Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Lozère (48)

Published on July 11, 2025

Faire jaillir la lumière . . . ! 

« Tenebræ eam non comprehenderunt »
(Devise de la ville de Mende : « les ténèbres ne m’envahiront point »)
 
A l’approche de la plus petite planète de la Galaxie France par la population, la mission StarITPEtrek se doutait bien que les Lozériens devaient être d’une trempe peu commune, mais elle était déterminée à tenter d’en percer les secrets en y recueillant tous les indices les plus convaincants. Pour elle désormais le doute n’est plus permis, c’est de la recherche de la lumière dont il est question !
En témoignent les quelques éléments de preuve recueillis lors de sa trop courte escale sur cette magnifique FR48 - Lozère et qui ont nécessité quelques sauts spatio-temporels désormais coutumiers de l’équipage de l’ISS ENTerPrisE.
En premier lieu, comment interpréter autrement le parcours exceptionnel de Guillaume Grimoard, né en 1310 à Grizac dans une région lozérienne, très connue pour d’autres raisons… le Gévaudan. Il devient pape en 1362 sous le nom d’Urbain V (1362-1370). Son ascension vers la lumière divine se poursuit longtemps après son décès puisqu’il est, et sera à jamais, le seul des pontifes avignonnais à avoir été porté sur les autels avec le titre de bienheureux !
Il fut béatifié en 1870.
La devise de la ville Mende, reprise en entête, est sans conteste une manifestation très symbolique de cette volonté opiniâtre des Lozériens de « résister à l’envahissement des ténèbres et de faire jaillir la lumière ». Pendant les guerres de religion, au XVIe siècle, la cité mendoise connait des heures difficiles, car, si la réforme protestante a converti une partie du territoire de la Lozère, toujours… le Gévaudan, Mende, elle, résiste. Malgré les exactions du capitaine huguenot Mathieu Merle qui décime sa population et détruit la cathédrale, elle reste fidèle à la foi catholique. Sa devise vient de là ainsi que « le soleil rayonnant » qui orne son blason.
Deux siècles plus tard, du 30 juin 1764 au 19 juin 1767, plus de 120 personnes furent victimes de la fameuse Bête du Gévaudan. Sans doute l’épisode le plus documenté et toujours partiellement mystérieux de ce que certains n’hésitaient pas à qualifier de “ retour de l’emprise des Ténébres sur la terre de Lozère “ ! Devant les nombreuses preuves de l’origine tristement naturelle de ces épouvantables évènements, la mission StarITPEtrek clame haut et fort que ces prédicateurs étaient des allumés et qu’en tant que tels, à l’inverse, ils contribuent évidemment un peu plus à valider le raisonnement.
De même, comment interpréter autrement que “faire jaillir la lumière“, l’initiative de la ville de Mende en 1888 d’être le premier chef-lieu après Paris à s’équiper de l’éclairage électrique public.
Et l’aventure se poursuit puisqu’en 2018, le parc national des Cévennes, dont le périmètre est essentiellement lozérien, s’est vu décerné le titre de réserve nationale de ciel étoilé par l’association internationale Dark-Sky en vue de sa préservation. Alors que la pollution lumineuse ne cesse de progresser, le parc national des Cévennes fait partie des derniers bastions de nuit noire en France. Son territoire est désormais la plus grande RICE d’Europe comme en témoigne la petite colonie cévenole d’Yspagnac.

La mission StarITPEtrek, portée par sa légendaire curiosité scientifique, a tenue à vérifier par elle-même que le combat pour la lumière se poursuit sans relâche. N’écoutant que son courage et fort heureusement guidée par le pur Lozérien Yves BERTUIT, elle s’est aventurée sur les hauteurs à proximité de la ville de Mende.
Le truc1 de Fortunio culmine à 1552 m et c’est un sommet de la Margeride, région naturelle située principalement en Lozère. Il se dresse dans le département de la Lozère, sur la commune de Rieutort-de-Randon.
Le 28 avril 2025 autour de 16h, la mission y a été directement témoin de la lutte ancestrale que se livrent dans la région la lumière et les ténèbres. La bataille dont l’issue demeure mystérieuse fut de courte durée mais intense comme en témoignent les photographies prises dans l’instant par l’équipage.
 
