Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Haute-Garonne (31)

Published on July 5, 2023

Voyage 31 : « Les ITPE . . . toujours et encore au charbon ! »

Bruno VACHIN

En faisant escale sur FR31 - Haute Garonne et plus particulièrement sur l’astroport de Toulouse, l’équipage de l’ISS ENTrePrise était impatient de se confronter directement aux dernières recherches et mises au point technologiques en cours dans la capitale européenne de l’espace. L’agglomération toulousaine concentrent en effet 25% des effectifs de l’industrie spatiale européenne, soit au total environ 400 entreprises et 12.000 emplois avec des étendards prestigieux comme AIRBUS, SAFRAN, THALES dont les cadres sont en majorité formés parmi les 16.500 étudiants de l’Université Paul Sabatier et des cinq Grandes Ecoles d’Ingénieurs dont la cheffe de file est ISAE SUPAERO.

Eh bien il faut reconnaître que ce fut un choc violent de constater combien le chemin sera encore long pour les Terriens avant de pouvoir sauter d’une planète à l’autre, découvrir des mondes nouveaux et atteindre les galaxies les plus lointaines… comme le fait presque banalement la mission StarITPEtrek.

Dans ces conditions et évidemment pour ne blesser personne, les scientifiques de la mission ont reporté leurs attentions sur l’histoire de cette planète et de ses colonies. Ainsi, ils ont découvert que Toulouse recèle une secte peu connue des historiens occitans, énigmatiquement désignée “ AAATVMP“ et dont le lieu rituel de rassemblement est un vaste atelier-entrepôt qui jouxte la gare SNCF de Toulouse - Matabiau.

Cette découverte exceptionnelle n’aurait pas été possible sans l’entremise d’un des Grands-Maîtres d’AAATVMP, Bruno VACHIN, Ingénieur TPE de la 22e promotion (1977). Il a bien voulu nous ouvrir grand les portes de l’antre de la 241-P-9, une impressionnante locomotive à vapeur de la ligne Paris-Lyon-Marseille du début du 20ème siècle terrien, inscrite à l’inventaire des monuments historiques. La secte dont l’appellation se traduit par Amicale des Anciens et Amis de la Traction Vapeur Midi Pyrénées lui voue un culte quasi “Equipementesque“ ou “SNCFophile“, et, au train où vont les choses (je sais, c’est facile), elle devrait être en mesure de ramener le monstre de vapeur et d’acier à la vie au cours de l’année 2023, au terme d’une colossale opération de restauration complète qui lui permettra de retrouver quasiment son état d’origine.

La “roue de la fortune“ que Bruno semble tourner n’est qu’une des 8 roues de traction du grand vaisseau de vapeur et d’acier, la locomotive 241- P-9… De même, la boîte à outils qu’il a fallu constituer pour la restaurer est de dimension peu commune !

L’équipage de la mission StarITPEtrek est impatient de voir s’élancer la bête et, qui sait, de pouvoir faire un petit voyage à son bord.


« Après la tempête, il faut (se) reconstruire ! »

Loïc CARIO

Loïc CARIO est chef du département “Bâtiment et Construction“ de la DREAL Occitanie à Toulouse.

Natif de la planète FR16 - Charente et plus particulièrement de la colonie de Cognac, Loïc, après un baccalauréat en Sciences et Techniques Industrielles (Mécanique et Productique), s’oriente vers les classes préparatoires de la planète voisine à La Rochelle.
En 2001, Loïc intègre la 49e promotion de l’ENTPE et développe une fibre écologique et un intérêt particulièrement marqué pour le domaine de l’Eau. « J’ai eu la possibilité de réaliser en 2004 un travail de fin d’étude passionnant au laboratoire "Optimisation de la conception et ingénierie de l'environnement" de l'université de Chambéry sur la proposition d’une méthode d'analyse énergétique des systèmes d’épuration des eaux et son application à l’analyse de cycle de vie de deux systèmes (extensif et intensif). »
La voie aquatique de Loïc est ainsi tracée et il rejoint en 2004 sa première affectation comme chargé de mission “Planification et Correspondant Police de l’Eau“ au sein du service de l’Eau et des Milieux Aquatiques (SEMA) de la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) PoitouCharentes à Poitiers (FR86 - Vienne). « C’était l’époque de la mise en oeuvre de la Directive Cadre sur l’Eau et de la mise au point des Schémas d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE et SDAGE). J’ai vécu un bon premier poste bien que marqué en 2005-2006 par le démantèlement de la fonction“Hydrométrie“. Avec la police de l’eau sur le territoire du département de La CharenteMaritime, j’étais plus souvent sur la côte atlantique qu’à Poitiers… »
Ceci expliquant sans doute aussi cela, Loïc décide en 2007 de rejoindre la côte de la planète (FR85 - Vendée) et devient tout à la fois chef de l’unité “Risques et Gestion de Crise“ de la toute nouvelle Direction Départementale de l’Equipement et de l’Agriculture, DDEA (préfiguration fugace de la Direction Départementale des Territoires, DDT) de la Vendée, et responsable de la capitainerie du Port des Sables d’Olonne. « Par ce port transitent notamment des quantités importantes de produits dangereux comme des engrais azotés minéraux, les ammonitrates, à l’origine de la catastrophe de l’usine AZF à Toulouse. De ce fait, l’Etat en conservait la police portuaire; ce qui explique le lien direct avec mon unité “Risques“. Tout allait bien et je m’y réalisais complètement jusqu’à la fin février 2010 et le passage dramatique de la tempête Cynthia qui a provoqué la mort de 52 personnes en France dont 35 en Vendée ! »
Pendant 3 jours, Loïc fait partie du Centre Opérationnel Départemental déclenché par le Préfet et est percuté de plein fouet par toutes les situations dramatiques engendrées par l’ouragan. « C’est excessivement éprouvant car, même avec les moyens dont nous disposions et la mobilisation générale, nous nous sentions bien petits et désarmés devant tant de détresse ! Pour moi, ce fut un peu l’enfer avec en plus les sollicitations permanentes des journalistes et des médias… » Et puis Loïc évoque un stress constant pendant les quatre années qui ont suivi ces évènements dramatiques : « Auditionné à 2 reprises pendant plusieurs heures par la Gendarmerie, j’ai vécu l’angoisse permanente d’une éventuelle mise en examen ! Puis j’ai été appelé à témoigner au procés. J’y ai laissé ma santé ! »
Dans ces conditions, il est bien compréhensible que Loïc décide d’une mobilité géographique et fonctionnelle…mais il ne quitte pas pour autant le domaine de l’Eau. En 2010, il rejoint Voies Navigables de France (VNF) à Toulouse comme responsable du bureau du développement local, puis chef de la subdivision Haute-Garonne en 2014. « Un très bon poste et ma meilleure expérience de management avec l’encadrement de 50 personnes, la réalisation de travaux d’entretien des voies d’eau, la gestion du domaine public fluvial et des contacts permanents avec les bateliers et les élus locaux notamment sur la métropole de Toulouse. »
Sans doute ce qu’il fallait à Loïc pour remettre son embarcation à flot et dans le bon sens de la marche, car il est promu ingénieur divisionnaire en 2018 et regagne la terre en intégrant les services de la DREAL Occitanie comme chargé de mission “Politiques Locales de l’Habitat “, puis chef de la division “Habitat“ en 2020, avant d’occuper à partir de 2021 son poste actuel. « C’est le meilleur poste de ma carrière. J’ai été mis à disposition de la CERC pendant 2 ans en tant que directeur. Cette association fondée en 1973 par les organismes professionnels et le ministère de l’équipement collecte les données locales de la construction et produit les statistiques propres à éclairer les décideurs locaux. J’ai été en contact avec tous les acteurs de la construction, notamment les fédérations professionnelles. La CERC ayant souhaité recruter un directeur salarié et à plein temps, Aujourd’hui revenu à 100 % sur mes missions bâtiment construction, j’aborde le challenge de la transition environnementale avec enthousiasme !»

