Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Moselle (57)

Published on July 9, 2026

Voyage 5 : Une forte inclination pour la Moselle . . . !

« L’arbre tombe toujours du côté où il penche ! » (Proverbe français)

L’exploration de toute planète jusqu’alors inconnue, comme FR57-Moselle suscite au sein de l’équipage de l’ISS ENTerPrisE un pic de curiosité scientifique et une attention toute particulière aux ressentis environnementaux.
Les premiers pas hors de l’astroport de la colonie principale de Metz n’ont pas échappé à la règle et certains “détails“ ont immédiatement pimenté les débats au sein de la mission StarITPEtrek.
Il est clair que les habitants de FR57 ont tenu à préserver le contexte naturel de leur implantation située initialement sur la colline de Sainte-Croix en bordure du fleuve “La Moselle“.
Dès le premier jour d’exploration la mission s’est livrée à deux observations pour le moins surprenantes :
En premier lieu, dès les premiers pas dans les espaces verts du site, l’identification d’un arbre dont le feuillage s’inclinait gracieusement vers le fleuve soit en signe de respect, soit qu’il ait eu un besoin irrépressible de se laver la tête ! L’analyse scientifique nous dira s’il s’agit pour l’arbre d’une inclination respectueuse pour le fleuve ou plus prosaïquement d’un souci d’hygiène du feuillage ?
Et puis, la découverte d’espèces d’oiseaux endémiques que la mission a baptisé respectivement “héronus et canardus dahutis“. Une mutation très originale au fil des siècles les a dotés de pattes de hauteur différentes leur permettant de s’adapter aux déplacements sur les plans inclinés des seuils d’écoulement de la rivière. L’hypothèse est émise que cette adaptation confère de facto à ces espèces le statut d’oiseau migrateur car une patte plus courte que l’autre les empêche irrémédiablement de se gratter la moitié du dos !
D’habitude plus encline à privilégier la rigueur scientifique au ressenti instinctif, en fin de son séjour sur FR57 la mission StarITPEtrek a réalisé qu’elle développait un net penchant pour cette planète avec la découverte du plan incliné de Saint Louis-Arzviller !
Cet ouvrage est un véritable ascenseur à bateaux qui participe à relier le bassin de la Seine à celui du Rhin par le canal de la Marne au Rhin comme l’avait décidé initialement le roi Louis XVI en confiant ce vaste projet à ses ingénieurs des Ponts et Chaussées, notamment son principal concepteur : Charles-Etienne Collignon.
Un obstacle majeur était évidemment le franchissement du massif des Vosges. Jusqu’en 1969, le passage nécessitait la manoeuvre de 17 écluses sur environ 4 km pour un dénivelé de 44 mètres. Conçu par l’ingénieur général des Ponts et Chaussées Robert Vadot, le plan incliné permet d’avaler ces 44 mètres en quelques minutes, là où une dizaine d’heures étaient nécessaires avec les écluses.
Par un simple mais délicat et génial système de contre-poids, les péniches prennent l’ascenseur portées dans leur élément par une immense baignoire. La manoeuvre est encadrée par les agents de “ Voies Navigables de France“. Une petite merveille technique qui ne peut que réjouir l’ingénieur !
 
Au final, pour étudier correctement ce penchant naturel à l’inclinaison identifié en Moselle par la mission StarITPEtrek, son commandant de bord a participé une réunion de travail avec quelques experts locaux et nationaux triés sur le volet. Après s’être longuement penché sur la question, les conclusions du groupe sont tout aussi nettes que les participants :
Les ingénieurs des TPE développent ici comme ailleurs une inclination farouche à la convivialité, et sans modération !
 
Merci encore à Etienne, Véronique, Laurent, Gwenael, Luc !

« Evoluer en permanence ! »

Etienne CHASSAGNEUX

Etienne CHASSAGNEUX est responsable d’opérations routières (Etudes - A31bis) au sein du service “Transports“ de la DREAL Grand-Est à Metz.

