Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Corrèze (19)

Voyage 19 : « Sur le chemin du Tacot ! »

Le chemin du Tacot

Si dans notre galaxie France, le voyageur interstellaire recherche, pour une étape, une planète dont le qualificatif de Territoire, au sens brut et naturel du terme, alors il devrait être tenté de poser son train d’atterrissage sur les vieux monts de Corrèze au calme des clairières de la forêt limousine !

Ce voyageur pourrait être surpris de trouver par ici quelques signes attachants d’une activité humaine accrochée à son territoire… En témoigne ce chemin qu’il trouvera immédiatement à la sortie de l’agglomération de Tulle. Converti en voie verte sur des kilomètres entre Tulle et Ussel pour le plus grand bonheur des randonneurs, ce chemin n’est pas un simple chemin. Il a désormais l’appellation familière de Chemin du Tacot. Inauguré en 1913 par Raymond Poincaré, le Transcorrézien appelé plus familièrement le Tacot, fut pendant une cinquantaine d'années le tramway à vapeur de Haute-Corrèze. Exploité de 1912 à 1925 par la
Société des Tramways Départementaux de la Corrèze, il sillonna la campagne corrézienne jusqu'à sa disparition en 1960.

La gare du Tacot

Utilisé pour tous les évènements de la vie locale, mariages, foire, pèlerinage, vie quotidienne, mais aussi résistance, il était pour certains le lien privilégié, voire unique, avec le monde extérieur (comme un certain vaisseau IssENTerPrisE pour son équipage ! ).

C’est un peu par hasard que la mission StarITPEtrek a établi son camp de base corrézien en pleine forêt, le long du magnifique chemin du Tacot sur la commune de Laguenne, voisine la préfecture. Qui plus est, la commune a su conserver sa gare du Tacot dans un état d’entretien quasi-parfait.

Pendant les deux semaines de notre étape sur FR19, l’équipage a eu chaque jour l’occasion de se déplacer sur le tracé de l’ancienne voie Tacot comme s’il l’empruntait plus d’un siècle après. Chaque Ingénieur des TPE comprendra aisément tout le respect qu’inspire ces dernières marques d’un aménagement du territoire révolu …

Mais de là à croire que cette rencontre avec le passé n’était pas simplement fortuite.. Chacun sait que, comme tout le Limousin, la Corrèze est une terre imprégnée de  croyances et de sorcellerie. D’ailleurs, comment cette terre pourrait ne pas être surnaturelle, voire un tantinet maléfique, alors qu’elle a engendré ces dernières années, deux de nos présidents de la République Française !!


« Des champignons, des sardines… la cuisine du terroir ?! »

Florence MARTIN

Florence MARTIN est adjointe au chef du service Etudes et Stratégie Territoriale à la DDT de la Corrèze.

Florence est originaire de Nancy (54), de parents professeurs ayant exercé longtemps sur la planète FR16 - Charente. Plutôt bonne élève du lycée de l’Image à Angoulême, elle décroche un Bac S avec mention Très Bien, rejoint les classes préparatoires scientifiques, puis intègre la 49e promotion de l’ENTPE (2004). « En fait, à l’école, j’ai choisi tout ce qui pouvait m’éloigner des maths et de la physique ! Les deux fils rouges de mon parcours, c’est le territoire et le collectif. »

En 2004, Florence débute sa carrière au sein de la DDE de l’Indre (36) à Châteauroux comme  responsable de l’Atelier Planification Nord. « C’est une première étape importante qui m’a permis de découvrir le domaine de l’Urbanisme. C’était il y a presque 20 ans et j’y ai encore quelques contacts ».

Et puis en 2007, Florence décide d’intégrer la DDE 19 à Tulle comme responsable (« et pas cheffe, c’est un mot-moche ») des pôles Géomatique et Développement Durable. Depuis elle n’a pas quitté la planète FR19, pas plus que la DDE devenue en 2010 la DDT 19. En 2009, elle créée la mission Analyse et Connaissance Territoriale qui devient unité Analyse Territoriale en 2010 lors de la Réorganisation de l’Administration Territoriale de l’Etat (RéATE). En préfiguration des nouvelles orientations du  gouvernement sur la Cohésion des Territoires, son unité prend en 2016 la dénomination d’unité Cohérence des Territoires et Etudes, avec le rattachement des Scot. Enfin, depuis 2020, Florence est adjointe au chef du service, son poste actuel. 

« C’est un parcours en poupées-russes, tu pars tout petit, et on te rajoute des couches au fur et à mesure ».