Il se trouve que le commandant de bord de l’ISS ENTPrisE avait eu l’occasion de rencontrer brièvement Loïc en 2004 lorsque lui même naviguait sur les eaux pictaves de la DIREN Poitou-Charentes.
Bien heureusement, aujourd’hui, il constate avec une grande satisfaction que la tempête n’a pas réussi à annihiler l’enthousiasme et le sens du service public de Loïc, comme en témoigne une récente promotion à l’emploi d’ingénieur en chef des TPE.


« Le goût de l’entreprise ! »

Yvan ESTIENNE est directeur d’activité au sein de Vinci Energies à Nîmes

Yvan ESTIENNE

S’il est né à Strasbourg (FR67 - Bas Rhin), Yvan revendique plutôt des racines marseillaises…où sa famille s’est installée en 1983 après une dizaine d’années de coopération en Algérie. Il déroule à Marseille un parcours scolaire classique avec un baccalauréat et une classe préparatoire scientifique. « Mon objectif était de devenir pilote de chasse mais avec une myopie conséquente, j’y ai vite renoncé ! J’ai opté pour l’ENTPE sur le conseil de plusieurs de mes ami(e)s. »
Donc, sans doute aussi pour exorciser le syndrome “Top Gun“, somme toute assez répandu chez les élèves ingénieurs, Yvan intègre, comme élève ingénieur civil, la 41e promotion de l’ENTPE (1996) et fait le choix légèrement plus terre à terre, d’une voie d’approfondissement solidement ancrée au sol, la VA “Ouvrages d’Art“.
« Au cours de ma scolarité à l’ENTPE, j’ai eu la chance de vivre un stage déterminant dans le cadre de la construction du pont Vasco de Gama sur le Tage à Lisbonne (Portugal), un des plus gros chantiers de génie civil en Europe à l’époque. Je bénéficiais d’une grande autonomie et le virus “Top Gun“ a cédé la place au goût de l’entreprise ! »
Mais avant de te lancer à corps perdu dans l’univers de l’entreprise, la France a besoin de toi, mon garçon ! Le service militaire d’Yvan se déroule au 17° Régiment du Génie Parachutiste à Montauban (FR82 - Tarn-et-Garonne). Employé en tant que chef de section à l’instruction pour la formation militaire initiale d’une trentaine d’appelés, il se forme également aux responsabilités délicates à manipuler, de directeur de mise en oeuvre des explosifs, DMOE… « Sans la présence de ma compagne, je crois que je me serais engagé. Aujourd’hui, lorsque je vois les gars sauter en parachute, j’en ai encore quelques fourmis dans les jambes ! »
Le grand saut … c’est en 1998 qu’Yvan le réalise. Il rejoint l’entreprise AMEC SPIE à Portet-sur-Garonne (FR31) pour un bail qui va durer près de 8 années. Après une phase d’intégration où il est confronté à toutes les emplois, ouvrier, chef d’équipe, chef de chantier, conducteur de travaux et assistant responsable d’affaire, il est recruté comme responsable du centre de profit du Gers (chiffre d’affaires de 12 MF en réseaux électriques). En 2001, il devient chef de service “Réseaux Extérieurs“ sur les départements 32, 65, 09 et sud 31 (CA 2005 - 9 M€). « Je me suis réellement éclaté chez SPIE. Mon seul regret est de ne pas avoir suffisamment investi dans le Rachat de l’Entreprise par les Salariés (RES) car la valeur en a été multiplié par 3 ! »
Malgré tout, sans quitter son domaine technique d’activité, les réseaux extérieurs, Yvan rejoint, en 2005 et pour ne plus le quitter, le groupe VINCI Energies. comme chef de l’entreprise Barde Sud-Ouest. « Le groupe est constitué de nombreuses entreprises sur tout le territoire. Chacune est spécialisée sur un des 4 métiers principaux des réseaux : les infrastructures (transports d’électricité de la production jusqu’au compteur), le bâtiment, les télécommunications, l’industrie. Leur taille moyenne est d’une cinquantaine de personnes. Les personnes clefs du groupe sont les chefs d’entreprise. Ce sont eux qui gèrent les recrutements notamment. Ils bénéficient d’une importante autonomie. »
Si toutes les entreprises du groupe sont reliées par le capital, elles sont aussi, par groupe de 4 ou 5, placées sous la supervision d’un directeur. Ainsi, Yvan devient en 2009 directeur régional Aquitaine puis en 2012, directeur régional Midi-Pyrénées. « Autonomie oui, mais pas indépendance ! Le boulot d’un directeur, c’est de rappeler la différence. »
Depuis 2016, Yvan a atteint le niveau supplémentaire de directeur d’activité Ingénierie en réseaux souterrains Haute-Tension B et en câblages complexes. Outre ses fonctions de directeur, il administre des contrats cadres nationaux avec l’opérateur national RTE, il pilote dans son domaine des offres grands projets (> 5 M€) et réalise une animation transverse au niveau international sur l’expertise et l’ingénierie des liaisons souterraines HTB. « Aujourd’hui, mon gros dossier est la remise de notre offre dans le cadre du projet “Golfe de Gascogne“ qui vise à créer une nouvelle interconnexion électrique entre la France et l’Espagne par voies terrestre et maritime ! »

