
Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de l'Orne (61)
Voyage 62 : I A = ingénieur authentique . . . !
« Y-a pas d’hélice, hélas ! … C’est là qu’est l’os ! »
(Dialogue du film “La grande vadrouille“ de Gérard Oury)
Dans un abîme de perplexité, la mission StarITPEtrek a étudié au cours de ses étapes intergalactiques ce qu’elle qualifie (ce qui lui paraît d’ailleurs un horrible pléonasme) d’intelligence naturelle. Grâce au transmuteur spatio-temporel, la mission a pu rencontrer au fil de son périple des intelligences qui ont marqué l’évolution de notre monde avec les seules capacités naturelles de leur cerveau fertile, comme Denis Papin, James Watt, Denis Diderot, Pierre et Ernest Michaux et plus récemment, Nicolas-Jacques Conté. Elle ajouterait volontiers à cette liste d’éminents ingénieurs-inventeurs-philosophes, les artistes, les poètes et les humoristes qui nous prouvent, si cela était nécessaire que l’intelligence est aussi poétique, créatrice et bien souvent un tantinet provocatrice. Joachim du Bellay, Jean Ferrat, Bobby Lapointe, Cabu, Boris Vian sont autant de pièces qui avec les précédentes forment le puzzle de notre intelligence.
Sur la planète FR62-Pas-de-Calais, la mission StarITPEtrek qui profitait des charmes de la côte d’Opale, s’est trouvée nez à nez dans les rues de la colonie de Boulogne-sur-Mer avec la statue d’un certain (Pierre Louis ) Frédéric SAUVAGE.
L’enquête menée par la mission StarITPEtrek montre que cet enfant de Boulogne fut un des inventeurs les plus prolifiques du 18e siècle. Né en 1786, Frédéric est le troisième des sept enfants issus d’une ancienne famille boulonnaise de constructeurs de navires. Il reçoit une éducation élémentaire complète, puis entre dans les bureaux de la marine où il prend des leçons de français, de construction navale, de mathématiques et de musique, grâce aux professeurs spécialistes que le séjour de la grande armée avait amenés à Boulogne.Sa carrière d’ingénieur-inventeur commence tôt puisque, tout jeune, il met au point un singulier réveille-matin fait d’un cône rempli d’eau qui, en s’épuisant, faisait sonner une série de clochettes très bruyantes. Plus tard, au cours d’une vie riche en rebondissements, il invente le “physionomètre“, un dispositif permettant de saisir les traits d’un visage dans le but d’en réaliser un buste, et son complément le “physionotype“ réducteur, mais aussi le soufflet hydraulique, concept qui est à la base des pompes d’épuisement, ainsi que des machines à scier et polir le marbre mues par des moulins à vent…
Cette liste est loin d’être exhaustive, mais ce qui aurait dû conférer à Frédéric une renommée planétaire, c’est la reconnaissance de son invention de l’hélice de propulsion des bateaux et des sous-marins.
En 1831, chez son pharmacien, il s’écria, en apprenant que le gouvernement voulait construire plusieurs navires mus par des roues à aubes. « Que de force perdue ! » Avec ses roues sur les côtés, un navire est alourdi comme l’âne qui porte deux mannequins ! » Et c’est en observant les mouvements hélicoïdaux de la queue d’un petit poisson rouge qui nageait dans un bocal qu’il décida d’expérimenter la puissance de résistance d’une hélice sur l’air. Rentré chez lui, il se mit à expérimenter, en suspendant au plafond de sa chambre un morceau de tôle contournée en spirale.
Le problème de Frédéric était son caractère ombrageux qui lui fit abandonner les quelques actionnaires potentiels de la société qui aurait pu exploiter son invention… Il n’admettra pas non plus que l’on donne son nom et sa paternité à la première hélice mise en œuvre sur le navire “Le Napoléon“ destiné à la liaison “Corse - continent“ parce qu’on avait adaptée son invention brevetée pour 15 ans en 1832.Ruiné et malade, Frédéric Sauvage est incarcéré en mai 1843 à la prison du Havre en vertu d'un jugement obtenu par ses créanciers. Soutenu par la presse, il est libéré et pensionné mais sombre cette fois dans la folie, mais une folie heureuse où il se persuadait que ses projets avaient réussi en imaginant incessamment des flottilles de navires armés d’hélices… Il décède en maison de santé (asile ?) en juillet 1857.