A contrario, Il est un épisode que la mission StarITPEtrek n’a pas réellement su interpréter. Un des Lozériens les plus célèbres fut, à la fin du XVIIIe siècle, Jean-Antoine CHAPTAL, chimiste qui a révolutionné la vinification (cela commençait plutôt bien!), mais aussi politicien, plusieurs fois ministre de Napoléon Bonaparte, notamment ministre de l’Intérieur en 1801.
Mais avant d’en arriver là, “J.A.C.“, comme on le surnommerait de nos jours, commit sous la Révolution un acte incompréhensible qui serait qualifié aujourd’hui à coup sûr de “but contre son camp !“. En effet, nommé au Conseil d’Etat par Bonaparte, il est à l’origine de la Loi du 28 pluviôse an VIII qui mit en place le corps préfectoral…
 
1 En occitan, Truc signifie en général « gros caillou, rocher, bloc erratique, rocher massif » des Hautes-Alpes jusqu’au Cantal !

« Respecter les principes de la République : Liberté, Égalité, Fraternité ! »

Yves BERTUIT

Yves BERTUIT est administrateur FO (Fédération Equipement Environnement Transports Services - FEETS) du Comité de Gestion des Centres de Vacances (CGCV) avec fonction de responsable du patrimoine immobilier.

La mission StarITPEtrek a eu à maintes reprises l’occasion de rencontrer des spécimens d’ITPE aux racines fortement ancrées sur le territoire, mais le cas de Yves est, et devrait rester longtemps, sur la plus haute marche du podium de la discipline… Il est né à Mende d’une lignée de lozériens et de lozériennes depuis au moins 1580 selon ses plus récentes recherches. « L’histoire de ma famille se confond souvent avec celle de la Lozère. Une de mes ancêtres fut victime de la Bête du Gévaudan et un aïeul exerçait au 19e siècle dans la Margeride le beau métier de tailleur de poteaux de clôture en granit, dont on peut voir encore de nombreux exemplaires ! Pour ce qui est des travaux publics, un de mes grand- pères était cantonnier. »
Il va sans dire qu’Yves déroule une enfance et une scolarité purement mendoises au terme de laquelle il s’oriente en IUT à Nîmes ( FR30 - Gard) et obtient en 1982 un DUT Génie Civil
- Bâtiment. « A l’époque, j’hésitais un peu entre l’enseignement et l’École Normale ou la technique et le concours de technicien du ministère de l’Equipement. La seconde option s’est imposée car je me voyais mieux construire des routes, des ponts ou des bâtiments. »
En 1982, Yves entre donc à l’Ecole Nationale des Techniciens de l’Équipement d’Aix-en-Provence (FR13 - Bouches-du-Rhône). « Sans aucun doute, le bon choix qui m’a permis aussi de me découvrir une fibre pour le Service Public qui ne s’est jamais démentie ! ».
Fin 1984, pour sa première affectation, Yves rejoint les services de la DDE d’Eure-et-Loir (FR28) comme adjoint au responsable de la cellule “Hydrologie“ à Chartres. « Un très bonne entrée en matière qui m’a notamment permis de mettre en pratique les compétences en informatique acquises en IUT. Pour l’anecdote, j’étais meilleur que le professeur à l’ENTE ! J’ai participé à l’élaboration du premier plan d’exposition aux risques d’inondations (PRI) de France. Les relevés de terrain m’ont valu une morsure de vipère … et je me suis régalé lors d’une campagne de photos aériennes pour la prévision des crues avec une précision du rendu final de 5 et 10m. »
