Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Meurthe-et-Moselle (54)

Published on November 24, 2025

Voyage 54 : L’Art Nouveau et l’ingénieur Chaste !

La science astronomique nous permet depuis des siècles de prédire l’alignement des planètes mais lorsqu’un phénomène exceptionnel de ce type se double d’une surprise totale, il devient un enchantement quasi-surnaturel !

Extrait du carnet de bord de l’ISS ENTerPrisE, samedi 23 août 2025 du calendrier terrien :
« Ce jour, sans que le vaisseau amiral de la mission StarITPEtrek n’ait recours à son transmuteur spatio-temporel, l’ensemble de l’équipage a fait un bond dans le temps de l’ordre d’une centaine d’années dans le passé. Ce saut temporel est très probablement imputable à un phénomène d’alignement de planètes et d’astéroïdes tous reliés à l’essence même notre quête !
En orbite géostationnaire autour de FR 54 - Meurthe-et-Moselle, l’équipage de l’ISS ENTerPrisE se faisait un plaisir de se gaver d’art et d’architecture en visitant la colonie principale de Nancy, berceau dans les années 1900 du mouvement artistique et architectural qualifié d’Art Nouveau.
Notre navette STAN 01 déposa l’équipage à 11H00 précises devant l’entrée du monument historique le plus emblématique de l’art nouveau , la villa Majorelle… »

La suite du carnet de bord est particulièrement révélatrice de l’intense émotion du commandant de bord et comporte des éléments scientifiquement inexpliqués à ce jour qu’il convient de prendre avec la plus grande précaution et donc de protéger par la couverture du secret défense de l’espace ! Les évènements rapportés ici ont été expurgés de toute référence au surnaturel ainsi que de tous les jurons particulièrement explicites que ne devrait pas prononcer un commandant de bord qui se respecte !
Construite vers 1901 sur une commande de l’ébéniste et décorateur Louis Majorelle (1859-1926) au jeune architecte parisien Henri Sauvage (1873-1932), la Villa Majorelle, monument historique, est considérée comme la première maison entièrement conçue selon les préceptes de l’Art nouveau. Un bombardement détruit en 1916 une partie de la maison et les ateliers situés au fond du jardin. L’achat de la villa en 1931 par le Ministère des Ponts-et-Chaussées a permis heureusement de conserver la maison, alors que plusieurs édifices étaient détruits ou modifiés en raison de la désaffection pour l’Art nouveau jusqu’aux années 1980. En 2003, la municipalité de Nancy acquiert la maison, classée monument historique en 1996.
Là, avec le commandant de bord, le lecteur se frotte les yeux et prend brutalement conscience de l’alignement de deux premières planètes : la Villa Majorelle et le ministère des Ponts-et-Chaussées. Que vient faire ce ministère, notre ministère, au beau milieu de l’Art Nouveau de 1931 à 1980 ? Le mystère demeure mais l’histoire ne s’arrête pas là !
Profondément touchée par ce premier choc, la mission StarITPEtrek se met immédiatement en mode recherche pour réunir un maximum d’informations auprès de la guide de notre visite que nous nommerons Nancy par respect pour la ville évidemment !
Nancy ne disposait d’aucune information sur les motivations du ministère des PC dans l’achat de l’édifice, mais elle a bien voulu nous communiquer des preuves de l’occupation effective de la villa par des services administratifs. Les photographies ne sont pas d’excellentes qualité mais témoignent parfaitement de la présence administrative au beau milieu de la décoration intérieure d’origine qui a été récemment restaurée par la collectivité comme toute la villa !

Le bureau de monsieur l’Ingénieur Général des Ponts et Chaussées
dans le salon Majorelle
Le bureau des collaborateurs de monsieur l’IGPC
dans la salle à manger Majorelle

 Avec ces témoignages, une troisième planète venait de s’aligner, celle de l’Ingénieur Général du ministère des Ponts-et-Chaussées et de ses troupes.
Mais l’histoire de s’arrête pas là non plus ! Devant l’insistance de notre commandant de bord à en savoir plus, Nancy a cette phrase magnifique : « Mais je connais cette histoire car l’ingénieur en question était mon arrière-grand-père et il s’appelait Roger CHASTE ! »
Clairement l’équipage en pleine sidération venait de comprendre qu’une quatrième planète était à son tour alignée, celle de l’humain !
Il va sans dire qu’il n’était pas question que la mission StarITPEtrek en reste là. Il lui fallait désormais réunir un maximum d’informations sur cet ingénieur et si possible mettre un visage et une histoire sur son nom.
Il faut avouer que jusqu’à maintenant les éléments recueillis sont très partiels même s’ils permettent de faire un premier focus sur le sauvetage de la villa Majorelle par les Ponts-et-Chaussés.
Un certain Roger Joseph Jean CHASTE est né le 12 août 1912 à Neufchâteau sur FR88 - Vosges et décédé le 24 août 1980 à Nancy, soit pratiquement jour pour jour 45 années avant notre alignement des planètes ! On le retrouve en 1931 comme diplômé de l’école Polytechnique. Notre Roger est donc à coup sûr un “X-Ponts“. Pour l’instant, la mission n’a pas pu reconstituer sa carrière si ce n’est une brève mention du bulletin de l’association professionnelle des Ingénieurs des Ponts et Chaussées et des Mines du 1er trimestre 1976 relatant sa nomination à la tête des 13e (Champagne) et 14e (Lorraine) circonscriptions territoriales d'Inspection Générale des Services extérieurs de l'Equipement, à compter du 1er janvier 1976. A cette époque, les documents administratifs mentionne Roger CHASTE à l’adresse administrative du 1 rue Majorelle à Nancy, soit exactement l’adresse de la Villa Majorelle.
L’Inspection Générale des Services du ministère de l’Équipement a donc contribué à la conservation de notre magnifique Villa Majorelle !