La mission StarITPEtrek, au regard des multiples rencontres de doux-dingues et d’illuminés géniaux qu’elle a eu le plaisir de croiser jusqu’alors, est de plus en plus convaincue que l’intelligence est reliée évidemment à de sérieuses connaissances mais qu’elle est le fruit d’un mélange subtil de ces connaissances avec l’observation, la curiosité, l’obsession de comprendre et de résoudre, le respect de la nature et de tous ses composants, cocktail complexe auquel il ne faut surtout pas oublier d’ajouter le léger assaisonnement d’un brin d’impertinence voire de folie.
Frédéric SAUVAGE est un exemple frappant de cette intelligence créatrice acérée qui ne saurait être supplantée par cette espèce de pastiche, performant certes, mais fade et sans une once de créativité qu’on affecte du titre excessif “d’intelligence artificielle“.
La mission lui décerne le diplôme d’Ingénieur-inventeur Totalement Prolifique (et) Excessif (mais) Hurluberlu en Comptabilité !
« Etre authentique et placer l’humain au centre de tout ! »
Jérémy WIERSCH est directeur adjoint du centre de valorisation des ressources humaines (CVRH) d’Arras-Valenciennes, en charge du pilotage de la formation continue.
Élève d’un lycée à Lens, Jérémy obtient un baccalauréat scientifique technologie industrielle, et alors qu’il est en sa première année de classes préparatoires, il réussit en 1996 le concours d’Assistant Technique des TPE (ATTPE). « Je ne connaissais pas le ministère de l’Équipement et je m’étais inscrit au concours sur le conseil de la mère d’un de mes amis qui était adjointe d’un subdivisionnaire, sans trop savoir où cela me mènerait. Le coup de téléphone du responsable du bureau RH de la DDE m’annonçant les résultats et ma réussite, restera gravé dans ma mémoire. C’était le 4 juillet 1996, c’est-à-dire il y a quasiment 30 ans jour pour jour ! »
Sans avoir à quitter sa région, Jérémy rejoint donc les bancs de l’ENTE de Valenciennes (FR59) qui venait d’ouvrir ses portes. « Deux années très enrichissantes d’apports techniques, de découvertes et d’acculturation à un panel très large de sujets. C’est exactement ce que je recherchais avec, notamment, la possibilité de changer de métier et de domaine en cours de carrière. »
En 1999, en sortie d’école, il vise un poste en VRD, mais d’autres sont également intéressés. Le poste lui échappe à l’issue d’un tirage au sort et il doit attendre la fin de la procédure pour choisir un des deux postes restants. Sa première affectation d’assistant technique le conduit à la DDE du Val-d’Oise (FR95) où il est chargé d’études en urbanisme basé à Gonesse, près de l’aéroport de Roissy. « Avec le recul, ce poste aura finalement été une chance, car il s’est révélé une très bonne entrée en matière. J’y ai appris le sens du relationnel avec les élus et la juste posture d’agent de l’État, le cadre réglementaire et juridique lié aux divers aspects de l’urbanisme, le tout dans un environnement de travail très “esprit DDE“, où dans un esprit convivial et familial, j’ai pu me nourrir de l’expérience professionnelle des agents plus anciens qui avaient à cœur de transmettre leur savoir. Et grâce à l’appui de l’ITPE qui était à la tête de la cellule, j’ai pu développer ma “fibre rédactionnelle“. »
La greffe prend parfaitement au sein de la DDE95 puisque Jérémy y occupe ensuite les postes de chargé d’opérations en ingénierie routière (2004), puis d’adjoint au chef de la subdivision “Routes“ en charge des affaires générales (2005) suite à sa réussite au concours de TSP. En 2007, il devient chef de la subdivision “Ingénierie“, toujours au sein du service d’Aménagement territorial Est, où il continue d’accompagner les collectivités dans le cadre de l’ATESAT. « J’ai décidé de poursuivre au sein de la filière des infrastructures routières pour faire progresser et pour diversifier mes aptitudes professionnelles à l’école de la subdivision, tout en m’ouvrant à des champs nouveaux (sécurité routière, gestion et conservation du patrimoine...). Au fil du temps, j’ai senti que mes compétences avaient atteint un niveau qui me permettait d’envisager accéder à un niveau supérieur et de devenir ITPE. »