En 1988, Yves, pas fâché de mettre fin aux « rallyes autos mensuels » entre Chartres et Mende, obtient de rejoindre les rangs de la DDE de la Lozère comme responsable de l’informatique, puis en 1994 comme chef du pôle “Informatique et Logistique“. Un retour au bercail qu’il ancre un peu plus profondément en devenant maire de la commune de Pelouse. « A la fois prenant et passionnant ! La commune a accueilli le premier site Natura 2000 du département et nous avons travaillé (environ 500 heures!) avec la SAFER, l’ONF, la préfecture, la DDAF, la MSA, les hypothèques, le cadastre, les domaines, un géomètre, un notaire et le tribunal de Clermont-Ferrand pour transférer la totalité des biens dits “sectionaux“ à la commune qui est ainsi devenue propriétaire de 1.635 hectares. »
Pas question de quitter la Lozère, oui mais voilà … en 2009, Yves est reçu à l’examen professionnel d’ingénieur des TPE et il intègre la 54e promotion de l’ENTPE. Pas malchanceux, il connait une première affectation d’ingénieur en DDT chez ses voisins du Cantal comme chef d’unité “Accessibilité, Bâtiment et Énergie“. « Nous avons eu en charge la “Grenellisation“ de la cite administrative d’Aurillac avec renforcement de l’isolation thermique, récupération des eaux pluviales et création d’une ventilation double flux notamment. »
Mais Yves ne reste pas longtemps “hors les murs“. Dès le début 2011, il revient en DDT 48 au poste de chef du pôle territorial Centre.
« Avec les transferts de compétences aux collectivités territoriales et l’abandon de l’ingénierie publique puis de l’ATESAT, les effectifs de la DDT ont fondu de 60 agents et le pôle territorial est passé de 11 agents à 3 ! » Dans cette tempête, il se positionne en 2018 comme délégué territorial “Terres de vie (!) Mende et Nord-Est“, sur le périmètre cumulé de 4 anciennes subdivisions. «Je faisais essentiellement du conseil aux collectivités en amont de leurs projets ainsi que la gestion de certaines lignes de subventions de l’Etat . »
En 2021, Yves élargit ses fonctions à celles de Référent territorial, chargé de mission “Terres de vie“ en Lozère. « A cette époque se développaient les projets de territoire pour anticiper l’aménagement des collectivités sur la base d’une analyse multi-critères de l’existant. Nous avons également procédé à l’accompagnement du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) de Langogne. »
Pendant tout son parcours professionnel Yves a mené une intense activité sociale et syndicale comme représentant syndical Force Ouvrière en Lozère, comme élu national du Syndicat National des Ingénieurs des TPE (SNITPECT-FO), mais aussi élu au Comité Départemental de Lozère de la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale (MGEN) depuis 2016. Cet indéfectible engagement, mené toujours « dans le strict respect des principes de la République » lui ont valu de se voir confier par le Comité (paritaire) de Gestion des Centres de Vacances (CGCV) du ministère, la responsabilité de l’entretien de ce patrimoine immobilier particulier appartenant à l’État : 3 centres de colonies de vacances représentant un taux de fréquentation d’environ 30.000 journées par an.
 
La mission StarITPEtrek tient à préciser que Yves a failli devenir un cycliste professionnel se contentant modestement d’un niveau national amateur ! Si tous les lozériens de souche développent la même énergie professionnelle et humaine, la lumière jaillira constamment de cette magnifique planète et les ténèbres ont du souci à se faire !
 

« À L’ENTPE, je me suis découvert une fibre “Service Public“ ! »

Manon CARRIER

Manon CARRIER est ingénieure de projet au sein des services du Conseil Départemental de la Lozère à Mende.