Cela ne s’invente pas, Etienne est originaire de Saint-Etienne ! Natif plus particulièrement de la colonie d’Andrézieux - Bouthéon sur FR42 - Loire, il assume parfaitement d’être complètement gaga !… (cf article “ Voyage 42“)
Forcément avec une mère architecte et un père cadre dans l’entreprise d’ingénierie EGIS, Etienne développe assez tôt une certaine fibre scientifique qui, au terme d’une scolarité fructueuse l’oriente naturellement vers les classes préparatoires du lycée Claude Fauriel de Saint-Etienne.« J’avais classé l’ENTPE assez haut dans la liste de mes objectifs. J’ai ensuite opté pour le statut de fonctionnaire qui me permettait d’acquérir l’autonomie financière le plus tôt possible.
Etienne intègre donc la 67e promotion de l’école (2022) et choisit une voie d’approfondissement “Génie civil“. « A l’époque, je me voyais plutôt développer mes compétences dans les sciences “dures“. Aujourd’hui, je réalise combien les sciences dites “molles“ ont aussi leur place dans le quotidien de mon activité professionnelle. Il est nécessaire de savoir évoluer en permanence !»
En sortie d’école, pour Etienne se présente un choix d’affectation entre FR86 à Poitiers et FR 57 à Metz. « Sans préférence particulière, j’ai opté pour Metz car j’y retrouvais une bonne part de mes copains de l’ENTPE. Je ne regrette rien car mon premier poste est particulièrement intéressant et motivant avec, en plus, un contexte professionnel excellent sur un territoire en développement.»
Pour son premier poste, Etienne est en charge de la maîtrise d’ouvrage d'un projet routier particulièrement sensible notamment sur le plan économique, Il s’agit d’améliorer la capacité de l’autoroute A31, l’un des principaux axes européens qui relie en Nord-Sud la France au Luxembourg, à l’Allemagne et à l’Europe du Nord. « J'assure le pilotage et le suivi technique et financier (maîtrise d’ouvrage) de cette opération routière, en tenant compte des enjeux politiques, environnementaux et socio-économiques. »
Passionné de musique, Etienne compare son travail à celui du « chef d’orchestre qui ne sait jouer d’aucun instrument mais auquel il appartient de connaître la nature de chacun d’entre eux pour les coordonner et les faire avancer ensemble. Il s’agit de développer durablement le réseau routier national tout en considérant l'ensemble des acteurs du territoire et leurs enjeux respectifs, et le tout pour un coût acceptable aux yeux du ministère. »
Un premier projet de doublement d’A31 par une autoroute A32 entre Toul et la frontière franco-luxembourgeoise a fait l’objet à partir des années 90 de nombreux débats tant au sujet de son tracé que de son phasage. Il a été officiellement abandonné en 2010 par le schéma national des infrastructures de transport (S.N.I.T) au profit de l’amélioration des axes existants. « Pour l’anecdote, lors de ma première rencontre avec l’Ingénieur Général de la zone Nord-Est, immédiatement après ma prise de poste, sa première phrase a été « Vous êtes un jeune ingénieur, mais sachez que cette autoroute ne sera toujours pas mise en service lors de votre départ à la retraite ! » »
« L’aspect essentiel et le plus intéressant de mon travail est de devoir porter un regard polyvalent sur tous les aspects du projet et leurs impacts sur le territoire et l’environnement. Pour ce faire, je dois concilier la réalité de terrain avec les outils administratifs à ma disposition pour mener à bien cette opération, les études ou travaux étant bien souvent externalisés. Je suis entouré d'un vaste panel de partenaires ou prestataires dont les missions doivent être appréhendées et coordonnées par le responsable d'opérations afin de présenter un projet abouti. L’ensemble comporte, entre autres, l’élargissement de l’A31 à 2 fois 3 voies entre Nancy et Metz et entre Thionville et la frontière, et une section neuve comprenant un tunnel de 2,5 km ! »
« A titre personnel, c’est, à la fois, une magnifique découverte, un très beau projet mais aussi un vrai challenge qui me confronte à de nombreux interlocuteurs (élus, acteurs économiques, associations, acteurs environnementaux, etc.). Sa gestion m’oblige à ne jamais réfléchir en vase clos et à aborder notamment les modalités de participation citoyenne. Cela m’a évidemment ouvert les yeux bien au-delà des sciences dures choisies à l’école. »
 
Avec Etienne la mission StarITPEtrek encourage l’ENTPE à développer les approches citoyennes des métiers des ingénieurs des TPE. Il s’agit bien sûr de s’orienter vers une cohabitation et une complémentarité des réflexions “dures“ et des démarches “molles“. Il s’agit sans aucun doute d ‘améliorer encore la souplesse et l’adaptabilité des futurs ingénieurs Toujours Prêts à Évoluer !
 