La progression de Jérémy se poursuit donc naturellement, et il est lauréat de l’examen professionnel d’ingénieur des TPE en 2009 ; ce qui lui permet d’intégrer la 54e promotion de l’ENTPE. « Mes affinités allaient plutôt évidemment vers les infrastructures et la mobilité, mais cette étape m’a amené à me dire que je recherchais à aborder un horizon de thématiques plus variées. Je tenais tout particulièrement à travailler dans un esprit de sens commun, collectif, collaboratif et constructif, et de service public. »
Pour sa première affectation d’ITPE, Jérémy rejoint en 2009 les effectifs de la direction interdépartementale des routes (DIR) Nord à Lille comme chef de la cellule des Politiques de la route. « J’ai choisi ce poste à la fois pour revenir dans le Nord, et pour offrir un environnement différent à ma famille emmenée avec moi dans mes bagages. Le plan de charge y était particulièrement copieux avec notamment la définition des politiques d’entretien routier, l’organisation en matière de viabilité hivernale, la gestion des actes réglementaires de la police de la circulation, la direction du projet “Écotaxe poids-lourds“, le pilotage du système d’information géographique (SIG), les avis de l’exploitant sur divers projets... Mais j’y ai trouvé ma juste place et je n’ai pas vu le temps passer ! »
Après un bail de 7 années passées à travailler sur de nombreux sujets intéressants avec un grand nombre de personnes, on comprend aisément que Jérémy ait eu envie de “regarder ailleurs“. L’envie de travailler sur « l’accompagnement de l’humain » l’amène à intégrer en 2016 le centre de valorisation des ressources humaines (CVRH) d’Arras comme chef de l’unité en charge des formations des domaines Bâtiment, infrastructures et support. « Une première porte qui m’a permis de découvrir et d’apprécier le travail en réseau au sein du pôle ministériel et d’assurer des missions à l’échelle nationale, telle que l’exercice de la mission de chef de file pour l’organisation des formations de plusieurs domaines (géomatique, informatique et numérique ; systèmes d’information des ressources humaines…) qui l’aura connecté à de nombreux acteurs, à penser amélioration continue et à innover. »
Promu IDTPE en 2020, sa Direction souhaite qu’il poursuive son action au sein du CVRH, et lui confie les responsabilités d’adjoint au chef du département “Compétences, formation, professionnalisation“. En 2024, il devient chef du département, fonction à laquelle s’ajoute celle de directeur adjoint du CVRH.
« Comme depuis le début de ma carrière, travailler à différentes échelles et en transversalité est ce que je trouve le plus passionnant. Au niveau de la région des Hauts-de-France, le CVRH, acteur de la DRH, est un partenaire de l’ensemble des services. Je suis en relation avec de nombreux cadres, à leur écoute pour comprendre leurs besoins et leurs attentes, et avec mes collègues, nous travaillons à leur apporter un appui et une réponse adaptée, qu’il s’agisse de formations, d’accompagnement dans leurs projets ou dans la résolution de leurs difficultés (missions de conseil). Au sein du CMVRH, je contribue à l’animation de la filière formation ; et je pilote des sujets en inter-entités, tout en étant connecté avec des acteurs centraux. Je participe aux réflexions stratégiques et au pilotage de la structure. »
« Je dirais que j’ai eu la chance de pouvoir progresser et de m’améliorer continuellement. A titre personnel, j’ai fixé ma ligne directrice depuis longtemps : rester authentique, faire preuve de bon sens et placer l’humain au cœur de tout ! »
Ce puissant triptyque de Jérémy, la mission StarITPEtrek le reprend à son compte en qualifiant l’ensemble d’Intelligence Authentique !
Elle fait toutefois observer que trouver le bon sens dans l’espace n’est pas un exercice aisé…
Elle décerne à Jérémy sans l’ombre d’une hésitation le titre honorifique d’Ingénieur Tout Plein d’Égards pour l’Humain et le Collectif !
