Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : Haute-Corse

Published on July 22, 2022

Voyage 2B : « En marches … mais attention SACREES !! »

La Corse, Ile de Beauté, ne serait-elle pas aussi plus prosaïquement l’île des escaliers ? Lors de sa première étape sur FR 2A - Corse du Sud, la mission StarITPEtrek a été particulièrement impressionnée par l’escalier du Roi d’Aragon à Bonifacio (cf : Voyage 2A : « En marches…mais attention fragile ! »). Eh bien, lors des pérégrinations sur FR 2B - Haute-Corse, la mission a découvert dans la campagne bastiaise, la chapelle Notre-Dame de Montserato du XVIe siècle, qui abrite un monument historique rarissime : la Scala Santa.
Peu de monuments au monde peuvent se targuer de posséder, cette relique qui a été accordée aux Bastiais en 1816 par le Pape Pie VII pour leur aide aux religieux exilés en Corse. Qui plus est, la tradition chrétienne veut que, lorsque l’escalier saint est recouvert de velours, les fidèles qui les gravissent à genoux sont absous de tous leurs péchés

Si l’accès à l’escalier n’avait pas été interdit, le commandant de bord de la mission aurait volontiers fait réaliser la contrition à tout l’équipage. Non pas qu’il ait été touché brusquement par la grâce en découvrant cette admirable chapelle, mais plutôt en regard de l’allègement considérable du vaisseau amiral que laissait entrevoir l’absolution des péchés de chacun.
Les recherches menées par la mission ont permis d’établir que le Pape Pie VII dans sa grande sagesse confiait, en son temps, la réalisation de tels ouvrages à un corps technique d’élite, les ITPES : ingénieurs des travaux pontificaux de l’esprit saint.

 


«  Bon sang ne saurait mentir ! » 

Estelle Marchand (promo 65)

Estelle MARCHAND est chargée de mission Risques et Nuisances à la DDTM de Haute-Corse à Bastia.

La mission StarITPEtrek savait pertinemment qu’avec Estelle elle allait rencontrer une ITPE certainement parmi les plus jeunes interviewés jusqu’alors, car de la 65 ème promotion sortie de l’ENTPE en 2020. Par contre, sur cette planète FR2B - Haute-Corse assez éloignée de ses bases, la mission était loin de se douter qu’elle allait à la rencontre d’un spécimen d’ITPE appartenant à une sous-espèce génétiquement quasi-parfaite !! Le lecteur saura apprécier le nombre exceptionnel de fées qui se sont penchées sur le berceau d’Estelle. En premier lieu, elle est native de la galaxie Limousin, et tout aussi « fière de l’être » que l’est notre commandant de bord. En second lieu, si Estelle est native de la colonie de Tulle sur la planète Corrèze, elle fait ses classes préparatoires au Lycée Limosin de Limoges (87), précisément l’établissement où notre commandant réussissait (magistralement?) le Brevet d’Etudes Primaires des Collèges (BEPC), une (toute petite?) cinquantaine d’années auparavant. Mais tout cela n’a rien de vraiment génétique ne manqueront pas d’opposer certains esprits grincheux ! Eh bien, Estelle est aussi la fille de Thierry MARCHAND, ITPE de la 26ème promo, chef du service Ingénierie et Ouvrages d’Arts au Conseil Départemental de Corrèze, avant de prendre sa retraite. Dans ces conditions, on ne peut en vouloir à Estelle (rime avec rebelle ?) d’avoir opté pour une prépa agro… « Je n’avais pas vraiment de vision sur mon avenir mais mes affinités allaient initialement à la géologie et l’environnement. C’est l’ingénierie qui m’a attirée vers l’ENTPE où j’ai opté pour une VA Environnement.»

