
Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Loire-Atlantique (44)
L'ingénieur(e) à remonter le temps... !
Ingénieur(e) : Personne que ses connaissances rendent apte à occuper des fonctions scientifiques ou techniques actives en vue de prévoir, créer, organiser, diriger, contrôler les travaux qui en découlent, ainsi qu'à y tenir un rôle de cadre.
La définition du dictionnaire Larousse est claire, le travail de l’ingénieur se positionne dans l’avenir par rapport à la situation de son monde scientifique à un instant donné. Dans la mesure où des modes de déplacement tels que la téléportation et surtout le voyage dans le temps n’ont pas à ce jour été conceptualisés, ni décrits ni à plus forte raison conçus sur le plan technologique, le rapport de l’ingénieur au temps est clair : ses réalisations sont incontestablement dans son avenir.
Les quelques jours passés par la mission StarITPEtrek sur FR 44 - Loire-Atlantique portent témoignage d’une possible évolution passionnante de cette définition liée directement au rapport de la civilisation à la mère Nature !
Les premiers symptômes en ont été constatés par les scientifiques de la mission en examinant les réalisations en cours qui concernent l’élément essentiel du patrimoine nature de la planète : le fleuve Loire.

Le sujet est crucial au point que chaque administration réputée pour ses talents d’ingénierie s’est dotée au fil du temps de services spécifiques qui, souvent, emploient et (ou) sont dirigés par des ingénieurs des TPE, cette fameuse population qui est le principal objet des observations de la mission StarITPEtrek.
Dans le début du XXIe siècle, les données concernant le cours de la Loire entre Angers et Nantes mirent en évidence des évolutions fort néfastes pour le grand fleuve. Au cours des 2 siècles précédents, la Loire a fait l’objet de nombreux aménagements pour en favoriser la navigation essentiellement commerciale. Par exemple, pour concentrer l’écoulement dans un chenal réduit, 700 épis en enrochements ont été mis en place couplés à des digues longitudinales appelées “duis“. Les effets de ces ouvrages, cumulées à l’extraction industrielle de sable ont profondément bouleversé l’équilibre et la dynamique du fleuve.
Les résultats désastreux de cette surexploitation sont éloquents. En un siècle, le fond de lit de la Loire s’est abaissé de 1 à 4m provoquant une augmentation de la pente et des vitesses d’écoulement ainsi qu'une baisse du niveau du fleuve allant jusqu’à le déconnecter progressivement de ses bras secondaires ! Tous les milieux naturels et leurs habitants sont perturbés et avec l’intrusion de la marée plus haut dans l’estuaire, la capacité naturelle d’épuration de l’eau est en réduction constante au rythme de disparition des zones humides résiduelles.
Sans vraiment nous en rendre compte, nous allions être les témoins de l’agonie du fleuve et de la disparition des immenses services environnementaux, économiques et sociaux qu’il dispense, alors que, paradoxalement, la Loire n’est plus utilisée ou très peu pour la navigation commerciale !
Engagé depuis 2017, un vaste programme de rééquilibrage du lit de la Loire entre Le-Pont-de-Cé (FR49) et Nantes, sera achevé en 2025. Il comporte la transformation des ouvrages (épis et chevrettes) pour donner plus de liberté au fleuve et la création d’une zone de transition entre la Loire amont et l’estuaire avec rehaussement du lit et du niveau d’eau. Un investissement de 53 millions d’euros financés par l’Agence de l’eau Loire Bretagne (45%), la Région Pays-de-la-Loire (30%), le Fonds européen de développement régional Bassin de la Loire – FEDER Loire (20%), les Fonds Verts et Voies Navigables de France (5%). Le projet bénéficie même du mécénat du groupe AXA France.
Pour en savoir plus encore, la mission vous invite à consulter le site dédié au projet sur Accueil - Loire (vnf.fr) https://reequilibrage-loire.vnf.fr ainsi que le film de présentation du modèle physique https://vimeo.com/461721352 réalisé sur le secteur de Sainte Luce sur Loire.
Quelle plus noble ambition que de redonner la liberté au fleuve majestueux !

Un véritable défi technique mais aussi humain car il revient pour nous à accepter de rectifier nos erreurs en redonnant au fleuve ses caractéristiques naturelles ; Somme toute un retour dans le temps d’au moins une bonne centaine d’années !

La mission StarITPEtrek pressent clairement l’émergence d’une nouvelle typologie d’ingénieurs dont la vocation serait de promouvoir une ingénierie publique d’équilibre pour contrebalancer la frénésie technique et technologique que notre monde connait depuis un siècle environ. Il ne s’agit pas d’un recul, bien au contraire, mais d’une ingénierie de reconstruction et de reconstitution pour un corpus excessivement maltraité en vue d’assouvir des besoins qui, très souvent, ne sont plus d’actualité ou ont considérablement évolué.
A l’échelle de temps de la planète, la Loire nous a rappelé très rapidement le vieil adage : “Comme on fait son lit, on se couche !“ Le rééquilibrage de son lit par l’ingénierie publique de VNF est incontestablement un de ces premiers chantiers d’importance majeure pour l’équilibre général de notre cadre de vie et de la planète toute entière.
La voie est ouverte pour les futurs Ingénieurs des Travaux Perspicaces pour l’Environnement !
" Je me nourris de chaque poste, avec enthousiasme ! "
Yamina LAMRANI-CARPENTIER est directrice de l’Institut Régional d’Administration (I.R.A.) de Nantes.
L’enfance de Yamina s’est déroulée sur la planète FR30-Gard et plus particulièrement à Alès. D’un père immigré mineur, elle est la plus jeune d’une famille de 10 enfants. « Pour nous, l’école a été un puissant ascenseur social. »
Effectivement, Yamina clôture sa scolarité en 1992 par un baccalauréat C avec mention “Très bien“ et les félicitations du jury ! Elle s’oriente vers les classes préparatoires scientifiques à Montpellier (FR34 - Hérault) puis intègre la 43e promotion de l’ENTPE (1998). « Je ne savais rien des écoles d’ingénieurs pas plus que de la Fonction Publique. C’est dû au hasard … et à la plaquette plutôt réussie de l’école ! D’ailleurs en entrant dans l’école, je ne savais pas vraiment où j’étais ! »
Yamina opte pour une voie d’approfondissement “Aménagement et urbanisme“.