La mission StarITPEtrek, au fil de son parcours galactique, a rencontré bon nombre d’ITPE qui ont choisi plutôt tardivement leur orientation professionnelle. Manon fait partie de ces “vendanges tardives“. Il faut dire qu’elle est originaire de la planète FR30 - Gard aux multiples AOP et AOC viticoles et plus particulièrement de la colonie principale de Nîmes.
Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique avec mention “Très Bien“, elle intègre logiquement les classes préparatoires à Montpellier sur FR34 - Hérault, seulement voilà …
« Je n’ai pas particulièrement aimé ni compris les maths et il m’a fallu compenser grâce à du
« par coeur » … j’ai beaucoup entraîné ma mémoire pendant ces années ! Pour la suite, je ne savais absolument pas ce que je voulais faire. A l’issue des concours, j’ai opté pour l’ENTPE en procédant par élimination : j’ai identifié tout ce que je ne voulais pas faire et sélectionné les écoles situées les plus au Sud ! »
La méthode pour le moins originale de Manon lui fait intégrer la 63e promotion (2018) de l’ENTPE avec voie d’approfondissement “ Aménagement et Politiques Urbaines “. Et il est clair que cette stratégie lui a parfaitement réussi .
« Au cours de la scolarité à l’ENTPE, je me suis découvert une fibre pour le Service Public. J’y ai aussi rencontré mon compagnon Jean- Marc VANBALBERGHE, ITPE de la même promotion et actuellement en poste au Centre de Gestion de la Fonction Publique Territoriale (CGFPT) de la Lozère. »
En 2018, au titre du Service Civique, Manon devient animatrice de projets de développement durable dans les collèges du Conseil Départemental du Gard. Dans le même temps, elle crée l’association “ Let’s develop change “ dédiée à la création d’un jeu vidéo de simulation, diffusé comme un jeu de simulation humoristique, et en réalité destiné à sensibiliser les joueurs sur les notions environnementales. « L’idée nous est venue le soir de Noël 2017 et nous avons développé Kairos’Light pour aboutir à sa version opérationnelle à mi-2020. Ce jeu gratuit comporte sept fins fictives qui dépendent des actions du joueur. »
Pour leur première affectation Manon et Jean-Marc, avaient bien l’intention de « se rapprocher autant que possible de la famille mais aussi vivre et travailler en milieu rural ». Il faut bien reconnaître que la Lozère a coché avantageusement toutes les cases, mais pas seulement … « La Lozère est un territoire magnifique, à la fois calme et réunissant tous les services et commodités. Le jour où on a compris qu’on pouvait aller cueillir des myrtilles en sortant du travail, on a aussi compris qu’on souhaitait s’installer ici. »
Ce travail justement, parlons-en. « Je fais de l’ingénierie de projet “amont“ en trois étapes. La première partie c’est, à leur demande, recueillir les besoins des collectivités, les accompagner vers les acteurs qualifiés en fonction des nécessités et de l’avancement des dossiers, et travailler à la faisabilité du projet. La deuxième partie porte sur le montage des plans de financement et l’accompagnement des communes pour comprendre la nature et les modalités d’octroi des subventions du Département. Enfin en troisième lieu, réaliser ce même travail d’ingénierie de projets pour le Département. »
« Je suis particulièrement heureuse ici et très satisfaite de ce premier poste varié et généraliste. Notre équipe de 3 ingénieurs se répartit territorialement les dossiers, et il y a un vrai travail d’équipe entre structures locales pour accompagner au mieux les élus. La pluralité des missions et des acteurs m’a permis de monter en compétence. »

La mission StarITPE a depuis longtemps mis en lumière le rôle “ d’agence matrimoniale “ joué par l’ENTPE pour ses élèves et ce, sans qu’il ait jamais été besoin d’une voie d’approfondissement dédiée !
Toute plaisanterie mise à part, la fraîcheur punchy de Manon et Jean-Marc est un cadeau revigorant, et l’équipage de l’ISS ENTPrisE a sommé le commandant de pouvoir utiliser le sas spatio-temporel pour revenir ne serait-ce que quelques instants à l’heure de la prise de leur premier poste d’Ingénieur Tout Plein d’Enthousiasme !
 

« L’ingénierie publique est un atout ! »

Daniel PRADEN

Daniel PRADEN est adjoint à la cheffe du Service d’Ingénierie Routière de Mende-Montpellier (SIR2M) au sein de la Direction Interdépartementale des Routes Méditerranée (DIR Med) à Mende.

