Voyage 18 : « De très riches heures dans le Berry ! »

Nous avons volontairement choisi de paraphraser le titre d’un livre plus que célèbre, commandé par le duc de Berry aux frères Paul, Jean et Herman de Limbourg vers 1410-1411, pour caractériser la richesse historique de la planète FR18 - Cher.

Mais à elle-seule la cathédrale Saint-Etienne de la préfecture Bourges, immense vaisseau de pierre d’une longueur de 120 mètres, d’une surface de 5.900 m2 et dont la nef culmine à 37 mètres de haut, en témoigne majestueusement. Inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco, elle est tout simplement l’une des plus vastes cathédrales gothiques de notre vieux continent !

Outre le gisant du Duc de Berry, elle comporte une particularité fort intéressante. Sa plus haute tour, accessible par un escalier de 396 marches, est appelée la tour de Beurre. Pour la petite histoire, elle est appelée ainsi car sa construction fut financée par les taxes des fidèles. En guise de récompense, ils avaient le droit de braver les interdits, et de manger du beurre durant le Carême.

Que d’interdits seraient ainsi susceptibles d’être bravés épisodiquement par les contribuables de notre pays !!

La Cathédrale de Bourges

« Ma passion… l’art de la rue ! »

Lisa HUMEAU

Lisa HUMEAU est chargée de projet Revitalisation des Centres Bourgs à la DDT du Cher.

Lisa est une toute jeune ITPE puisqu’elle appartient à la 64e promotion de l’ENTPE (2019).

Originaire de Cholet (49), avec un père agriculteur et une mère professeur de lycée, Lisa se découvre très tôt une affinité pour les domaines de l’aménagement et de l’Urbanisme. « J’adorais les cours de géographie ainsi que le découverte et la lecture des cartes . Et comme ma soeur et mes copains m’incitaient 1 aussi à m’orienter vers les énergies renouvelables, l’ENTPE a fait rapidement partie de mes options prioritaires en prépa. »

Il est une orientation professionnelle fondamentale que Lisa partage avec une immense majorité d’ITPE, et, en tous les cas, avec la totalité de la centaine rencontrée à ce jour par la mission StarITPEtrek, c’est la vocation de l’intérêt général et du service public. Bien sûr, comme beaucoup d’entre nous, Lisa cite également l’autonomie financière procurée par une école de fonctionnaires d’Etat. « Cela permettait de laisser du budget pour les études du petit frère. »

A l’occasion de son travail de fin d’études à l’ENTPE, sur le Grand Paris Express, Lisa se découvre une attirance très prononcée pour l’urbanisme et l’aménagement urbain. « Essentiellement dans le sens d’une amélioration de la qualité du cadre de vie. Pour moi, le fil conducteur c’est l’art de la rue, et quelque soit la taille de la ville ! Nous avons planché à l’école sur les grandes, Paris, Lyon, Nantes, etc., mais pas assez sur les territoires ruraux et leurs petites et moyennes agglomérations.»

Décidément, tout est dans tout et réciproquement. Sur le plan personnel, Lisa est passionnée par le théâtre. Elle y fait ses premières armes une dizaine d’années avant d’atteindre le Bac, a mis en scène une comédie musicale à l’ENTPE et ne compte pas lâcher la rampe de si tôt (la rampe de projecteurs évidement ! ) Même si ce n’est pas exactement sous cet angle qu’elle l’évoque, chacun sait que le théâtre est né dans la rue et qu’il est aussi un art de la rue.

De fait, en première affectation, Lisa s’est orientée prioritairement vers les postes créés par le ministère pour relayer, sur le terrain, la mise en place de l’Agence Nationale pour la Cohésion des Territoires (ANCT) créée en 2019; ce qui ne l’a pas empêchée de faire un choix de raison. « J’ai choisi Bourges car il représente le
meilleur compromis à titre personnel par son équidistance entre ma famille à Cholet et mon copain qui travaille à Paris. »

Mais il arrive que réalisme se percute avec réalité. « Je suis passionnée par le fond de mon travail mais je suis dans un service en reconstruction, qui plus est touché directement et sévèrement par la COVID. C’est mon premier poste et il se révèle humainement difficile. C’est un peu frustrant au final et en 2022, j’aimerais pouvoir
évoluer vers un nouvel environnement de travail, comme, par exemple, une collectivité dotée d’un programme Coeur de Ville ».

Question revitalisation des centres bourgs, il faut admettre que nos ancêtres s’y entendaient ! Un château fort par ci,
une cathédrale par là ! Avec nos centres commerciaux et leurs grands parkings, nous avons piètre allure… et la
réparation de Notre-Dame de Paris, même en 5 ans, n’y changera rien. Un champ de réflexion et d’activité s’ouvre en
grand pour les Ingénieurs TPE.
Et il est temps car la mission StarITPEtrek peut témoigner de la dévitalisation progressive de la plupart des petites et
moyennes planètes rurales de notre galaxie France.