Pour sa première affectation, Estelle, n’écoutant que son courage limousin, opte pour la Corse. « L’île faisait un peu peur à certains avec pas mal de clichés, notamment sur les problèmes d’urbanisme et de relations avec les élus et la population… » Qui plus est, Estelle travaille principalement à l’élaboration et à la mise en oeuvre des Plans de Prévention des Risques Naturels (PPRN), axés principalement en Corse sur les inondations, les incendies de forêts et depuis peu sur les risques de submersion marine. « Je dois donc travailler avec des élus parfois peu sensibilisés aux risques naturels, et, par dessus le marché, je suis amenée à interdire la construction dans les zones à risques ! » Le challenge n’effraie pas Estelle. « Il y a beaucoup de pédagogie à déployer, mais c’est aussi l’occasion de rencontres fructueuses et enrichissantes. L’Etat a un rôle important de régulateur par rapport aux intérêts locaux… et je tiens à être en accord avec mes valeurs sur l’environnement et la sécurité. » « Pour l’avenir, je n’ai pas encore décidé où jeter l’ancre, mais je tenterais volontiers une escale en Service de Prévision des Crues, sur le continent bien sûr pour me rapprocher autant que possible de ma famille ». 

La mission StarITPEtrek est catégorique : l’ENTPE se doit impérativement de continuer à fabriquer des ingénieurs motivés, comme Estelle, par l’intérêt général ainsi que par le service et la sécurité publics. Par contre, la mission hésite - allez savoir pourquoi ? - sur la nécessité de définir des Appellations d’Origine Contrôlée régionales ou locales pour les terroirs particulièrement fertiles et propices à leur production , comme par exemple « LémouzITPE ».


« Chercheuse, ingénieure, plongeuse professionnelle et … baronne ! »

Muriel de BASQUIAT est responsable d’unité Hydrobiologie à la DREAL Corse à Bastia.

Muriel De Basquiat (Promo 55)

Originaire de Toulouse (31), Muriel y déroule son cursus scolaire et s’engage dès l’après-bac dans une voie principale qu’elle n’a pas quittée : l’hydrobiologie, la science de la vie et des processus vitaux de l’eau. Elle obtient un Diplôme d’Etudes supérieures Universitaires (DESU), mention hydrobiologie, tout en complétant sa boîte à outils par un Diplôme d’Etudes Scientifiques Spécialisées (DESS) en conception de projets en éco-développement de l’Université de Lille (59). « Mais, à partir de 1995, j’ai enchaîné 3 années au RMI à cause d’un profil très spécialisé pour lequel les offres d’emploi étaient très peu nombreuses, mais aussi parce qu’à l’époque le développement durable, c’était quasiment inconnu… ».

En 1998, Muriel intègre le bureau d’études GAIA à Toulouse, pour deux études sur la qualité des eaux des marais et rivières de Guyane au regard des impacts des activités d’orpaillage et de la contamination par le Mercure. L’aventure est cependant de courte durée car elle est recrutée, fin 1998, par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), comme ingénieur d’études en environnement pour une étude préalable sur le choix d’un logiciel de modélisation pour le compte de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. « J’ai compilé et comparé des tonnes d’études sur les différentes applications potentiellement éligibles. Au final, j’ai proposé que l’agence retienne le logiciel PEGASE… Il est toujours en usage et je l’ai retrouvé quelques années plus tard. Pratiquement toutes les agences travaillent avec ! » A l’issue de sa mission pour le CNRS, « malheureusement sans suite », Muriel décide de jeter l’ancre en Corse. Elle rejoint pour 2 ans un bureau d’études privé, Max Consultant, et établit ses premiers contacts avec la Direction régionale de l’Environnement (DIREN devenue DREAL à partir de 2009) lors d’études sur les lacs corses et le Grand Site des Aiguilles de Bavella. « Malheureusement, Max Consultant a disparu en 2003 et je me suis installée à mon compte pour deux années au cours desquelles j’ai travaillé à plusieurs reprises comme prestataire de la DIREN en assistance technique sur l’hydrobiologie. Evidemment, j’étais très attentive aux opportunités d’intégrer le service. »