L’électricité est bien l’énergie qui a, actuellement et certainement pour encore quelques années, le vent en poupe (même si les éoliennes l’ont plutôt de face !). Par contre, l’équipage de la mission StarITPEtrek attire l’attention d’Yvan sur la nécessité de lancer au plus tôt les recherches pour assurer son transport et sa distribution en mode interplanétaire. Les lignes risquent d’être un peu longues et il ne faudrait surtout pas risquer de “péter un câble“ !


« Chacun de mes postes a contribué à mon développement personnel et professionnel !»

Sylvie LEMONNIER

Sylvie LEMONNIER est directrice régionale adjointe de la DREAL Occitanie à Toulouse.

Originaire de la planète FR24 - Dordogne, Sylvie choisit pour ses études supérieures l’établissement que notre commandant de bord qualifie de creuset de l’élite…, à savoir le lycée Michel Montaigne à Bordeaux (FR33). Oui mais n’écoutant que ses affinités pour la botanique et les végétaux, … elle intègre une classe préparatoire “agro“ pour au final devenir ingénieur agronome de l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse en 1990. « Le début de ma carrière est incontestablement marqué par mon attrait pour l’environnement ainsi que par une volonté de travailler pour l’intérêt général et donc de participer au service public. »
En 1991, Sylvie, à la suite d’informations échangés avec des amis ingénieurs des TPE, rejoint cette fois le ministère de l’Equipement grâce au recrutement exceptionnel sur titres dans le domaine “Sciences de la vie - Environnement “. De fait, elle intègre le 36e promotion de l’ENTPE. « J’ai constaté tout au long de ma carrière combien sont déterminants les rencontres et les échanges d’informations ! »
Sylvie connaît sa première affectation en avril 1991. Elle rejoint le Laboratoire Régional des Ponts et Chaussée de l’Est Parisien à Melun (FR77 - Seine-et-Marne) comme responsable de l’unité “Études d’impact et environnement “. « Je n’ai pas vraiment quitté mes domaines de prédilection car nous développions des méthodes de diagnostic et des protocoles de traitement pour les plantations d’alignement. Outre l’intérêt technique, l’autonomie y était importante et, au global, ce fut une très bonne entrée en matière ! »
En effet, puisque Sylvie ne décide de quitter le LRPC qu’en 1999 pour revenir à Bordeaux, au service de la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) Aquitaine comme chargée de mission “Gestion des espaces “ (« Je travaillais essentiellement sur les Parcs Naturels Régionaux (PNR) avec une vision forcément plus systémique des espaces et de leurs occupants. »), puis en 2001 comme chargée de mission “Evaluation environnementale“. « L’évaluation environnementale des politiques publiques, des plans et des programmes se mettait en place et nous en élaborions les référentiels environnementaux. »
En 2003, Sylvie migre vers la DDE 33 et prend la direction de son unité “Hydraulique et Environnement“. « Mon unité était positionnée sur l’ingénierie concurrentielle des projets des collectivités territoriales. A la suite des évolutions des activités ministérielles, j’ai été amenée à centrer mes missions sur un management de réorientation et d’accompagnement des agents. Mon parcours s’est bien souvent croisé avec l’accompagnement au changement… »
$Effectivement, promue ingénieur divisionnaire, Sylvie regagne en 2009 le niveau régional (DRE puis DREAL Aquitaine) aux postes de cheffe de la mission “Développement des emplois et des compétences“, puis, en 2010, de cheffe du service “Connaissance et évaluation“ dans le cadre du regroupement des directions régionales de l’Equipement (DRE) , de l’Environnement (DIREN) et de l’Industrie (DRIRE) avec également la mise en place de l’Autorité Environnementale.
2012 est une année cruciale pour Sylvie qui est nommée Ingénieur des Ponts, des Eaux et des Forêts (IPEF). Elle devient cheffe du service “Patrimoine, ressources, eau et biodiversité“ de la DREAL Aquitaine voué, fort de sa soixantaine d’agents, au portage des politiques publiques dans les domaines de l'eau, de la biodiversité, du patrimoine et du paysage en région. « Ma route se poursuivait avec le fil conducteur de mes premiers postes : Environnement, développement durable et puis transition écologique. » La fusion des régions n’infléchit pas la trajectoire de Sylvie qui devient en 2016 cheffe du service “Patrimoine naturel“ de la toute neuve DREAL Nouvelle-Aquitaine ( avec un effectif de près de 80 agents à l’échelle d’une région à 12 départements).
En 2017, Sylvie passe une vitesse supplémentaire et devient directrice régionale adjointe en DREAL Corse à Ajaccio. « Avec notamment de beaux sujets tels que le suivi de la crise des déchets de l’île, les dossiers sur son avenir énergétique, la gestion du risque d'effondrement de falaise à Bonifacio et le déploiement du service de prévention des crues, je dois dire que le poste était très copieux et les relations avec les interlocuteurs locaux parfois un tantinet complexes. mais malgré tout une superbe expérience ! »
Depuis 2020 sur son poste actuel, Sylvie est donc de retour sur le continent aux commandes en second de la DREAL Occitanie à Toulouse avec comme domaines d’attribution l’eau (le bassin Adour-Garonne concerne 26 départements sur 1/4 de la France), l’aménagement et le logement, les sites et les paysages, l’évaluation environnementale et les concessions hydroélectriques. « C’est un très beau poste. Il me convient bien car il couvre un vaste et beau territoire qui me parle, celui du Grand Sud-Ouest ! »