Pour ma part, je n’ai pas de marraine en Lorraine, mais c’est loin en effet !
Et pourtant, alors que je n’y avais jamais mis les pieds, je dois reconnaître que je me suis très vite plu dans cette région pleine de charme et chargée d’histoire. On m’avait mis en garde contre une soi-disant « mentalité germanique » ; j’ai au contraire été très agréablement surpris par l’ouverture et la bienveillance des Mosellans. Il m’arrive certes d’entendre quelques « Arbeit ! » fuser au bureau, mais cela relève davantage du trait d’humour que de l’injonction – enfin je crois -.
J’ai également retrouvé plusieurs points communs avec ma Loire natale : un passé minier et industriel marqué, mais aussi une forte interdépendance avec un pôle économique voisin. Comme des milliers de frontaliers se rendent chaque jour au Luxembourg, de nombreux Ligériens effectuent quotidiennement le trajet entre Saint-Étienne et Lyon. Cet exemple venait d’ailleurs illustrer plusieurs cours lors de ma formation à l’ENTPE.
Etienne CHASSAGNEUX
 

 « L’expertise en prise directe avec la décision en collectivité ! »

Maxime LE CORRE
Maxime LE CORRE est responsable du pôle “ Mobilités“ au sein des services de l’Euro-Métropole et de la Ville de Metz.
 
Maxime, comme son nom semble bien l’indiquer, est parfaitement breton puisque natif de la colonie de Pluvigner sur FR56 - Morbihan…
Mais, comme chacun sait, de tout temps le breton est voyageur. Baccalauréat en poche, il choisit une classe préparatoire “Agro“ au lycée Camille Guérin à Poitiers sur FR 86. « Si j’ai eu le plaisir de découvrir la ville de Poitiers, je me suis aperçu aussi que je ne voulais pas être vétérinaire, pas plus que de travailler pour l’industrie agro-alimentaire ! »
C’est par l’intermédiaire de son colocataire que Maxime obtient des informations sur l’ENTPE, à la suite d’une “Info-taupe“ et qu’il est amené à consulter la plaquette de promotion de l’école.
« La diversité des domaines accessibles et mon attrait pour les sujets de l’environnement m’ont orienté vers cette voie, et je ne regrette pas mon choix ! »
Maxime rejoint donc la 57e promotion de l’ENTPE (2012) et opte pour la voie d’approfondissement “Transports“ après avoir hésité sur la VA “Environnement“. « Je dois avouer avoir été assez critique sur l’enseignement, notamment sur des matières dont je ne voyais pas l’intérêt. En fait, c’est rétrospectivement, avec l’expérience professionnelle, que je lui reconnais finalement beaucoup d’aspects positifs. Il me semble notamment que la grande force de l’ENTPE est de nous apprendre à communiquer et à organiser notre opinion. »
Il faut croire qu’effectivement Maxime a trouvé son chemin, puisqu’il enchaîne en 2012 avec un Master II “Cité et mobilité“ des universités de Paris-Est, de l’École Nationale des Ponts et Chaussés, et de l’Institut d’Urbanisme de Paris.
En 2013, à l’instar des “compagnons du tour de France“ pour se perfectionner, Maxime rejoint sa première affectation sur FR33 à Bordeaux où Il intègre les effectifs du Cerema Sud Ouest comme chargé d’études “Modélisation et évaluation des projets de Transports“. « Là, j’ai appris à “toucher du doigt“ la maîtrise d’ouvrage en travaillant sur des projets sensibles tels que la mise à 2 fois 3 voies de la Rocade de Bordeaux, ou sur la désormais célèbre autoroute A69 Castres-Toulouse ! Avec la transformation du Cerema et son rapprochement des collectivités territoriales, je me suis pris d’intérêt pour l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) et donc pour la traduction de la commande politique. »
C’est une circonstance plus personnelle qui va pousser Maxime à poursuivre son parcours en terre Mosellane car son épouse est originaire de FR 10 - Aube et de sa colonie principale Troyes. En 2016, il intègre donc l’organigramme du Cerema Est à Metz comme chargé d’études “ Analyse et connaissance de la mobilité“.
« A cette époque, je tenais à rester dans l’expertise et je me suis plongé dans les recherches sur les données GPS et leur exploitation informatique pour la mobilité. Au final, j’ai obtenu la reconnaissance d’expert en “Transport, sécurité et mobilité“ par le comité de domaine du ministère de la Transition Ecologique. »
Mais Maxime ne veut pas courir le risque de s’enfermer dans une voie sans réelle issue concrète. « Lors de mes recherches, j’avais échangé avec de nombreux prestataires ainsi qu’avec d’importantes collectivités comme Strasbourg et Metz notamment. Petit à petit, j’ai aspiré à me rapprocher de la mise en oeuvre opérationnelle de cette expertise. »
En 2019, Maxime est recruté en détachement par l’Euro-métropole de Metz, au sein de la direction “Mobilité et espaces publics“ comme chef du service “Nouvelles mobilités“. « A l’origine, une unité de 4 personnes positionnées sur des thèmes “Piéton, vélo et stationnement“ en croissance auxquels sont venues s’ajouter progressivement l’implantation des bornes de recharge électrique et la reprise de la gestion directe de certains parkings. »
Depuis 2024, Maxime est ingénieur divisionnaire des TPE, toujours en détachement, sur son poste actuel de responsable du pôle “ Mobilités“ au sein de la collectivité.
« Je dirige désormais huit personnes et sont venus s’ajouter à notre plan de charge antérieur la gestion du plan de déplacement urbain (PDU) et la maîtrise d’ouvrage de la passerelle piéton et vélo “Wadrineau“ qui reliera le campus du Saulcy à la véloroute La Voie Bleue. J’apprécie particulièrement d’être en prise directe avec la décision! »
 