Mais pourquoi la Corrèze ? « Avec mes parents, nous y débarquions en famille tous les ans à la Toussaint pour la cueillette des champignons ! ». Seulement voilà, il semble bien qu’il n’y ait pas que des champignons que l’on cueille en Corrèze… « C’est aussi là que j’ai rencontré mon compagnon qui est de Brive… et nous avons eu deux enfants. » Florence s’est donc installée sans regret bien au contraire sur la planète FR19.

« Je suis un peu vissée ici, mais ce n’est pas une punition. J’apprécie la vie locale et je suis bien aussi lorsque j’enfile mes bottes de pluie ! »

Un ancrage territorial totalement assumé par Florence avec un dynamisme et un optimisme revigorants. « Je suis secrétaire inter-départemental (pour le Limousin) du Syndicat National des ITPE - FO, et je suis représentante du personnel en CT pour FO depuis plus de 10 ans. Je pense avoir su gagner la confiance des agents et de la direction. J’ai toujours apprécié la médiation. »

Mais ce n’est pas tout… Florence est aussi depuis 2020 conseillère municipale de sa commune de Saint-Germain-Les-Vergnes. « Ma liste d’opposition au maire sortant a quand même obtenu un tiers des voix lors du scrutin. Cet engagement municipal est très intéressant. Dans une boîte, quand une sardine bouge toutes les autres sont obligées de bouger !! 

Notre seule présence au conseil fait bouger les lignes » 

« Je suis parfaitement bien dans ma vie. Mes racines personnelles et professionnelles, c’est ici ! »

Il est une performance exceptionnelle que la modeste mais dynamique et pétillante Florence a omise de mentionner, sans doute volontairement. Elle est la seule pour l’instant à avoir réussi à faire travailler notre commandant de bord ! Après quelques heures à trier des archives d’une ancienne subdivision, il affichait lui aussi un optimisme très Corrézien.

 


« L’ENTPE … une révélation de Noël ! »

Noémie MEYER est cheffe de la mission Conseil aux Territoires au sein de la DDT de Corrèze.

Noémie MEYER

Si ses origines sont alsaciennes, Noémie a passé sa scolarité secondaire en Normandie jusqu’à un bac S avec mention Très Bien. En classe préparatoire à Rouen (76), lors du Forum des Écoles organisé par le lycée, Noémie, plutôt attirée par l’architecture, prend par hasard un exemplaire de la plaquette de promotion de l’ENTPE. Elle ne la consultera que quelques semaines plus tard lors des fêtes de Noël. « Bingo! Avec la possibilité d’un double cursus ingénieur–architecte et la capacité d’être indépendante et autonome, ma décision était prise et j’ai intégré l’école en 3/2. »

Noémie rejoint donc la 64e promotion de l’ENTPE (2019) et choisit la voie d’approfondissement  Aménagement et Politiques Urbaines. « J’ai été immédiatement séduite par l’esprit TPE qui privilégie l’entraide et le collectif et permet des études dans la bonne humeur ! »

Il faut dire que Noémie participe activement à diverses activités au sein de l’ENTPE. Son CV mentionne « responsable de l’équipe de rugby à 7 » mais aussi « mise en scène de la comédie musicale Hairspray ». Une manifestation supplémentaire de l’éclectisme des Ingénieurs des TPE et de leurs qualités d’adaptation.

En revanche, côté architecture, après avoir tenté quelques épreuves du concours, Noémie constate que « le dessin et la réflexion c’est bien, mais ce n’est pas ce que je veux faire… » Qu’à cela ne tienne, elle s’engage dans un double cursus et obtient, en partenariat avec l’Institut d’Urbanisme de Lyon, un master en Urbanisme et Aménagement – Politiques et en Stratégies Urbaines et Territoriales. « Après un stage de 2e année en Corse sur un poste de conseil aux territoires (au cours duquel elle contracte le virus de l’île de Beauté…), et une voie d’approfondissement très intéressante, je me suis orientée naturellement vers les métiers de l’aménagement au service des territoires. »

Pour sa primo-affectation, Noémie passe donc en revue les postes correspondants et opte pour son poste actuel à la DDT de Corrèze. « Le poste m’intéressait énormément et personne n’avait positionné Tulle en premier choix. Alors je me suis dit que c’était l’opportunité de découvrir un autre contexte et une autre région, et que j’aurai bien l’occasion de revenir en Corse plus tard. »