La mission StarITPEtrek pointe, avec l’exemple de Sylvie, tout l’intérêt d’un regroupement des compétences en matière d’agronomie, et d’aménagement du territoire. Les grands défis qui nous attendent ne seront efficacement appréhendés et surmontés qu’en menant à terme la formule IAE + ITPE = Ingénieurs du Développement Durable et de la transition écologique (à rapprocher mais sans flagornerie aucune d’une formule déjà appliquée : IPC + IGREF = IPEF !)


« Une seule envie… l’ingénierie, le très technique ! »

Roland DEROO-MASSON est responsable de la subdivision “Prévention du risque animalier“ au sein de la direction des transports aériens (DTA) de la direction générale de l’aviation civile (DGAC) à Toulouse.

Roland DEROO-MASSON

Originaire de Paris, Roland a grandi à Lyon (FR69 - Rhône). Il y mène une scolarité “classique“ pour un futur ITPE avec un bac et une classe préparatoire scientifique avant d’intégrer la 56e promotion (2011) de l’ENTPE et une voie d’approfondissement “Transports et exploitation des infrastructures “.
« J’ai choisi l’ENTPE par intérêt pour les transports et la mobilité en général. Et puis, je n’avais pas vraiment envie de quitter la région lyonnaise… »
Il est clair que Roland n’a jamais vraiment voulu se détourner de son couloir aérien ! Après un Master en “Ingénierie des transports“ de l’INSA de Lyon en parallèle de sa scolarité à l’ENTPE, il complète en 2012 dans le cadre d’une 4ème année de spécialisation sa formation initiale par un Master dans le domaine de la recherche opérationnelle au Conservatoire National des Arts et Métiers de Paris (CNAM). « La DGAC avait proposée une quatrième année en vue d’intégrer le STAC, et j’ai proposé cette formation pour apporter des compétences spécifiques pour l’optimisation du trafic aérien civil. »
Pour conclure cette année universitaire, Roland passe 6 mois chez Aéroports de Paris (ADP) comme chargé de mission pour le développement d'un algorithme optimisé de séquencement des avions au départ. Dès la fin de l’année 2012, Roland intègre la DGAC suite à sa quatrième année sur un poste de chef de projet pour mener des études et expertises sur les aéroports. Il participe notamment à des conférences internationales sur la simulation aéroportuaire. « Je confirme, je voulais impérativement faire de l’ingénierie, faire du très technique. »
En 2018, le comité de domaine “Transport et Sécurité “ du ministère lui confère la qualité d’expert, ce qui permet à Roland de prendre davantage d’envergure sur son poste au sein du STAC.. Ses expertises et ses études portent sur la gestion des flux et ont pour objet désormais des projets stratégiques comme le terminal 4 de l’aéroport Charles de Gaulle et le non moins célèbre aéroport de Nantes-Atlantique. Il est également conférencier à l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC).
En 2020, fort de ses compétences et de son expérience, il insiste auprès de son employeur pour obtenir son transfert vers le site du STAC à Toulouse. « A ce stade, j’ai souhaité continuer mais dans un domaine élargi intégrant des considérations environnementales et écologiques. Et puis, notre famille venait de s’agrandir considérablement avec des jumeaux… et la vie en région parisienne avec trois enfants n’est pas simple ! »
En 2021, en lien avec sa promotion au grade de divisionnaire, la direction du STAC lui propose de prendre le poste qu’il occupe actuellement à Toulouse de responsable de la subdivision “Prévention du risque animalier“ au sein de la division Environnement. « Un poste intéressant sur tous les points qui est également ma première expérience d’encadrement de 5 personnes dont une ornithologue. ». Le poste de Roland comporte en fait deux facettes :
- La gestion du risque animalier pour le trafic. « Nous accompagnons les exploitants dans leur gestion de la faune susceptible de générer des incidents avec le trafic. Il faut savoir que nous dénombrons, en métropole et outre-mer, de 800 à 1.000 collisions par an, dont 95% impliquent des oiseaux et, heureusement, moins de 10% ont une incidence sur le vol. Nos analyses sont partagées au sein du groupe “Wildlife Hazard Management Expert Group“ (WHMEG) pour édicter des règles internationales afin d'éviter ces accidents ou en atténuer les effets. »
- La préservation de la biodiversité dans l’enceinte des aéroports. « Cette approche est plus récente. Nous travaillons à réduire l’incidence des activités aéroportuaires sur la biodiversité, mais aussi à améliorer les pratiques d’entretien des espaces et à nous adapter aux conséquences attendues du changement climatique. Il nous faut en permanence concilier la gestion du risque animalier et la valorisation de la biodiversité. C’est passionnant ! »

Pour le cas où de telles réflexions seraient menées pour les astroports du futur, la mission StarITPEtrek attire l’attention de la future DGACI, la direction générale de l’aviation civile intergalactique, qu’un troisième sujet mérite d’être porté à l’ordre du jour : l’incidence de la faune interstellaire susceptible d’être transportée par les vaisseaux spatiaux. N’oublions pas les effets dévastateurs des aliens sur les équipages et sur les passagers des vols intersidéraux !


« Apprendre toujours… et être directement utile ! »

Stéphanie POLIGOT-PITSCH est cheffe du pôle “Acquisition de données et hydrométrie“ au service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations (SCHAPI) à Toulouse.