Maxime nous semble bien avoir trouvé de nouvelles racines en Moselle mais l’expérience de la mission StarITPEtrek montre que les racines bretonnes sont difficiles à arracher du granit armoricain. L’avenir et peut-être les prochains épisodes de notre grande saga intergalactique nous dira s’il a abandonné pour longtemps toute velléité d’être un Ingénieur Décidément Toujours Prêt à Emigrer !

« Une carrière riche alternant l’opérationnel et le stratégique ! »

Philippe GOEDERT

Philippe GOEDERT est directeur de l’agriculture et de l’aménagement des territoires du Conseil Départemental de la Moselle à Metz.

Philippe est incontestablement un des “régionaux de l’étape“ rencontrés par la mission StarITPEtrek sur FR57. Il est en effet natif de Thionville et ne s’est guère écarté de sa Moselle que dans les départements voisins de la nébuleuse “Grand Est“. Il ne se destinait pas vraiment à la carrière d’ITPE car il conclut son cursus secondaire par un baccalauréat technologique.
« En fait, j’ai eu très tôt un intérêt prononcé pour les cartes et donc pour la géographie de l’espace et la planification, notamment dans ses applications aux domaines des transports et de l’économie qui m’ont naturellement guidé vers des études en lien avec l’aménagement du territoire. »
De fait, de 1988 à 1991, Philippe fréquente les bancs de l’université de Metz et obtient, successivement et avec mention “Très bien“, une maîtrise de géographie et un D.E.S.S. “Aménagement et défense“. « C’est au cours d’un stage à la Direction Régionale de L’Équipement (DRE) de Lorraine que mon ’attention a été attirée par un panneau “Le ministère recrute…“.
Philippe entre donc en 1991 au ministère de l’Équipement par la voie du concours de recrutement exceptionnel d’ingénieurs des ITPE axé sur la politique de la Ville.
Après avoir satisfait à ses obligations militaires pendant 10 mois, Philippe intègre la formation “accélérée“ à l’ENTPE et sa 36e promotion.
« Une formation sous le signe de l’apprentissage en alternance à l’école et dans les services. Je l’ai trouvée particulièrement profitable car la pratique confortait l’acquis théorique. C’était se faire plaisir en s’enrichissant dans plusieurs domaines ! »
En 1992, pour sa première affectation, Philippe rejoint la DDE du Haut-Rhin à Colmar (FR68) comme chargé d’études générales à l’Atelier d’Urbanisme. « Une très bonne entrée en matière au contact des élus et des collectivités. Et, dans mon périmètre d’études de plans d’occupation des sols, un fleuron de notre patrimoine, la commune de Saint-Hippolyte et son château du Haut-Koenigsbourg »
Mais repris par l’attraction mosellane, Philippe est de retour en 1995.à la DRE Lorraine à Metz, comme chargé d’affaires au sein de la division “Aménagement - Transports“. « J’ai saisi l’opportunité d’autant que je souhaitais développer mes compétences dans le domaine des Transports et, à terme, prendre la tête d’une subdivision territoriale en DDE essentiellement pour l’opérationnel. »
Pour Philippe, l’opérationnel se concrétise en 2000. Il intègre les effectifs de la DDE de Moselle comme responsable du bureau d’études “VRD“ au sein du “Service d’aide aux collectivités“. « Après l’Urbanisme et les Transports, mon intention était de renforcer mes compétences techniques sur le domaine routier ainsi que sur les réseaux secs et humides. Nous étions en appui direct des subdivisions territoriales pour réaliser les études de maitrise d’œuvre des projets des communes. »