« Rétrospectivement, j’ai beaucoup aimé les trois années d’école. J’y ai rencontré mes meilleurs amis ! La formation y est de qualité particulièrement sur les sciences humaines et les problématiques d’aménagement du territoire et de politique de la ville, qui m’ont particulièrement intéressée. Le seul petit bémol c’est qu’en sortie, je n’étais pas suffisamment consciente des métiers qui m’attendaient. Il m’aurait fallu un tout petit peu plus d’immersion dans le futur professionnel. »
En 1998, pour sa première affectation, Yamina rejoint les bataillons de la DDE de l’Essonne (FR91) à Palaiseau, comme responsable de la subdivision “Aménagement et Urbanisme Nord-Ouest“. « Une excellente entrée en matière avec une équipe de 8 personnes et une ambiance quasi-familiale. Pour l’anecdote, mon chef d’arrondissement a un peu tiqué lorsque pour notre première réunion je lui ai appris que je n’avais pas le permis de conduire alors que mon bureau était excentré. J’ai lu sur son front
« Ça commence bien ! »; Mais je suis rentrée tout de suite et de front dans les projets dont le site stratégique comportant Le centre d’envergure européenne du plateau de Saclay et la gare TGV de Massy-Palaiseau et il m’a fait confiance. J’ai beaucoup appris. »
Pour « partir de Paris et rester dans le domaine de l’Urbanisme », Yamina intègre en 2002 les effectifs du Centre d’études sur les réseaux, les transports et l’urbanisme (CERTU) à Lyon (FR69-Rhône) comme chargée de mission “Articulation entre urbanisme et déplacements. « J’étais notamment intéressée par la montée en puissance des modes de déplacements plus durables. Mais, à l’usage, je manquais de terrain et de concret alors que j’ai absolument besoin d’énergie et d’enthousiasme ! »
En 2006, Yamina se lance dans un nouveau challenge et réussit brillamment le concours d’Ingénieur des Ponts et Chaussées (IPC maintenant IPEF) et entame une nouvelle trajectoire. « Géographiquement, je me lance dans le tour de France ! »
La première étape mène Yamina à Avignon (FR84-Vaucluse) où elle devient en 2007 responsable du service “Urbanisme et risques“ de la DDT. « Certainement un de mes meilleurs postes sous tous ses aspects. En interne, une forte dominante de management avec l’organisation du regroupement au niveau départemental de l’application du droit des sols (ADS). En externe, un fort enjeu de concertation avec les collectivités territoriales en privilégiant la recherche des solutions plutôt qu’un comportement très régalien. J’ajouterais pour moi, la découverte du domaine de la prévention des risques et des relations avec le corps préfectoral. Un ensemble passionnant pour agir au cœur des territoires ! »
Les étapes suivantes permettront à Yamina de rallier en 2011 la DREAL Languedoc-Roussillon à Montpellier (FR34) comme cheffe du service “Aménagement et Logement“, puis en 2014, la DDT du Tarn-et-Garonne à Montauban (FR82) comme directrice adjointe et en 2019, la DREAL Occitanie à Toulouse (FR31) comme directrice régionale adjointe. « Au fil de ces postes, notamment le dernier, j’ai découvert le niveau régional, j’ai élargi mes compétences sur la transition écologique, les infrastructures ainsi sur la gestion des ressources humaines et la gouvernance de services importants. »
L’étape en cours permet à Yamina d’endosser le maillot jaune, couleur des sportifs nantais ! Depuis 2022, elle occupe son poste actuel de directrice de l’IRA de Nantes. « J’avais repéré le poste avant qu’il ne soit vacant et il s’est libéré un peu plus tôt que prévu. Je me félicite de ce choix car j’élargis mes connaissances notamment sur la pédagogie et je m’ouvre sur l’interministériel. Je mets toute mon expérience au service de l’école qui réunit environ 200 élèves par an et emploie autant d’intervenants. »
« Pour l’avenir, j’aimerais rester à Nantes mais je suis prête à ouvrir des portes sans a priori. Je me nourris de chaque poste ! »
Pour poursuivre ses pérégrinations interstellaires, la mission StarITPEtrek s’est elle-même nourrie de l’énergie communicative de Yamina qui lui a permis d’enchaîner les étapes ascendantes et fort pentues de son Tour de France !
La mission propose de lui décerner le titre d’ingénieure “ Toute Première pour l’Enthousiasme“ !
« J’ai fait ce que je voulais faire ! »
Jean-Claude MOREL est responsable du pilotage de l’Application du Droit des Sols (ADS) au sein de la Direction Départementale des Territoires de la Haute-Loire (DDT 43) au Puy-en-Velay.
Bruno DAVAL est directeur du Parc Naturel Régional de Brière sur FR44
Sans doute était-ce un premier signe, Bruno est Franc-Comtois d’origine, plus précisément de la petite colonie de Luxeuil-les-Bains sur la planète FR70 - Haute-Saône, aux portes du Parc Naturel Régional (PNR) des Ballons des Vosges. Son cursus scolaire s’ouvre sur les classes préparatoires scientifiques à Besançon (FR25 - Doubs) qui le mèneront à intégrer la 40e promotion de l’ENTPE (1995).