Stéphanie POLIGOT-PITSCH

« Je suis de nulle part ! » affirme Stéphanie, qui bien que née dans la Nièvre dans une famille de forains, est devenue très tôt parisienne. Plutôt douée pour les mathématiques, elle enchaîne baccalauréat scientifique et classe préparatoire au lycée Louis le Grand. « J’aime toujours les maths ! »
A force d’entendre son père moniteur d’auto-école pester contre la conception et l’état du réseau routier, Stéphanie se dit qu’elle doit pouvoir faire quelque chose et elle décide de s’orienter vers l’ENTPE. « En fait, ce n’était pas la seule raison. Je l’ai choisie aussi parce qu’elle n’est pas à Paris…, parce qu’un cousin chef de chantier chez Vinci m’en avait parlé, et puis aussi parce que, dans cette administration, l’égalité de hommes/femmes me semblait mieux respectée et puis enfin pour le statut de fonctionnaire. »
Si l’intention première de Stéphanie était de travailler à améliorer le réseau routier et sa sécurité…ses premières vacances à bord d’une petite péniche sur les canaux du Sud-Ouest la convertissent au domaine fluvial. Elle intègre donc la 42e promotion de l’ENTPE (1997) et opte pour une voie d’approfondissement “Ingénierie maritime et fluviale“. « J’ai beaucoup apprécié cette formation ainsi que le large panel de domaines d’études proposé par l’école ».
Stéphanie prolonge son cursus jusqu’en 2001 au sein du Centre d’Etudes Maritimes et Fluviales (CETMEF) de Compiègne (FR60) où elle devient docteur ès/science au terme d’une thèse en modélisation hydraulique et hydrogéologique. A partir de là, son parcours professionnel n’a plus quitté le fil de l’eau ! « Je recherche bien sûr les opportunités de progresser mais en restant fidèle à mon domaine de prédilection quitte à rester plus longtemps sur les postes que j’occupe et dont je tiens à aborder tous les aspects . »
Effectivement sa première affectation post-thèse au CETMEF en 2001 lui permet d’explorer les “Ouvrages de navigation intérieure“, et ce n’est qu’en 2007 qu’elle décide de voguer vers la DREAL Pays de Loire à Nantes (FR 44). Elle y prend la direction de l’unité “Hydrométrie“ et connait sa première expérience de d’encadrement d’une équipe de 11 agents sur 2 sites. « Notre organisation de l’activité hydrométrie, a permis de suivre l’évolution technique foisonnante de cette époque et de mettre en place la certification ISO 9001 et d’en assurer le suivi. »
Sans le moindre virement de bord, Stéphanie, qui vient d’être officiellement reconnue “experte en géotechnique et risques naturels, “surfe“ sur la réorganisation du réseau de prévision des crues et devient, en 2013, cheffe de la division “Hydrométrie, hydrologie et prévision des crues“ de la DREAL Pays de Loire. Son service passe à un effectif de 22 agents sur 3 sites et obtient l’élargissement de la certification ISO 9001 à l’activité de prévision des crues. « J’aime ce métier car la prévision des crues, et donc des inondations, est directement utile à la collectivité aussi bien sur le plan matériel et technique que sur le plan humain et social ! »
C’est donc tout naturellement qu’en 2022, Stéphanie, promue ingénieur divisionnaire des TPE, rejoint les rangs du SCHAPI comme cheffe du pôle “Acquisition de données et hydrométrie“, son poste actuel. « Le SCHAPI est un service central à compétence nationale qui a deux missions essentielles : Il est l’autorité coordonnatrice des services de prévisions des crues et des unités d'hydrométrie installés sur le territoire, y compris en Outre-Mer, et son activité cruciale est la production et la diffusion en continu des informations de vigilance sur les crues, symbolisée notamment par le site Internet “Vigicrues“. A ce titre, le SCHAPI, qui fêtera cette année ses vingt années d’existence, est un peu un “électron libre“ mais reconnu comme indispensable. J’ai la chance de faire un de nos rares métiers d’ingénierie technique ayant un sens final immédiatement visible. »
« Je suis très satisfaite de mon parcours ! J’y ai toujours trouvé tout ce que je cherchais et en particulier la science, les applications et les prolongements opérationnels très concrets. Dans tous les cas, j’ai toujours eu le sentiment de continuer à apprendre.»

A chacune de ses étapes inter-sidérales, la mission StarITPEtrek fait une telle moisson de connaissances grâce à des rencontres passionnantes avec des ITPE passionnés que notre commandant de bord craignait de ne pouvoir atteindre la vitesse de la lumière à cause d’un excès de poids… L’équipage, lui, penchait plutôt pour un ralentissement des lumières du commandant !! Plus sérieusement, gageons avec Stéphanie que les effets, déjà perceptibles du dérèglement climatique, rendront toujours plus indispensables les structures comme le SCHAPI, pour améliorer notre anticipation et notre adaptation vis-à-vis des phénomènes naturels.

La dimension technique et scientifique est très importante pour moi. J'ai la chance d'avoir pu construire une carrière en accord avec cette envie. L'évolution du ministère n'est pourtant pas très favorable, et la perte de compétences techniques en lien avec le transfert de missions (maîtrise d’œuvre, appui technique aux collectivités...) m'inquiète. Comment bien préparer l'avenir et le long terme si on ne sait pas décrypter voire orienter les avancées techniques et technologiques, si on ne sait pas encadrer techniquement les entreprises prestataires ou impulser des politiques publiques fondées sur des analyses technico-financières solides ? La fermeture de l'ENTE est à cet égard un bien mauvais signal. J'espère que le ministère gardera ses ingénieurs, dont la rigueur scientifique est indispensable. Mon optimisme légendaire me pousse à croire qu'il y aura une réorientation favorable, pas trop tardive
Stéphanie POLIGOT-PITSCH


« J’ai aussi découvert qu’il n’y a pas que les routes dans la vie ! »

Xavier CORRIHONS est directeur adjoint de la Direction Interdépartementale des Routes Sud-Ouest (DIR SO) à Toulouse.

