
Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Côte d'Or (21)
Voyage 21 : « Sous les auspices … des Hospices !! »
Le système planétaire de FR21-Côte d’Or pourrait être qualifié, non pas de Voie Lactée… mais certainement de Voie Vinée ! Autour de ses deux planètes principales Dijon et Beaune gravitent des nuées d’astéroïdes aux noms et aux produits tous plus évocateurs les uns que les autres. La mission StarITPEtrek aurait dû y stationner au moins une révolution terrestre pour visiter et étudier en détail les colonies de Côte de Nuits, Aloxe-Corton, Pommard, Volnay, Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet et bien d’autres encore !
La mission s’est en fait un peu attardée à Beaune et ses Hospices, mais pour une toute autre raison que le vin, un détail poéticomystique de l’histoire a attiré son attention. Nicolas ROLIN, Chancelier du Duc de Bourgogne Philippe le Bon,et son épouse Guigone DE SALINS, pour racheter leur salut, font construire l’Hôtel -Dieu des Hospices de Beaune en 1443 et y fondent un hôpital pour les Pôvres. Très catholique, mais aussi très amoureux de sa femme, Nicolas adopte pour devise « Seule étoile ! ». Allusion à son amour pour sa femme ou pour Dieu (?), elle se retrouve sur de nombreux éléments de cette sublime construction, en particulier répétée à l’infini sur le carrelage du sol la salle des Pôvres.
Comme un symbole également de sa mission, StarITPEtrek en a ainsi vu des étoiles partout !!
« La route n’est pas un simple ruban ! »
Philippe LEFRANC est chef du service Transport - Mobilités de la DREAL Bourgogne-Franche-Comté (BFC) à Dijon.
Natif de Vitry-le-François (51) d’une famille d’enseignants, Philippe, après une prépa à Nancy (54), rejoint la 34e promotion de l’ENTPE (1989) et opte pour une voie d’approfondissement Routes. « J’ai passé le concours d’accès à l’ENTPE sans rien en connaître… mais ma culture familiale me portait naturellement vers le service public et l’intérêt général. Et puis l’école m’offrait la possibilité de m’ouvrir à des métiers variés sur des territoires différents. »
Philippe débute sa carrière à Bar-Le-Duc (55) comme responsable de la cellule Entretien Routier de la DDE de la Meuse. « Si mon choix était plutôt guidé par la proximité géographique avec ma famille, dans ce département peut-être moins attractif que d’autres, j’ai trouvé un environnement jeune avec une ambiance positive dans le prolongement de l’ENTPE, … et aussi mon épouse !! ».
La route est alors incontestablement son fil conducteur de carrière. En 1994, il rejoint la DDE des Vosges (88) à Épinal comme chef de la Cellule Départementale d'Exploitation et Sécurité (CDES) /Transports/Bases Aériennes et de la Cellule Entretien Routier.
« Avec un peu d’expérience et de connaissance de la structure, j’ai vite réalisé que je voulais être proche du terrain et donc subdivisionnaire. »
Voeu satisfait dès 1998… et premier contact avec la Côte d’Or. Au sein de la DDE 21, Philippe prend la direction de la subdivision territoriale d’Auxonne, une des rares subdis en France à être mise à disposition du Conseil Général avec obligation de résultats. « La convention de MAD fixait des objectifs pour le réseau routier départemental avec des indicateurs sur le niveau de qualité de l’entretien, sur le respect du calendrier notamment.
Elle prévoyait aussi la réalisation de contrôles en cours d’exercice. Une situation très formatrice qui était également source de motivation pour les équipes. »
Malheureusement, en 2001, la subdivision est fermée et regroupée avec une plus importante… mais cette étape oriente Philippe vers son « deuxième objectif : diriger une cellule Constructions Publiques ». Chose faite dès 2002 lorsqu’il rejoint la DDE de l’Eure (27). « Notre projet phare concernait la construction du nouvel hôpital d’Evreux en assistance à maîtrise d’ouvrage. La confrontation avec la maîtrise d’oeuvre privée est particulièrement formatrice ! »
Promu ingénieur divisionnaire en 2005, Philippe rejoint le service navigation /VNF en Meurthe et Moselle à Nancy (54) pour un bail de 7 années. Il y occupe le poste de responsable de l'arrondissement Eau Environnement. « Le temps est passé très vite. La voie d’eau est un domaine très attachant qui allie culture ancienne (ouvrages des siècles précédents) et modernité (mise en oeuvre de l’automatisation) ». Mais en 2011, la police de l’eau est transférée à la DDT et la mission environnement reconfigurée au sein de la direction territoriale de VNF. Philippe doit « refermer la porte un seconde fois… »
Peu importe, Philippe a « une envie de gros management » et il devient chef de la Division d'exploitation de Metz (DE Metz) à la Direction Interdépartementale des Routes Est, un service de 360 personnes sur une quinzaine de sites, chargé 24 h/24 de l’exploitation de 750 kilomètres d’une toile routière d’importance internationale. « Tu es aux manettes d’un gros bateau avec un esprit d’équipe forgé. Lors des épisodes de crise. Tu as le sentiment d’être réellement utile ! ».