« Ma mère travaillait dans une mairie ; ce qui m’a sans doute orienté vers les écoles de la Fonction Publique. Economiquement, j’ai privilégié les concours gratuits. Enfin, mes affinités allaient aux domaines de l’Environnement. »
« J’avais plutôt comme objectif de rentrer à l’Ecole Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg (ENGEES), mais, à une place près, mon rang de classement au concours ne m’a pas permis de l’intégrer en tant que fonctionnaire. »
Ce sera donc l’ENTPE mais, ce qui n’est pas courant, avec une spécialisation à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes (FR35). Bruno est donc ingénieur des TPE avec mention “Génie sanitaire“. « Malgré tout, je ne regrette absolument pas mes choix car la formation de base à l’ENTPE est de très bonne qualité mais je n’ai pas pu vraiment m’y intégrer complètement. En particulier, j’ai su très vite que je ne ferai jamais de routes. Par contre, j’ai beaucoup apprécié l’ambiance studieuse de l’EHESP ainsi que la diversité d’origine et de culture des étudiants. Une trans-disciplinarité qui me convenait bien ! »
Pendant son séjour à Rennes Bruno s’est marié avec une professeure des écoles et pour sa première affectation, au terme du processus de rapprochement de conjoint côté Éducation Nationale, « j’ai eu le choix entre 3 postes dont personne ne voulait ! » . En 1996, Bruno rejoint donc les effectifs de la DDE des Ardennes (FR08) comme chef du bureau d’études “Réseaux“ au sein du service “Routes“. « Avec une équipe d’une petite dizaine d’agents, nous avons essentiellement réalisé des opérations d’assainissement, en particulier des stations d’épuration dont c’était la montée en puissance. Un bon poste technique en relation directe avec les élus, mais un peu gâché par une ambiance dégradée avec l’Agence de l’Eau et un secteur privé omnipotent. »
En 1998, pour Bruno c’est le retour en Franche-Comté. Il intègre la DDE du Jura (FR39) à Lons-Le-Saunier comme responsable du bureau “Planification“ pour l’arrondissement de Dole. « Je voulais faire autre chose tout en me rapprochant de ma famille. « Il nous a fallu gérer en un an et demi le passage de la régie à l’assistance maîtrise d’ouvrage pour l’élaboration des documents d’urbanisme et réorganiser le service en conséquence. En 2000, c’est la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains qui est venue à nouveau modifier notre paysage professionnel. Enfin je me suis beaucoup investi avec le sous-préfet sur le programme de compensation de l’abandon du passage en grand gabarit du canal Rhin-Rhône. Notre grille d’analyse des projets sous l’angle du développement durable permettait d’aboutir à ce qu’on appelle aujourd’hui “Nature en ville“, mais les changements politiques l’ont faite passer à la trappe… Je me suis mis à regarder ailleurs. »
« En postulant sur un coup de cœur », Bruno obtient en 2002 une affectation comme chargé de mission “Paysages et urbanisme“ au sein des services du Parc National des Cévennes à Florac (FR48-Lozère). « Pour la mise en application de la loi du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux, je me suis vu confier par la direction la révision du décret de création du Parc et l’élaboration de sa première charte et mon poste a pris une dimension nouvelle. Au final je suis devenu chef d’un service de 5 cadres A, dans un Parc Naturel couvrant 152 communes et s’étendant sur 2 régions et 3 départements, et employant une centaine d’agents. J’avais même eu une proposition pour en devenir directeur adjoint. »
Mais la vie en décide autrement. Après un drame familial, Bruno fait le choix de rejoindre son poste actuel de directeur du PNR de Brière, tout en intégrant la Fonction Publique Territoriale comme ingénieur principal. « Sans quitter le réseau des Parcs car le travail très diversifié me plait, il me fallait trouver une structure plus petite, sur un territoire plus réduit et avec une équipe plus restreinte. »
La mission StarITPEtrek a tout particulièrement apprécié son escale avec Bruno dans le petit village de Kerhinet magnifiquement restauré par le PNR de Brière, dans le plus pur style d’architecture briéronne.
Pour le plaisir de cette journée un peu hors du temps et en pleine nature, elle décerne volontiers à Bruno le titre d’ingénieur des Territoires Protégés et Enchantés !
" Définitivement, ingénieur constructeur ! "
Damien COURBE est chef du groupe “Mobilités“ au sein de la direction territoriale (DTer) “ Ouest“ du Cerema à Nantes.
« Je suis Cauchois ! » proclame Damien; ce qui signifie qu’il a des origines Normandes, du Pays de Caux, et plus particulièrement de la petit colonie de Virville sur la planète FR76 - Seine-Maritime. Avec une arrière-grand-mère suffragette, un grand- père prêtre défroqué et une famille militante syndicale historique de gauche, il ne pouvait être insensible au service public et à la défense de l’intérêt collectif !
« J’ai toujours voulu être cuistot, mais “malheureusement“, je me débrouillais bien à l’école ! » Effectivement, au terme d’une scolarité plutôt dans le haut de tableau, Damien, bac S en poche, rejoint les classes préparatoires scientifiques du Havre (FR76). Il intègre l’ENTPE avec la 53e promotion (2008) et opte pour une voie d’approfondissement “Bâtiment“.
« Le service public et l’autonomie procurée par le statut de fonctionnaire ont guidé mon choix. En plus, au travers de la plaquette de présentation de l’école, tous les domaines de formation me paraissaient intéressants avec mention spéciale pour la mécanique des fluides. »
« La formation à l’ENTPE est très généraliste et balaye large, mais, à l’usage, je réalise que j’y ai appris beaucoup, particulièrement sur la gestion de projet en équipe. Il est bien plus efficace d’avancer collectivement et pour faire avancer l’équipe, il faut rechercher et cultiver l’intérêt à agir. »
Damien avoue « ne pas avoir été un étudiant très assidu ». De fait, en sortie d’école, le choix des affectations potentielles s’est avéré considérablement réduit à la liste des “postes obligatoires“.
Une chance pour Damien qui se retrouve en 2008 sur la planète FR23 - Creuse comme chef du bureau de la “Construction durable“ au sein de la DDT à Guéret. « A défaut d’Outre-Mer, j’ai choisi “l’Outre-forêt“ et puis à Guéret il y avait l’ADSL ! Sérieusement, j’ai fait le bon choix même si on abordait le crépuscule des constructions publiques avec la fin de l’ingénierie publique. Une excellente entrée en matière pendant laquelle la conduite d’opération de l’hôpital de Guéret notamment, m’a permis de croiser des partenaires très divers. J’ai toujours aimé faire des trucs, être un ingénieur constructeur. »
Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Damien rencontre à Guéret celle qui deviendra la mère de ses deux enfants. Signalons également en cette année olympique qu’il a participé, avec ardeur mais avec des résultats mitigés, au championnat du monde de lancer de passoire dont la renommée ne déborde guère, et c’est dommage, du plateau de Millevaches !
Damien est un temps attiré par une étape outre-mer mais sa compagne, juriste en environnement trouve un travail à Angers (FR49
- Maine-et-Loire). En 2011, il intègre donc les effectifs de la DREAL Pays de Loire comme responsable d’opérations routières. « La maîtrise d’ouvrage routière m’a bien plu d’autant que j’ai découvert un métier un peu artisanal et peu normé au fil de belles opérations, et avec une certaine autonomie notamment dans le Nord Mayennais ! »
Et la route se poursuit pour Damien qui rejoint en 2015 la Direction Interdépartementale des Routes Ouest (DIR Ouest) comme chef du district de Nantes. « Une expérience passionnante car le travail est très opérationnel. La devise du district avec ses 5 centres d’exploitation pourrait être “ C’est cassé, on répare ! “. Dans un tel contexte, on mesure parfaitement l’utilité sociale de chaque action et de chacun mais au terme des manifestations assez dures de la ZAD de notre Dames des Landes aux “gilets jaunes“ avec des jumelles qui venaient de naître ma capacité d’écoute et de concertation s’est un peu émoussée. »
Damien choisi donc en 2019 son poste actuel au sein de la DTer Ouest du Cerema. « Avec une équipe technique solide, nous conduisons des études relatives à la connaissance et l’analyse des pratiques de mobilité (personnes et biens) et de leurs évolutions au profit de l’État et des collectivités. Avec des sujets aussi variés que le covoiturage, la mobilité solidaire, les navettes autonomes, les enquêtes, la logistique urbaine, la mobilité rurale ou un projet d’aéroport… il y a de quoi nourrir sans fin ma curiosité. Le nouveau positionnement du Cerema se rapproche fortement de l’ingénierie territoriale que j’affectionnais à mes débuts : une équipe technique compétente au service de territoires parfois fragiles et toujours dans l’intérêt commun ! »
La mission StarITPEtrek souligne que le Limousin ne se contente pas d’être la terre des présidents de la République, mais aussi un terroir de sportifs de haut niveau. Raymond POULIDOR a ouvert la route et, avec un peu d’entraînement en cuisine, Damien aurait pu devenir le champion olympique français du lancer de passoire…
… et ajouter à son CV le titre envié d’Ingénieur - projeteur de Toutes Passoires et Écumoires !