Noémie ne regrette pas son choix : « Les petites et moyennes collectivités ont toujours eu un impératif besoin d’ingénierie, dans des domaines divers. Pour les accompagner, nous disposons d’un référent pour chacun des 3 arrondissements et nous travaillons en collaboration avec tous les acteurs du territoire. Nous assurons avec les services de la préfecture le secrétariat de la délégation locale de l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires, l’ANCT. Cette délégation se réunit tous les mois pour un comité technique, où l’on balaie tous les projets et programmes en cours. Cela fonctionne plutôt bien et notre organisation prend de plus en plus ses marques. Heureusement, car avec le plan de relance, c’est un peu le rush ! Les dossiers se multiplient et nous devons nous assurer de la cohérence des enjeux locaux avec les programmes nationaux de l’ANCT. »

« Pour l’avenir, je vois bien le (re)développement des missions d’appui aux collectivités territoriales dans le cadre de délégations locale de l’ANCT. Chacun y joue un rôle et les Ingénieurs TPE auront toute légitimité à se positionner sur ce champ. Pour ma part, si Tulle s’est révélée être une ville très agréable, je me verrais bien  poursuivre dans le même domaine ailleurs… »

La mission StarITPEtrek doit rendre visite aux deux planètes corses FR02A - Corse du Sud et FR02B - Haute Corse dans le courant du premier semestre de 2022. L’attraction des deux astres semble particulièrement puissante et il ne faudrait pas qu’elle vienne remettre en cause la suite du plan de vol au détriment de FR23 - Creuse. La mission doit impérativement tester la célèbre devise locale « En Creuse, vacances heureuses !! »

 

« Toute ma vie dans les espaces ruraux ! »

Coralie PONCET est responsable de l’unité Transitions et Qualité de la Construction au sein du service Habitat et Territoire Durable de la DDT de Corrèze.

Coralie PONCET

Coralie est native « des alentours » de Saint-Etienne dans la Loire (42), et fait partie de la 62e promotion de l’ENTPE (2017) après des classes préparatoires à Lyon. A l’école, Coralie est encore indécise sur ses choix techniques et professionnels. « J’avais initialement l’intention de faire du génie civil, mais j’ai finalement opté pour une voie d’approfondissement Bâtiment. » Son séjour à l’école contribuera à lui faire découvrir des structures hors fonction publique pure. « Je n’ai pas vraiment eu d’immersion dans la Fonction Publique car j’ai réalisé un premier stage ouvrier au sein de l’Office National des Forêts à la Réunion, puis un second dans une association de quartier à Liverpool en Grande Bretagne, et le dernier chez un bailleur social. »

On comprend aisément sa perplexité lorsqu’en sortie de l’ENTPE il lui faut choisir une primo-affectation… La suite, dans une certaine mesure, confirme bien que c’est au pied du mur que l’on voit le maçon. Coralie se jette donc à l’eau sur un premier poste de chef de projet Stratégie Territoriale Habitat à la DDT de la Corrèze et elle y éprouve rapidement ses premières satisfactions professionnelles.

« Ce poste traitait essentiellement des missions sur le logement social qui n’avaient pas été transférées, lors de la RéATE, à la Direction de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations de la  Corrèze. C’était le cas notamment des programmes locaux de l’habitat, les PLH. Ce fut un poste
passionnant avec, en particulier, l’élaboration d’un plan départemental de l’habitat pour l’Etat. »

A ce stade, l’intégration et le positionnement de Coralie au sein de la machine administrative de l’Etat ne lui pose plus de problème. « Mon fil conducteur professionnel est désormais l’aménagement des territoires notamment l’habitat et le logement. En fait tout ce qui est directement lié à la vie du territoire. »

Ainsi, après 3 ans, en 2020, Coralie prend la tête de l’unité Transitions et  Qualité de la Construction, son poste actuel. Elle encadre 3 agents et son unité traite essentiellement des transitions écologique, énergétique et numérique. « La transition écologique mobilise particulièrement nos moyens, mais aussi la mise en oeuvre de la règlementation environnementale (RE
2020) qui prend désormais en compte l’impact sur le changement climatique. »

A titre personnel, Coralie apprécie beaucoup la qualité de vie des territoires ruraux comme la Corrèze, même si l’éloignement géographique avec sa famille commence à se faire sentir. « Je pense que ce sera mon dernier poste en Corrèze car je souhaite me rapprocher de mon département d’origine, tout en évitant de vivre dans des zones très urbanisées. L’implantation sociale prime sur l’implantation professionnelle. »

Soumis à la solitude des voyages interplanétaires, l’équipage de la mission StarITPEtrek se doit tout particulièrement de soigner son équilibre entre relations sociales et activité professionnelle. D’autant plus qu’il est exclu, lors des pics de tension d’aller prendre l’air dans la campagne !