Bien sûr, la mission StarITPEtrek ne peut se satisfaire de ces informations par trop lacunaires. Elle lance donc un appel à tous ceux qui détiendraient des informations scientifiquement avérées sur la vie des services dans la Villa Majorelle.
Et pourquoi pas la découverte d’une cinquième planète dans l’alignement du 24 août 2025,…celle des ingénieurs des TPE !


« Il ne faut pas me dire : tu n’y arriveras pas ! »

Etiennette LERSY-PIOT

Etiennette LERSY-PIOT est adjointe à la cheffe de pôle “Ingénierie Formation Concours“ et cheffe de projet “Formation“ au centre de valorisation des ressources humaines (CVRH) de Nancy à Pont-à-Mousson.

Pas de doute, Etiennette sait ce qu’elle veut. Originaire de la planète FR 57 - Moselle et plus particulièrement de la colonie de Sarreguemines, elle déroule une scolarité de forte en maths qui aurait dû la mener tout droit vers les classes préparatoires scientifiques. Malgré tout, parce qu’elle voulait entrer immédiatement dans le concret, elle s’oriente en lycée technique et obtient un bac S “Technologie industrielle“. « Petite, avec mes jouets Lego, je construisais toujours des ponts, des routes et des maisons ! Il me fallait un métier où tu vois ce que tu fais ! »
En 1998, Etiennette intègre l’IUT “Génie civil - travaux publics“ de Illkirch-Graffenstaden sur FR 67 - Bas-Rhin avec spécialisation “Travaux publics et aménagement“.« Nous étions 5 filles sur une promotion de 120 élèves et il nous fallait deux fois plus d’efforts et d’énergie pour arriver au même résultat. Par exemple, en 2e année, toutes les entreprises sollicitées ont refusé de m’accueillir pour les deux mois de stage pratique obligatoire. La seule réponse favorable a été celle de la DDE de la Moselle et je me suis retrouvé parmi les contrôleurs de la subdivision territoriale de Sarreguemines. J’ai adoré cette expérience ! »
Plutôt encouragée par ce premier contact avec le ministère de l’Equipement, Etiennette a désormais un objectif clair : « Je serai ingénieure avant 40 ans ! ». C’est pourquoi, en 2000, elle intègre l’université de Metz en licence et maîtrise “Génie civil et infrastructures“ et obtient le titre d’ingénieur-maître en juin 2002. Dans le même temps, en 2001, elle est recrutée, à l’issue du concours de contrôleur des TPE, par le ministère de l’Equipement et connait sa première affectation au sein de la DDE 57 à la subdivision de Metz. « J’étais la plus jeune des contrôleurs et la seule femme. J’ai dû faire 10 fois plus mes preuves mais j’ai beaucoup aimé la maîtrise d’oeuvre. Les entreprises m’appelaient la contrôle-heureuse ! »
En plus de son travail de contrôleur, Etiennette suit, à partir de 2002, le cursus de formation “Ingénieur“ du Conservatoire national de arts et métiers (CNAM - DEST Génie civil - techniques de construction“). Mais en 2005, « l’accès au parcours menant à la soutenance finale d’ingénieur m’a été refusé car j’étais enceinte ! Malgré tout, pas question de renoncer à mes objectifs et à ma vie de famille. Je poursuis ma carrière au sein du ministère de l’Équipement et je deviendrai ingénieure progressivement en suivant la voie professionnelle. »
En 2008, Etiennette est reçue au concours de contrôleur principal. Elle rejoint les rangs de la direction interdépartementale des routes (DIR) “Est“ comme adjointe au chef du centre d’ingénierie, de sécurité et de gestion du trafic (CISGT) “Myrabel“ de Metz. Outre ses fonctions techniques et administratives, elle est “la voix de la DIR“ sur la radio FM “France Bleu Lorraine“ pour une émission d’information sur les conditions de circulation, hebdomadaire en phase courante mais quotidienne en temps de crise et de viabilité hivernale. « Un poste assez dur dans l’ensemble mais tout sauf routinier et avec lequel j’ai découvert la gestion de crise. Les interventions en direct d’“Etiennette de la DIR Est“ m’ont, en outre, appris à transcrire en langage courant les informations techniques que je devais faire passer. »
Promue technicienne supérieure en chef par concours en 2014, Etiennette, sans quitter Metz, entre à la direction technique (DTer) “Est“ du Cerema comme chargée d’études et adjointe du responsable “Gestion de crise routière“. Elle travaille à l’élaboration de divers plans de gestion du trafic (PGT sillon lorrain, PGT Stade de France, PGT Alsace …) ainsi qu’au déploiement de l’application AGORRA (interface en temps réel pour gérer les perturbations de circulation routière) dans les zones de défense auprès des administrateurs de données et des opérateurs. « Un poste très intéressant en quelque sorte “de l’autre côté“; celui de la conception des doctrines ministérielles et de leurs outils dédiés, tout en restant dans le domaine des routes. »
Etiennette n’en oublie par pour autant son objectif principal. En 2019, à l’issue du concours professionnel, elle intègre la 64e promotion d’ingénieurs des TPE. « Malgré beaucoup de services du ministère en Moselle, aucun poste n’était proposé à Metz… je m’en suis donc éloignée quelque peu en intégrant le poste que j’occupe actuellement. »
Au sein du CMVRH, en qualité de cheffe de projet, Etiennette est notamment référente nationale thématique dans le domaine des “investissements sur le réseau routier national“ et tête de pont sur le sujet vis-à-vis de la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM). « Sur le plan local, je suis chargée des partenariats régionaux pour l’organisation de journées thématiques. La dernière concernait l’intelligence artificielle (IA) en lien avec la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) et l’institut régional d’administration (IRA) notamment. J’ai en charge également le recueil des besoins locaux dans le cadre de la préparation des plans nationaux de formation (PNF). »
« A l’avenir, je souhaite progresser encore et, si possible, retrouver mon fil conducteur : les infrastructures et leurs aspects concrets. »

