Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département des Côtes d’Armor (22)

Published on January 3, 2022

Voyage 22 : « En pays Goëlo, sur le sentier des planètes ! »

Sentier des planètes
Falaises de Plouha

De Saint-Brieuc à Paimpol, sur la frange littorale des Côtes d’Armor s’étend le pays Goëlo; ce qui, en langue locale, signifie le pays « des meilleurs », au sens « des plus forts ». Il faut dire que l’histoire du pays Goëlo est toute entière marquée par la Grande pêche en haute mer…

Objectivement (mais aussi un peu lâchement il faut bien le reconnaître…) la mission  StarITPEtrek n’a pas encore sillonné suffisamment la galaxie France pour être sûre du bien fondé de cette dénomination par comparaison avec les nombreuses autres planètes et colonies de notre univers.

En camp de base sur la commune de Binic-Etables, à proximité de l’astroport principal de Saint-Brieuc, l’équipage a emprunté, sur plusieurs tronçons, le chemin de grande randonnée GR 24 que l’on aperçoit sur la photo aérienne des falaises de Plouha. Une expérience magnifique au cours de laquelle, il nous a été révélé que nous étions bien sur la trace des plus forts…

Au détour d’un sentier, nous avons découvert les traces incontestables d’une civilisation probablement disparue pour laquelle ce GR34, appelé aussi sentier du douanier, fut en fait « Le Sentier des Planètes ». 

Les savants attachés à notre mission travaillent d’arrache-pied à l’identification de cette Atlantide bretonne certainement faite d’individus de grande taille, car un de leurs pas est mesuré à un million de kilomètres ! Si l’échelle des temps est en rapport, leur ancienneté pourrait nous amener à revoir nos hypothèses sur le Big Bang !


« Une mobilité record ! »

Séverin BOURREL

Séverin BOURREL est chef du district de Saint-Brieuc de la Direction Interdépartementale des Routes Ouest.

Les origines de Séverin balancent entre Gironde et Lot-et-Garonne. Avec des parents enseignants, il développe tôt une orientation vers le service public.

Après des classes préparatoires à Bordeaux (au lycée Montaigne comme notre commandant de bord mais à quelques années-lumière de décalage…), son choix se porte naturellement sur l’ENTPE et il en intègre la 54e promotion (2009) avec une VA Environnement, Risques et Nuisances. « Mais j’étais bien décidé à me frotter à tout ce qui était proposé par le ministère dès lors que je ne m’éloignais pas de l’océan, donc plutôt dans un territoire avec un littoral. »

Bien, mais avec un tel programme, il ne faut pas craindre la mobilité car les places sont chères en bord de mer. De tous les ITPE rencontrés par notre mission, Séverin détient à coup sûr l’oscar de la mobilité précoce dans les limites de l’hexagone. Pour son premier poste, il est chargé de mission territorial au sein de la mission Côte d’Opale de la DDTM du Pas-de-Calais (62) et Il enchaine, en 2014, comme chef de l’unité Police de l’Eau à la DDTM des Pyrénées-Orientales à Perpignan.

Mais ce n’est pas tout car, après les pointes Nord et Sud de l’hexagone, Séverin pose ses valises en  2019 à Saint-Brieuc pour prendre son poste actuel à la DIR Ouest. 

« A Boulogne-sur-Mer, j’ai tout juste connu 3 mois de DDE avant de devenir en quelque sorte un VRP  de la DDTM… Mon travail portait essentiellement sur l’Urbanisme, mais comme près de 80% des sites Natura 2000 se situaient sur ma subdivision, j’assurais également l’animation du réseau Environnement pour les 4 subdivisions de la coordination. Au final une bonne entrée en matière par la variété des domaines et des contacts. »

« A Perpignan, nous avions un très bon chef de service. Ce n’était pas un luxe car les problématiques étaient nombreuses et pouvaient devenir aigües, comme le déficit chronique en eau, les forages agricoles et les autorisations environnementales. Je suis particulièrement satisfait de cette étape qui m’a donnée aussi l’occasion de me confronter à l’histoire. Un déménagement d’archives de la police de l’eau nous a fait retrouver des comptes-rendus de réunions du début du XXe siècle sur le partage des eaux entre la France, l’Espagne et Andorre. J’aurais volontiers poursuivi ma carrière dans le domaine de l’eau mais il faut être IDTPE pour les postes de ce type sur le littoral atlantique . »