Mais c’est une opportunité un peu différente qui se présente à Philippe en 2004. Il rejoint le Service de la Navigation Nord-Est, comme responsable de la subdivision de Nancy. « Il s’agissait d’entretenir et d’exploiter 110 km de canaux avec un effectif de 86 agents. L’un des challenges sur ce poste était la mise en place d’un système de management environnemental (SME) pour acquérir la certification ISO 14001 sur l’entretien des berges par des techniques végétales innovantes »
Objectif atteint puisqu’en 2007 Philippe est promu au grade d’ingénieur divisionnaire des TPE et intègre la Préfecture de Région, au Secrétariat Général pour les Affaires Régionales (SGAR) comme chargé de mission “ Infrastructures, Logement et Belval “. « “ Alzette - Belval “ est une Opération d’Intérêt National sur un territoire frontalier du Luxembourg destinée à renforcer les infrastructures de communication et les services entre les collectivités françaises et luxembourgeoises tout en développant des quartiers nouveaux sur des friches industrielles destinés à loger les travailleurs frontaliers de plus en plus nombreux. Un ensemble financièrement très important, politiquement sensible … mais aussi administrativement complexe comme permettre l’encaissement par la Trésorerie Générale du chèque de participation du Gouvernement luxembourgeois à la réalisation d’une déviation à 2x2 voies pour un montant de plusieurs millions d’euros ! » Philippe aura également participé au bouclage financier et à la préparation de l’arrivée du TGV-Est, la gestion du volet mobilité du CPER Lorraine, la suppression du poste frontière sur l’A31 et bien d’autres dossiers tout aussi passionnants.
De nouveau séduit par les sirènes de la navigation, Philippe revient en 2012 au sein de l’établissement Voies Navigables de France comme responsable de l’arrondissement “ Maîtrise d’ouvrage, prospectives et finances “ de la Direction Territoriale Nord-Est du nouvel établissement public. « Un poste très stratégique mais un peu éloigné du terrain et des relations avec les territoires. »
En 2016, Philippe revient au contact des collectivités locales en rejoignant les effectifs de la Direction Territoriale Nord-Est du Cerema comme directeur du développement. « Une opportunité à la création du Cerema dont les objectifs majeurs comportaient notamment le développement des partenariats et de la politique commerciale de l’établissement public tournée vers les collectivités. »
C’est en 2022 que Philippe est recruté par le Conseil Départemental de la Moselle sur son poste actuel. « Je crois que j’avais essentiellement besoin de retrouver le concret du terrain, qui plus est en développant de nouvelles compétences en lien avec le l’aménagement de plusieurs ZAC départementales mais aussi avec le monde agricole, dont la viticulture mosellane présente depuis la Rome Antique! »
 
La mission StarITPEtrek a bien noté que Philippe avait désormais au nombre de ses objectifs, le développement de l’Appellation d’Origine Contrôlée “ Moselle “ qui n’occupe actuellement que 15% de son potentiel territorial. Après dégustation avec modération bien sûr, elle lui assure de tout son soutien dans cette noble tâche !
Plus sérieusement, elle mesure à nouveau toute l’importance pour les collectivités locales du vivier des ingénieurs des TPE pour y recruter des cadres techniques, souvent, comme Philippe, très attachés à leur territoire et fiers de contribuer à leur développement !

« Servir à quelque chose et faire des métiers variés ! »

Alberto DOS SANTOS
Alberto DOS SANTOS est chef du pôle “ Eau Rhin-Meuse “ de la DREAL Grand Est à Metz.
 