C’est ainsi qu’elle intègre la DIREN de Corse en CDD en tant que responsable d’unité hydrobiologie. En 2009, Muriel s’ouvre elle-même brillamment la porte de l’administration par la voie du concours ITPE sur titres dont elle est lauréate en 1ère position dans le domaine Sciences de la Vie. Muriel intègre donc la 55ème promotion de l’ENTPE (2010) et suit évidemment une voie d’approfondissement Environnement. « J’ai eu la chance de pourvoir intégrer dès 2006 mon poste actuel et de rejoindre un service que je connaissais bien avec notamment la responsabilité du laboratoire d’hydrobiologie. Or, il s’avère que notre ministère a décidé du transfert de ce laboratoire vers l’Office Français de la Biodiversité (OFB) mais aussi du transfert des activités maritimes vers la Direction de la Mer et du Littoral Corse (DMLC) récemment créée. Malgré tout, je n’ai pas l’intention de quitter la DREAL et mon repositionnement est en cours… » Heureusement, car les DREAL et plus généralement le ministère seraient bien inconséquents de se priver des compétences de scientifiques comme Muriel d’autant que pour compléter ses 3 diplômes et sa reconnaissance de spécialiste depuis 2018 , elle aligne en plus un diplôme de plongeuse professionnelle - classe II et un brevet d’animateur fédéral de biologie subaquatique.

Mais Muriel à un secret que la mission a réussi à percer - avec l’appui efficace du vin corse !- sur un plan beaucoup plus personnel, par son mariage, elle est baronne de BASQUIAT de MUGRIET de LA HOUZE de TOULOUSETTE, descendante donc d’une grande famille aristocratique du Sud-Ouest, du côté de la colonie de Saint-Sever sur la planète FR40 - Landes. Chapeau bas !!

La mission StarITPEtrek a bien souvent mis en évidence la « biodiversité exubérante » du corps des ITPE, tout en soulignant combien les greffes (ou les boutures!) de profils et de formations atypiques l’ont enrichies, au fil des temps. Les spécialistes et les experts comme Muriel apportent dans leur domaine, une pierre indispensable à l’édifice en renforçant les compétences collectives. Par contre, la mission rejette d’emblée les esprits taquins qui osent observer que recruter une baronne sur titre fait un peu Ancien Régime.


« Petite fille de l’estuaire ! »

Anne-Marie MARC est chargée de mission Protection de la biodiversité marine et Politique maritime intégrée à la Direction de la Mer et du Littoral Corse (DMLC) à Bastia

Anne-Marie Marc (promo 64)

Anne-Marie est bretonne, native des environ de Morlaix dans le Finistère (29). Mais elle tient à ajouter « Plus précisément de Penzé ». Si vous cherchez des précisions, vous trouverez aisément que Penzé désigne tout à la fois un village, un aber (baie-estuaire étroite et profonde) , et le cours d’eau qui l’alimente ! « Toute ma carrière trouve son origine dans cette proximité avec le fleuve côtier et son estuaire, à l’endroit où se rencontrent eau douce et eau de mer. Ainsi s’est forgée toute ma sensibilité pour le milieu marin. » C’est donc tout naturellement que les études d’Anne-Marie la conduisent à l’IUT de biologie appliquée de Brest, filière Génie de l’Environnement, avec la découverte de l’écologie marine. « Très bien, mais sur le plan professionnel, je ne voulais pas risquer de faire essentiellement de la vaisselle de laboratoire ! Sur le conseil d’une copine dont la mère était institutrice, j’ai opté pour ce qui est aujourd’hui le concours de recrutement des professeurs des écoles. Je ne savais pas que j’allais enseigner pendant 32 ans ! ». De fait, Anne-Marie s’engage en enseignement du premier degré et intègre le ministère de l’Education Nationale. Mais cela ne l’empêche pas de poursuivre ses études universitaires où elle enchaîne un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en 1989, puis un doctorat en Océanographie Biologiques en 1995 ! « Je dois beaucoup à mon mentor, Gilles BOEUF, qui était alors chercheur à l’IFREMER et est devenu , entre autre, Président du Museum National d’Histoire Naturelle. »