Comme Yves BERTUIT, Daniel est pur lozérien, car natif de la petite colonie de Florac-Trois- Rivières par ailleurs “capitale“ du Parc national des Cévennes. Au terme de sa scolarité, il intègre l’ENTE d’Aix-en-Provence et devient assistant technique des TPE en 1982.
« À cette époque, je dois dire que je me cherchais un peu … Fort heureusement, ma mère qui travaillait à l’Office National des Forêts (ONF) a été très présente et m’a orienté vers les concours administratifs, notamment ceux du ministère de l’Équipement. Pour avoir côtoyé des agents de la subdivision territoriale de Florac, je connaissais aussi un peu la DDE. »
« Avant le concours, les domaines techniques me plaisaient déjà et un déclic s’est produit à l’entrée à l’école. Dès lors, j’ai su que c’était le métier que je voulais faire, en particulier par l’éventail des activités très opérationnelles que proposait le ministère. J’avais bien l’intention de construire quelque chose et je suis très attaché à la Fonction Publique d’État ainsi qu’à l’ingénierie publique ! »
Pour sa première affectation, Daniel rejoint les rangs de la DDE de Seine-Saint-Denis (FR93) comme adjoint au responsable de la subdivision “Administration Générale et de gestion“ de l’arrondissement territorial urbain de Montreuil. « Mon choix s’est porté sur ce poste car j’avais de la famille dans le département, et puis la ligne SNCF Paris - Béziers me permettait de rentrer assez facilement en Lozère. Professionnellement, le boulot était administratif (programmation, contrôle des marchés publics, comptabilité, contrôle de légalité...), mais c’était une bonne entrée en matière même si insuffisamment opérationnelle à mon goût et trop éloignée de la Lozère ! »
C’est en 1987 que Daniel atteint “ le centre de sa cible“ en intégrant les services de la DDE 48. Il y occupe successivement les postes d’adjoint au chef du bureau d’études départemental et chargé d’études de projets routiers, de chargé d’études au bureau d’études “Routes Nationales“ (1990), de responsable de la cellule “Environnement“ (1994), et enfin de responsable de la cellule “Équipements des Collectivités Territoriales (2001). « Les très graves inondations de Nîmes (FR30 – Gard) et de Vaison-la-Romaine (FR84 - Vaucluse) et la relance en suivant du programme de prévention des risques naturels par le ministère ont conduit à la création de la cellule “Environnement“ en DDE 48. Dotée au final de 4 agents, elle a eu pour missions, l’élaboration des plans de prévention des risques naturels, la participation à l’élaboration des documents d’information préventive, le co-pilotage de la Mission Inter Services de l’eau, la représentation de la DDE au CDH... Une prise de poste marquée par les crues exceptionnelles qui ont affectées le département en septembre et novembre 1994 et par l’éboulement rocheux du village de Barjac en 1995 qui a causé le décès d’une personne prise sous les décombres de son habitation ».
A cette période, Daniel participe aux travaux de la mission d’Inspection Spécialisée qui est chargée de se prononcer sur le devenir des terrains situés en aval de l’ouvrage de protection de Barjac et assure également le rôle de secrétaire d'un comité technique interministériel, constitué d’un groupe d’experts géologues (LCPC, CETE de Lyon, INERIS) et de représentants des ministères de l’Équipement (DGHUC) et de l’Environnement (DPPR), pour encadrer l’étude de définition de l’aléa chutes de blocs rocheux réalisée par le CETE Méditerranée lors de l’élaboration du plan de prévention dans les gorges du Tarn et de la Jonte (60 Km de vallée). « Ce fut un poste difficile, mais c’est aussi une bonne expérience professionnelle qui m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences »
Son parcours et ses compétences valent à Daniel en 2009 une inscription à la liste d’aptitude d’Ingénieur des TPE qu’il concrétise en rejoignant les effectifs du service d’ingénierie routière (SIR) de Mende (pas question d’abandonner ses racines !) au sein de la Direction Interdépartementale des Routes Méditerranée (DIR Méd.).
« J’ai surtout très mal vécu l’abandon de l’ingénierie publique et rejoindre la DIR m’a permis de la retrouver. »
Avant son poste actuel et au gré des réorganisations, Daniel est tour à tour responsable du pôle “Routes“ (2010) et chef de projet (2016) au SIR de Mende, puis chef du bureau d’études “Routes“ du SIR de Mende-Montpellier (2017). « Notre antenne qui compte 19 agents, assure des missions de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre pour le compte de la DIRMED, de la DIRMC et de la DREAL Occitanie. A ce titre, nous intervenons sur des opérations d’aménagement et de modernisation du réseau national (rocade ouest de Mende, échangeur de Saint-Chély d’Apcher sur l’A75, études d’aménagement de sécurité sur la RN88), sur des projets de maintenance du patrimoine (aménagements de sécurité, travaux de régénération, réparation d’ouvrages d’art) et d’amélioration de la résilience du réseau. J’aime être toujours dans l’action avec une attention particulière pour mon territoire ! »