La mission StarITPEtrek est impatiente d’aborder les orbites basses de la planète FR57 - Moselle et sa colonie principale de Metz. Si tous les Mosellans possèdent l’énergie et l’opiniâtreté d’Etiennette, il est clair que certains autres systèmes planétaires de la galaxie France parfaitement identifiés pour leurs caractères bien trempés et leurs sous-sols essentiellement granitiques, vont devoir les accepter sur le podium. Evidemment, la mission réserve “courageusement“ ses appréciations et ses classements définitifs pour la fin de son périple.

Les chemins vers nos objectifs ne sont pas toujours simples et linéaires, mais ce sont les obstacles et les détours qui enrichissent notre parcours et nous construisent. Il faut croire en ses rêves et se donner les moyens de les atteindre même si ce n'est pas facile tous les jours. C'est en tout cas ce que j'essaye de faire, tout en gardant à l'esprit la notion de service public qui est très importante pour moi    
Etiennette LERSY-PIOT

 

 « Que des postes intéressants ! »

Anne FAVIER
Anne FAVIER est responsable de l’unité “Études et travaux neufs“ 3 au service ingénierie routière (SIR) Grand Est de la direction interdépartementale des routes (DIR) “Est“ à Nancy.
 
« Je n’ai jamais bougé d’ici ! »
De fait, Anne remporte sans conteste le titre de Nancéienne de notre étape sur FR 54 ! Originaire de Nancy, dans une famille qui comptait
« beaucoup de fonctionnaires » et, après un baccalauréat scientifique, elle s’oriente vers la formation d'ingénieur géomètre par l‘équivalent à l’époque du brevet de technicien supérieur (BTS) “Métiers du géomètre-topographe et de la modélisation numérique“. « J’ai toujours eu une préférence pour la technique, notamment pour le métier d’architecte ou de géomètre. »
Malgré tout, en 1990, Anne décroche le concours d’assistant technique et intègre l’École nationale des techniciens de l’Équipement (ENTE) d’Aix-en-Provence (FR 13), seule incursion hors de la Meurthe-et-Moselle dans son parcours professionnel. « Une formation dense et complète dont j’ai préféré les volets ““Routes“ et “Aménagement du territoire. »
En juillet 1991, Anne rejoint da première affectation de technicien, à Nancy bien sûr, au sein du service navigation (SN) Nord-Est, comme adjointe au responsable de la cellule “Qualité des eaux de l’arrondissement “Eau“. « Il s’agissait essentiellement d’assurer la police de l’eau en application de la loi du 3 janvier 1992. Une posture régalienne, qui a complété ma formation par tout le volet réglementaire sur l’eau. Pendant un an et demi j’ai assuré l’intérim de chef d’unité. »
Sans quitter Nancy et le SN Nord-Est, Anne rejoint en 1995, l’arrondissement “Grands travaux“ pour un poste de chargée d’études au bureau d’études “Moselle“. « Un poste qui me convenait mieux où j’avais à réaliser des avant-projets (AP), des dossiers de consultation des entreprises (DCE) pour l’automatisation des écluses et pour un quai de déchargement avec une étude d’impact.
J’y suis restée quatre ans … et deux enfants ! »
Reçue en 1999 au concours interne de chef de section, Anne reste au SN Est mais inaugure un poste et une unité nouvelle en comme cheffe de la mission “Programmation et financement“.
« Mon unité a compté jusqu’à 5 agents en charge du pilotage de la préparation des programmes d’intervention, du suivi des contrats de plans régionaux et de partenariat, ainsi que de l’élaboration et la gestion du plan d’investissement annuel. Un poste intéressant en prise directe avec la stratégie du service mais au final, j’avais besoin d’apprendre et de découvrir autre chose . »
Anne choisit la route et rejoint en 2003 les rangs de la DDE 54 … à Nancy évidemment ! Elle se positionne sur le poste d’adjointe de la responsable de la cellule départementale d’exploitation et sécurité (CDES). « Outre les missions techniques de sécurité routière (avis sur opérations nouvelles, mise au point de la politique de sécurité routière du département) je me suis particulièrement impliquée dans l’organisation et la gestion du tout nouveau centre d’intervention et de gestion du trafic (CIGT). »
L’année 2005 voit se profiler la partition du réseau routier et la création des directions interdépartementales des routes (DIR) et le poste en DDE qu’occupe Anne est appelé à disparaître. Elle décide donc de saisir l’opportunité qui s’offre à elle et, en janvier 2006, elle rejoint l’équipe de préfiguration de la DIR Est … attention, toujours à Nancy ! « Mes missions portaient essentiellement sur la mise en place de l’organisation de l’exploitation du réseau et la définition du périmètre de chaque centre d’exploitation, ainsi que sur l’élaboration du dossier d’organisation de la viabilité hivernale, le tout, en lien avec les 12 DDE concernées et avec le Cerema. L’équipe de préfiguration est passée sur un an de 5 à 50 personnes et nous avions tout le temps le nez dans le guidon ! »
« Une étape tellement enthousiasmante que je me suis dit que je voulais rester à la DIR jusqu’au bout ! » De fait, Anne intègre les services de la DIR toute neuve comme adjointe au responsable de la cellule exploitation et sécurité routière en 2007, puis responsable de la cellule “Acquisition de matériels“ en 2012. « Dans les deux cas, la fonction était à (re)construire sur un réseau couvrant 12 départements, avec notamment pour la première la mise en place de la démarche d’inspection de sécurité routière des itinéraires (ISRI), et, pour la deuxième, la re-répartition des véhicules de service et la mise en place d’une gestion de flotte. »
Un parcours incontestablement réussi pour Anne puisque, au final, elle est promue ingénieur des TPE par la liste d’aptitude en 2017 et qu’elle rejoint la 62e promotion du corps. Elle concrétise cette promotion en rejoignant son poste actuel. « Nous avons en charge un gros dossier de mise à 2 fois 2 voies de 7 km de la RN 4 (Paris - Strasbourg par Nancy) en maîtrise d’oeuvre ainsi que les travaux de réparation du viaduc de Belleville sur la partie non concédée de l’autoroute A31. Pour l’avenir, j’aimerais finir mon projet RN 4 et pouvoir transmettre mon expérience. Je crois que je vais rester ici. »
 