On peut comprendre qu’après plus de 30 ans, Anne-Marie se soit lassée de l’enseignement et de l’Education Nationale. « Désormais, je ne refuse pas de transmettre mais je ne souhaite plus enseigner ! » Mais paradoxalement, c’est de l’Education Nationale que vient la solution après que Anne-Marie se soit prise de passion pour la plongée sous-marine et ait engrangé un diplôme de plus en Ecologie et Biologie Sous-Marine en plongée autonome. « Au début, je pensais m’orienter vers des activités de guide touristique sous-marin, mais le ministère de l’Education Nationale m’a permis d’être mise à disposition auprès de la DREAL Bretagne et de l’Université de Rennes 1. » Anne-Marie se consacre donc, pour 50% de son temps, à l’élaboration d’une méthode de hiérarchisation des enjeux de la zone côtière bretonne et à celle d’un Indice de Biodiversité Portuaire pour les autres 50%.

En 2019 s’ouvre une opportunité de mobilité et Anne-Marie tente le pari de la Corse avec cette fois un détachement à plein temps à la DREAL Corse comme chargée de mission Littoral et Stratégie Marine. « Je ne connaissais pas du tout la Corse et n’y avais jamais mis les pieds, mais je ne regrette absolument rien. La Corse et le service m’ont accueillie à bras ouverts et m’ont notamment enseigné tout le versant administratif de mon travail avec beaucoup de bienveillance ! ». Toujours en situation de célibat géographique, avec un domicile breton et une résidence corse (ce qui n’est pas forcément très courant !), Anne-Marie vient de voir son emploi transféré à la toute nouvelle DMLC. « Mes domaines d’activités passionnants et assez sensibles : avec la mise en oeuvre de la Directive Cadre Sur le Milieu Marin (DCSMM) intégrée au Document Stratégique de Façade (DSF) Méditerranée, l’évaluation des impacts des projets littoraux et l’élaboration des avis de l’Etat concernant l’environnement marin en lien avec la gestion des demandes de dérogation Espèces Protégées sur le milieu marin. »

La mission StarITPEtrek a le projet se rendre sur FR29 - Finistère en fin de révolution solaire 2022. A l’évidence, il lui faudra accorder une attention particulière à ce qui peut relier l’extrème Ouest de l’hexagone et l’île de Beauté, en dehors bien sûr de ce que certains grincheux désignent par un caractère bien trempé … sans doute renforcé par un trempage alternatif en eau douce et eau de mer. Quoi qu’il arrive, elle souhaite un excellent voyage à la petite fille de l’estuaire !

 

Je suis, depuis octobre 2021, dans le service de gestion intégrée de la mer et du littoral de cette toute nouvelle structure qu’est la DMLC. Nouveau défi et pas des moindres, de faire prendre conscience de la nécessité d’intégrer l’environnement marin dans tous les nouveaux projets qui voient le jour, mais aussi de faire démonter des ouvrages, arrêter des pratiques... qui étaient rentrés dans des habitudes, car ils sont destructeurs pour la mer et le littoral, en particulier pour la posidonie, dont je suis, quelque part, « la gardienne » en Corse. Beau défi à vivre !! …………………………………....…………………………………. par Anne-Marie MARC

 

 

 

 

 


 

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64

Pour le deuxième semestre 2022, le plan de vol de la mission StarITPEtrek est le suivant : 
- Semaines 23 et 24 : Guéret et la Creuse
- Semaines 25 et 26 : Périgueux et la Dordogne
- Semaines 28 et 29 : Besançon et le Doubs
- Semaines 30 et 31 : Valence et la Drôme
- Semaines 33 et 34 : Evreux et l’Eure
- Semaines 35 et 36 : Chartres et l’Eure-et-Loire
- Semaines 38 et 39 : Quimper et le Finistère

Diplômés de l'ENTPE, ITPE, actifs ou retraités, jeunes ou moins jeunes, si vous exercez dans ces départements, n'hésitez pas à contacter Serge !