A Saint-Brieuc, Séverin et son district assurent l’entretien et l’exploitation de 330 kilomètres de routes nationales en Côtes d’Armor et en Ille et Vilaine avec 6 centres d’entretien et d’intervention. « Je me suis décidé pour ce poste en déficit de candidats, parce que les DIR sont encore des services qui font et pas seulement des services qui instruisent. Les districts sont également des postes où les cadres A font de l’encadrement et du management ; ce qui devient rare au ministère et c’est dommage ! »

Courage jeune homme, tu peux faire encore mieux pour tes prochaines affectations, sans quitter la métropole, à condition de regarder du côté des Alpes-Maritimes ou de la Corse ! Séverin vient d’être inscrit au tableau d’avancement d’ingénieur divisionnaire, faisant mentir une fois de plus un vieil adage selon lequel les voyages forment la jeunesse mais déforment les bagages… Bien au contraire, ils renforcent les bagages … professionnels !

 


« Les voyages, c’est dans mes gênes ! »

Eric HENNION est directeur adjoint de la DDTM des Côtes-d’Armor.

Eric HENNION

« Je viens de nulle part, mon pays c’est le monde ! ». Eric marque malgré tout des racines Morbihanaises. « Je suis 3/4 breton. Ma jeunesse a connu brièvement la région parisienne, puis l’Afrique du Nord, puis la Drôme avant de se stabiliser à Vannes depuis l’âge de 12 ans. »

On ne peut pas dire que la carrière d’Eric se soit engagée dans la facilité. Obligé d’arrêter les classes préparatoires faute d’argent, il enchaîne les petits boulots. « J’ai même été facteur pendant plus d’un an. » Et puis dans les années 80, un voisin dessinateur à l’Equipement l’informe sur les concours de l’administration. La porte de l’ascenseur s’ouvre et Eric intègre l’ENTE d’Aix-en-Provence.

« Pour la suite, j’ai eu beaucoup de chance et je ne suis jamais allé prendre un nouveau poste à reculons. Par contre, au final, j’ai un peu trop souvent fermé la porte du service en le quittant… » Un peu de chance ne fait pas de mal et, en 1986, Eric prend son premier poste de technicien supérieur, un peu sur ses terres, à la Direction Régionale de l’Architecture et de l’Environnement (DRAE) de Bretagne à Rennes (35) comme gestionnaire du domaine public de l’Etat et des subventions et animateur informatique. « J’y ai appris la comptabilité administrative et les oiseaux… mais j’ai pu aussi explorer les premiers microordinateurs pour lesquels mon directeur me disait « Tu es jeune, tu dois pouvoir t’en débrouiller ! » »

Eric relève le challenge avec succès puisqu’en 1990 il est appelé par le ministère de l’Environnement pour prendre un poste de chargé de mission informatique, puis de responsable de l’unité Informatique de la direction de la Qualité de la Vie, à Neuilly-sur-Seine (92). Ses objectifs couvrent la réalisation du schéma directeur informatique du service, le développement d'un réseau local et de la micro-informatique. « Cette fois, j’ai participé à une création, celle d'un grand ministère de l’Environnement ! »

En 1994, Eric rencontre « lors d’une soirée » un collègue qui prépare le concours interne d’Ingénieur des TPE et décide de le présenter lui aussi. « Le défi était très motivant, et puis il faut dire aussi que la vie est très chère à Paris…c'était un moyen de sortir un peu moins... » Eric rejoint donc la 42e promotion de l’ENTPE (1994) et, dans la continuité, opte pour une VA Informatique. « Je marchais aussi plutôt bien dans les cours de Construction, alors en sortant en 1997, j'y suis allé… »

La carrière d’ITPE d’Eric est beaucoup Ouest et mer et très bretonne. Avec une régularité de métronome, il enchaîne les postes tous les 3 ans : responsable d’une unité Constructions Publiques en DDE de Charente (16), puis conseiller de gestion et management (2000) en DDE 22 et subdivisionnaire d’Auray (2003) en DDE 56. « Cette subdivision couvrait un territoire de rêve avec des enjeux forts à tous les étages et je m’y suis éclaté. Mais lorsque je l’ai quitté, j'avais eu pour mission de la fermer ! » 