La mission StarITPEtrek constate avec une grande amertume comment l’administration s’échine à détruire des services que les agents comme Anne se sont décarcassés, avec succès, à faire fonctionner. Les DIR en sont un exemple particulièrement emblématique dont le fonctionnement raisonné par itinéraire permettait de ménager l’homogénéité et la qualité des grands axes routiers nationaux non concédés. La loi 3DS (pour destruction systématique ?) qui a fait un flop retentissant, était inutile et néfaste car elle a déstabilisé sans raison les services et les agents.
 

« Une difficulté, un projet compliqué… même pas peur ! »

Véronique MAZOYER

Véronique MAZOYER est directrice de l'immobilier de la “Région académique Grand Est“ pour le ministère de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur à Nancy.

« J’ai un puissant faible pour la gestion de projet ! »
Véronique vient d’un système planétaire nettement plus au sud que la Lorraine car elle est originaire de la planète FR 26 - Drôme et plus particulièrement de la colonie de Crest. Notre Drômoise couronne une scolarité plutôt réussie par un baccalauréat scientifique C et s’oriente naturellement vers les classes préparatoires de la colonie préfecture Valence. « J’étais boursière, fille de postier, et le service public me motivais bien plus que l’industrie ou le commerce. Parmi des écoles où j’ai été admise, l’intérêt pour le service public et l’autonomie financière dans les études ont emporté ma décision d’intégrer l’ENTPE. »
De fait, Véronique fait partie de la 41e promotion de l’ENTPE (1996) avec voie d’approfondissement “Aménagement et gestion urbaine“ qu’elle complète par un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) “Urbanisme, aménagement et gestion de la Ville“ de l’Institut d'Urbanisme de Lyon (FR 69). « Mon mari David appartient aussi à la 41e promotion de l’ENTPE où nous nous sommes rencontrés et nous avons, bien sûr, construit deux parcours professionnels aussi parallèles géographiquement que possible ! »
Parmi les postes dits “obligatoires“ en sortie d’école, Véronique ayant intégré le département 63 dans sa liste de choix, se voit partir en première affectation comme adjointe au chef de la division “Environnement industriel et sous-sol“, au sein de la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE) Auvergne à Clermont-Ferrand (FR 63 - Puy-de-Dôme).
« Une immersion dès mon premier poste dans tout autre chose que le ministère de l’Équipement, dans l’industrie et ses usines ! Grâce aussi à un réseau métier DRIRE très présent, j’ai pratiqué la règlementation des carrières et des installations classées pour la protection de l’environnement, l’enjeu santé au travail (silicose des carriers, amiante dans l’industrie), le portage de la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie. Une solide entrée en matière ! »
En 1999, le couple émigre vers FR 03 - Allier et Véronique rejoint les rangs de la DDE à Moulins-Yzeure comme cheffe du bureau “Informatique et télécommunication“. « J’ai beaucoup aimé cette époque qui a vu l’arrivée d’Internet, de la téléphonie IP et de la messagerie “Mélanie“ De grands changements à mettre en oeuvre ! J’ai eu aussi l’occasion d’assurer l’intérim de l’unité “Logistique“ de la DDE. Les activités support méritent le respect ! »
En 2003, Véronique a l’opportunité de prendre le poste de cheffe du bureau des constructions publiques (CP) de la DDE 03. « Pour moi, une excellente occasion de continuer à mettre en pratique mon goût pour la gestion de projet cette fois ci dans un métier traditionnel de TPE avec notamment la conduite d’opération de la création du centre national du costume de scène dans une ancienne caserne à Moulins. »
Puis, Véronique devient en 2005 chargée du pilotage de l'ingénierie à la DDE du Rhône. « Un poste rendu nécessaire par l’abandon de la maîtrise d’oeuvre et par le portage de l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) pour harmoniser les méthodes et élaborer une stratégie d'intervention sur le conseil en aménagement. »
En 2007, le couple se pose sur FR 57- Moselle et sa colonie principale de Metz. Véronique rejoint les rangs de la DDE 57 comme responsable de la subdivision territoriale de Metz. « J’ai assuré aussi un intérim long et multiple de la subdivision de Thionville et vécu le “crépuscule des subdivisions“ avec l’abandon par l’État de l’ingénierie publique territoriale, et la création de la DDT… »
Véronique décide en 2013 d’intégrer les effectifs de la DREAL Lorraine au poste de responsable de la division “Intégration de l’expertise et planification « une découverte des enjeux de biodiversité, des espèces protégées, portage de la politique de l’air, des carrières et du bruit permettant une intégration d’une vision transversale sur les projets d’aménagement » puis de la mission “Plan de rénovation énergétique de l’habitat et bâtiment santé“ en DREAL Grand Est. « Un poste à fort enjeux sur la seconde période plutôt orientée bâtiment avec notamment la poursuite de l’animation, avec l’agence régionale de santé (ARS) et Atmo Grand Est, du plan régional “Santé Environnement“. Il comportait également l’animation des politiques de rénovation énergétique de l’habitat et le portage du développement des filières vertes et matériaux biossourcés. »
Challenge relevé puisque Véronique est promue ingénieure divisionnaire en 2017. Elle concrétise cette promotion par une mutation au ministère de l’Éducation Nationale comme directrice du patrimoine et de l’action immobilière du Rectorat de Nancy-Metz. « Après avoir notamment assuré la maîtrise d’ouvrage et le pilotage de l’opération “Saurupt“, réhabilitation lourde de l’ancienne école des mines de Nancy pour 30 M€ de travaux avec déménagement des 850 agents du Rectorat, j’ai désormais en charge depuis fin 2024 la direction de l’immobilier de l’ensemble de la Région Académique Grand Est avec l’appui des deux directeurs adjoints de Reims et Strasbourg. »