A son poste actuel depuis 2018, Philippe insiste sur l’évolution dans la conception et la réalisation des infrastructures routières.
« On ne conçoit plus la route comme un simple ruban… Porter un bon projet, c’est désormais améliorer la qualité de vie autour du projet dans une logique de service et d’aménagement à l’écoute des territoires, d’une part, et s’attacher à préserver l’environnement, d’autre part. »
Fil, toile, ruban… les métiers des Ingénieurs des TPE, c’est de la Haute Couture en 3D ! … et probablement en 4D lorsqu’ils s’attaquerons aux déplacements et aux infrastructures spatio-temporelles !
« Rester maître de ses choix ! »
Michel CHAILLAS est chef du bureau Planification et Prévention des Risques Technologiques de la DDT 21.
Michel est un pur Côte d’Orien, originaire de Dijon. Après un DEUG de Mathématiques, Michel entre en 1980 au ministère de l’Equipement par la voie du concours externe d’Assistant Technique. Sa progression est constante puisqu’en 1987 il devient Chef de Section par concours interne, puis en 2001 ITPE par examen professionnel, et en 2014, IDTPE par tableau d’avancement. « A 60 ans, ma carrière, sur la durée, c’est 50% technicien, puis 50% ingénieur ! »
Notre Michel technicien débute par les voies navigables. Il occupe successivement un poste dans un arrondissement navigation, Moselle canalisée, à Nancy et puis à la DRE Bourgogne celui de chargé du contrat de plan voies navigables et réseau routier d’intérêt régional. « Pour parler vrai, ce ne sont pas les postes les plus intéressants de ma carrière, mais cette entrée en matière s’est déroulée normalement. »
De fait, Michel, s’oriente vers l’Urbanisme puis la Politique de la Ville et le Logement. Les années 90 lui vaudront d’être chargé d’études en urbanisme à la DDE de la Haute-Marne (52) à Chaumont, puis adjoint au chef du bureau Ville et Logement des personnes défavorisées à la DDE de la Côte d’Or. En 1995, il devient responsable de la délégation locale de l’Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat (ANAH) à Dijon. « Pour ma première expérience de management, j’ai bénéficié d’une large
autonomie de la part de l’Agence. Notre fonctionnement et notre gestion propre alliaient réactivité, souplesse et prises de décisions rapides. L’ambiance de travail était excellente et la formation continue très adaptée. Je me suis aguerri à la prise de responsabilité dans de bonnes conditions ! »
Devenu ITPE, Michel rejoint la DRE Nord-Pas-de-Calais et prend la direction de l’Observatoire régional de l’Aménagement et de l’Habitat. « Une petite structure en relation avec les collectivités territoriales et les professionnels qui bénéficiait de la présence d’un statisticien INSEE. Evidemment, nous avions à recueillir, à traiter et à mettre en forme toutes les données publiques disponibles notamment sur le logement locatif social, mais aussi à assurer le suivi des programmes Après-Mines et Transfrontaliers. »
En 2003, Michel revient sur ses terres pour ne plus les quitter. Il dirige le bureau Ingénierie de la DDE 21 et met en place notamment l’ATESAT. En 2007, il devient adjoint au chef de l’arrondissement territorial de Dijon et responsable de l’aménagement. Assistant à maître d’ouvrage pour le compte de l’EPAVAL Saône-Doubs, il participe à la réalisation de véloroutes le long de la Saône ou du canal du centre. « Nous étions sans doute parmi les pionniers ! »
Depuis 2010, dans son poste actuel, Michel suit, pour le compte de l’Etat, l’élaboration des documents d’urbanisme, et la réalisation des Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) sur le département. Il est en outre le chef adjoint du service depuis 2014, ce qui a élargi son horizon aux domaines de la forêt, de la chasse et des espèces protégées, notamment le loup qui réalise quelques incursions en Côte d’Or.