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Légende

L’ auto-diagnostic pour la revitalisation des centres-bourgs ; un outil à destination des collectivités
Dans le cadre de l’accompagnement des collectivités rurales à
l’élaboration de leur projet de revitalisation de centre-bourg, la DDT
du Cher a mis en place un outil à destination des équipes
municipales, pour leur permettre de faire leur propre diagnostic, en
s’appuyant sur leur expertise d’usage et leur connaissance du terrain.
Dans la pratique, le « kit auto-diagnostic » prend la forme d’un guide
construit comme un « tutoriel », un pas à pas, pour que le groupe de
travail constitué par la collectivité construise progressivement son
diagnostic et dispose d’un document de synthèse de leurs pistes de
réflexions. Une « boîte à outils » est annexée au kit, proposant aux
collectivités des bases de fiches pour les visites sur le terrain, de
questionnaires citoyens, etc.
Dans le Cher, une dizaine de communes se sont engagées dans cette
démarche, accompagnées de près ou de loin par la mission
accompagnement des territoires de la DDT. En retour d’expérience,
l’auto-diagnostic pour la revitalisation des centres-bourgs s’est révélé
un véritable outil de formation des élus et de meilleure appropriation
des enjeux du territoire par la collectivité.
Ce « kit auto-diagnostic » a été partagé au niveau régional en Centre-
Val-de-Loire, ainsi qu’au niveau national lors des rencontres des
services déconcentrés organisées par l’administration centrale.
Disponible sur le site de la préfecture du Cher, il ne demande qu’à être partagé !
https://www.cher.gouv.fr/Politiques-publiques/Amenagement-du-territoire-construction-logement-urbanisme/
Centre-bourgs/Revitalisation-des-centres-bourgs

…………………………………………………………………………………………………………… par Lisa HUMEAU


« Un début de carrière en agent double… deux fois ! »

Laurent RICHARD est chef du service Gestion de la route au Conseil Départemental du Cher.

Laurent RICHARD

Originaire du Doubs (25), Laurent, après un Bac C et une classe préparatoire à Besançon, rejoint la 39e promotion de l’ENTPE (1994) et opte pour une voie d’approfondissement Ouvrage d’Art. Un parcours de formation donc tout à fait classique, mais le début de son parcours professionnel ressemblerait presque à un scénario de roman d’espionnage !

Au retour d’un service militaire en Allemagne, si Laurent occupe quelques mois un poste provisoire à la cellule Ouvrages d’Art de la DDE du Doubs, il se trouve rapidement affecté, en 1995, à la DDE de  l’Eure (27) mais comme responsable du service des Aménagements Routiers n°3 au sein de la direction des Routes et de l’Aménagement du Conseil Général. En effet, ce service est mis à disposition de la collectivité pour assurer notamment la surveillance du réseau.

« En fait, nous avions essentiellement à surveiller la DDE et sa gestion du réseau, tout particulièrement les subdivisions. Les relations entre certaines subdivisions et le Conseil Général étaient plutôt difficiles ! ».

Un ITPE agent double en quelque sorte mais l’histoire ne s’arrête pas là ! En septembre 2000, Laurent qui espère ainsi sortir de ce mauvais scénario, rejoint la DDE du Cher comme responsable de la cellule Filière Routes et Ouvrages d’Art (FROA). Mais il s’agit cette fois de gestion du patrimoine des ouvrages d’art, aussi bien sur les routes nationales que sur les départementales. Il lui incombe donc, cette fois, alors que son unité est mise à disposition du Conseil Général, de veiller sur la qualité des politiques d’entretien et les budgets Ouvrages d’Art de la Collectivité !

Un début de carrière qui illustre parfaitement les difficultés occasionnées par une répartition non aboutie et bien peu réaliste des compétences et des moyens entre l’Etat et les Collectivités Territoriales. Heureusement qu’une des qualités principales des ITPE, souvent citée, est la capacité d’adaptation à des situations diverses et variées !

Laurent devient en 2002 chef du parc de la DDE du Cher dont la situation s’avère un peu difficile, mais qu’il réussira à mener au travers d’une démarche qualité initiée en mars 2003, jusqu’à la certification ISO 2001, obtenue en octobre 2005.