« Apprendre, progresser et m’ouvrir à de nouveaux sujets ! »
Gaëlle FAVREL est directrice adjointe du programme “France-Visas“ du ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères à Nantes.
Selon l’Académie Française, Gaëlle est Haut-Savoyarde et plus précisément Annécienne…mais si l’on est un tantinet plus romantique (et comment ne pas l’être quand on voyage dans l’espace), on évoque “la Venise des Alpes“, Annecy et son lac, sur la planète FR 74 - Haute-Savoie. Et de fait, Gaëlle mène sa gondole à la perfection puisque sa scolarité culmine à un Bac C avec mention “très bien“ et qu’elle s’engage résolument sur le grand canal scientifique des classes préparatoires du Lycée Bertholet de cette même bonne ville d’Annecy.
Gaëlle, qui est depuis 2023 ingénieure des ponts (des soupirs ?), des eaux et des forêts, appartient à la 42e promotion de l’ENTPE (1997) avec une VA “Gestion“. « Je ne connaissais absolument rien aux métiers des ITPE mais j’avais l’intention de travailler à des réalisations concrètes. »
« Je voulais contribuer à faire quelque chose de visible, de mesurable ! J’ai réalisé toute la chance d’avoir un ministère qui forme ses propres ingénieurs, et cette formation est de grande qualité. Elle m’a aussi donné toute la visibilité possible sur le très large panel des domaines d’activité qui s’ouvraient à moi. »
Pour sa première affectation, Gaëlle arrime son embarcation en 1997 sur le quai de la DDE de Haute-Marne (FR52), à Chaumont. Elle devient la responsable du bureau “Études générales“ au sein du service “Urbanisme et habitat“. « C’était une création de poste visant à développer les diagnostics de territoires. Trois super-années qui ont été une excellente entrée en matière. Elles m’ont notamment permis de saisir l’intérêt de développer une vision stratégique d’ensemble du service et de son environnement. »
En 2001, Gaëlle rejoint pour neuf années la DDE de la Charente (FR16) où elle occupe successivement les postes de responsable d’une cellule “Constructions Publiques“ (CP), de la subdivision “d’Angoulême Nord-Est“ (2004) et de l’unité territoriale “Centre“ (2007). « J’ai eu la chance de pouvoir pratiquer les métiers « originels » de l’ITPE de terrain avant que les réformes successives n’y mettent fin. Les CP m’ont plongée d’emblée dans les réalisations bien concrètes dont l’extension de la DDE. Le meilleur, sans doute, était de pouvoir diriger une subdivision (encore) polyvalente d’une soixantaine d’agents sur tous les domaines couverts par la DDE (routes, urbanisme, aménagement, risques, gestion de crise, etc.) dans un contexte de contact constant avec les élus, les habitants et tous les acteurs économiques et sociaux. »
Promue ingénieure divisionnaire en 2009, Gaëlle intègre la DREAL Pays-de-Loire à Nantes comme responsable de la division “Risques Naturels, Hydrauliques et Sous-Sols“, poste augmenté en 2013 de la fonction d’adjointe au chef du service “Risques naturels et technologiques“. « En quelque sorte une suite naturelle à la mise au point des plans de sauvegarde “risques naturels“ menée en unité territoriale, mais cette fois appliquée aux effets dévastateurs et dramatiques de la tempête Xynthia survenues sur notre littoral ! Nous étions chargés du pilotage régional des mesures structurantes mises en œuvre après la tempête, dans un climat local tendu, tandis que nous nous apprêtions à reprendre au niveau régional l’exercice du contrôle de sécurité des digues et des ouvrages hydrauliques… ».
« Depuis quelques temps, j’avais dans le viseur un poste “pour quand je serai grande“ ! » Effectivement, Gaëlle modifie un peu son cap et accoste sur les rivages de l’Agence Nationale de Contrôle du Logement Social (ANCOLS). Elle devient en 2015 la directrice territoriale de l’antenne de Nantes, une équipe pluridisciplinaire d’une douzaine de cadres à fort niveau de qualification (inspecteurs-auditeurs administratifs, techniques, financiers). Elle supervise l’activité d’audit, de contrôle et d’évaluation des organismes HLM de la façade ouest (25 départements), et occasionnellement en Outre-Mer.
Et la croissance de Gaëlle se poursuit avec son accès au corps des IPEF et le positionnement sur son poste actuel en administration centrale en 2023. « Avec ses 80 collaborateurs, France-Visas a pour mission l’amélioration continue du programme numérique interministériel de délivrance des visas pour la France (dépendant du Ministère des Affaires Etrangères et du Ministère de l’Intérieur, 3 millions de demandes par an) avec de forts enjeux de continuité de service et de cybersécurité. Il veille également au déploiement et à l’animation de la communauté des agents utilisateurs en charge de l’instruction (près de 160 consulats dans le monde). Un challenge passionnant de management avec la gestion d’un projet technique très complexe aux interfaces multiples ! »
« A chaque étape, j’ai appris et garni mes bagages de compétences et de connaissances diverses. J’espère progresser encore et avoir l’opportunité de m’ouvrir à de nouveaux domaines. »
La mission StarITPEtrek, admirative mais aussi un tantinet narquoise, pourrait comparer Gaëlle à notre univers galactique en constante expansion et dont nous n’avons appréhendé à ce jour qu’une toute petite partie ; ce qui lui confère un charme vertigineux.
Mais elle n’oublie pas que Gaëlle est aussi ceinture noire 3e dan de karaté… et elle déconseille à quiconque de tenter de se gondoler aux dépens de la fille de la “Venise des Alpes“ !