Xavier CORRIHONS

Comme son nom ne l’indique pas forcément…, Xavier est basque de naissance plus précisément de Bayonne (FR64). A l’instar de Sylvie Lemonnier (et de notre commandant de bord…), ce qui le distingue à coup sûr, c’est qu’à l’issue de son parcours scolaire, il intègre les classes préparatoires scientifiques du lycée Michel Montaigne à Bordeaux (FR33). « Nous avons eu la visite de quelques ingénieurs de TPE, anciens de Montaigne, venus faire la promotion de l’ENTPE et de la filière “Equipement“. »
Xavier choisit donc de rejoindre la 39e promotion de l’école (1994) et opte pour une voie d’approfondissement “Ouvrages d’art“. « Il faut dire que j’étais boursier et la possibilité d’être rémunéré pendant les années d’école fut un élément de choix important. » A l’ENTPE, Xavier rencontre sa future épouse. La suite est un parcours parallèle au cours duquel, alternativement chacun(e) déterminera à son tour le point de chute géographique du couple suivant ses opportunités et les avis de vacance de postes…
En 1996, Xavier passe quelques mois, en attente d’incorporation sous les drapeaux, sur un poste provisoire au Centre d’Etudes Techniques de l’Equipement (CETE) de l’Isle d’Abeau (FR38) où il étudie « la fissuration des dalles de ponts mixtes », avant de rejoindre les troupes du Génie Militaire à Lyon (FR69). « En fait, j’ai passé mon service à la réalisation de la rénovation du camp militaire des chasseurs alpins de Chambaran (FR38). « C’était un peu hors-sol et particulièrement isolé mais je regrette pas de l’avoir fait car cela m’a fait connaître bien autre chose que le monde un peu fermé des étudiants… »
La première recherche d’une mobilité pour le couple intervient dès leur première affectation et le ministère de l’Equipement leur propose du haut de toute sa morgue parisienne « une mutation conjointe dans un département sinistré, la Corrèze (FR19) ». Xavier intègre donc la DDE 19 au sein d’un arrondissement spécial chargé de la construction de l’autoroute A20. « J’en garde un excellent souvenir même si, sur un tel ouvrage, l’inexpérience rend les premiers temps de l'adaptation un peu plus compliqués. »
En 1999, Xavier rejoint les effectifs de la DDE des Hautes-Pyrénées (FR65) à Tarbes comme responsable de la CESOA (cellule exploitation, sécurité routière et ouvrages d’art), puis, en 2002, comme chef de Parc. « Les Parcs étaient des structures réellement atypiques et passionnantes, à la fois entreprise de garage et service de travaux publics. A Tarbes, nous avions à faire face à une importante viabilité hivernale et nous étions également dotés d’une usine à liants. Le volet management était crucial avec un effectif de 95 agents et un contexte social quelquefois délicat. »
Toujours pour éviter tout célibat géographique, Xavier et son épouse traversent l’hexagone en 2006 et plantent leur tente à Strasbourg (FR67). A la DDE, Xavier prend le poste de chef de l’unité “Etudes et Synthèses Territoriales “. « En fait, un bureau des études générales sur tous les domaines couverts par la DDE. J’ai donc découvert qu’il n’y avait pas que les routes dans la vie ! Un très bon souvenir même si la réorganisation des services avec la création de la DDT a un peu chamboulé notre paysage professionnel. Au final, nous avions quelques regrets à quitter Strasbourg et l’Alsace. »
Cette fois c’est une promotion conjointe mais pas exactement simultanée qui pousse le couple à réintégrer le Sud-Ouest et Toulouse et à ne plus les quitter. Promu ingénieur divisionnaire, Xavier rejoint une première fois en 2012 la DIR SO comme adjoint au chef du service “Politiques techniques“ avant de migrer, en 2017, vers la direction territoriale Sud-Ouest de Voies Navigables de France (VNF) au poste de chef de l’arrondissement “Infrastructures et exploitation“. « Le principal objet en est le Canal du Midi désormais voué exclusivement au tourisme avec un mode d’exploitation assez proche de celui d’une route, à ceci près que l’ouvrage est un monument historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO ! Mais le véritable service public du canal, c’est le transport de l’eau qui irrigue l’agriculture de tous les départements traversés. Il représente donc un très fort enjeu politique et social ! »
Au terme d’un chassé-croisé de postes avec son épouse, Xavier réintègre la DIR SO sur son poste actuel en 2022. « Malheureusement, notre DIR est très lourdement touchée par la loi 3DS (décentralisation, déconcentration et simplification de l’action publique locale… La moitié de notre réseau routier doit être transférée aux collectivités départementales et les deux tiers du reste seront placés sous expérimentation pour un éventuel transfert à la Région Occitanie. Les agents sont tous très attristés de voir casser un outil qu’ils ont réussi à bien faire fonctionner pendant quinze années ! »

La mission StarITPEtrek pointe avec amertume l’ineptie d’une réforme qui remet en cause la gestion et l’exploitation des axes routiers par itinéraire qui avait présider à la création des DIR et fracasse les services et leurs agents.
Elle redoute d’avoir à emprunter des routes de l'espace aux configurations différentes selon qu’elle circule dans le système solaire ou dans la galaxie du Centaure… Il ne faudrait pas que la c……rie (apparement déjà mondiale ) ne devienne interplanétaire !


« J’ai toujours voulu faire SUPAERO ! »

Marielle TOUPILLIER est cheffe du service “Immobilier et soutien“ de l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’espace (ISAE SUPAERO) à Toulouse.

