-en-L’ile), Stéphanie réussit l’examen professionnel et intègre la 60e promotion (2015) du corps des ITPE.

Stéphanie occupe son poste actuel à la DDTM 17 depuis juin 2018. Elle dirige 16 agents sur les 2 sites de Marennes et La Rochelle. « Les activités sont sensiblement identiques mais l’échelle n’est pas la même. Les cultures marines représentent une part très importante de l’activité économique de la Charente-Maritime notamment avec la zone ostréicole du bassin de Marennes-Oléron. »

La mission StarITPEtrek constate une fois de plus toute la biodiversité administrative qui s’est développée au sein de l’éco-système
du corps des ITPE. De là à voir dans le titre ‘le Grand Bleu’ une allégorie de l’ancien ministère de l’Equipement …

 


 

« La conduite du changement, c’est bon aussi quand ça s’arrête ! »

Michel PUYRAZAT

Michel PUYRAZAT est directeur général et président du directoire du Grand Port Maritime de La Rochelle.

Originaire de la planète FR24 - Dordogne, Michel ne se destinait pas particulièrement à développer une brillante carrière professionnelle dans les activités maritimes. Après une classe préparatoire bordelaise, il intègre la 34e promotion (1989) de l’ENTPE. « Dès lors, j’ai donné une première orientation à mon parcours professionnel vers la qualité et l’optimisation de l’ingénierie publique. Par exemple, je me suis vivement intéressé à la corrélation entre l’urbanisme et la sécurité routière ».

De fait, après un service comme Volontaire à l’Aide Technique sur l’île de la Réunion, Michel prend son premier poste en 1991 à la DDE des Deux-Sèvres (79) comme responsable de la Cellule Départementale Exploitation et Sécurité (CDES) « avec une dominante importante sur la sécurité routière ». En 1994, il devient chef de la subdivision territoriale de Luçon-St Hermine de la DDE de la Vendée (85) et se frotte « sur le terrain » à l’urbanisme opérationnel et à l’ingénierie publique pour les collectivités territoriales, ainsi qu’à l’entretien et l’exploitation des infrastructures routières. « Nous assurions également la gestion du domaine public maritime et celle du canal de Luçon. Un premier contact avec le domaine fluvial et maritime certainement pas étranger à mes orientations les plus récentes. »

Mais avant les transports maritimes, Michel engage son parcours sur une autre voie. En 1998, il devient Conseiller en  Gestion et Management à la DDE de la Charente (16) et prend goût aux démarches stratégiques, programmes d’actions et autres plans de modernisation et démarches qualité. Il est notamment « animateur - facilitateur des démarches Projet et de la modernisation de la
DDE ».

En 2001, Michel passe à la vitesse supérieure et rejoint l’administration centrale du ministère. Il intègre la Direction du Personnel, des Services et de la Modernisation (DPSM) comme chargé de mission Modernisation et participe notamment à l’élaboration de la Directive Nationale d’Orientation (DNO - 2002) du ministère et à la rédaction de la stratégie ministérielle de réforme (2003). « C’est le deuxième fil conducteur de ma carrière : La conduite du changement. Et il s’est avéré déterminant ! J’ai participé pour notre ministère à l’élaboration, la rédaction et la mise en oeuvre des réformes nées de l’acte II de la décentralisation.»

En effet, Michel revient dès 2004 vers les services déconcentrés où il met en oeuvre les réformes de structures dont les lignes directrices lui sont particulièrement familières ! Il occupe successivement les postes de chef de service Constructions et Ingénierie Publiques en DDE de Loire-Atlantique (44), puis de secrétaire général de la DRE Pays de Loire (2006), et de secrétaire général de la DDTM 44 (2009). « A ce stade, la conduite du changement, je commençais à en avoir sérieusement fait le tour ! »

Dans ces conditions, on conçoit aisément que Michel ait ressenti le besoin d’un apport conséquent d’iode et d’espaces maritimes… Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il est promu en 2010 Ingénieur des Ponts des Eaux et des Forêts (IPEF) et devient directeur des Finances et de la Programmation au Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire (44). « Outre la direction financière de l’établissement et son pilotage stratégique, j’ai eu à gérer la réforme des ports, passage des Ports Autonomes au Grands Ports. Le sparadrap de la conduite du changement ne se décolle jamais complètement ! »

Dans son poste actuel, la marque du sparadrap s’est un peu atténuée… « L’intérêt ici est de tenir toutes les manettes, alors qu’à Nantes j’étais un bras droit. Et puis, La Rochelle est un port dynamique avec un trafic en progression régulière et des investissements importants. Nous avons actuellement à l’étude avec la Ville un projet de territoire pour atteindre la neutralité Carbone à l’horizon 2040. »

Pas question dans l’immédiat pour la mission StarITPEtrek de conduite du changement et l’équipage ne réclame pas non plus de changement dans la conduite !