Exceptionnellement, j’ai besoin de prendre la parole à titre personnel. Gaëlle fait partie à jamais de l’équipage de ma mission avec son mari Nicolas et ses enfants Nathan et Clara, comme un certain Jean-Michel LORIGNÉ et sa famille, et bien sûr ma compagne Dominique BOURSON.
Les amis se reconnaissent à leur présence dans les moments difficiles. Il y a quelques révolutions de notre Terre autour du Soleil, je me suis retrouvé au bord du vide de l’espace sidéral et ils m’ont tous retenu par un pan de ma combinaison spatiale pour me montrer que la vie est belle et que les étoiles brillent.
Ils m’accompagneront toujours et que Dieu, qui ferait bien d’exister rien que pour ça, les protège éternellement !
Serge ECHANTILLAC
« Un parcours fleuve ! »
Séverine GAGNOL est cheffe de l’unité territoriale Loire de Voies navigables de France (VNF) à Nantes.
A part son séjour à l’ENTPE, vous ne trouverez rien chez Séverine qui, s’écarte un tant soit peu du fleuve Loire ! Ses racines sont ligériennes car elle est originaire de Tours sur la planète FR 37 - Indre-et-Loire et qu’elle y a déroulé scolarités primaire et secondaire ainsi que les classes préparatoires scientifiques. « Avec une famille d’enseignants, j’étais sensible à l’intérêt général et à la fonction publique. En plus, j’avais une attirance certaine pour l’urbanisme ; ce qui m’a conduit d’ailleurs à pousser la porte d’une subdivision de la DDE pour une enquête initiée par mon collège. »
Sur de tels rails, Séverine se devait de passer par l’ENTPE. De fait, elle appartient à la 48e promotion de l’école (2003). Délaissant pour un temps l’urbanisme, elle opte pour une voie d’approfondissement “Géo-sciences de l’environnement“, surnommée énigmatiquement “Mange caillou“. « J’y ai passé trois excellentes années de formation et j’y ai rencontré mon conjoint David MOUSSAY, en poste aujourd’hui dans les services du Conseil départemental de Loire-Atlantique. L’ambiance à l’ENTPE était très bonne et je me suis fait des amis pour la vie ! »
Très vite, Séverine rejoint les bords de Loire pour son premier poste. En 2003, elle intègre les effectifs de la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN Centre) à Orléans (FR 45 - Loiret) au poste de chargée d’évaluation environnementale. « Je finalisais les avis de la DIREN sur les projets d’infrastructures et sur les créations ou les modifications des carrières. »
En 2006, sans quitter Orléans ni la Loire des yeux, Séverine prend le poste de cheffe du “pôle Loire“ au sein de la DDT 45. « Nous assurions la maîtrise d’œuvre des travaux de restauration du lit de la Loire et de renforcement des levées ainsi que la gestion et l’entretien du domaine public fluvial de la Loire, avec 5 agents au siège et deux équipes d’exploitation de 15 personnes. Pour moi, quatre années très intéressantes avec en prime, deux bébés ! »
En 2010, la recherche d’une mobilité conjointe mène le couple en aval du fleuve et Séverine rejoint cette fois la DDTM de Loire- Atlantique (FR44) comme adjointe au chef de la division “Vignoble et Grand-Lieu“. « Sur ce territoire du Sud Nantais, ancienne subdivision de la DDE, nos missions couvraient le conseil aux collectivités sur l’environnement, les risques, l’aménagement, ainsi qu’un appui pour l’élaboration des plans communaux de sauvegarde et la mise en œuvre de la continuité écologique. J’ai beaucoup appris au contact des élus, des partenaires économiques et sociaux, même si c’était le crépuscule d’une certaine l’ingénierie territoriale… »
Plutôt que de se laisser balloter par le flot des réformes, Séverine décide de continuer à flotter et, face un fleuve tumultueux [NDLR : « suivez mon regard ! »], elle opte pour le gouvernail ! Elle devient en 2014 chargée de modernisation auprès de la direction de la DDTM 44. « Une expérience très forte d’accompagnement des services, notamment vis-à-vis de la réforme ADS/ ATESAT qui concernait 90 agents à repositionner. Avec la chance d’avoir une direction ouverte et moderne… »
Promue ingénieur divisionnaire, Séverine peine quelque peu à trouver un poste de concrétisation … à portée de la Loire ! Dans ce cas, cela valait la peine de se mettre un peu la pression, car, en 2017, elle rejoint son poste actuel au sein des services de VNF.
« C’est un boulot de rêve pour une ITPE comme moi passionnée d’ingénierie opérationnelle et de voie d’eau ! Je dirige une équipe de 20 personnes dont des experts et des passionnés de la Loire dans tous ses domaines, avec comme mission première d’assurer l’entretien, l’exploitation et la gestion domaniale de la Loire navigable entre Bouchemaine et Nantes. Mais nous sommes en charge également du pilotage du programme de restauration du lit de la Loire entre Les Ponts de Cé et Nantes (53M€ avec études, travaux, communication et concertation, gestion administrative et financière, etc.). Un travail en équipe passionnant ! ».
« Le fil conducteur de mon parcours est donc bien la voie d’eau et bien sûr, en l’occurrence la Loire. A l’avenir, je résonnerai en fonction des opportunités, mais j’aimerais ne pas quitter cette ingénierie opérationnelle. »
Séverine est donc bien cette ingénieure à remonter le temps évoqué en préambule par la mission StarITPEtrek.
Une voie nouvelle semble bien s’ouvrir vers une ingénierie de reconstruction d’un patrimoine endommagé par des activités humaines non durables. Il convient désormais de reconstituer (ou de faire évoluer durablement) et de protéger les services rendus naturellement par ce patrimoine à la société.
Le chemin sera long mais la voie est tracée pour des Ingénieurs Très Préservateurs de leur Environnement !
« Exactement ce que je voulais faire ! »
Hugo DECAUDIN est inspecteur “Sécurité des ouvrages hydrauliques“ au sein du service “Risques naturels et technologiques“ de la DREAL Pays de la Loire à Nantes.