La mission StarITPEtrek ne peut que saluer le parcours de Daniel, tout entier au service d’une ingénierie publique de grande qualité qui aurait du (et pu !) demeurer la marque de fabrique du ministère de l’Équipement et de ses nombreux successeurs divers et variés… L’équipage de l’ISS ENTerPrisE ne désespère pas de trouver, aux confins d’autres galaxies, des mondes un peu plus respectueux de la science au service du collectif et de ses Ingénieurs.
 

« Amoureux de l’ENTPE … et à l’ENTPE ! »

Marc CHEVRIER

Marc CHEVRIER est directeur départemental adjoint des territoires de la Lozère à Mende.

Natif de la colonie principale de FR15 - Cantal, Aurillac, Marc ne se destinait pas vraiment à une carrière d’ingénieur des TPE.
Baccalauréat scientifique en poche, il opte naturellement pour les classes préparatoires à Toulouse (FR31). « A ce stade, je voulais faire de l’électronique et je visais plutôt l’ENSEEIHT (école nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications, ouf !) à Toulouse. En plus personne ne me conseillait l’ENTPE… »
Mais le destin en a décidé autrement. « A l’issue du concours, tous les lauréats ont été reçus en amphi-classement pour confirmer ou non leur intention d’intégrer l’école. Lorsque vint mon tour, je n’ai pas osé dire non ! Et j’ai bien fait ! J’ai passé à l’ENTPE les 3 plus belles années de ma vie. Evidemment le statut de fonctionnaire est un avantage considérable mais “l’école des choix“ pour moi, c’était magique avec son ambiance, son foyer, ses équipements, ses logements et ses activités extra-scolaires ! J’en suis tombé amoureux ! »
L’enthousiasme de Marc pour l’école s’explique aussi à l’évidence lorsqu’il ajoute « Et puis j’y ai rencontré Julie mon épouse qui appartient à la même promotion que moi ! » Tous deux font partie de la 46e promotion de l’ENTPE (2001)… Oubliées l’électronique et l’ENSEEIHT !
Marc, qui a opté pour une voie d’approfondissement “Bâtiment“, décide de poursuivre dans cette voie en rejoignant une première affectation au ministère chargé de la construction comme chef de projets “Qualité des construction dans les DOM et application des règles de construction“. « Ce fut pour moi une excellente entrée en matière. Dans une ambiance très jeune et grâce à des échanges très forts entre la technique et la politique générale, nous avons construit sur nos sujets une vision prospective à 5 ans d’avance et je me rends compte aujourd’hui en local de l’intérêt de cet acquis en administration centrale. » Et ce bouillonnement n’empêche pas Marc de suivre simultanément une formation d’architecte à l’école de Paris-La Vilette qui se solde en juillet 2003 par un diplôme d’architecte DPLG obtenu avec une mention “Très Bien“.
A ce stade, les fées du destin se penche à nouveau sur Marc car la recherche d’une mobilité conjointe fait atterrir le couple en 2006 dans le système (très) solaire “Limousin“, sur la planète FR87 - Haute-Vienne et plus précisément dans la colonie principale de Limoges. Dans les traces d’un illustre prédécesseur reconverti dans la quête inter-sidérale, Marc rejoint la DDE 87 au poste de responsable de l’unité “Constructions Publiques“. « Ma première expérience de management dans une unité issue du regroupement de deux cellules, avec essentiellement des projets en conduite d’opération et le portage de la culture “accessibilité“ a été un challenge passionnant. »
En 2009, Marc, qui avoue « n’était pas parti pour rester à Limoges », succombe malgré tout à nouveau aux sirènes de l’administration limousine. Il intègre cette fois les services régionaux de la DRE Limousin comme chargé de l'appui technique à la gestion immobilière et foncière de l’Etat, puis comme chef de l'unité construction et gestion des bâtiments de la toute neuve DREAL Limousin en 2010, et enfin, promu ingénieur divisionnaire, comme chef de l’unité en charge de l’aménagement et des études générales et prospectives en 2012.
« Au cours de ces 6 années, j’ai appris la valeur de l’engagement avec une direction en confiance réciproque. Sur ce poste de chef d’unité “ Référentiel stratégique de développement durable “, les études couvraient tous les domaines de la DREAL avec une orientation stratégique forte et la mise au point du RSDD (référentiel stratégique de développement durable). »
La concrétisation d’une promotion à ingénieur divisionnaire des TPE oriente le couple vers la planète FR63 - Puy-de-Dôme et sa colonie principale où Marc rejoint le Centre de Valorisation des Ressources Humaines (CVRH) comme directeur adjoint en 2014, puis directeur en 2018. « Ce n’était pas l’orientation privilégiée par notre chargé de mission du ministère, car dans une structure de 29 agents dédiée essentiellement à la formation continue et au conseil. En fait, j’ai dirigé une petite entreprise avec des moyens et une capacité certaine d’innovation qui développe aussi une activité de consultant. Mon appréciation est nette : Très Bien ! »
En janvier 2023, Marc est nommé à son poste actuel de DDT adjoint en Lozère et cette fois “ l’entreprise “ compte un effectif de 90 agents. « Ce niveau de responsabilité territoriale est extrêmement motivant et j’aimerais pouvoir y poursuivre mon parcours dans un département plus conséquent. »
 