« A proximité de la retraite, je réalise que j’ai eu de la chance, car sur des domaines pourtant très variés j’ai toujours trouvé beaucoup de positif à chacune des étapes de ma carrière et je suis toujours resté maître de mes choix. »
Une évolution de carrière choisie, des rencontres fructueuses et enrichissantes et la faculté de saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent (NDLR : traduction de « la chance »), c’est le souhait de la mission StarITPEtrek pour tous les Ingénieurs des TPE des galaxies France et Navarre et de l’espace tout entier !
« NVF… évidemment à VNF ! »
Nathalie VINCENT-FEVRE est responsable de l’Unité Territoriale d’Itinéraire (UTI) Bourgogne de la direction territoriale Centre-Bourgogne au sein de Voies Navigables de France (VNF).
Nathalie est bourguignonne, native de la région de Louhans en Saône et Loire (71) et donc de fait aussi un peu bressane. Son ancrage territorial est particulièrement fort puisque si l’on excepte tout juste les années à l’ENTPE, elle a déroulé jusqu’alors une carrière professionnelle intégralement bourguignonne.
Si Nathalie fait partie de la 38e promotion de l’ENTPE (1993), il est incontestable qu’elle a gardé un attachement profond pour les classes préparatoires… puisque son mari enseigne en prépa commerciale. « A l’école, j’ai choisi une voie d’approfondissement Ingénierie des Transports et je me suis intéressée notamment au domaine de la Sécurité Routière. »
En primo-affectation, Nathalie choisit de revenir sur ses terres et rejoint la DDE 71 comme cheffe du bureau d’études Urbanisme. « Un poste certes intéressant, mais nous avons subi deux réorganisations en trois ans et notamment la partition des subdivisions territoriales état-communes et département … »
De fait, en 1997, Nathalie intègre la DRE de Bourgogne à Dijon et y devient chargée d’études ransport. « C’était un poste nouveau, mis en place dans le cadre de la mise au point des Schémas de Service des Transports, abrogés depuis, et avec un volet important sur le financement des infrastructures et les aides de l’Etat aux transports urbains et interurbains. »
Mais Nathalie aspire à plus de travail de terrain. Elle rejoint en 2003 les rangs de la DDE (puis DDT) 21 pour un bail de 7 ans au cours duquel elle sera responsable successivement de l’Atelier d’Urbanisme, puis du pôle Aménagement et Urbanisme ( 2007) et de la mission SCOT (2010). « un travail passionnant rythmé par un flot incessant de réformes, réorganisations, mouvements et réductions des effectifs … Au final, j’ai eu grand besoin de m’ouvrir sur quelque chose de différent et de neuf ! J’ai donc décidé d’intégrer l’EPA VNF lors de sa création en janvier 2013. »
Au sein de la direction territoriale Centre-Bourgogne de VNF et avant de prendre la direction de l’UTI, Nathalie est conseillère de gestion et modernisation, puis, en 2015, responsable du service Maîtrise des activités et prévention. « En DDE, les voies navigables, soigneusement dissociées des routes, revêtaient une importance relativement secondaire et nous n’avons récupéré que très peu de données structurées. On est quasiment reparti de zéro ! Il nous a fallu créer de toutes pièces les services supports et fonctionnels avec un éparpillement considérable des moyens car les préfets voulaient conserver des fonctionnaires dans chaque département … »
Aujourd’hui ingénieur divisionnaire des TPE, Nathalie dirige une unité territoriale de 140 personnes chargée de l’exploitation des 242 kilomètres, 189 écluses (« et autant de maisons éclusières »), 6 barrages réservoirs et autres ouvrages de gestion hydrauliques du canal de Bourgogne. La voie d’eau supporte essentiellement une activité touristique importante d’avril à octobre et l’unité recrute chaque année près de 120 saisonniers sur des contrats de 1 à 6 mois. « Les infrastructures sont un peu vieillissantes et n’ont pas toujours été bien entretenues… Toujours très manuelle, la gestion du canal nous dicte une organisation avec un arrière-goût de DDE et la difficulté supplémentaire de raréfaction de la ressource en eau pour une voie d’eau artificielle ! L’objectif de VNF est essentiellement la modernisation qui passe notamment par la télécommande des écluses. »
« Au fil du canal, dans certaines zones rurales, nous sommes désormais les derniers fonctionnaires et les candidatures ne se précipitent pas sur nos offres de recrutement ! Le point très positif, c’est l’affirmation de la voie d’eau comme vecteur d’activités touristiques fluviales et fluvestres dans les territoires. Les chemins de halages sont devenus des vélo-routes, les hébergements atypiques se développent sur les berges... »
Soumis à la solitude des voyages interplanétaires, l’équipage de la mission StarITPEtrek se doit tout particulièrement de soigner son équilibre entre relations sociales et activité professionnelle. D’autant plus qu’il est exclu, lors des pics de tension d’aller prendre l’air dans la campagne !