Pour évoquer les racines d’Hugo, il faut plutôt utiliser la dénomination de ceps… il est en effet natif de la colonie de Reims sur la planète FR51-Marne, au sein de la galaxie Champagne-Ardenne qui fait partie depuis le big-bang de 2015 de la nébuleuse “Grand Est“. Son enfance et sa scolarité se déroulent à Reims et son orientation penche un peu vers la Fonction Publique avec un père professeur d’histoire - géographie. « En fait, je n’avais pas vraiment l’envie de me décarcasser ! »
Malgré tout, Hugo obtient un baccalauréat scientifique avec mention en 2012 et s’engage résolument en classe préparatoire scientifique au Lycée F. Roosevelt de Reims. au final, il intègre la 63e promotion de l’ENTPE (2018) avec voie d’approfondissement “Génie Civil“. « J’ai choisi l’ENTPE pour poursuivre dans le service public et acquérir l’autonomie que procure le statut de fonctionnaire et la rémunération des études. J’avais naïvement comme idée première de construire des ponts mais comme l’Etat a renoncé à toute ingénierie publique, j’ai me suis plutôt tourné vers une spécialisation en géotechnique et mécanique des sols. »
« Je suis très satisfait de la qualité de la formation à l’école et de sa vocation plutôt généraliste. J’ai l’impression d’avoir touché à tous les domaines et acquis toutes les armes pour poursuivre dans l’administration avec un bon parcours sur le management !
L’école exerce une activité que tout le monde connait mais qui ne figure pas dans ses statuts… celle d’agence matrimoniale. Hugo et Caroline ROUXEL se rencontrent donc au cœur de la 63e promotion et entament leur vie de couple. Alors, évidemment, la première affectation d’Hugo tient étroitement compte de celle de Caroline. Pour elle, en 2018, ce sera Versailles et la DDT des Yvelines (FR78). Lui rejoint la Direction Interdépartementale des Routes Ile de France (DIR IdF) comme responsable d’opérations au service “Modernisation du réseau“.
«Ce n’est pas un choix par défaut parce que j’avais des informations sur le poste et je savais qu’il comportait notamment un des derniers grands projets conçus et réalisés par le service : le contournement Est de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Avec 9 km d’autoroute et un échangeur, c’était un point stratégique de la desserte de l’aéroport en prévision des jeux Olympiques de 2024. Pour moi, une excellente entrée en matière ! J’ai appris la gestion technique, administrative et financière d’un important projet complexe. Une entame géniale car très diversifiée et opérationnelle ! »
Cette première expérience réussie permet n’empêche aucunement Hugo de tracer son avenir. « Je savais ce que je voulais faire en second poste. Dans la continuité de ma spécialisation, en 2021, j’ai pu obtenir mon poste actuel d’inspecteur des ouvrages hydrauliques qui est exactement ce que j’espérais avec un bonus très intéressant : je participe aussi à la prévision des crues au sein de la DREAL. Une chance considérable car je pratique ma spécialité technique tout en me formant à la gestion de crise et des risques ! Pour l’avenir, mais sans urgence, j’aimerais si possible ne pas quitter la région et tenter une expérience nouvelle vers le bâtiment et la rénovation énergétique. »
« Au plus proche du terrain et sur les transitions énergétique et écologique ! »
Caroline ROUXEL est chargée de mission “Programme local de l’habitat (PLH) dans les services de la communauté d’agglomération “Clisson Sèvre & Maine“ à Clisson.
Comme chacun sait, l’histoire refuse de trancher l’épineuse question : Nantes est-elle bretonne ? Caroline, elle, est bien bretonne puisque native de Rennes et originellement bien ancrée dans le granit breton. Ses racines armoricaines se développent jusqu’à un baccalauréat scientifique, option européenne, obtenu haut la main avec mention “Très bien“1, suivi par une classe préparatoire “Physique et sciences de l’ingénieur (PSI)“.
Même si un de ses oncles est agent d’une DDE, Caroline est très incertaine sur le choix d’une école d’ingénieurs mais porte en définitive son choix sur l’ENTPE « parce qu’elle enseigne aussi les sciences sociales ». Elle intègre donc, comme Hugo, la 63e promotion de l’ENTPE (2018) et opte (cette fois pas comme Hugo !) pour une spécialité “Aménagement et Politiques Urbaines“ avec , au final, un Master 2 “Urbanisme et aménagement“ de l’Institut d’Urbanisme de Lyon.
« Je me suis effectivement découvert des affinités pour l’urbanisme et l’aménagement. J’ai beaucoup apprécié la formation de l’école, bien axée sur des travaux en équipe, et faisant une part aussi à la communication et au management. L’objectif est clair : Pro sur tous les terrains ! »
Comme évoqué précédemment, Caroline rejoint en 2018 les effectifs de la DDT des Yvelines (FR78) à Versailles comme adjointe à la responsable de l’unité “Politiques territoriales du logement“ du service “Habitat et Rénovation Urbaine“. « La proximité de Paris m’intéressait mais pas vraiment en administration centrale car j’aspirais à de l’opérationnel au plus près du terrain. Une bonne première expérience avec au départ une équipe de collaborateurs bien rodée, mais la COVID est venue tout chambouler avec un télétravail à 100%… En plus, le dialogue avec les élus communaux notamment sur la loi SRU et ses conséquences s’est avérée difficile, faute de réels moyens et d’outils … »
Caroline (et Hugo toujours !) décide(nt) de quitter la région parisienne et mènent une recherche assez large dans l’optique d’une double mobilité. En détachement depuis 2021, elle occupe son poste actuel dédié à la mise en œuvre du premier PLH (2021-2027) de la communauté d’agglomération créée en 2017 (16 communes et 56 000 habitants).
« Le PLH compte 15 actions (dont 12 prioritaires) en faveur de l’habitat au sens large aussi bien sur l’amélioration du parc existant (stratégie pour la rénovation de l’habitat privé, gestion de la demande en logement social, etc.) que sur la création d’offre nouvelle pour répondre aux besoins de tous les habitants (étude pour la réalisation d’une résidence pour jeunes travailleurs, aides financières à la création de logements sociaux, suivi de la production de logements en général, etc.). La tâche est rendue conséquente par la disparité des situations des différentes communes et pourrait justifier un renforcement des moyens humains… »
« Je viens de renouveler mon détachement car ce travail me plait vraiment par la grande diversité des actions et des projets. J’aimerais également pouvoir les intensifier sur la rénovation énergétique et la transition écologique. »

Grâce à Hugo et Caroline, au contact des jeunes ingénieurs de Nantes, le commandant de bord de l’ISS ENTerPrisE, vaisseau amiral de la mission StarITPEtrek, s’est offert sans aucune vergogne un bain de jouvence ainsi qu’un plein complet des réservoirs d’optimisme et de sympathie.
Bien sûr, certains esprits malicieux et certainement envieux feront observer que les réservoirs du vaisseau n’ont pas été les seuls à se remplir… Sur ce point, la mission confirme, après un périple sur 44 planètes de la galaxie France que les rites gastronomiques constituent bien le 4e mot qui pourrait s’afficher aux frontons des bâtiments publics : “Liberté, Egalité, Fraternité, Casse-croûte“!
Un grand merci aussi à Maïwenn, Benoît et Thibaut pour ces moments précieux !