Pourtant habituée aux navigations périlleuses dans la traversée des champs d’astéroïdes, la mission StarITPEtrek a toujours eu de grandes difficultés pour caler son GPS administratif de la galaxie France; Elle constate que la création des grandes régions a embrouillé encore un peu plus les choses ! Les rectorats ne correspondent toujours pas aux régions et si certaines régions sont désormais académiques, c’est l’ensemble qui ne l’est vraiment pas !

Entre 2 randos dans les contreforts du Vercors pensez à tester le Menu Crestois: Mise en bouche : caillette et saucisse d’herbes
Plat principal : défarde (délicieux plat de tripes d’agneau en petits paquets) Fromages: picodon et foujou
Dessert : Couve de Pâques et verre de clairette de Die tradition.
Vous m’en direz des nouvelles ! 

Véronique MAZOYER


« L’intérêt est d’être en contact avec les gens ! »

Fabrice ARKI

Fabrice ARKI est directeur de l’agence de Nancy de la direction territoriale (DTer) Est du Cerema.

« Je suis passionné par l’intérêt général et engagé pleinement pour le service public ! »
Fabrice est incontestablement alsacien puisque ses racines sont ancrées dans la colonie de Griesheim-sur-Souffel sur FR 67 - Bas-Rhin. Au terme d’une scolarité plutôt réussie, il décroche un baccalauréat S et s’oriente naturellement vers les classes préparatoires scientifiques de la colonie principale voisine, Strasbourg. « Mon goût pour le service public me vient, pour une grande part, de mes parents professeurs, à tel point que j’ai hésité quelque temps à leur emboîter le pas.»
A titre personnel, Fabrice est relativement éclectique puisqu’il est pongiste (de niveau National 3), violoniste et cuisinier… autant d’activités très sollicitantes pour l’organisme et qui pourraient expliquer le bras en écharpe qu’il arborait lors de notre entretien !
Toujours est-il que Fabrice appartient à la 48e promotion de l’ENTPE (2003) avec voie d’approfondissement “Environnement“.
« La formation de l’école est excellente à la fois en terme d’enseignement scientifique mais également pour ses rencontres et son réseau. Elle m’a fait découvrir le domaine de l’eau mais aussi celui des risques que les événements dramatiques du 11 septembre 2001 aux États-Unis et de l’usine AZF à Toulouse le 21 du même mois ont porté au tout premier plan ! Je lui ai consacré une 4e année avec un Mastère Spécialisé en “Gestion des Risques Naturels, Technologiques et Urbains“ de l’institut français des pétroles (IFP) en partenariat avec l’ENTPE. »
En 2004, notre griesheimois connaît une première affectation dans le droit fil de cette spécialisation. Il rejoint l’administration centrale du ministère en charge de l’écologie et son service de “l’Environnement industriel“, comme chargé de mission “Plan de prévention des risques technologiques (PPRT)“. « Un premier poste pas facile mais exceptionnel. Il s’agissait de définir le cadre technique et réglementaire du PPRT avec une équipe de jeunes ingénieurs chargés de passer d’une approche déterministe à une approche probabiliste. Un sujet entier à déchiffrer avec des moyens adaptés ! Je remercie encore mes premiers chefs, exceptionnels, qui m’ont fait confiance et m’ont lancé dans le grand bain ! »
Dans le même temps, Fabrice fonde une famille et c’est une mission évidemment prioritaire pour lui qui se dit “papa poule“ pour ses 4 filles aujourd’hui ! En 2008, il choisit donc d’atterrir sur FR 38 - Isère et devient responsable du bureau du logement privé, délégation locale de l’ANAH au sein de la DDT 38 à Grenoble. « Là, j’ai appris un nouveau métier ! Le plan de relance de l’époque a mobilisé des budgets très importants et le travail avec les collectivités territoriales a été dense. C’est aussi ma première expérience de management avec un service de 10 agents, plutôt positive car j’aime le contact avec les gens. Techniquement, je suis resté connecté à mon précédent domaine en contribuant à l’émergence du programme d’accompagnement des risques industriels (PARI). J’ai pris goût à l’expérimentation. »