« “Intrapreneuse“ pragmatique et avide de connaissance ! »
Marie-Laurence en est une illustration. Elle est originaire de Flines-Lez-Raches, à proximité de la colonie de Douai où se déroulent sa jeunesse et sa scolarité marquée par une affinité pour les mathématiques. « Au début, j’avais l’intention de devenir prof de maths ! »
La voie de l’enseignement tracée, Marie-Laurence rejoint les bancs de l’université scientifique et technique de Lille - Villeneuve d’Ascq, décroche en 1995 une licence de mathématiques, et s’engage résolument sur la préparation du certificat d’aptitude professionnelle à l’enseignement secondaire (CAPES). « En cours de préparation, l’un de mes copains m’a évoqué d’autres filières administratives. Sans abandonner mon objectif d’enseigner, je me suis inscrite à trois concours : le CAPES, le concours de prof des écoles et le concours d’entrée à l’École Nationale des Techniciens de l’Équipement. Admissible aux trois, je suis allée à la rencontre des agents de la subdivision de la DDE et je me suis dit qu’il était temps d’entrer dans la vie active. Et j’ai réalisé que cela m’était devenu indispensable ! »
En 1996, Marie-Laurence rejoint donc l’ENTE d’Aix-en-Provence (FR13). « Le cursus général de formation était de bonne qualité mais dans le détail, par exemple, j’étais beaucoup plus “Sécurité routière“ que “ Marchés publics“… »
Au terme des deux années de formation, en 1998, Marie-Laurence connait une première affectation en DDE de l’Oise (FR60) à Beauvais comme chargée d’études “Signalisation directionnelle“ au sein de la cellule départementale “Exploitation et sécurité routière“ (CDES) du service “ Routes et Transports“. « Une excellente entrée en matière et de très belles années où je me suis familiarisée avec les diverses activités passionnantes d’une CDES (comptages, accidentologie, exploitation routière, gestion du domaine public routier, etc…) »
En 2004, des raisons familiales conduisent Marie-Laurence à revenir sur sa planète d’origine (FR59). Elle entame un bail de près de 12 années avec la DDE du Nord, initialement au poste de chargée d’études “Aménagement urbain“ au sein de l’arrondissement territorial de Douai. « A cette époque, je me suis passionnée pour les cités minières et les effets de la politique “GIRZOM“ (groupe interministériel pour la restructuration des zones minières). L’aménagement et le logement m’intéressaient beaucoup plus que les calculs de réseaux et j’en ai fait en quelque sorte un fil conducteur pour la suite de mon parcours. »
Dès lors, Marie-Laurence enchaine les postes au sein de la DDE devenue DDTM59. En 2008, elle rejoint la délégation territoriale “Douaisis - Cambrésis“ dont elle occupe les postes de chargée d’études “Planification et risques“, puis de cheffe du pôle “Planification“, et de référente territoriale en 2012. « C’est une étape déterminante pour moi car j’y découvre la planification, la vision globale de l’aménagement du territoire et l’accompagnement des collectivités dans les premières réflexions des SCOTs. »
Une autre étape attend Marie-Laurence en 2016, car elle rejoint la 61e promotion de l’ENTPE au bénéfice de l’examen professionnel d’ingénieur des TPE. « J’ai toujours été avide de connaissances et, là, j’étais servie puisque nous abordions toutes les politiques publiques et le management ! Malgré tout, même si les 4 mois passés à l’école se sont déroulés dans une ambiance très sereine, pour moi, la formation aurait mérité d’être plus détaillée. »
En fin d’année 2016, Marie-Laurence rejoint sa première affectation d’ITPE, au sein de la DDTM du Pas-de-Calais comme adjointe puis responsable de l’atelier de production et d’animation transversale. En 2019, dans la continuité, elle intègre l’équipe de direction comme chargée de mission “Coordination“ « Une entrée en matière passionnante dédiée à l’organisation de la transversalité entre services et avec les partenaires extérieurs, à l’évolution des méthodes pour une meilleure cohérence, et au développement du travail en réseau et en mode projet. Le caractère stratégique de l’ensemble justifiait un rattachement à l’équipe de direction. »
La stratégie de la DDTM change en 2020, Marie-Laurence décide de changer de domaine et se positionne sur son poste actuel. « Dans la lutte contre l’habitat indigne, les interlocuteurs et intervenants sont nombreux et les procédures longues et juridiquement compliquées. Ce sont les maires qui sont détenteurs du pouvoir de police spécial. Ils sont donc les seuls à pouvoir engager et mener des actions et, notamment dans les petites communes, ils sont souvent en manque de connaissances et d’outils. Nous avons donc eu l’idée de construire avec l’appui du ministère et de la préfecture de région, une plateforme numérique accessible à tous, pour les accompagner pas-à-pas dans leurs démarches. Alors moi, en plus de mes missions, je suis devenue, en 2022, “intra-preneuse“ de la startup d’État “OILHI“ (outil d’instruction de lutte contre l’habitat indigne), une aventure hors du courant et enthousiasmante que j’aurais bien du mal à quitter le moment venu ! »
Elle propose de lui attribuer le titre très rare d’Opératrice Indispensable des Liens entre les Habitants en Intergalactique !