Promu ingénieur divisionnaire en 2007, Eric ne coupe son élan de mobilité trisannuelle. En 2007, il prend la responsabilité du Service Eau et Littoral de la DDE de Charente-Maritime (17). « Certainement le plus beau poste de ma carrière avec un volet très important d’ingénierie maritime, le SPC, les phares et balises, la police de l'eau, etc.. Mais, à l’issue de la Réorganisation de l’Administration Territoriale (RéATE), le service a été démembré… »

Eric rejoint en 2009 le CETE de l’Ouest à Nantes au sein duquel il occupe d'abord le poste de responsable du groupe Bâtiment et Energie. En 2012, Eric prend le
poste de responsable du département Villes et Territoires, et le CETE va devenir Cerema. « La mise en place du Cerema a été un boulot à 120%. Mon service
comportait 70 personnes dont 30 cadres A+. Très intéressant, mais le côté opérationnel me manquait ! »

Fidèle à son rythme de mobilité, Eric dirige le service Urbanisme et Habitat de la DDTM du Morbihan (56) à partir de septembre 2015 avant de prendre son poste
actuel de directeur adjoint de la DDTM 22 en septembre 2018. « Un poste particulièrement enthousiasmant au sein d’un excellent trinôme de direction. »

« A coup sûr, ma mère qui a sillonné l'Afrique du Nord, puis l’Europe au volant de son camping-car, m’a transmis le gêne de la bougeotte et des voyages. A titre
personnel, j’en suis à une vingtaine de pays visités et je compte bien ne pas m’arrêter là ! Professionnellement, ce sont 11 déménagements, 11 postes. Mais les
voyages, les mobilités, ce sont surtout des rencontres et des expériences enrichissantes ».

La mission StarITPEtrek en est elle aussi à une vingtaine de planètes visitées. Comme Eric, ses connaissances s’enrichissent à chaque mobilité. Le parcours d’Eric confirme que le diplôme ne suffit pas à lui seul pour ajuster le cadre. L’expérience professionnelle acquise dans des environnements différents en est le complément indispensable.

 

« Pas question de ne pas être subdi ! »

Régis SOENEN est directeur de l’agence de Saint-Brieuc du CEREMA.

Régis SOENEN

Né à Tourcoing et donc incontestablement Ch’ti, Régis a des ancêtres originaires de Belgique (personne n’est parfait mais son prénom est bien français !). Très tôt, ses intentions  professionnelles le destinent à rejoindre la Fonction Publique. « Mon fil conducteur, c’est le service public. J’ai toujours voulu être un ingénieur d’Etat ! »

Régis appartient à la 40e promotion de l’ENTPE (1995) avec une voie d’approfondissement Gestion. « La formation à l’ENTPE est d’excellente qualité et à l’avant-garde sur le management et l’environnement. C’est un cadre où l’on peut s’épanouir individuellement. » Sur le plan personnel, les liens tissés lors de sa scolarité demeurent très forts. « A l’école, nous formions une espèce de clan Ch’ti
d’une dizaine d’unités issus des classes préparatoires lilloises. Et, depuis près de 30 ans, nous nous retrouvons toujours pour fêter ensemble la nouvelle année! »

Et en terme de service public, Régis opte dès le service national pour une version internationale. Volontaire au service national entreprise (VSNE), il rejoint la représentation permanente de la France auprès de l’Union Européenne comme adjoint aux conseillers transports. « Je voulais bien sûr découvrir les institutions européennes et ce fut passionnant. Mais j’ai pris une grande claque en découvrant la technocratie avec un grand T. J’y ai parfaitement compris la différence entre les ingénieurs des TPE et ceux des grands corps de l’Etat … »

En 1996, pacsé à une ITPE civile en poste à Paris chez Orange Régis intègre la Direction du Transport  Maritime, des Ports et du Littoral (aujourd’hui intégrée à la DG des Infrastructures, des Transports et de la Mer, la DGITM) Comme chargé de mission Ports Autonomes, il représentante de la tutelle administrative et technique du ministère sur les Grands Ports. « Les ports, chez moi, c’est une passion ! »