Il ne faisait pas très bon vivre au Portugal dans les années 70 sous le joug de la dictature Salazar… La famille d’Alberto fait le choix de l’émigration vers la France et s’installe sur FR57 - Moselle, plus précisément dans les colonies de Créhange et de Faulquemont.
Après une scolarité plutôt réussie, Alberto rejoint les classes préparatoires scientifiques de Nancy sur FR54 - Meurthe-et-Moselle. « Après une session “ Info-Taupe “, j’ai réalisé tout l’intérêt que je portais à l’ENTPE car cette école me permettrait d’aborder des domaines et des métiers variés, avec la certitude de servir à quelque chose ! »
Alberto rejoint donc la 40e promotion de l’ENTPE (1995) et opte pour une voie d’approfondissement “ Gestion“. « A l’époque, je me voyais devoir contrôler les entreprises privées et je voulais autant que possible en comprendre les rouages. »
Ce qui n’empêche pas l’ADN portugais de se manifester… en 1994, Alberto réalise un stage de 5 mois à l’ambassade de France à Lisbonne sur un poste en expansion économique. « Je voulais m’orienter vers une carrière à l’étranger. J’étais pressenti notamment pour le Brésil ou le Portugal en sortie d’école dans le cadre d’une coopération. Mes problèmes de santé m’ont contraint à réviser un peu ma copie… »
Pour garder en quelque sorte un pied à l’étranger, Alberto opte pour une première affectation dans les services de la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE) Alsace à Strasbourg (FR67), comme chef de la cellule “ Énergie “. « J’étais notamment en charge du contrôle des ouvrages hydro-électriques sur le Rhin qui sont tous concédés à EDF. Un poste premier avec un important volet international sur la gestion du fleuve et participation à plusieurs commission sur le Rhin. J’y suis également devenu inspecteur du travail. Une bonne entrée en matière pour laquelle j’ai bénéficié d’un très efficace réseau “ Métier “ ! »
En 1999, Alberto intègre les effectifs du service de la Navigation de Strasbourg au poste de responsable de la cellule “ Affaires Rhénanes,
- études techniques et ouvrage d’art “. « Tout en conservant l’aspect international, c’était un peu un “ grand écart “! Un morceau conséquent avec le management de 10 agents sur la gestion de la navigation sur le Rhin, les ouvrages d’art sur les grands barrages de Lorraine et Franc-comtois, et la restauration des cours d’eau avec le programme LIFE; et pour couronner le tout, la gestion de crise de la méga-crue du fleuve en 1999 ! J’y ai appris l’allemand technique … mais aussi la signification de « C’est toi l’expert ! ». »
Dès lors, Alberto s’engage en 2002 dans une autre direction pour « retrouver les métiers routiers de base des ITPE, et connaître la grande époque des subdivisions qui faisaient tout ! ». Alberto rejoint donc la DDE du Bas-Rhin à la tête de la subdivision territoriale de Molsheim.
« Je suis entré en Routes pour une vingtaine d’années avec ce poste réellement passionnant aussi du fait de ses activités multiples ! »
De fait, Alberto enchaîne les poste de :
. Responsable d’opérations autoroutières au service “Maîtrise d’Ouvrage“ (SMO) de la DREAL Champagne-Ardennes, en 2006. « La création d’autoroutes sont toujours de gros projets passionnants. »
. Chef du service “ Systèmes et réseaux “ à la direction interdépartementale des routes (DIR) Est, en 2009. « Mon premier poste d’ingénieur divisionnaire dans la plus grande DIR de France hors DIR Ile-de-France, à la tête d’un effectif de 30 agents dédiés notamment au pilotage des opérations de gestion du trafic et d’information des usagers particulièrement sur le “ grand tuyau lorrain “ ! »
. Chef du service “ Politiques routières “ de la DIR Est en 2010. « Un super poste stratégique et très exigeant qui m’a valu notamment, en externe, de devenir président du groupe national “ Chaussées “ des DIR.
. Chef du pôle “ Maîtrise d’ouvrage routière de Metz “ en DREAL Grand-Est en 2017. « Un gros travail sur la future autoroute A 31 bis notamment, avec une équipe particulièrement affutée d’une quinzaine d’agents. C’est aussi la fin de mon épisode “ Routes “ ! »
Pour opérer en quelque sorte un retour aux sources mais sans doute aussi pour ne pas se bloquer dans une filière et « mettre le pied à l’étrier dans d’autres domaines de la DREAL », Alberto prend son poste actuel en 2022. « Diriger une dizaine d’agent de catégorie A essentiellement positionnés sur les sujets environnementaux (Directives européennes, Nitrates, Schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau, plans de gestion des risques des inondations, etc.) et devenir représentant du Préfet coordonnateur de Bassin, alors qu’on vient de la Route, je ne dis pas que cela a été simple mais je crois que j’ai su m’adapter. »
« Je n’ai aucun regret sur mon parcours, bien au contraire, et si des opportunités se présentent, je suis prêt à de nouveaux challenges ! »
 
Avec Alberto, la mission StarITPEtrek constate une fois de plus tout le bénéfice de l’entremêlement des racines ! Elle n’avait pas encore rencontré un cocktail de type très “Nord-Sud“ alliant le soleil du Portugal et le … soleil de la Moselle. Le résultat est à l’évidence particulièrement tonique et énergétique !
Et pourquoi pas un label d’ingénieur “ Tambèm Portugês que Europeu “?
[NDLR : le rédacteur décline toute responsabilité sur la prononciation !]
 