La mission StarITPEtrek a été très touchée par cette rencontre avec un spécimen d’ITPE fruit, en quelque sorte, du jeu de l’amour et du hasard ! Elle tient à préciser que rien ne permet de relier le parcours de Marc avec le théâtre de Marivaux et ses personnages !
Par contre, nul doute n’est permis, Marc fait bien partie d’une catégorie des ITPE déjà clairement identifiée sous la classification “ Ingénieur au Tempérament Passionné et Enjoué “ !
 

« L’équilibre que les Parcs se doivent de préserver est fragile ! »

Vincent CLIGNIEZ

Vincent CLIGNIEZ est directeur du Parc National des Cévennes à Florac-Trois-Rivières.

En juin 2021, l’ISS ENTerPrisE de la mission StarITPEtrek se plaçait en orbite géostationnaire autour de la planète FR11-Aude, à l’aplomb de sa colonie principale, Carcassonne, pour une seconde visite, la première en 2020 ayant été perturbée par les effets de la COVID. A cette occasion, l’équipage avait rencontré le directeur départemental des territoires et de la mer, Vincent CLIGNIEZ.
Outre une passion qui ne s’est jamais démentie pour l’informatique et la programmation, Vincent nous avait confié également que son principe de base pouvait se résumer dans « Fais ce qui te plait ! » et qu’il devait un parcours déjà fort réussi à une qualité assez répandue chez les ITPE : « Je suis un pur produit de l’adaptabilité ! » [ “Voyage 11 étape 2“ ]
Or les dernières nouvelles de Vincent le localisait en Lozère et plus particulièrement dans la colonie cévenole de Florac-Trois-Rivières, à la tête du Parc National des Cévennes. L’occasion rêvée pour la mission d’aller à la rencontre du Parc et de saluer une deuxième fois son directeur.
Promu ingénieur des ponts, des eaux et des forêts (IPEF) sur liste d’aptitude, Vincent ne pouvait demeurer DDTM de l’Aude plus de 5 ans, c’est-à-dire au delà de l’année 2024. « Dès 2018, dans le cadre du Cycle Supérieur du Développement Durable, je m’étais formé aux enjeux de la transition écologique au regard du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité, de la dégradation des milieux et de l’épuisement des ressources naturelles. Après deux postes en direction de DDT(M) j’ai eu envie de virer de bord tout en continuant à être au plus proche du terrain. »
Pour l’aider dans ce choix Vincent a été dans les premiers cadres dirigeants du ministère a être accompagné par une évaluation très poussée, dite “ à 360° “, menée par l’inspection générale pendant près d’un mois. Les conclusions de cette démarche l’on amené à envisager d’aller vers un établissement public à caractère environnemental… juste au moment où était publié l’annonce pour le recrutement pour le Parc national des Cévennes., Vincent a ainsi été retenu parmi un panel de 18 candidats après deux entretiens.
« L’évaluation est poussée au maximum car le poste est éminemment politique. Il est indispensable d’entretenir une bonne entente avec les acteurs du territoire. »