Et les risques sont plutôt son territoire ! En 2011 Fabrice rejoint les rangs de la DREAL Rhône-Alpes à Lyon comme chargé de mission “Plan Rhône / vulnérabilité face aux inondations“. « Avec en particulier un important travail de terrain sur le bassin du Rhône pour établir un audit “Vulnérabilité territoriale“ sur la base d’enquêtes réalisées auprès des collectivités locales et des services de l’Etat. »
Promu rapidement ingénieur divisionnaire en 2012, Fabrice en profite pour opérer un retour en région grand-Est. Il intègre le Centre d’Etudes Techniques de l’Equipement (CETE) de Nancy comme chef du groupe “Eau, risques et territoire durable“. « Je découvre les sujets “Eau et risques“ à la tête d’un service de 34 agents dédié aux missions d’étude, d’expertises et d’assistance à maîtrise d’ouvrage à pour le compte de services de l’État, d’établissements publics, de collectivités locales ou de partenaires privés. En janvier 2014, à la création du Cerema, le groupe est naturellement rattaché à sa direction territoriale (DTer) Est. »
En 2016, Fabrice intègre le comité de direction (CODIR) de la DDT 54 comme chef du service “Eau, environnement et biodiversité“ (27 agents), puis, en 2021, chef du service “Environnement, risques, connaissance“ (34 agents). « Une période de 9 années professionnellement très enrichissante avec des activités allant de la police à l’opérationnel en passant par le portage des politiques et le recueil et l’exploitation des données pour produire des outils d’aide à la décision. Je me suis réellement “pris au jeu“ des réunions publiques, de l’animation de la mission inter-services de l’eau et de la nature (MISEN), de la gestion des sécheresses récurrentes. J’ai par ailleurs pris le temps de construire un collectif de travail soudé qui a su répondre aux enjeux du territoire, conduire des projets innovants, des expérimentations locales ou des démarches de bassin de haut niveau. Une grande fierté au final est d’avoir réuni mes interlocuteurs de tous bords, agriculteurs, associations, préfet, administrations, élus, etc., sans exception … à mon pot de départ ! »
En 2023, Fabrice est promu ingénieur des TPE Hors-Classe. Il réintègre en 2024 la DTer Est du Cerema mais cette fois comme directeur de l’agence de Nancy, son poste actuel. « Pour moi c’est une suite logique à mon parcours, un nouveau un défi à relever, en accord avec mes valeurs afin d’agir concrètement pour répondre au défi climatique; je compte m’y consacrer pour plusieurs années, pourquoi pas jusqu’à ce que toutes mes filles aient quitté le nid familial … à moins évidemment d’une opportunité très motivante ! »

L’expertise de haut niveau incarnée par Fabrice et tant de spécialistes et d’experts au sein de l’administration française est absolument indispensable à la collectivité nationale pour affronter les défis particulièrement relevés qui l’attendent au titre notamment de la transition écologique et énergétique. La mission StarITPEtrek suggère toutefois au gouvernement d’interdire définitivement à ses experts la pratique simultanée du ping-pong, du violon et de l’art culinaire afin d’en préserver l’intégrité et la robustesse …


« Marathonienne … tendance “Bâtiment“ ! »

Isabelle VINEL

Isabelle VINEL est cheffe du département de l’Immobilier de Nancy au sein du ministère de la Justice.