« Rétrospectivement, je mesure ma chance d’avoir toujours eu les postes que je souhaitais. Au ministère de l’Equipement, je n’imaginais pas une seconde ne pas être subdivisionnaire ! » . C’est chose faite en 2000 lorsque Régis devient chef de la subdivision territoriale des Andélys à la DDE de l’Eure. Il est responsable notamment de l’exploitation, l’entretien et la gestion de 500 kms de routes nationales et départementales, du management de 4 centres d’exploitation routiers, d’un pôle dédié à l’ingénierie publique et de l’instruction des actes d’urbanisme pour le compte de 77 communes. « Il y a un siècle entre une subdivision telle que je l’ai vécue et la situation actuelle de la représentation de l’Etat sur les territoires ! Aujourd’hui, je constate lors des réunions sur le conseil aux territoires que les maires déplorent la disparition des DDE.»

Mais la passion de Régis pour les activités maritimes et portuaires prend à nouveau le pas en 2000, et cette fois pour un bail de 13 années. Il intègre le Port Autonome de Rouen comme chef du service Aménagement et Gestion des Espaces en charge de la stratégie de gestion du domaine public et privé (4 000 hectares de zones d’activités et d’espaces naturels), des études préalables aux aménagements, et de la planification territoriale. En 2007, à l’avènement du Grand Port Maritime de Rouen, il en devient le directeur de l’Aménagement territorial et de l’Environnement, et encadre 80 personnes, qui assurent notamment le suivi de 20
millions d’euros de travaux par an. Sa carte de visite est particulièrement impressionnante puisque, intuitu personæ, il est aussi administrateur de l’agence d’urbanisme de la région du Havre, de l’agence d’urbanisme de Rouen, de l’association Air Normand, de la Maison de l’Estuaire, de l'agence de développement économique de la région rouennaise et président du conseil de développement durable du Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande.

Depuis 2016, Régis dirige l’ex-Laboratoire Régional des Ponts et Chaussées devenu Agence de Saint Brieuc du CEREMA, Composée de 70 agents (cadres, experts et spécialistes au niveau national), l’agence est notamment pôle national pour les techniques de chaussées à froid et pour les ouvrages portuaires. Elle est également pôle référent en géotechnique et géophysique. L’agence comporte aussi une équipe de recherche en sciences comportementales. « Notre panel de donneurs d’ordre est désormais très large car il s’est étendu à l’ensemble des collectivités territoriales notamment bretonnes et aux établissements publics. La transition s’est opérée correctement car la culture de l’ouverture était présente. »

Il ne faut pas désespérer Régis, la mission StarITPEtrek table sur un retour probable des DDE, car il faudra à coup sûr des Directions (très) Déterminées de l’Espace pour gérer et entretenir les routes et autoroutes inter-planétaires !
Malheureusement, l’échéance risque d’être un peu lointaine pour nous !

 


« La géotechnique… de bout en bout ! »

Olivier MALASSINGNE est chargé de mission coordination des projets et Référent national géotechnique du Massif Armoricain à l’agence de Saint-Brieuc du Cerema.

Olivier MALASSINGNE

Originaire de Paris, Olivier développe très tôt une passion pour la géologie. Il s’oriente donc vers la filière universitaire et obtient successivement une maîtrise de géologie (1993 - Paris et Québec) et un DESS de génie géologique (1994 - Paris).

« Mon objectif était de poursuivre dans l’industrie pétrolière où les niveaux de rémunération sont élevés avec des perspectives de travail essentiellement à l’étranger. »

Olivier participe donc en 1995 à un stage de fin d’études organisé par Elf Aquitaine à Pau (64) en espérant bien sûr un recrutement à son terme. « Seulement nous étions 300 stagiaires pour un seul poste, en plus en CDD… Très rapidement je me suis dit que je devais faire autre chose. »

En 1996, Olivier est recruté par le Bureau d’Etudes SOLEN comme chargé d’études en géotechnique au sein de l’agence de Chartres (28) puis de Tours (37) en 1998. « J’y ai appris le métier de géotechnicien sur le terrain. Mes investigations permettaient la définition des contraintes et des fondations de bâtiments tels que l’usine Matra à Romorantin (41). »