« C’est une étape importante et déterminante dans laquelle je me suis pleinement investi. Par exemple, nous avons aussi réalisé des opérations Portes Ouvertes destinées principalement aux élus pour valoriser le savoir-faire de nos équipes. »

Laurent occupe son poste actuel depuis 2007 et a opté pour la fonction publique territoriale. « Je n’ai aucun regret sur ce choix, car il m’a permis de rester dans mon domaine de prédilection : les routes. ». Tout en préparant l’examen d’ingénieur territorial en chef, il a en charge 24 personnes sur 3 domaines principaux : l’expertise des chaussées (avec un laboratoire agréé Laboroutes), l’entretien et l’exploitation (et notamment la viabilité hivernale!), enfin la gestion du domaine public et la Sécurité Routière. « Et notre activité pourrait encore s’accroître si la collectivité demande le transfert, dans le cadre des dispositions de la future Loi 4D, des quelques 80 à 90 kilomètres des RN 142 et 151 sur le territoire. Mais ce sera après un état des lieux minutieux et d’éventuelles remises en état, car quelques déficits structurels sont à craindre… »

La vie professionnelle se révèle parfois sous l’influence de scénarios quelque peu alambiqués. Fort heureusement, la rigueur technique au service du bien public et de l’intérêt général demeure une valeur sûre. La mission StarITPEtrek tient à féliciter Laurent d’avoir maintenu ce cap en dépit de vents cosmiques bien changeants…

 

« Frisou ! »

Michel GOUTTEBESSIS est directeur des Routes au Conseil Départemental du Cher.

Michel GOUTTEBESSIS

S’il est un point incontestable à l’issue des premiers voyages interplanétaires de notre mission StarITPEtrek, c’est que le corps des Ingénieurs des TPE constitue une élite technique et administrative parmi les fonctionnaires de l’Etat, des Collectivités Territoriales, du secteur hospitalier ainsi que de l’ensemble de leurs opérateurs et établissements publics.

Mais, à coup sûr, s’il est une élite parmi l’élite, ce sont bien les ITPE issus de la 23e promotion (1978) qui, signe parfaitement révélateur, fut la première à prendre pied sur la planète FR69 - Rhône dans le cratère dit de Vaulx-en-Velin.

Malheureusement, le temps passe et très peu d’entre ces pionniers de l’espace sont encore en activité. La mission StarITPEtrek a eu la chance incroyable et le privilège insigne d’en rencontrer un exemplaire à l’occasion de ce séjour sur FR18. Il était temps car Michel était sur le point de cesser toute activité professionnelle à seulement 4 journées près !

Ce spécimen est d’autant plus rare et précieux qu’il formait avec notre commandant de bord et un certain Jean-Claude VACHEY, malheureusement égaré dans la jungle d’une planète de la galaxie privée, un trinôme de choc lors des années bénies de formation à l’ENTPE. Nos historiens n’ont cependant pas pu affirmer avec certitude si le joli surnom de Frisou qu’il portait avantageusement à l’époque lui venait de ses grandes qualités d’élèveingénieur ou de la tignasse presque crépue qu’il arborait à l’époque. Des recherches sont toujours en cours…

Pur auvergnat, originaire d’une TPC (très petite colonie - 92 habitants en 2018) du Puy-de-Dôme (63), Saint-Sauveur-la-Sagne, Michel, au terme de son service militaire, rejoint en 1979 la DDE de l’Allier  (03). Il y occupe successivement les postes de responsable du bureau d’études tracés routiers, puis de la Cellule Economies d’Energie et Conduite Opérations HLM (1982), et de la subdivision territoriale de Moulins (1984).

Muté en 1988, à la DDE du Nord pour y occuper le poste de responsable de la Subdivision Etudes et Travaux Neufs de Dunkerque, Michel ne tarde pas à rejoindre une planète plus centrale de la galaxie France. En 1994, promu au grade d’Ingénieur Divisionnaire des TPE, il est affecté à la DDE du Cher (18) en qualité de responsable du service des Collectivités Locales et des Bases Aériennes, puis en devient le chef du service Urbaniste et Habitat en 2000.

Les années 2000 voient son retour dans l’Allier, tour à tour à la DDE comme chef du service Grands Travaux puis chef d’Arrondissement, et à la DIR Centre-Est comme responsable du service Ingénierie Routière (SIR) de Moulins.

Un fil conducteur de carrière essentiellement routier qui le mène en 2009 au Conseil Général du Cher en qualité d’adjoint au directeur des Routes, puis en 2013 à son poste actuel (pour encore 4 jours !) de directeur des Routes.

Depuis son lancement, la mission StarITPEtrek a rencontré près d’une centaine d’ITPE sur une vingtaine de planètes. Elle a pu constater combien l’Ecole Nationale des TPE est un puissant marqueur pour l’ensemble du corps. Certes, les considérations personnelles et familiales, les opportunités  professionnelles et la mobilité dispersent les promotions aux quatre coins de l’univers mais les amitiés nouées au cours des années d’école demeurent. Bonne retraite, ami Frisou !


 

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : sergechantillac@gmail.com - 06 03 86 16 64

Autres communications