Merci beaucoup à Serge pour nos échanges lors de cette rencontre en Loire-Atlantique, je trouve la démarche vraiment chouette !
Sensibilisée au quotidien aux enjeux du dérèglement climatique, et à l’urgence d’une action massive pour limiter les dégâts, j’ai le sentiment que les ingénieurs TPE ont tout leur rôle à jouer dans la transition que ce soit professionnellement ou personnellement. Cela m’effraie autant que cela me motive, mais grâce à la formation que nous avons suivie et à l’esprit TPE de manière générale, j’ai l’impression d’être tombée au bon endroit et que nous avons les cartes en main pour essayer d’agir et de nous adapter face aux évènements.
Une petite lueur d’espoir pointe lorsque je vois les nouveaux enseignements de l’école sur la transition et la prise de conscience progressive que j’observe localement. Par exemple à l’Agglo tous les agents vont prochainement participer à des ateliers ‘2 tonnes’ animés par des collègues volontaires formés comme animateurs dont je fais partie !
Bonne poursuite de voyage à Serge sur la route des TPE.
Caroline ROUXEL
1 La mission starITPEtrek note à ce propos que la quasi-totalité des ingénieures des TPE rencontrées s’enorgueillit d’une mention “TB“ au bac… alors que les résultats des ingénieurs sont apparemment un peu moins glorieux. Elle se garde bien d’aller au delà dans l’interprétation du constat pour des raisons évidentes de sécurité, mais elle incite les examinateurs du bac à respecter un tout petit peu plus la parité !
« Découvrir et explorer ! »
Hélène DESOBEAU est chargée de mission “Pêche et environnement marin“ au sein de la Mission “Coordination des politiques de la mer et du littoral“ de la Direction Inter-régionale de la Mer “Nord Atlantique Manche Ouest“ (DIRM NAMO) à Nantes.
A première vue, les prédestinations d’Hélène à travailler sur les grands espaces maritimes ne paraissent pas évidentes. Elle est née dans la colonie toulousaine sur FR31 - Haute- Garonne, au sein d’une famille originaire de la planète FR15 - Cantal, des astres assez peu tournés vers la mer. Elle passe son enfance à Toulouse dont les quais ne voient couler que très peu d’eau salée, même si la Garonne finit sa course dans l’océan, et que le canal des 2 mers passe par là !
A l’issue de sa scolarité, Hélène hésite sur le chemin à prendre. « Je voulais devenir prof, mais les enseignants dans ma famille me disaient de ne pas aller tout de suite dans l’éducation nationale… J’ai été tentée par les classes préparatoires littéraires mais, en définitive, j’ai choisi une prépa scientifique BPCST (Biologie, Chimie, Physique, Sciences de la Terre). Malgré tout, je ne voulais devenir ni vétérinaire ni cadre de l’industrie agro- alimentaire. Je n’avais aucune attirance pour les dissections ni pour les discussions autour du “craquant de la Cracotte“… »
« J’étais attirée par la géologie, l’eau et l’environnement ; ce qui me guidait assez clairement vers le concours G2E (géologie, eau et environnement) dont fait partie l’ENTPE. Le statut de fonctionnaire et l’autonomie financière ont aussi fait pencher la balance. »
Hélène appartient donc à la 59e promotion de l’ENTPE (2014) avec voie d’approfondissement “Environnement“. Elle complète sa formation par deux Master 2 (et pas un Master 4 !) le premier en “Politiques publiques et gouvernements comparés“ (IEP Lyon) et le second en “Économie du développement durable, de l’environnement et de l’énergie“ (ENPC Paris).
Pour sa première affectation, en 2015, Hélène choisit de rejoindre l’administration centrale du ministère de l’Ecologie comme chargée de mission “Économie de l’eau et des matières“ au sein du Commissariat général au développement durable (CGDD).
« J’ai participé à l’élaboration du premier plan de programmation des ressources (biomasse, cuivre, aluminium, etc.) en liaison avec le ministère de l’Économie et des Finances. Maintenant, ces sujets sont traités par la délégation interministérielle sur l’approvisionnement en minerais et métaux stratégique (DIAMMS !!), créée en 2022. Un poste passionnant et bien garni car il comportait aussi un volet international avec une représentation de la France à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). »
Mais les contraintes de la vie parisienne incitent Hélène à « partir de Paris ». Elle intègre en 2018 les effectifs de la DREAL Pays de la Loire à Nantes comme chargée de mission “Planification, stratégie régionale eau et réglementation nitrates“. « L’eau est un enjeu considérable en région Pays de la Loire. Ce poste a été créé pour l’élaboration, le suivi et l'évaluation de la stratégie régionale pour la reconquête de la qualité de l’eau (feuille de route État et plan Eau État-Région). Avec 22 Schémas d’aménagement et de gestion des eaux, notre binôme projet avait un plan de charge bien copieux, sans oublier la révision de la règlementation “Nitrates“ qui m’a bien occupée 3 ans ! »
Depuis longtemps attirée par le domaine maritime, Hélène rejoint en novembre 2023 les services du Conseil Départemental de Loire-Atlantique comme chargée de projets “Mer et littoral“. « Le programme proposé par la collectivité était particulièrement intéressant. Il comportait notamment un volet évènementiel avec “Partez voir la mer ! “ destiné à mettre en valeur le patrimoine maritime du département auprès des habitants. Il s’agissait aussi d’accompagner les collectivités sur la problématique du recul du trait de côte et d’animer le plan d’actions départemental sur le maritime. »
Malheureusement, l’élaboration du budget 2024 du Conseil Départemental conduit la collectivité à revoir ces ambitions drastiquement du fait de l’accroissement des dépenses dans le domaine social et d’une baisse importante des recettes. « Ce fut une grande déception car brutalement mon poste se trouvait amputé de la majorité de ses missions. Un peu amère, il m’a fallu rebondir vite ! »
A peine un mois avant de croiser la mission StarITPEtrek, Hélène a réintégré les services de l’Etat sur son poste actuel à la DIRM NAMO. « Une chance de pouvoir poursuivre sur une thématique maritime ! Cette fois, je vais plancher sur les incidences de la pêche sur les espèces et les habitats marins, en vue de tenir des engagements vis-à-vis de L’Union Européenne d’ici 2027. J’ai hâte d’en découvrir plus et d’explorer les sites sur la façade maritime. »
Nos réussites se nourrissent en premier lieu de nos déconvenues… Fort heureusement l’énergie d’Hélène est intacte et toujours aussi communicative ! Rassurée, la mission StarITPEtrek tient à féliciter chaleureusement Hélène, et tout autant Caroline ROUXEL, pour leur engagement dans l’animation du Club ligérien de l’AI des TPE : l’Association des Indispensables Transmetteurs et Pourvoyeuses d’Energie.