 


« Une belle aventure ! »

Isabelle SCHALLER

Isabelle SCHALLER est directrice départementale adjointe des territoires et de la mer de la Charente-Maritime.

La carrière d’Isabelle débute naturellement dans sa spécialisation, par une dizaine d’année au sein du réseau scientifique et technique du ministère. Les cinq premières années, comme chargé d’études OA puis responsable de la section Fonctionnement des structures au Laboratoire Central de Ponts et Chaussées (LCPC) lui permettent de perfectionner sa technique, mais aussi de gérer un parc de passerelles d’entretien des ouvrages d’art, puis une importante plateforme d’essais de structures. « Le LCPC était presque exclusivement masculin et, jeune ITPE, j’ai eu à coordonner des ‘vieilles barbes’, et le plus difficile c’est de manager des chercheurs ! » L’aventure se poursuit au Service d’Etudes Techniques des Routes et Autoroutes (SETRA) notamment avec la mise au point d’une méthodologie de gestion de patrimoines d’ouvrages d’art des collectivités territoriales. « Pour le logiciel, j’ai dû me plonger dans l’informatique et, bien que l’application n’ait pu être réellement mise en oeuvre, j’y ai accru mes connaissances. J’ai toujours eu la volonté d’élargir mon domaine de compétences au fil de mes différents postes. »

La suite en est une preuve tangible. En 2002, Isabelle est promue IDTPE et rejoint la DDE de Charente-Maritime (17) où elle occupe le poste d’adjoint puis de chef du service Maritime, ensuite du service Sécurité et Gestion des Risques (2007). Dans la continuité, lors de la création des Directions départementales Interministérielles (DDI), en 2010 elle devient, en 2010, chef du service Urbanisme, Aménagement et Risques et du Service de Prévision des Crues (SPC) Littoral Atlantique de la DDTM17. Et la vie professionnelle sur le littoral est loin d’être un grand océan de tranquillité. « La  gestion de crise m’a profondément marquée. Dès mon arrivée, en novembre 2002, j’étais aux premières loges pour le naufrage du pétrolier Prestige dans le golfe de Gascogne. En octobre 2006, c’était l’échouage du porte-conteneurs Rokia Delmas devant l’île de Ré. Mais l’expérience de ma vie, ce fut la dramatique tempête Xynthia qui balaya tout le littoral fin février 2010 ».

L’émotion d’Isabelle est palpable lorsqu’elle évoque cet épisode dramatique. « Suite à l’alerte du SPC confirmée par Météo-France, le préfet avait activé le Centre Opérationnel Départemental. Au plus fort de la tempête, j’y ai vécu une nuit terrible ! Quand on te passe au téléphone quelqu’un qui appelle au secours, tu n’a pas appris ce qu’il te faut répondre ! »Et puis, évidemment, il faut enchaîner avec la gestion de crises post-évènement . « Après désignation des zones très exposées au risque de submersion, nous avons eu à peine trois jours pour une première identification des constructions et maisons à démolir… »

Personne ne contestera que la gestion de telles crises appartient aux plus hautes valeurs du service public. Isabelle devient en 2013 directrice adjointe de la DDT du Maine-et-Loire (49), puis en 2017 directrice adjointe de la DDTM 17, son poste actuel.

« Plutôt que d’évoluer vers un poste de directrice, j’ai choisi de revenir en Charente-Maritime car j’ai toujours fait passer ma famille avant mes ambitions personnelles. Je ne souhaitais pas prolonger mon célibat géographique. »

En regard d’une telle aventure, la conclusion d’Isabelle est d’une désarmante simplicité : « Ma nature est d’être curieuse. » Sans aucun doute, c’est ainsi que l’entend également l’équipage de notre vaisseau lorsqu’il affirme : « Nous avons un commandant de bord bien curieux… »

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La deuxième partie de ma carrière a été jalonnée par une succession de crises de gravité variable et de
natures diverses (pollution, crises routières, inondation ou submersion marine...). C'est néanmoins la
gestion de la tempête Xynthia et de ses conséquences dramatiques, que je garderai toujours en
mémoire, comme la période la plus marquante de mon histoire professionnelle : à la fois traumatisante,
harassante et stressante, mais aussi passionnante et bien entendu incroyablement enrichissante!
………………………………………………………………………………………………….. par Isabelle SCHALLER


 

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : sergechantillac@gmail.com - 06 03 86 16 64

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