« Ne jamais oublier les considérations environnementales ! »
Océane, comme son prénom peut le laisser supposer (craindre ?), est native de la planète FR35-Ille-et-Vilaine et plus précisément de la colonie de Dinard. « Mon père travaillait à la SNCF et mon livre de chevet de jeunesse était plutôt “Sciences et vie junior“; ce qui m’a permis d’intégrer très tôt les enjeux environnementaux et climatiques! En plus j’ai toujours bien aimé l’école ! »
De fait, titulaire d’un baccalauréat scientifique avec mention très bien, Océane enchaîne avec les classes préparatoires du lycée Chateaubriand à Rennes. Et l’affaire se présente plutôt bien car elle est admissible à 80 écoles sur la liste des possibles.
« Mes choix allaient prioritairement aux écoles ouvertes au développement durable et à une approche intégrée sur les projets. L’autonomie financière et le statut de fonctionnaire ont été aussi déterminants. »
Après une légère hésitation avec l’école des ingénieurs de la Ville de Paris (EIVP) Océane décide de rejoindre la 62e promotion de l’ENTPE (2017). Un peu paradoxalement, elle opte pour une voie d’approfondissement “Ingénierie routière“. « Je voulais profiter des études dont la durée n’est pas infinie pour apprendre et aborder d’autres domaines ! »
Effectivement, elle “bétonne“ un cursus “tous azimuts“ par un master “Sols et infrastructures“ à l’université de Lyon 1 et un master “Analyse des politiques publiques“ à Sciences Po Lyon !
« Je suis parfaitement satisfaite de ma formation à l’école et de la structuration qu’elle m’a apportée. J’’ai la certitude d’y avoir acquis les bons réflexes ! »
En 2017, dans la continuité de sa spécialisation, Océane, pour sa première affectation, rejoint les effectifs de la direction des routes Ile-de-France (DIRIF) à Versailles (FR78-Yvelines) comme cheffe de projets routiers. « Pour débuter, je voulais surtout un poste qui me plaise, utile et avec des projets bien concrets ! » De fait, avec une équipe de 6 à 8 personnes, elle assure notamment la maîtrise d’oeuvre du projet de requalification de la RN10 à Trappes d’un montant de 100 M€. « Une bonne entame de carrière technique et concrète. »
Le compagnon d’Océane étant également ingénieur des TPE, le couple opère un “rapprochement familial“ à Lille (FR59) en 2021. Océane n’hésite pas à changer radicalement de domaine et intègre les effectifs de la DREAL Hauts-de-France au poste d’adjointe à la cheffe d’unité “Prévisions des crues“.
« Un poste passionnant très technique et particulièrement concret. Pour être plus efficaces nous avons opéré la fusion des services de prévision des crues Oise-Aisne et Artois-Picardie avec accompagnement des agents et une nouvelle organisation de l’astreinte. Et puis en novembre 2023, nous avons été confrontés à la gestion de crise lors des inondations majeures dans le Pas-de-Calais. Heureusement, nous avions constitué des équipes musclées et expérimentées (malgré leur relative jeunesse dans le poste) qui ont tenu pendant un mois un planning H24 ! Ça donne du sens à ton travail ! Et puis, ça te conforte dans tes convictions d’intégrer impérativement les enjeux environnementaux et climatiques ! »
Après ces épisodes « humainement pas faciles », Océane décide en 2024 de s’attaquer à un autre domaine moins technique et plus stratégique. Elle rejoint le siège de Voies Navigables de France (VNF) à Béthune (FR62) comme adjointe à la cheffe de service “Stratégie et pilotage des investissements“, son poste actuel (ou du moins ça l’était lors de notre rencontre).