C’est le « pur hasard » qui va donner à Olivier l’occasion de rejoindre le service public. « En vacances dans les Pyrénées Orientales, au bord de la piscine, j’ai relevé dans le journal local un avis de recrutement sur titres du ministère de l’Equipement avec notamment une spécialité géotechnique. Mon premier contact avec le ministère, c’est lorsque j’ai retiré le dossier d’inscription à la subdivision de Céret et le second à la Défense pour passer l’épreuve d’oral ! »

Avec un plein succès, puisque Olivier est reçu major des géotechniciens. De fait, il intègre la 47e promotion de l’ENTPE (2002) avant d’occuper un premier poste de chargé d'étude en mécanique des sols au Laboratoire Régional des Ponts et Chaussées de Saint-Brieuc qu’il n’a pas quitté depuis. « Je faisais le même boulot que chez SOLEN mais sur des projets d’infrastructures de beaucoup plus grande ampleur comme les ouvrages d’art du doublement de la RN 165 à Lorient (56). »

En 2004, suite à une restructuration Olivier prend la responsabilité de chef du groupe Géotechnique et Environnement, composé d’une quinzaine de spécialistes; ce qui lui donne notamment l’occasion de se frotter aux problématiques du management.

Depuis 2018 et sa promotion au grade d’ingénieur divisionnaire des TPE, Olivier a intégré son poste actuel au sein de la direction de l’agence du Cerema. « Mon rôle principal est la mise en forme des réponses de l’agence aux appels d’offres. Je dois assurer notamment la coordination des différentes unités qui participent à l’étude dans leurs domaine spécifiques et je suis l’interlocuteur du maître d’ouvrage. Depuis l’abandon de l’ingénierie publique par le ministère, les plus « gros clients » de l’agence sont les collectivités territoriales comme le Département 22 (routes et ouvrages d’art) ou Brest Métropole (tramway). »

Olivier est en outre appelé à intervenir comme expert pour l’Etat ou les collectivités lorsque des désordres sont constatés sur les infrastructures à la suite de mouvements de terrain ou d’inondation par exemple. En juin 2018, son diagnostic et ses propositions de confortement provisoire d’un ouvrage hydraulique en risque d’effondrement sur la RN 157 à Rennes ont permis de maintenir l’itinéraire à la circulation pour le rush des vacances d’été, et ce sans réduction de capacité.

« L’abandon de l’ingénierie publique conduit quelquefois à des situations étonnantes. Par exemple, l’agence de Saint-Brieuc est titulaire pour 4 ans du marché de contrôle des travaux neufs réalisés par la DREAL Bretagne à concurrence de près de 200.000€ par an… De mauvaises langues pourraient dire que l’Etat se contrôle lui-même et se rémunère pour le faire ! »

En prévision des grandes crises et bouleversements que risque de subir notre planète dans les millénaires à venir, notre société ferait bien de conserver des compétences à un tel niveau pour éviter de voir, un jour, le sol se dérober sous ses pieds !
De son côté, la mission StarITPEtrek intègrerait volontiers Olivier dans son équipe scientifique pour aborder et comprendre la constitution des multiples planètes qu’elle visite.

 


« Je ne peux pas ne pas m’investir ! »

Véronique LE GARREC est responsable de l’unité Planification et animation réseau au sein de la DDTM 22.

Véronique LE GARREC

Comme Régis, Véronique est une Ch’ti d’origine Lilloise. Après le bac, elle engage une préparation pour devenir géomètre. « Je n’ai jamais aimé faire comme les autres ! Au lycée, par exemple, j’ai choisi le russe comme première langue. »

Mais lors des stages professionnels, Véronique réalise assez vite que « les géomètres ne recrutaient pas des femmes que pour faire le métier… ». Par opportunité plus que par choix, elle passe le concours de technicien supérieur et intègre en 1982 l’ENTE de Montpellier. « C’était la bonne option ! J’y ai découvert une palette d’activités très large avec potentiellement beaucoup de métiers divers et variés. » Mais pas seulement car elle y découvre également celui qui deviendra son mari, un technicien supérieur « et breton en plus. A l’école nous étions très peu de filles et nous sommes sorties toutes
casées ! »

En 1983, Véronique prend son premier poste comme adjoint au chef d’unité de l’arrondissement de Dieppe en Seine-Maritime (76). « Je n’aurais pas forcément opté pour l’urbanisme mais, en sortie  d’école, nous avions à choisir un département et le service d’accueil nous affectait dans une unité. Il me semble que la direction avait tendance à considérer que les postes en urbanisme étaient plutôt faits  pour les filles. 