Je veux remercier l'ensemble des gens avec qui j'ai pu travailler. L'avancée dans les projets et le travail ne peut s'opérer que si tout le monde avance dans le même sens. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir eu des collègues et agents de qualité et investis qui ont permis de faire progresser les réponses aux enjeux et spécialement mes adjoints qui ont été et sont d'une compétence et d’une aide
primordiale.
Gardons à l'esprit que : "seul on avance plus vite, ensemble on va plus loin »
Alberto DOS SANTOS

« La volonté constante d’être une bonne ingénieure ! »

Béatrice AGAMENNONE

Béatrice AGAMENNONE est directrice de la direction territoriale Est (DTer Est) du Cerema à Metz.

Pas question d’y aller par quatre chemins, ni de mener des fouilles profondes minutieuses, d’emblée Béatrice plante le décor. « Je voulais être archéologue et j’ai toujours la passion ! ». Comme elle est ingénieure des Ponts, des Eaux et des Forêts depuis 2018, la mission StarITPEtrek n’a pas manqué d’en être piquée au vif et a cherché à séquencer son génome professionnel pour mettre en évidence les raisons d’une telle dérive !
Historiquement, il est un fait incontestable, c’est que Béatrice est mosellane de pure souche et de racines bien ancrées. Native de Metz, elle y déroule une scolarité brillante et poursuit naturellement par les classes préparatoires scientifiques messines. « Au terme de la prépa, j’ai choisi d’intégrer l’ENTPE pour la diversité des métiers et disciplines qu’elle proposait (avec en particulier un cours d’archéologie !), mais aussi parce que je souhaitais travailler à l’intérêt général au sein du service public. »
Il est bien clair que, génétiquement, Béatrice est avant tout une ingénieure des TPE puisqu‘elle appartient à la 39e promotion de l’ENTPE (1994). Au fil de sa formation, elle opte pour la voie d’approfondissement “ Ouvrage d’art “, un choix éminemment technique mais aussi esthétique : « Un ouvrage d’art, c’est généralement beau ! »
A noter que le sparadrap de l’archéologie est toujours bien collé puisque Béatrice réalise un stage dans les services de l’Etablissement Public du Grand Louvre, au moment de la transformation de ce musée prestigieux. « La formation à l’ENTPE est excellente. Même si on ne comprenait pas toujours l’intérêt de telle ou telle matière, on réalise plus tard et tout au long de son parcours la qualité et la cohérence du programme. »
Par ailleurs, l’école ne faillit pas à sa réputation d’agence matrimoniale efficace car Béatrice y rencontre Sébastien, son futur mari de la même promotion. « Nous étions 16 filles sur une promotion de 200 élèves. L’avantage, c’est que nous avions le choix … »
En 1994, pour sa première affectation, Béatrice est de retour à Metz où elle rejoint les effectifs de la DDE de Moselle comme responsable du bureau d’études “ Routes “. « Une bonne entrée en matière pour moi, même si c’était un poste obligatoire que j’ai pris à regret, préférant les ouvrages d’art . J’y ai finalement découvert un métier que je fais depuis 30 ans. Tout ce qui constitue le domaine de la route me passionne et mes “ tasses de thés“ préférées sont la communication et la concertation indispensables à la concrétisation des projets. Je me sens particulièrement dans mon élément lorsqu’il s’agit d’organiser et de mener les débats ! »
Forte des compétences acquises, Béatrice émigre en 1998 au sein de la DDE pour prendre la direction de la cellule départementale “ Ouvrages d’art “ (CDOA). « Un poste riche et varié de gestion du patrimoine OA de l’État et du Département, mais qui peut s’avérer également riche en tensions lorsqu’un technicien vous appelle pour vous dire qu’il y a un trou dans le pont de Richemont sur l’autoroute A31, à cause de la fatigue du métal sur un ouvrage totalement métallique ! Outre la crise à gérer avec le Préfet, cela m’a valu, jeune ITPE, un entretien direct et musclé avec le directeur des Routes du ministère et illustration du phénomène fatigue du métal en tordant sa petite cuillère… »
En 2003, Béatrice rejoint la DDE d’Ille-et-Vilaine et prend la tête de la subdivision de Vitré, fief de Pierre Méhaignerie, ancien ministre. « Je ne quittais pas vraiment mes domaines de prédilection mais j’élargissais mon expérience notamment à l’aménagement du territoire et à l’urbanisme à l’époque où les subdivisions faisaient encore quasiment tout ! Cela dit, c’est aussi un peu frustrant car tu vois tout mais tu survoles tout ! »
Promue ingénieure divisionnaire, Béatrice regagne tout naturellement son territoire en 2006 au sein de la DRE de Lorraine comme cheffe de la division “ Maîtrise d'ouvrage des investissements routiers “, puis en 2010 dans les effectifs de la toute neuve DREAL Lorraine comme responsable du service “ Transports, infrastructures et déplacements “. « Cela m’a fait beaucoup de bien de sortir du “ dur “ de la subdivision en passant aux réflexions plus stratégiques du suivi des opérations multimodales (route, rail, canal, etc.) ainsi que d’assurer la maîtrise d’ouvrage des gros projets routiers et autoroutiers du réseau national de la région. »
En 2015, Béatrice saisit l’opportunité d’un poste de directrice adjointe de la DTer Est du Cerema (Centre d’expertise et de recherche sur les risques, l’environnement, les mobilités et l’aménagement), dont elle devient directrice en 2024, son poste actuel. « La direction dispose d’un effectif de 220 agents positionnés en expertise sur un spectre très large des activités de l’aménagement et des transports. Outre le management et le dialogue social, mes objectifs portent essentiellement sur la valorisation et le développement des compétences scientifiques et techniques ainsi que sur l’animation et la consolidation de partenariats avec les collectivités et le tissu économique local.»
La mission StarITPEtrek tient également à mettre en valeur la contribution personnelle de Béatrice à la vie collective et au service de la ville de Metz et de l’Euro-métropole. Elle vient en effet d’être réélue en quatrième position sur la liste du maire sortant François GROSDIDIER ainsi qu’au conseil communautaire de la Métropole, après avoir été adjointe à Metz et vice-présidente de la métropole de Metz pendant 11 ans (fonctions dans l’exécutif qu’elle a quittées lorsqu’elle est devenue directrice du Cerema).
Il va sans dire que mener deux carrières de cette importance en parallèle relève soit d’une inconscience caractérisée, ce qui n’est à l’évidence pas le cas, soit d’une passion assumée pour le collectif et le service public ! Alors, certes, dans ce paysage, l’archéologie s’est faite discrète, mais c’est une discipline qui traverse le temps et les générations futures apprécieront certainement !
 