Et pas seulement quelques élus… le Parc national des Cévennes couvre une superficie totale de près de 3.000 km2 dont 938 km2 en constitue le cœur. Il englobe 120 communes sur la Lozère (principalement), le Gard et l’Ardèche. Il regroupe près de 68.000 habitants,
11.000 espèces végétales, 2.500 espèces animales, 168 types de milieux naturels dont 74 d’intérêt communautaires, plus de 2.000 km2 de forêts et 28 sites “Natura 2000“. C’est un Etablissement Public sous tutelle de l’Etat (ministère de la transition écologique - direction de l’eau et de la biodiversité) et doté d’un Conseil d’Administration de 52 membres dont 7 représentants de l’Etat, 23 représentants des collectivités territoriales, 21 personnalités et 1 représentant du personnel. Il a 3 missions : connaître et protéger les patrimoines, accompagner le territoire vers un développement durable, accueillir et sensibiliser les publics. Sa Charte, qui définit le projet du territoire, a été approuvée par décret en en novembre 2013 pour une durée de 15 ans.
« Le Parc, c’est 80 agents qui travaillent en partenariat avec l’ensemble des acteurs du territoire. Nous avons en permanence à gérer des équilibres pour préserver le “vivre ensemble“ et montrer que le Parc a toute sa place pour maintenir ces équilibres. Evidemment les relations avec le monde agricole sont parfois marquées par de fortes pressions en particulier sur le dossier difficile du loup ou avec l’émergence de l’agro - photovoltaïsme. Malgré tout le dialogue est constant et la recherche de solutions “amortisseurs“ est permanente dans tous les domaines. Un travail passionnant pour l’environnement et pour maintenir aussi la capacité de l’homme à s’épanouir sur le territoire de manière durable ! »
 
Dans un monde où l’individualisme, la désinformation et les clivages l’emportent malheureusement régulièrement sur l’écoute, la nuance et l’empathie, on se doit tous de travailler quotidiennement à restaurer la confiance, à redonner de la force aux démarches collectives et systémiques, et à démontrer que l’on peut vivre durablement sur nos territoires en préservant les équilibres entre activités humaines et préservation de nos patrimoines naturels et culturels. Un beau challenge, non ?
Vincent CLIGNIEZ
 
La mission StarITPEtrek s’applique lors de ses voyages inter-galactiques à suivre la trajectoire des ingénieurs rencontrés lors de ses étapes antérieures. Elle a constaté à maintes reprises la capacité des ITPE à relever des challenges sur lesquels on ne les attend pas forcément. Le parcours de Vincent est évidemment très emblématique de cette adaptabilité, synonyme également de résilience et de robustesse. Un véritable corps des Inoxydables et Toujours Prêts à Évoluer !
 
 

Le plan de vol prévisionnel 2025 de la mission StarITPEtrek :
  • Semaine 31 : Laval et la Mayenne
  • Semaine 34 : Nancy et la Meurthe-et-Moselle
  • Semaine 36 : Bar-le-Duc et la Meus
  • Semaine 39 : Vannes et le Morbihan

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64