Malgré tout, ce fut une super expérience avec une composante management (6 personnes) dès mon premier poste. » 

Son conjoint ayant été promu chef de section, le couple, à la recherche d’une double affectation, rejoint la DDE de l’Orne (61) en 1992. Le bail durera pour Véronique jusqu’en 2005 tout juste interrompu par un congés parental de 3 ans à la naissance de son troisième enfant. « Le département de l’Orne est très agréable, et la seule alternative se situait à Felletin en Creuse ! »

Dans l’Orne, Véronique occupe successivement, au service Routes, les postes de chargée d’études en unité Etudes et Travaux Neufs (« Ça s’est plutôt mal passé… ») puis d’adjointe au bureau Exploitation, Sécurité et Transports en 1992. En 1997, elle rejoint le bureau Aménagement Urbain et Rural du service Aménagement et Habitat. « L’instruction des dossiers de DGE (Dotation globale d’équipements) et des fonds tels que le FEDER (Fonds Européen de développement régional) nous procurait un important et passionnant travail en liaison avec les subdivisions territoriales. Je n’oublierai jamais la Subdi ! »

En 2001, toujours en DDE 61, Véronique change complètement de domaine pour devenir administratrice des données localisées, responsable du SIG et chargée d’études Risques. « Un excellent choix mais un réel challenge car les systèmes d’information et les risques m’étaient complètement inconnus. Je me suis réellement éclatée avec l’arrivée de nouveaux logiciels comme MapInfo et puis nous avons fait un très bon travail avec la DIREN Basse-Normandie. »

En 2005, la terrible attraction bretonne ayant rattrapé son conjoint, Véronique quitte l’Orne avec des regrets. « La rénovation de notre maison s’achevait, nous étions bien installés et j’étais, depuis 2001, conseillère municipale dans une commune de 500 habitants. » Elle rejoint le bureau des ressources humaines de la DDE 22 comme chargée de mission pour la mise en place de la réorganisation dans le cadre de la décentralisation (transfert des routes départementales au Conseil Général et des routes nationales à la DIR Ouest, réorganisation des services restant DDE) . « Une mission dure mais passionnante car en autonomie complète. Elle m’a valu de faire le tour de tous les centres d’exploitation et d’organiser le pré-positionnement de près de 800 agents, en liaison directe avec la direction. »

Au terme de sa mission, Véronique prend en 2007 la responsabilité de l’unité Logistique-compta du Secrétariat Général avec un effectif d’une vingtaine d’agents sur 3 sites et un management parfois difficile. « La cellule gère l’ensemble de la logistique des sites du département, le budget de fonctionnement de la DDTM, l'ensemble des achats et la stratégie immobilière.. Ce poste correspondait beaucoup à mon caractère : organiser, rendre service, prendre en compte le besoin des agents, gérer un budget, avoir des contact avec des entreprises…. La reconnaissance n’était pas toujours là en retour. Mais c’est quand même sur ce poste que je suis restée le plus longtemps (plus de 10 ans pendant lesquels la DDE, la DDEA puis la DDTM ont subi de nombreuses réorganisations). »

Véronique occupe son poste actuel depuis 2018 à la suite de sa promotion à ingénieure sur liste d’aptitude en 2018. Elle appartient donc à la 63e promotion du corps des ITPE. « Je regrette un peu que, dans mon domaine actuel, les décisions politiques prennent trop souvent le pas. Je n’exclus donc pas de faire un dernier poste, mais si une opportunité réelle se présente. Je ne sais pas faire autre chose que de m’investir à bloc pour le service public et l’intérêt général, au risque d’être quelquefois déçue du résultat. »

Même si notre équipage, qui est exclusivement Limousin de sang pur, ne comprend pas bien ton choix d’une affectation sur FR61 - Orne plutôt que sur FR - 23 Creuse… la mission StarITPEtrek salue ton engagement, Véronique, car il correspond aux valeurs que notre vaisseau transporte. Nous te confirmons qu’elles sont toujours bien ancrées chez les Ingénieurs des TPE, même si le contexte actuel a tendance à les malmener.


Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64