LE PORTRAIT DU JEUDI | Perrine RUTKOWSKI ING 2013 Intrapreneuse d’UrbanVitaliz et Recommandations-collaboratives, au Cerema, Directrice de l’incubateur interne de services numériques Accélérema

Published on February 14, 2025

« Réinventer la planification écologique grâce au numérique »

 

Aujourd'hui, retrouvez le témoignage de Perrine RUTKOWSKI, diplômée de l'ENTPE en 2013, elle est actuellement ; Intrapreneuse d’UrbanVitaliz et Recommandations-
collaboratives, au Cerema et Directrice de l’incubateur interne de services numériques - Accélérema

Aménagement & Territoires : Bonjour Perrine, peux-tu te présenter ton parcours professionnel ?

Perrine Rutkowski : Je suis intrapreneuse (« Product manager ») d’UrbanVitaliz et recommandations-collaboratives, au Cerema. Je suis aussi directrice de l’incubateur interne de services numériques Accélérema.
J’ai fait mon premier poste en tant que chargée d’études en géomatique au Cerema Hauts-de-France, et suis devenue cheffe du projet « enrichissement et valorisation des Fichiers fonciers », une base de données nationale très riche pour nos enjeux d’aménagement durable. Ensuite, le Cerema m’a missionnée en tant qu’intrapreneuse pour étudier, en approche « Produit » avec beta.gouv.fr (au format « startup d’Etat »), la faisabilité de construire un service numérique à impact pour « accélérer la revitalisation des friches » (contexte du Zéro Artificialisation Net, profitons-en tant que cela s’appelle encore ainsi). C’est devenu le service UrbanVitaliz, et 3 ans plus tard, nous travaillons la généralisation du principe du service en soutien à d’autres politiques publiques, via le service Recommandations-collaboratives, dit « Reco-co ». Cette approche « Produit » pour l’innovation numérique ayant par ailleurs prouvé son impact via ces services au Cerema, j’ai été missionnée pour construire l’incubateur interne et permettre à d’autres équipes de s’approprier la démarche.

A&T : Quels sont les grands enjeux de ton domaine ?

Perrine : L’innovation numérique est un levier incontournable pour créer des offres de service à impact très ciblé et les déployer rapidement à différentes échelles, en visant potentiellement un très grand nombre d’usagers. Il est donc très à la mode de générer des services numériques dès qu’une politique publique a besoin d’être appuyée. Les grands classiques sont : « des observatoires » et « des centres de ressource », sans parler des SI fleuves qui se construisent sur des années dans l’objectif de faire le café d’ici 5 ans. Mais est-on en capacité de mesurer l’impact réel sur le terrain de ces services « innovants » ? A-t-on ciblé un problème terrain réel, mesurable, d’ampleur, vécu par des « vraies » personnes (qui seront notre cible d’usagers) ? L’idée est ensuite de cheminer de manière itérative, par petits développements immédiatement testés auprès des usagers, pour construire LA solution qui répond le mieux à ce problème pour cette cible d’usagers. On s’applique à pouvoir attester que non seulement notre solution est utilisée, mais qu’elle permet d’avoir tel impact concret sur l’action publique (temps agent gagné, prise de décision débloquée grâce à l’apport du service, etc.).
Tous les projets ne peuvent pas se faire sous cette approche dite en mode « Produit ». Cela nécessite notamment une grande implication des équipes métiers aux côtés des équipes numériques, d’un contrat de confiance et d’autonomie, et de disposer de financements engagés successivement (tous les 6 mois dans l’idéal) sur la promesse de l’impact à atteindre plutôt que sur la forme de la solution que l’on mettra en place. Mais lorsque ces conditions sont réunies, la porte est ouverte à la création d’une valeur de service publique pour répondre à « un trou dans la raquette » de nos politiques publiques.
Via l’innovation numérique, on vise également des objectifs de sobriété dans la conception, d’accessibilité pour les usagers, et de sécurisation au fil de la montée en charge du service.

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Retrouvez l'ensemble du témoignage dans le fichier joint en annexe.

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