De Paris à Nantes, un engagement associatif fait le lien... C’est celui des CIGALES : Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire (rien à voir avec les FOURMIS : Fusées Oubliées sur Uranus par les Rangers de la Mission Inter-Spatiale).
Mouvement créé dans les années 1980, les CIGALES sont des indivisions juridiques de citoyen(ne)s qui mettent en commun leur épargne pour soutenir des projets (entreprises, associations, etc.) à vocation sociale, environnementale ou culturelle sur leurs territoires. Il s’agit d’un coup de pouce financier et surtout d’une belle aventure humaine, Une opportunité incroyable pour découvrir les enjeux économiques d’un territoire, et soutenir des entreprises engagées !
Pour en savoir plus : https://www.cigales.asso.fr/
Hélène DESOBEAU
« Ouverture et négociation ! »
Yves LEGRENZI est chef de mission du grand projet “Liaisons Nouvelles Ouest Bretagne Pays de la Loire“ et représentant de la maîtrise d’ouvrage au sein de la direction territoriale “Bretagne- Pays de la Loire“ de SNCF Réseau à Nantes.
Les racines d’Yves sont ancrées sur FR17 - Charente-Maritime, même si les mobilités de parents professeurs et littéraires l’on conduit en Lorraine jusqu’à sa 10e année. Un contexte qui explique bien son attrait pour le service public mais un peu moins pour les disciplines scientifiques… En particulier, son intérêt pour le domaine de l’environnement a sans doute été “cultivé“ au contact de grands-parents agriculteurs charentais.
Pour Yves, au baccalauréat scientifique succèdent les classes préparatoires du lycée Montaigne à Bordeaux et la 50e promotion de l’ENTPE (2005) avec, évidemment, une voie d’approfondissement “Environnement“. « La formation est excellente. J’ai beaucoup apprécié la grande diversité des domaines abordés et l’esprit “maison“ qu’on y développe. Pour l’anecdote, les stages m’ont conduit à la subdivision territoriale de Saintes (FR17) et j’ai bien ressenti cette ambiance très famille lorsque les agents m’ont dit : On va t’apprendre pour quand tu seras subdivisionnaire ! »
Pour sa première affectation, Yves rejoint en 2005 les services de la DDE d’Ille-et- Vilaine (FR 35) au poste de chef du bureau “Aménagement, réseaux et aérodromes“.
« Un super poste où j’ai plongé d’emblée dans l’opérationnel de la maîtrise d’œuvre et de la conduite d’opération pour des stations d’épuration mais aussi pour les équipements de l’aéroport de Rennes et de Saint-Malo pour le compte de la Chambre de Commerce. Ajoutez le contact permanent avec les élus et partenaires économiques locaux, avec un zeste de management et d’astreinte et vous obtenez le premier poste quasi-idéal ! »
Pour se rapprocher de sa compagne qui travaille à Nantes, Yves intègre en 2008 les effectifs de la DDT du Maine-et-Loire (FR 49) à Angers comme responsable de l'unité “Transport, ingénierie de crise et sécurité routière“. « Pour la rejoindre je prenais la ligne SNCF dont je m’occupe aujourd’hui ! L’abandon par l’Etat de l’ingénierie publique m’a aussi contraint à ce re-positionnement. Ce sont des sujets certes plus régaliens, mais avec aussi des actions de prévention en matière de sécurité routière, en lien direct avec le directeur de cabinet du Préfet, avec, à ce moment-là, le défi de la formation de cadres du monde agricole à la gestion de crise. Au final, cinq années passionnantes qui m’ont fait découvrir le domaine de la prévention des inondations ! »
Ce qui explique qu’Yves décide de rejoindre en 2012 les services de la DDTM 44 à Nantes, comme responsable de l'unité “Prévention des risques. « C’était un poste passionnant ! Par exemple, pour la mise au point du Plan de Prévention des Risques Inondations (PPRI) de Nantes nous avons eu de grosses discussions avec les services municipaux dont l’ancien maire était devenu Premier ministre. De même, pour le bouclage des PPR de Donges et de Montoire, les réunions publiques avec les élus et les habitants ont été animées. Des étapes très formatrices qui m’ont enseigné qu’une bonne négociation c’est lorsque tout le monde ressort insatisfait… mais pas trop ! »
Promu ingénieur divisionnaire, Yves devient en 2016 chargé de mission “Environnement, énergie, agriculture et développement métropolitain“ auprès du Préfet de la région Pays de la Loire (secrétariat général pour les affaires régionales). « Une étape bien différente qui est une ouverture sur la complexité de l’action publique et sur le travail en interministériel et en transversalité. Sur ce type de poste, on voit les rouages de l’Etat de l’intérieur et on apprend à prendre plus de recul pour trouver le point d’équilibre entre politiques publiques, pour les faire avancer au mieux. Au fur et à mesure, j’ai réalisé que, malgré tout, la dimension de porteur de projet me manquait un peu. »
C’est pour cette raison que, depuis 2020, Yves a rejoint les services de SNCF Réseau sur son poste actuel. « J’ai vraiment changé de monde ! L’écosystème SNCF est très spécifique. Ma prise de poste, en plein confinement n’a pas été simple mais je viens de demander le renouvellement de mon détachement pour cinq ans et, si j’ose dire, je poursuis dans cette voie. La SNCF a conservé une très importante ingénierie avec des équipes importantes en maîtrise d’ouvrage et en maîtrise d’œuvre interne. Pour notre équipe-projet sur les régions Bretagne et Pays de la Loire, il s’agit, d’une part, de moderniser le réseau existant pour permettre le passage de plus de trains et, d’autre part, de gagner du temps de trajet en réalisant des lignes nouvelles. Le seul budget des études inscrites au contrat de plan Etat - Région (CPER) représente 57,8 millions d’euros ! Un monde de passionnés, des moyens conséquents, mais il faut apprendre à parler “cheminot“. Désormais, avec mon expérience, je pense être en mesure d’exercer le métier de traducteur ! »
La mission StarITPEtrek ne saurait trop conseiller à des ingénieurs qui veulent vraiment faire de l’ingénierie (ce qui peut paraître légitime !) de rester ouvert à des opportunités comme celle saisie avec réussite par Yves au sein de SNCF Réseau.
Voilà qui pourrait permettre à terme aux Ingénieurs des TPE d’adopter comme devise le fameux “Sans Nous C’était Foutu ! “
Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64
