
LE PORTRAIT DU JEUDI | Charlotte MUCIG ING 2009 anciennement Directrice régionale du BRGM à Mayotte
« Les TPE et les défis de l'eau »
Aujourd'hui, retrouvez le témoignage de Charlotte MUCIG, diplômée ingénieure de l'ENTPE en 2009, anciennement Directrice régionale du BRGM à Mayotte, actuellement en disponibilité en quête de nouvelles opportunités
Aménagement & territoires : Bonjour Charlotte, peux-tu te présenter en quelques mots ainsi que ton parcours professionnel ?
Charlotte MUCIG : Je me qualifie de généraliste de l’environnement :
- avec tout d’abord une 4ème année de spécialisation en santé-environnement à l’École des hautes études en santé publique (EHESP),
- un premier poste au Cerema(1), englobant les questions de gestion de l’eau en milieu urbain, de nature en ville et de services écosystémiques,
- un deuxième en DEAL(2) tourné vers les risques naturels (dont inondations, submersion marine, littoraux), la définition et l’animation de politiques publiques,
- et enfin une approche d’expertise et d’appui aux décideurs en tant que directrice régionale du BRGM (Bureau de Recherche Géologiques et Minières) à Mayotte avec comme sujets prédominants les risques naturels et la ressource en eau.
A&T : Revenons sur ton expérience au BRGM de Mayotte. Peux-tu nous présenter ses spécificités ? Quelles étaient tes missions en tant que directrice ?
Charlotte : Dans ces deux domaines des risques naturels et de la ressource en eau, le territoire de Mayotte est particulièrement concerné et le rôle du BRGM est central :
- une île tropicale soumise aux phénomènes cycloniques générant des pluies intenses, des phénomènes d’inondations rapides et d’éventuels phénomènes de submersions marines potentiellement aggravés en contexte de grande marée – question qui sera de plus en plus prégnante dans l’avenir avec l’élévation du niveau de la mer et la quasi-totalité des villages qui se trouvent en bordure littorale.
- une petite île avec des besoins en eau importants et dont la ressource provient à 60% des eaux de surface et à 32% des eaux souterraines (les 8% restants provenant du dessalement de l’eau de mer) – ces ressources sont intimement liées aux conditions météorologiques dont les tendances futures (pluies resserrées sur une période de temps plus courte) ne laissent pas présager de bonnes perspectives quant à leur stabilité.
Le BRGM y est installé depuis presque 25 ans et son rôle est d’apporter de la connaissance, d’objectiver les phénomènes, de produire de la donnée et de la capitaliser, de développer de nouvelles méthodes d’analyse, de lever des verrous scientifiques. Il s’agit d’étudier pour comprendre, de comprendre pour donner les préconisations d’actions.
La posture de directrice régionale d’un organisme pluridisciplinaire comme le BRGM donne l’opportunité de faire émerger des projets références et d’orchestrer la transversalité pour répondre de la manière la plus pertinente possible aux enjeux du territoire.
En tant que représentante locale de l'établissement, il faut savoir aller de l’expertise à la vulgarisation, de la rigueur scientifique parfois complexe, à la pédagogie, lien que le parcours TPE permet de faire.
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Retrouvez l'ensemble du témoignage dans le fichier joint en annexe.
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