« Je voulais prendre un peu de distance avec l’opérationnel pur et participer au pilotage des politiques publiques et à la programmation d’une structure importante, en quelque sorte jouer un rôle d’ensemblier en charge du programme pluriannuel d’investissement qui représente 1,4 Md€ sur 2024-2029. »
La mission StarITPEtrek a bien compris que cette dernière étape n’a pas été réellement à la hauteur des attentes d’Océane et a apprécié sa détermination et son aptitude à rebondir vers d’autres chalenges. A compter du 1er septembre 2026, elle est appelée à rejoindre les cadres de la direction interdépartementale des routes (DIR) Nord à Lille au poste de cheffe de la cellule “Ouvrages d’art“.
L’appétit féroce d’Océane pour quasiment tous les domaines accessibles aux ITPE se retrouve, certes sous des formes diverses et variées, chez une majorité des ingénieurs rencontrés. Elle fait partie de la génération “Sciences et avenir junior“ comme certains (dont notre commandant de bord) ont été (bien) avant elle de la génération “Tout l’univers“ !
Il n’en demeure pas moins que la mission StarITPEtrek décerne à Océane le diplôme d’Ingénieur Tous Produits d’Excellence !
« À l’échelle de notre vie, chacun peut constater et a pu vivre les impacts du changement climatique.
Après les 5 vagues de chaleur de cet été, les incendies monstres et la sécheresse en cours, après les crues qui avaient touché à peu près toutes les régions en fin 2023/2024, les pluies torrentielles à Valence fin 2024… Les épisodes météorologiques exceptionnels s’enchaînent, avec des intensités parfois inédites mais aussi une répétitivité que nous n’avions pas connue.
L’éco anxiété peut parfois nous toucher, comme moi cet été où la perspective en pleine canicule de juin que je sois en train de vivre l’un des étés les plus froid du reste de ma vie m’a bien angoissé quelques jours.
Mettre des œillères pourrait être tentant. Aussi j’ai été choquée de la remarque d’un collègue à son retour fin août : « Au moins, cet été tout le monde a eu du beau temps ! ». La prise de conscience n’est pas évidente pour tout le monde …
Les actions individuelles ne sont pas suffisantes et pas à l’échelle du défi à relever.
La lutte contre le changement climatique ne pourra pas se faire sans une impulsion politique. J’invite donc chacun à cheminer sur le sujet, se renseigner sur les différents programmes politiques et à voter en conscience aux prochaines élections présidentielles. L’enjeu est d’avoir un environnement vivable pour les prochaines années. »Océane ANTOINE
« Voyager sans bouger du port ! »
En langage géographique on pourrait dire que Frédéric appartient à la “frange côtière“ du corps des ITPE et en langage météorologique on dirait que le corps des ITPE a connu des “entrées maritimes“ comme celle de Frédéric.
Difficile de faire plus maritime ! Frédéric est originaire de Boulogne-sur-Mer où se déroule la première partie de sa vie. En particulier, Il pratique la plongée sous-marine dès l’âge de 14 ans et obtient un brevet de moniteur fédéral de plongée 1er degré. Baccalauréat en poche, il s’oriente vers la filière universitaire et obtient en 1990 un diplôme d’étude universitaire générale mention Droit. « En fait, je ne savais absolument pas ce que je voulais, si ce n’est ce que je ne voulais pas faire : travailler dans un bureau. »
Après un service militaire comme plongeur dans la Marine Nationale, Frédéric décide de faire de la plongée son activité professionnelle. Il fonde en 1991, à Boulogne-sur-Mer, sa propre société SUBOPALE et devient « artisan plongeur ». « La réalité du métier est un peu moins poétique car, au début, mon activité principale était d’extraire les déchets du port et de dégager les hélices des bateaux de pêche prises dans les filets. Heureusement, j’ai aussi participé au chantier de construction du tunnel sous la Manche à Sangatte. »
Dans le même temps, Frédéric s’intéresse à l’histoire de sa profession à Boulogne-sur-Mer, de 1945 à 1990 après destruction du port par les bombardements alliés.
