BONNE RETRAITE | Bernard Clément, ING 1983, Directeur du Département Ville & Environnement ENTPE et Enseignant-chercheur HDR au LEHNA-IAPHY

Publié le July 3, 2023

Nous souhaitons une très bonne retraite, bien méritée, à Bernard Clément, ING 1985, Directeur du Département Ville & Environnement ENTPE et Enseignant-chercheur HDR au LEHNA-IAPHY

 


L'heure est venue pour moi de vous dire au revoir puisque je prends ma retraite officiellement ce soir. Une rapide rétrospective de ma carrière de 40 années si l'on excepte les années de formation : diplômé de l'ENTPE en juillet 1983, avec un DEA Science et Technique du Déchet en parallèle (1ère promo d'une formation ancêtre du Master SEIU ; double cursus avec l'INSA de Lyon qui avait été mis en place  grâce à Robert Thomazeau, dont beaucoup se souviennent certainement), un poste en DDE 55 dans une Cellule Environnement (je briguais en sortie d'Ecole un poste en Agence de l'Eau mais c'était pure illusion, il y avait des postes vacants à pourvoir dans les départements ruraux ...), retour à l'Ecole en 1987 à la faveur d'un poste vacant au LGEE, dans la perspective de faire une thèse, mais difficultés liées à une direction de labo fantaisiste et peu conforme aux règles de la Recherche qui commençaient à se mettre en place à l'Ecole, thèse de 1990 à 1994 avec inscription à l'Université de Savoie sous la Direction de Gérard Blake mais manips réalisées à l'Ecole (le LGEEE était devenu LSE dirigé par Yvette Bouvet), post-doctorat au labo de Gérard Blake au Bourget du Lac de 1994 à 1999, retour à l'Ecole en septembre 1999 (au même moment Yves Perrodin prenait la direction du labo), Habilitation à Diriger des Recherches en 2006, début de la direction du DERVE la même année.
 

Que retenir de cette carrière ? Côté recherche un investissement, coûteux en temps et en énergie, dans l'expérimental sur une méthodologie d'essais écotoxicologiques en microcosmes de laboratoire, avec application à divers scénarios d'évaluation des risques et modélisation des effets de substances toxiques sur le fonctionnement d'une chaine trophique, et plus récemment des travaux sur le comportement de polluants du Lac du Bourget et sur les effets de mélanges de métaux avec là aussi de la modélisation. Côté formation le pilotage, dès le début des années 2000, du champ Environnement du cycle ingénieur, et l'implication dans l'Ecole Universitaire de Recherche H2O Lyon au titre de représentant des responsables de formation à partir de 2018. Un équilibre délicat entre deux activités qui sont chacune très prenantes, et, pour ma part, dans un contexte où la formation initiale des domaines (VA) était portée par quelques chercheurs et où il fallait bien que les cours aient lieu, un investissement plus fort dans celle-ci au détriment de mon activité de chercheur. La Direction actuelle a décidé de répartir la charge de pilotage des enseignements sur l'ensemble des chercheurs et de supprimer les DER, c'est une bonne chose et j'espère que chacun-e y trouvera son compte.
 

Le maintien d'une VA Environnement dans une école de "travaux publics" n'est jamais allé de soi (avec l'éternel débat de savoir s'il fallait intégrer l'Environnement aux autres domaines ou bien si le champ de l'Environnement pouvait être considéré comme un champ professionnel à part entière (ce que je crois profondément), pourtant cette VA existe, sous différentes formes bien sûr, depuis le début des années 80, et elle a évolué avec l'évolution des enjeux Environnement qui sont aujourd'hui beaucoup plus prégnants qu'il y a 40 ans. Force est de constater que les effectifs n'ont jamais été très élevés (30 étudiants en moyenne sur les 20 dernières années), malgré la fusion en 2007 du Ministère de l'Equipement et du Ministère de l'Ecologie. Avec l'engouement croissant de la société civile pour l'Ecologie et la prise de conscience qu'il faut davantage prendre en compte l'Environnement, on pouvait s'attendre à une hausse des effectifs de la VA Environnement. Ce ne fut pas le cas, sans doute parce que les taupins a priori intéressés par les métiers de l'Environnement lorgnent davantage vers d'autres écoles (agronomie et véto), que l'ouverture de l'Ecole aux candidat-e-s du concours G2E (filière Bio) est assez récente et que de toutes façons ces candidat-e-s ne sont pas tous destiné-es à la VA Environnement. Un motif de satisfaction pour moi a été de constater que le pourcentage d'élèves civils dans la VA Environnement a bien augmenté, passant de 15% vers 2006 à 40-50% à l'heure actuelle, montrant que des diplômés de l'ENTPE avec une forte coloration Environnement trouvent leur place auprès d'employeurs autres que le Ministère.
 

Pardonnez-moi de vous livrer ici quelques-unes de mes réflexions obsessionnelles, je voulais avant tout en profiter pour vous remercier pour la qualité des relations que j'ai pu avoir avec la grande majorité d'entre vous. Je n'ai certes pas eu un aperçu très varié des ambiances qui règnent dans différents types de milieux professionnels, mais on peut dire qu'à l'Ecole l'ambiance est bonne et que le personnel de l'ENTPE est consciencieux, amical et bienveillant, ce qui en fait un endroit où il fait bon travailler. Le fait de travailler pour des étudiants qui ont eux conservé le même âge y est sans doute pour quelque chose ! J'espère que les nombreux chantiers lancés par la Direction, la réorganisation de la formation initiale n'étant pas l'un des moindres, mais aussi la difficulté croissante à faire son métier de chercheur-e, de formateur/formatrice, de technicien-ne ou d'administratif/administrative dans un monde en pleine transition (pour ma part je dirais plutôt en plein effondrement), ne seront pas une entrave à cet esprit positif qui caractérise l'Ecole. Je vous souhaite à toutes et tous beaucoup de courage et de réussite dans vos projets, collectifs et personnels.
 

Bien à vous,
Bernard CLEMENT
Directeur du Département Ville & Environnement ENTPE
Enseignant-chercheur HDR au LEHNA-IAPHY

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