Faire un encart sur un sujet de son choix n’est pas chose aisée. Mais en cette période où tout un chacun commence à comprendre qu’il va falloir adapter nos territoires au changement climatique, car la canicule impacte toutes nos
activités du quotidien, j’aurais aimé évoquer trois sujets :
Le premier, c’est d’abord l’excellence technique des ITPE. Dans toutes les structures que je côtoie au quotidien, que ce soit dans le public et le privé, les ITPE se distinguent par leurs savoir-faire techniques, leur capacité de travail, d’innovation, d’anticipation : ce sont des profils recherchés et qui savent rendre compte et surtout travailler en collectif !
Le second, en lien avec le premier, est l’importance de l’ingénierie publique. En permettant, comme le Cerema, une expertise indépendante, elle garantit l’égalité entre les territoires, sécurise les investissements publics, accompagne les transitions, … C'est une assurance collective qui permet à chaque territoire, quelle que soit sa taille, de prendre les bonnes décisions au service de l'intérêt général.
Enfin, pour paraphraser une tribune parue dans Le Monde le 23 septembre 2025 intitulée « Il est urgent de redorer le blason des métiers de l’ingénierie », nous, les ITPE (même si certains, comme moi, sont devenus IPEF ensuite !), devons « bâtir une France résiliente, innovante et indépendante. Une France capable de protéger ses citoyens face aux risques naturels, d’aménager son territoire de manière durable et de rayonner sur la scène internationale grâce à son expertise technique ». Il nous faut donc surtout sortir de notre carapace de technicien pour porter ce débat sur la scène publique. Valérie Masson-Delmotte, la célèbre climatologue, le disait encore tout récemment.
Donc n’hésitez pas et engagez-vous !
Béatrice AGAMENNONE

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64