Marielle TOUPILLIER

Si quelqu’un(e) est éligible au qualificatif de “régional (e) de l’étape, c’est Marielle ! Elle est née à Toulouse et a déroulé sa scolarité jusqu’au baccalauréat scientifique à Montauban (FR82 - Tarn-et-Garonne), distant d’une cinquantaine de kilomètres… « Mes racines sont toulousaines ! » revendique Marielle qui a poursuivi dans la ville rose par une classe préparatoire au Lycée Pierre de Fermat.
En 2000, Marielle rejoint la 48e promotion de l’ENTPE (2003). « C’était un objectif prioritaire pour moi car je souhaitais intégrer cette “école des choix “ pour éviter de me figer dans un domaine, et aussi parce que le domaine des Transports, notamment aériens avait ma préférence. » De fait, Marielle choisit la voie d’approfondissement “ Transports“ et réalise en particulier un travail de fin d’études au sein de la Direction Générale de l’Aviation Civile.
« J’avais rencontré celui qui est devenu mon mari dès la classe préparatoire.Contrôleur aérien, issu des bancs de l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC), il a connu sa première affectation à Paris. C’est pourquoi mon premier poste n’est pas tout a fait dans mes domaines de prédilection… »
Effectivement, en 2003, Marielle entre à la DDE de la Seine-Saint-Denis (FR93) comme chargée de mission “Aménagement Territorial“. « Je me suis essentiellement occupée de Plans de Prévention des Risques Naturels (PPR Inondations, Argiles et Carrières) et de Plans de Déplacements Urbains (PDU). « C’était un bon poste pour un début de carrière avec une pression modérée, une découverte de nombreuses thématiques liées à l’aménagement du territoire, un volet politique intéressant, mais aussi un important versant juridique qui n’était pas franchement ma tasse de thé… »
En 2006, souhaitant aller vers des missions plus opérationnelles, Marielle migre vers ce qui deviendra plus tard la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Equipement et de l’Aménagement (DRIEA) Ile-de-France au poste de responsable d’une équipe projet du service “Bâtiment durable et éco-construction“. « C’est là que j’ai attrapé le virus du bâtiment ! Nous avons réalisé de nombreuses conduites d’opérations, notamment pour le compte de la commune de Clichy-sous-Bois qui avait besoin de reconstruire une grande partie de ses équipements publics (crèches, gymnases, etc.) après les émeutes de l’année 2005, ainsi que pour le ministère de la Justice. »
Et le virus du bâtiment est très vite concurrencé par le bacille toulousain ! En 2013, Marielle revient vers “sa pincée de tuiles“ et rejoint la direction territoriale Sud-Ouest de Voies Navigables de France (VNF) comme responsable de la conduite d’opération du projet de restauration des plantations du canal du Midi.
« Une épidémie de chancre décimait les platanes d’alignement du canal. Il était impossible de les traiter ni de stopper la maladie. De fait des mesures prophylactiques, On devait abattre 7 platanes de chaque côté des platanes malades t pour tenter de ralentir la progression du champignon et la disparition des platanes… Le projet consistait donc à les abattre par tronçon avec des règles phytosanitaires strictes, à consolider ou reprendre les berges au droit de ces zones d’abattages et à replanter des essences variées, selon un projet validé par des experts et conforme aux critères de classement du canal au titre de l’Unesco, pour un budget annuel d’environ 7 à 10 millions d’€ par an. Et il fallait bien sûr respecter la nidification des oiseaux au printemps et l’installation des colonies de chauve-souris pour l’hiver. Un travail sur le vivant absolument passionnant avec des paysagistes et des naturalistes, mais un sujet très politisé et sur-médiatisé quelquefois à grands coups de contre-vérités … »
C’est en 2016 que Marielle va avoir l’occasion de réaliser, dans une certaine mesure, son rêve initial. En effet, promue ingénieur divisionnaire en 2015, elle entre à l’ISAE SUPAERO, mais pas comme élève, comme responsable du service “Patrimoine“, en détachement sous l’autorité de la tutelle de l’école, le ministère des Armées. A ce poste, puis en tant que cheffe du service immobilier et soutien ( stratégie immobilière, conduite d’opération, maintenance et logistique et services) depuis 2022, elle peut dire que, dans une certaine mesure, elle a bien « fait SUPAERO »… car elle y pilote la stratégie immobilière et la mise à niveaux et réhabilitation des locaux du campus, dont le renouvellement et le développement sont la conséquence de du regroupement de l’exSupaéro avec l’ex Ecole Nationale Supérieure d’ingénieurs et de constructions aéronautiques (ENSICA). « Mon service fait partie du Secrétariat Général de l’ISAE-SUPAERO, et pour tout ce qui est relatif à la stratégie immobilière de l’école, je suis sous l’autorité directe du Secrétaire Général et du Directeur Général, en lien avec la tutelle assurée par le Ministère des armées. »

Heureux qui comme Marielle a fait un parcours professionnel mené jusqu’à réaliser à sa façon son rêve premier ! Notre mission StarITPEtrek est elle-même une pure création issue des rêves d’un enfant qui se voyait parcourir les étoiles dans un vaisseau spatial. Les rêves doivent rester les rêves, mais rien ne doit empêcher quiconque de trouver sa voie pour enfin rêver de les vivre !

Dans le cadre du Plan de Relance de l’Etat, post crise sanitaire, et avec l’appui de la Direction, mon service a déposé plusieurs dossiers afin de profiter de cette opportunité pour rénover énergétiquement le campus. Nous avons ainsi obtenu 12 M€ pour réaliser 3 gros projets de rénovation énergétique (2 bâtiments administratifs et d’enseignement et le complexe sportif gymnase et piscine) et 24 petits projets d’amélioration (relamping, eau chaude solaire, remplacement de chaudières gaz…). Ce projet a été un vrai défi : réaliser de front l’ensemble de ces opérations en 2 ans (études et travaux) là où classiquement ces projets durent 3 à 4 ans…Nous avons dû mettre en place des moyens humains et organisationnels efficients et structurés pour respecter les exigences budgétaires, calendaires et de rendu-compte auprès de la direction de l’Immobilier de l’Etat, mais aussi faire preuve d’adaptabilité et d’innovation afin de trouver des solutions pour inciter les entreprises à répondre aux appels d’offre, faire face aux pénuries de matériaux … 2 ans intenses et complexes, sur fond de réorganisation du service à porter en parallèle, mais au final, missions accomplies avec succès ! Et avec en plus comme effet secondaire, une émulation et solidarité renforcées au sein du service et avec les autres services contributeurs de l’établissement !
Marielle TOUPILLIER


« Heureusement, j’ai toujours été hyper-technique ! »

Fabienne ATHANASE est cheffe du pôle “Politiques et police de l’eau“ et adjointe du chef de service “Environnement, eau et forêt“ au sein de la DDT de Haute-Garonne à Toulouse.