« Au final, j’ai constaté que tous mes collègues de cette période ont trouvé la mort en plongée ! Moi, je comptais bien sur une espérance de vie plus longue. Alors j’ai décidé de m’orienter vers l’administration des Affaires Maritimes. »
Frédéric entame donc sa carrière aux “AffMar“, en 1994, au sein de la direction départementale des affaires maritimes de la Manche à Cherbourg (FR50), comme chef de la section navigation. « C’est en quelque sorte une inspection du travail des marins. Depuis Colbert, tout contrat d’engagement d’un marin devait être validé par la “Royale“ et à tout moment de sa carrière, le marin ne connaissait que les Affaires Maritimes. Cette organisation paternaliste fait écho à Aristote qui disait : « Il y a trois sortes d’hommes, les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer ! » »
En 1996, Frédéric est de retour à Boulogne comme chef du service des affaires économiques et instructeur des fonds européens à la direction inter-régionale des affaires maritimes Nord Pas-de-Calais Picardie. Il y exerce les missions d’instruction des subventions européennes et nationales de la filière pêche, d’application des mesures nationales en faveur de la pêche, suivi des programmes européens en relation avec les préfectures de région, et de suivi au niveau régional du contrat de plan Etat-Région. « Je travaillais seul en parfaite autonomie avec des enveloppes financières très importantes, notamment pour le montage des plans de financement des projets. Inutile de dire que j’étais particulièrement bien accueilli par les collectivités locales et les acteurs économiques ! »
Dans le même temps, Frédéric se porte volontaire pour intégrer en 2000 à la station maritime de la Turballe, la mission de renfort mobilisée dans le cadre du naufrage du pétrolier Erika. « Mon rôle était de constater les effets de la catastrophe sur la pêche et d’instruire les demandes d’indemnisation des pêcheurs et conchyliculteurs. J’ai vécu 3 mois avec les odeurs du pétrole et des résidus de raffinage ! »
En 2004, Frédéric opte pour une perspective plus réjouissante et embarque pour la Polynésie Française comme secrétaire général, chargé de la formation professionnelle maritime au service des affaires maritimes pour un contrat de 4 ans. « Nous avions en charge la gestion du régime de l’établissement national des invalides de la marine (ENIM) car le statut particulier des marins les place toujours sous l’autorité de l’État français pour les prestations sociales et la retraite. »
Au terme de son contrat, Frédéric regagne en 2009 son port d’attache de Boulogne comme inspecteur de la sécurité des navires (ISN) au sein du centre de sécurité des navires (CSN). « J’avais décidé de revenir à un travail plus technique qu’administratif et j’ai passé, en 2011, le concours d’inspecteur des affaires maritimes. »
Ce choix trace la suite de la carrière de Frédéric qui devient successivement, en 2013, ISN et officier du contrôle par l’Etat du Port au centre de sécurité des navires de Dunkerque, puis, en 2016 adjoint au chef du service chargé de la sécurité des navires aux affaires maritimes de Polynésie française, et enfin en 2020, adjoint à la cheffe du CSN Pas-de-Calais-Somme et officier du contrôle par l’Etat du Port de Boulogne-sur-Mer, son poste actuel. « J’encadre 3 ISN sur les missions d’Inspection des navires étrangers en coordination avec l’Agence de Sécurité Maritime Européenne et sur la délivrance des titres internationaux de sécurité pour navire d’une jauge supérieure à 500 tonneaux. Un métier passionnant qui nous permet de voyager sans bouger du port ».
En sus, Frédéric, désormais ingénieur divisionnaire des TPE reconnu comme expert dans son domaine, est depuis 2022 rapporteur à la commission centrale de sécurité de la DGAMPA (direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture), et depuis 2024, coordinateur de la commission régionale de sécurité Manche Est Mer du Nord.
Comme Frédéric, qui connait parfaitement les eaux dans lesquelles il évolue, la mission StarITPEtrek se montre particulièrement inquiète sur le désengagement progressif de l’État, au fil de réformes et de réorganisations qui visent à privatiser ses missions de contrôle pourtant essentielles à la sécurité, au profit des sociétés privées de classification. Une telle perte de compétence serait folie pour la collectivité !
La mission StarITPEtrek décerne à l’unanimité à Frédéric le titre d’Ingénieur Dévolu aux Trempettes et aux Plongées en Expert !
Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64