Isabelle s’entraîne régulièrement pour participer à un marathon par an et, comme si cela ne suffisait pas, elle réalise régulièrement quelques courses en haute-montagne et a d’ailleurs déjà fait l’ascension du Mont-Blanc ! Elle est originaire des Vosges (FR 88) et plus particulièrement de sa colonie - préfecture, Épinal où elle déroule une scolarité plutôt réussie, couronnée par un bac scientifique avec mention et poursuivie naturellement par les classes préparatoires spinaliennes.
« En fait, je ne savais pas du tout ce qu’était un ingénieur et je n’avais aucune idée sur la fonction publique. Je voulais être prof de Maths et j’ai adoré la Taupe ! »
Mais Isabelle fait le choix d’intégrer la 43e promotion de l’ENTPE (1998) et opte pour une voie d’approfondissement “Bâtiment“. « J’ai choisi l’ENTPE pour l’autonomie financière que procure le statut de fonctionnaire dès l’école. Incontestablement un très bon choix car j’ai beaucoup appris sur toutes les nuances du métier que j’allais pratiquer, notamment sur la déontologie et les sciences humaines. Je crois que j’ai bien compris ce qu’on allait nous demander ! »
Pour sa première affectation, paradoxalement, Isabelle choisit le domaine “Voiries et réseau divers’. En 1998, elle rejoint les effectifs de la DDE des Vosges comme responsable du bureau d’études “Équipements des collectivités locales“ de l’arrondissement de Saint-Dié. « Ce n’est pas que je voulais absolument rentrer chez moi, mais personne n’était intéressé par les Vosges ! Pour moi, il s’agissait un peu d’une reconversion dans les VRD, mais aussi, et surtout, d’une première immersion en management avec une excellente équipe de 12 personnes. Une très bonne entrée en matière ! »
En 2001, alors que se profile l’abandon de l’ingénierie territoriale publique, Isabelle se marie et rejoint son conjoint sur FR 54. Elle intègre les effectifs de la DDE de Meurthe-et-Moselle comme responsable de la subdivision territoriale de Toul. « Une affectation qui m’a permis de bien concilier vies personnelle et professionnelle. Sans quitter l’opérationnel, j’ai complété mon bagage avec l’urbanisme, le droit des sols, l’appui aux collectivités et l’exploitation des routes nationales et départementales sur un territoire de 65 communes, principalement rurales, tout en étoffant mon management à la tête d’une subdivision de 40 personnes. »
Une étape à l’évidence marquante pour Isabelle, d’autant que dans le même temps sa famille s’agrandit de 3 enfants ! Les restructurations liées à la décentralisation s’enchaînent et ce poste en subdivision territoriale disparait pour les ITPE en 2007 ! Au sein de la DDE 54, Isabelle décide donc de rejoindre le poste de responsable de la subdivision base aérienne (BA) de Nancy-Ochey qui devient, en 2008, “Unité infrastructures aéronautiques (UIA)“ de la toute jeune DDT 54, par regroupement des subdivisions des BA de Nancy-Ochey et Metz-Frescaty.
« J’avais pris goût aux bases aériennes dès les stages de 2e année de l’ENTPE en faisant fonction de contrôleur lors de la réalisation d’une piste civile sur l’atoll de AHE dans l’archipel des Tuamotu en Polynésie Française, mais là ce n’était plus tout à fait Robinson Crusoé
! Avec un effectif de 80 agents dont une cinquantaine d’ouvriers, j’avais en charge le maintien en condition opérationnelle des infrastructures des bases aériennes, l’exploitation maintenance des sites et la gestion du domaine aéronautique de l’Armée de l’Air. Quelques chantiers d’importance pimentaient également notre plan de charge comme l‘aménagement d’une centrale photovoltaïque sur le terrain d’une ancienne base aérienne, projet suivi de très près par madame MORANO, ministre et député… »
Une étape très copieuse donc qu’Isabelle achève au poste d’adjointe au chef de l'unité de soutien de l'infrastructure de la défense (USID) de Nancy au ministère de la Défense au moment du transfert de la compétence aéronautique militaire à ce ministère, compétence détenue, par cohérence avec les bases civiles, par le Ministère de l’Equipement depuis l’après-guerre. « Ce fut l’occasion de passer du statut de travailler « pour » à travailler « au sein de », ça change beaucoup de choses ! »
Heureusement rapidement promue ingénieure divisionnaire, Isabelle rejoint en 2011, les rangs de la délégation territoriale de Nancy de l’agence nationale du contrôle du logement social (ANCOLS) comme inspectrice auditrice. « Il s’agissait de contrôler et d’évaluer, sur pièce et sur place, la gouvernance et la stratégie, les politiques sociale et patrimoniale des organismes de logement social. Une excellente étape au cours de laquelle je n’ai pas vu le temps passer dans une cohésion parfaite avec mes collègues et ma hiérarchie ! »
Mais l’ANCOLS se restructure en 2019 et ferme son agence de Nancy… En janvier 2020, Isabelle prend son poste actuel au ministère de la Justice. « Quand j’ai eu connaissance de la fiche de poste, je me suis dit que c’était exactement ce que je voulais faire ! Un poste “pur bâtiment“ axé sur la mise en œuvre du programme d’investissement immobilier du ministère de la Justice en région Grand-Est (tribunaux, locaux de la protection judiciaire de la jeunesse et de l’administration pénitentiaire sauf les prisons). Au total, une cinquantaine d’opérations à piloter, souvent sur des bâtiments classés, sur des établissements recevant du public (ERP), et avec des travaux en site occupé. Un boulot plus que passionnant avec une excellente équipe d’une douzaine de personnes ! »
 
« Si vous voulez courir, courez un mile. Si vous voulez vivre une vie différente, courez un marathon ! » Un adage d’Emil ZATOPEK, grand coureur de fond des années 50 que ne démentirait sans doute pas Isabelle.
Mais de là à vivre, comme elle, une vie différente tous les ans ! La mission StarITPEtrek aurait tendance à y perdre son souffle, alors que par les temps qui courent (et ce sont bien les seuls !), d’après certains plaisantins, elle ne manque pas d’air !
 