Marielle TOUPILLIER

Fabienne est originaire de Roanne (FR42 - Loire) et après un bac scientifique, elle intègre les classes préparatoires scientifiques du lycée du Parc à Lyon (FR69 - Rhône). Plusieurs critères lui font préférer l’ENTPE dans l’éventail des concours. « Le service public bien sûr, mais aussi l’égalité Homme/Femme, et le statut avec notamment la rémunération dès l’entrée de l’école. En plus, lorsque j’ai passé les épreuves orales, des élèves de l’ENTPE sont venus nous en faire la promotion ! »
Passé le stress de la liste complémentaire, Fabienne rejoint la 50e promotion de l’ENTPE (2005) et choisit une voie d’approfondissement “Urbanisme“. « En cours d’école, j’ai rencontré un élève de ma promotion qui est aujourd’hui mon mari. Nous avons donc dû rechercher tout au long de notre parcours des mobilités conjointes en commençant par la primo-affectation. »
Géographiquement, ce n’était peut-être pas tout à fait leur souhait, ils avaient le choix entre Charleville-Mézières (FR08 - Ardennes) et Epinal (FR88 – Vosges). Ils ont choisi Charleville. En 2005 donc, Fabienne rentre à la DDE08 comme chargée de mission “Renouvellement urbain“; ce qui n’était pas vraiment éloigné de sa spécialisation. « L’agence Nationale pour le Renouvellement Urbain (ANRU) venait d’être créée en 2004 et notre unité de 3 agents était en construction, mais pas de quoi s’ennuyer avec près de 370 M€ de projets sur Charleville, Sedan et Fumay. Très intéressant pour un premier poste mais avec un Etat financeur mais pas maître d’ouvrage; ce qui me frustrait un peu… En plus avec ces enjeux financiers importants, je me retrouvais très régulièrement dans le bureau du Préfet ou en réunion avec la maire de Charleville-Mézières. Pour un premier poste et à 22 ans, ça piquait un peu ! »
En 2008, la famille est sur le point de s’agrandir et il lui prend des envies de Sud…Obligation de mobilité conjointe faisant, Fabienne rejoint les rangs de la DDE 31 au poste de chargée de mission “Contrats complexes et Partenariats Public-Privé (PPP)“, puis à l’issue de la Réorganisation de l’Administration Territoriale de l’Etat (Réate) comme responsable de l’unité “Bâtiment durable“ de la DDT 31. « A l’origine, Il y avait dans notre service deux unités “Constructions Publiques“ territorialisées mais personne pour suivre les grands projets comme par exemple la transformation des 50 ha de l’aéroport de Francazal, la construction de la Cité Administrative ou des locaux de la DIR Sud-Ouest. Dès qu’il se présentait quelque chose sortant de l’ordinaire, c’était pour moi ! »
Soucieuse de varier son parcours, Fabienne prend, en 2014 la direction de l’unité “Prévention des risques“ de la DDT. « J’ai fait la découverte des postures régaliennes de l’Etat en accompagnant l’élaboration des plans de prévention des risques naturels (PPRN) ou technologiques (PPRT). Il s’agissait de trouver comment réglementer intelligemment…et j’y retrouvais sur des enjeux bien différents les interlocuteurs-élus de mes postes précédents. Passionnant bien qu’un peu usant car il faut sans cesse justifier et soutenir mais aussi assumer souvent un rôle d’empêcheur de tourner en rond… Heureusement, j’ai toujours été hyper technique; ce qui m’a permis de surmonter la pression souvent préfectorale et puis, je me suis forgé une solide compétence juridique ! » Promue ingénieure divisionnaire, Fabienne intègre la DREAL Occitanie à Toulouse en 2018 comme cheffe de la division Habitat. « C’est un assez mauvais souvenir pour moi car, du fait du regroupement des Régions, mon poste a été annoncé comme supprimé et la division transférée, comme tout le domaine Habitat, à Montpellier à échéance de 2 ans… Les relations internes, ainsi qu’avec les DDT, se sont rapidement dégradées et de nombreux agents, experts sur leur domaine, se sont retrouvés à titre personnel en grande détresse. Un véritable gâchis ! »
n 2020, Fabienne est de retour à la DDT 31 où elle se repositionne sur son poste actuel. « J’y ai une double casquette : cheffe de pôle sur l’eau (je ne connaissais pas ce domaine, mais techniquement c’est essentiellement de la mécanique des fluides, que j’avais approchée en formation à l’ENTPE) et adjointe au chef de service avec un encadrement à assurer de 35 personnes. »

Confidentiellement, Fabienne nous a précisé qu’après des gros ennuis de santé fort heureusement passés, elle en vient à relativiser l’importance de son parcours professionnel… « Mon mari est sorti du système pour devenir exploitant maraîcher Bio et, si ce n’est pas pour maintenant, il m’arrive de penser aussi à une éventuelle reconversion. »
Un célèbre clown qui fut emporté par un vilain camion disait en son temps « Si tu as atteint tes objectifs, c’est que tu as raté tout le reste ! » Quelque soit ton choix, Fabienne, ce sera à coup sûr le bon

 


Le plan de vol prévisionnel 2023 de la mission StarITPEtrek


Du 17 au 23 juillet : Rennes et l’Ile et Vilaine
Du 7 au 13 août : Châteauroux et l’Indre
Du 21 au 27 août : Tours et l’Indre et Loire
Du 18 au 24 septembre : Papeete et la Polynésie Française (à confirmer)

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64