 


« La chance d’avoir toujours eu quelque chose à créer! »

Alain BORDES est responsable de l’unité Territoires Inclusifs et Mobilité et chargé de mission Transition écologique au sein de la DDT de Corrèze.

Alain BORDES

La création c’est bien le mot clef du début de la carrière d’Alain ! Originaire de Tulle, Alain entre en 1975 à l’École Nationale d’Arts Décoratifs de Limoges (87) avec comme intention première de devenir architecte par la voie artistique. « Lorsque je suis entré aux Arts-Déco, des passerelles permettaient de rejoindre la filière de l’architecture. Malheureusement ces passerelles ont rapidement disparu et j’ai dû me réorienter. » 

Malgré tout, dans les années 80, Alain débute son parcours professionnel en cabinet d’architecte comme assistant. « Un drôle de boulot… car je devais comprendre le mode de vie des clients pour faire leur maison et je les recevais plutôt au bistrot qu’au bureau! »

En 1982, Alain est recruté comme dessinateur auxiliaire par la DDE de la Corrèze et débute sa carrière au service études et travaux neuf. En 1983 il rejoint la DDE de Haute-Vienne (87) à la subdivision territoriale de Saint-Yrieix-La-Perche  comme conducteur de travaux. « A l’époque, on parlait encore des Ponts et Chaussées ! Le boulot était très intéressant et cette étape a déterminé la suite de ma vie professionnelle. »

De fait, en 1984, Alain intègre l’ENTE d’Aix en Provence et suit la formation initiale des assistants techniques, « un farniente studieux… ». En 1985, il rejoint la DDE du Cantal (15) comme adjoint général à la subdivision de Murat. «  D’emblée, le subdivisionnaire a été très clair : « Je suis à la retraite dans 4 ans, donc je ne veux plus rien faire! »… et c’est ce qu’il a fait ! Un épisode particulièrement formateur, je faisais même la paye des agents communaux! »

En 1989, Alain entame un bail de près de 25 ans avec la DDE (puis DDT) de la Dordogne (24). Au service Hydrologie, il développe le réseau d’annonce des crues sur 5 départements « J’ai monté des stations sur tout le bassin de la  Dordogne et j’ai découvert un nouveau domaine avec lequel j’ai dû me familiariser avec l’électronique et l’informatique ». Puis, au service Equipement des Collectivités Territoriales, comme chargé d’opérations au sein de l’unité Constructions Publiques, il se confronte à la gestion des marchés publics. « J’étais en charge de toute la suite informatique des marchés et j’ai même touché à la programmation informatique pour réaliser le tableau général des propriétés de l’Etat (TGPE). »

De 1994 à 2007, Alain revient en subdivision comme adjoint à Périgueux (« J’y ai réalisé pas moins de 17 giratoires en 8
ans; certainement une forme de record! ») puis comme subdivisionnaire de Nontron et Brantôme. « J’aimais beaucoup ce travail avec les élus sur l’aménagement du territoire. Je me suis réellement passionné pour le travail de subdivision jusqu’à ce qu’on me demande de préparer la mise en place du nouveau service territorial de Nontron lors de la réorganisation de la DDE en 2006…»

Devenue DDT24, le service continue de faire appel aux compétences et à l’appétit de création d’Alain. Il met en place successivement une unité Observatoire et Techniques de Sécurité Routière (2007), un pôle Sécurité (2010) et un Service Interdépartemental des Transports Exceptionnels d’Aquitaine (2012). « J’ai eu de la chance car on m’a toujours demandé de créer quelque chose! »

La qualité du parcours professionnel d’Alain est reconnu en 2015 par une promotion au corps des Ingénieurs des TPE (« Enfin! au terme de ma 15e proposition! ») qu’il concrétise naturellement en rejoignant son département de Corrèze mais aussi en revenant à ses convictions profondes. « Je suis un vieux militant écologiste de base! » Désormais chargé de mission Transition Ecologique, je n’envisage pas de quitter la Corrèze mais l’ambiance est en net déclin dans les services. J’ai le regret du ministère de l’Equipement. »

Un scoop de toute dernière minute vient de nous parvenir. Le Père Noël déjà évoqué dans notre article ne serait pas
Finlandais mais bel et bien Corrézien comme en témoigne ce rarissime cliché de l’individu tant recherché !!
La mission StarITPEtrek témoigne ici de son authenticité…même la barbe est vraie !!

 


Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : sergechantillac@gmail.com - 06 03 86 16 64

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