« De l’opérationnel pour un monde plus sobre et plus robuste ! »

Pierre SIBI

Pierre SIBI est responsable de l’agence “Nord-Est“ de la société PNE France à Nancy

« Je mesure la richesse du chemin parcouru, des rencontres faites »
Pierre a incontestablement ses racines plantées en Moselle. Natif de Metz (FR 57), il y passe la première partie de sa vie enchaînant scolarité, baccalauréat S avec mention en 2000 et classes préparatoires scientifiques.
« Avec une mère enseignante, j’avais acquis la culture du service public et j’ai ressenti très tôt un intérêt marqué pour les projets d’aménagement du territoire, les infrastructures routières, et plus largement la vie dans les territoires. L’ENTPE faisait donc partie de mes cibles, au même titre que l’ENGEES (école nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg). »
Et ce sera donc bien l’ENTPE dont Pierre intègre la 50e promotion (2005) avec le choix d’une voie d’approfondissement “Gestion“.
« Cette option m’intéressait par sa vision transversale à la fois technique administrative et financière ainsi que pour son volet “Management“. »
[ NDLR : Un tantinet prémonitoire au regard de la situation actuelle de Pierre ! ]
En août 2005, Pierre inaugure son parcours professionnel par une voie légèrement différente puisqu’il rejoint, en administration centrale, la délégation interministérielle à la sécurité routière, comme chargé d’études au sein de l’Observatoire national interministériel de sécurité routière à La Défense (FR 92). « J’ai attaqué la pyramide par le haut ! « J’étais pratiquement sous l’autorité directe du délégué interministériel de l’époque Rémy HEITZ qui est aujourd’hui procureur général près la Cour de Cassation. J’avais en responsabilité la veille scientifique internationale et l’évaluation des mesures de sécurité routière et je participais aux travaux du Conseil national de la sécurité routière ; un poste particulièrement riche à un niveau très stratégique et dans un contexte où la lutte contre l’insécurité routière est un des trois chantiers présidentiel du quinquennat de Jacques Chirac. Hormis l’absence de management, ce fut pour moi une excellente entrée en matière de haute volée et très musclée !. »
Fidèle au domaine routier, Pierre intègre, en 2009, les effectifs de la direction interdépartementale des routes (DIR) Est comme chef du district de Nancy. « Je ressentais le besoin de plus d’opérationnel et les DIR, créées deux ans plus tôt, étaient particulièrement attractives. Je n’ai pas été déçu. Gérer l’exploitation et l’entretien de 250 km de routes nationales avec un effectif de 110 agents dont une centaines d’agents d’exploitation, me convenait parfaitement d’autant plus que j’étais de retour dans ma région. »
Donc pas question pour Pierre de quitter l’opérationnel ! En 2012, au sein de la DIR Est, il devient chef de projet des études et des travaux de l’opération d’infrastructure routière nouvelle VR 52, un ensemble de 80 M€ portant sur 4 km de 2X2 voies avec trémie, situé à 15 km au Nord de Metz avec objectif de mise en service en 2022. « Une chance pour moi d’être chargé de ce très gros projet, d’autant qu’il s’agit sans doute du dernier de cette importance sous maîtrise d’oeuvre État. »
Challenge relevé puisque Pierre est promu divisionnaire avant la mise en service de VR 52 ! En 2017, il concrétise la promotion en rejoignant les cadres de la DDT de la Moselle comme adjoint au chef du service “Aménagement, biodiversité, eau“. « Une transition assumée sans trop de difficulté car sur des projets comme VR 52, la prise en compte des enjeux environnementaux était essentielle. Malgré tout, la posture régalienne me convenait un peu moins, à l’exception de l’accompagnement des projets structurants comme l’implantation d’AMAZON au sud de Metz ou celle de l’usine de cellules photovoltaïques HOLOSOLIS près de Sarreguemines. »
Mais le goût de l’opérationnel est le plus fort ! Pierre, sensibilisé aux enjeux des transitions écologique et énergétique, a décidé de sortir des chantiers (chantiers ou sentiers ? )battus. Après accord de la commission nationale de déontologie, il s’est positionné depuis 2024 en disponibilité de l’administration pour prendre la direction de l’agence Nord-Est de la société PNE, ses fonctions actuelles.
« Question opérationnel, j’ai ce qu’il me faut avec une dizaine de projets en développement et une dizaine de pré-études. PNE France est la filiale française, du groupe allemand PNE (Pure New Energy) basé à Hambourg dont l’activité en France se répartit désormais en 2/3 éolien et 1/3 photovoltaïque. j’ai évidemment beaucoup de contact avec les collectivités territoriales et avec les propriétaires fonciers. Pour l’avenir, j’entends bien poursuivre le plus longtemps possible sur cette voie qui est au coeur de l’actualité pour bâtir un monde plus sobre et plus robuste. »
 
La mission StarITPEtrek considère toujours avec une attention particulière les choix atypiques comme celui de Pierre, d’autant, qu’au cours d’un siècle précédent, le commandant de bord de l’ISS ENTerPrisE a lui aussi décidé d’emprunter une bretelle de sortie de l’autoroute de la fonction publique pour prendre la direction d’une société privée. Une expérience particulièrement riche d’enseignements, même si cette route là peut s’avérer nettement plus chahutée…
Elle souhaite à Pierre bon vent et grand soleil pour ses projets !
 
Du chantier présidentiel de la lutte contre l’insécurité routière à la loi d’accélération pour la promotion des énergies renouvelables et aux enjeux de transition énergétique et écologique, en passant par la création des DIR ou encore le zéro artificialisation nette (ZAN), j’ai pu contribuer à la mise en œuvre de grandes politiques publiques nationales et aussi, ou surtout, être acteur de projets d’aménagement structurants dans les territoires.
A la mi-temps de ma carrière », terme que j’affectionne pour être un grand amateur de sport et avoir été arbitre de football jusqu’aux portes du niveau national, je mesure la variété des activités et la richesse des rencontres offertes par les années de formation à l’ENTPE.
Pierre SIBI

 

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64