« L’ingénierie publique avant tout ! »
Hamidane ASSILA est chef du département Immobilier Grand-Centre au Secrétariat Général du Ministère de la Justice.
Né au Maroc, Hamidane s’est installé avec sa famille dès l’âge de 3 ans à Vercel-Villedieu-le-Camps dans le Doubs (25). Après une prépa à Besançon, il intègre la 45e promotion de l’ENTPE (2000) et opte pour une voie d’approfondissement Génie Civil et Résistance des Matériaux. « Alors que j’étais aussi attiré par le métier de contrôleur de l’aviation civile, j’ai choisi l’ENTPE parce qu’elle forme des cadres du service public avec un éventail très large de domaines techniques. C’est l’école des choix ! »
Et cette diversité d’emplois, Hamidane l’exploite dès sa première affectation. Il débute sa carrière à la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) Ile de France comme responsable de la cellule Informatique avec laquelle il crée notamment, pour le service, une structure d’échange et de sauvegarde des données en réseau. Sur cette lancée, il rejoint en 2003 la DRE de Franche-Comté à Besançon comme responsable de la cellule Informatique et Administration des Données de la DRE et de la DDE du Doubs. « Une entame de carrière passionnante, mais j’aspirais à vite retrouver une ingénierie publique opérationnelle. »
L’opportunité se présente en 2005 au cours de laquelle Hamidane intègre la DDE (puis DDT) du Doubs au poste de responsable de bureau d’études au service d’Aménagement Territorial. Malheureusement, il se trouve ainsi aux premières loges lorsque sont mises en oeuvre l’abandon de l’ingénierie au profit de l’assistance à maîtrise d’ouvrage, d’une part, la Réforme de l’Administration Territoriale de l’Etat (RéATE) et la création des DDT, d’autre part. « Ces évolutions allaient à l’encontre de mon attrait pour l’ingénierie publique et de ma constante recherche de sens à mon travail. J’ai donc rapidement regardé ailleurs ! »
Hamidane revient donc à ses premières amours pour l’aviation et prend en 2010 la direction de la Subdivision Bases Aériennes 102 et 278 de la DDT de la Côte-d’Or, qui deviendra en 2011 Unité de Soutien de la Structure de Défense (USID) de Dijon au sein de l’Etablissement du Service d’Infrastructure de la Défense (ESID) de Dijon du ministère de la Défense. « J’ai découvert un monde nouveau passionnant, très opérationnel avec ses 4 sites principaux, la base aérienne, le lycée militaire d’Autun, la base pétrolière interarmées de Chalon/Saône et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Valduc. Mon unité comportait une quarantaine de personnes et nous assurions des missions de maîtrise d’oeuvre, de conduite d’opération et de maintenance pour la base aérienne (budget annuel de travaux neufs de 45 M€) mais aussi d’assistance technique à la BA 102 pour l’infrastructure, le bâtiment et ses équipements.»
Promu ingénieur divisionnaire des TPE, Hamidane intègre en 2013 la DREAL de Bourgogne comme chef du programme d’accélération des aménagements de la RCEA au sein du service Transports. Il y assure la maîtrise d’ouvrage d’opérations de travaux de mise à 2 fois 2 voies de la Route Centre Europe Atlantique (RCEA) en Saône-et-Loire. Mais « en manque de terrain et de responsabilités », Hamidane rejoint en 2016 son poste actuel au ministère de la Justice.
Le pôle Immobilier Grand-Centre couvre les 14 départements des régions Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val-de-Loire. Il y assure la gestion du patrimoine immobilier du ministère et la maîtrise d’ouvrage des opérations d’investissement immobilier des Cours d’Appel de Besançon, Dijon, Orléans et Bourges, de l’Ecole Nationale des Greffes et des directions interrégionales des services pénitentiaires et de la protection judiciaire de la jeunesse. « Je me passionne réellement pour ce poste ! Notre chantier phare est, jusqu’en 2023, la restauration intégrale de l’enveloppe de la Cour d’Appel de Dijon. Le bâtiment est classé et nous avons comme interlocuteur maître d’oeuvre l’Architecte en Chef des Monuments Historiques. Le budget est de 25 M€ et le chantier qui se décompose en 4 tranches, est en site occupé ! »
Merci Hamidane, d’avoir permis à la mission StarITPEtrek d’établir son premier contact avec les ITPE de la nébuleuse de la Justice. Ton exemple témoigne une fois de plus de l’intérêt professionnel primordial que revêt la découverte de mondes nouveaux et d’environnements différents. L’essence même de notre quête interplanétaire !
Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64
