
LES PORTRAITS DU JEUDI | Gwendolyne FOUACHE ING 2014 Chargée de projets aménagement durable et urbanisme à la Ville de Punaauia - Polynésie française
LE PORTRAIT DU JEUDI
« Les collectivités territoriales, actrices de la relance économique et des transitions »
Nous continuons ce jeudi notre série de témoignages sur la thématique des collectivités territoriales, actrices de la relance économique et des transitions avec Gwendolyne FOUACHE, ingénieur diplômée de l'ENTPE en 2014 actuellement Chargée de projets aménagement durable et urbanisme à la Ville de Punaauia - Polynésie française.
A&T : Bonjour Gwendoline, peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ? Comment es-tu arrivé au sein de la collectivité que tu occupes ?
Gwendoline FOUACHE : Sortie de l’ENTPE en 2014, j’y ai suivi la voie d’approfondissement Aménagements et politiques urbains et un double-cursus recherche à l’Institut d'Urbanisme de Lyon (IUL) en troisième année. Après deux premiers postes, l’un à la DDT 60 en tant que déléguée territoriale adjointe, le second à la DRIEAT (ex-DRIRE) en tant que cheffe de projets développement durable des territoires, je travaille depuis quelques mois dans une commune polynésienne en tant que chargée de projets aménagement durable et urbanisme. Mes deux premières expériences ont en commun le contact avec les collectivités, ainsi que le conseil et l’analyse de leurs projets sur des thèmes divers mais toujours sous le prisme de la transition écologique et de l’aménagement durable des territoires. Ces postes m’ont également permis de toujours travailler en transversalité et en collaboration avec d’autres services de ces directions.
Je n’avais pas prévu de travailler dans une collectivité tout de suite et y suis arrivée un peu par hasard, mais cette opportunité s’est offerte à moi à mon arrivée en Polynésie française l’été dernier. J’ai donc sauté le pas car, après avoir conseillé les communes sur divers sujets, j’avais finalement envie de me confronter à leurs réalités et d’essayer de mettre en pratique les principes que je leur préconisais depuis quelques années.
A&T : Quels sont les intérêts spécifiques de ton domaine d’activités ?
Gwendoline : En tant que chargée de projets aménagement durable et urbanisme pour la commune de Punaauia, j’ai donc en charge la définition et le suivi de la politique d’aménagement de ce territoire. Concrètement, cela se matérialise par le suivi des différentes études d’aménagement, l’élaboration des schémas et plans tel que le Plan général d’Aménagement (l’équivalent du Plan local d’Urbanisme en Polynésie française). Il faut savoir que la Polynésie et surtout l’île de Tahiti a connu une explosion démographique dans les années 1970-1980, et l’aménagement s’est surtout fait autour de et pour la voiture ce qui pose beaucoup de problèmes aujourd’hui (trafic routier important, coupures entre quartier, difficile accès au littoral, impacts sur la santé, …). Je dois donc faire en sorte d’améliorer l’existant pour tendre vers un aménagement dit « durable » sur un territoire contraint par sa géographie et ses ressources locales.
Dans cette optique, j’ai également été recrutée pour développer la culture de la participation du public. En effet, depuis l’école et mon stage de 2e année à Montréal, c’est un sujet qui me tient particulièrement à coeur (à l’heure où la défiance envers les représentants politiques ne fait qu’augmenter) et qui a toujours été une composante plus ou moins importante de mes différents postes. Notamment, à la DRIEAT, nous avons développé le projet « Particip’action en Île-de-France » et rédigé des retours d’expérience en la matière. La commune de Punaauia souhaite donc que les habitants soient plus et mieux informés, souhaite augmenter l’acceptabilité sociale des projets. C’est aussi un moyen pour les élus de confronter leur vision aux attentes des habitants et donc de s’interroger sur la pertinence de la création de certains équipements, par exemple. Ainsi, je dois prévoir une composante participative dans la conduite de mes projets, apporter de nouvelles techniques de gestion de réunion, travailler en transversalité avec les autres services et faire monter en compétences mes collègues et les élus sur ce champ.
A&T : Si on te dit que les collectivités sont des acteurs majeurs des transitions, qu’est-ce-que cela t’inspire ?
Gwendoline : Effectivement, les collectivités (j’entends les communes et les intercommunalités) ont une grande marge de manoeuvre et un grand rôle à jouer dans les transitions. Ce sont elles qui mettent en oeuvre les politiques sur leurs territoires. De mon point de vue, ce sont les premiers garants des piliers du développement durable : social, environnemental et économique. Elles sont en lien direct avec l’ensemble des acteurs du territoire (économiques, associatifs, habitants…), elles ont donc le rôle, parfois difficile, de coordonner les enjeux dans le respect de l’intérêt général.
Elles ont aussi le pouvoir d’inventer, d’expérimenter et de soutenir les initiatives locales. Et c’est à cette échelle que les changements sont les plus visibles pour les habitants ! Je crois également que c’est grâce à des expérimentations locales que les normes se créent. Donc, l’influence des collectivités sur l’évolution des politiques publiques est centrale.
Retrouvez l'ensemble du témoignage dans le fichier joint en annexe.
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