Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de la Manche (50)

Published on September 3, 2025

Ga, Bu, Zo, Meu !

«S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y pas de problème!»

Il fallait bien que cela arrive ! A force de sillonner l’espace intersidéral en tout sens, la mission StarITPEtrek, une année lumière ou l’autre, allait se trouver confrontée à des planètes inconnues et à leurs habitants pour le moins originaux…
Donc, en ce mois de juin 2025 d’après le calendrier terrien, l’ISS ENTerPrise, qui croisait à proximité de la planète FR 50 - Manche et particulièrement aux abords de la colonie de Cherbourg, se trouva happé par un de ces irrésistibles vortex sidéraux et sidérants qui lui fit faire un petit saut dans le temps et remonter jusqu’en 1968 du calendrier terrien.
Alors que la galaxie France se dirigeait vers un mois de mai assez chaud, les astronomes venaient de capter des signaux bizarres en provenance d’un système planétaire à deux astres jusqu’alors non répertorié.
Au risque de flatter encore un peu plus l’ego des Français déjà fort dimensionné, le monde doit cette découverte à un Cherbourgeois auquel la postérité aurait du rendre un hommage plus proportionné à l’incontestable génie de ce moustachu au profil d’Astérix le Gaulois :
Jacques ROUXEL et son associé-présentateur Claude PIÉPLU !
Jacques est le premier (et le seul) à avoir identifié, étudié et restitué la grande saga de l’espace, auprès de laquelle l’épopée “ Starwars “ par exemple risque de demeurer l’équivalent d’un roman de gare, l’odyssée des SHADOKS et des GIBIS !
Plus tard, beaucoup plus tard, au détour d’une de ses divagations urbaines, la mission StarITPEtrek est tombée sur une grande fresque murale réalisée par la commune de Cherbourg pour immortaliser ses travaux et ses découvertes sur un monde poétique et surréaliste qui pourrait bien exister dans quelque recoin de notre grand espace intersidéral.

Il n’en fallait pas plus pour qu’une telle coïncidence ne déclenche la curiosité scientifique proverbiale de notre équipage ! Les travaux de Jacques ROUXEL, assisté par son secrétaire et rapporteur Claude PIÉPLU, ont mis en évidence non seulement l’existence d’un monde shadok mais aussi d’une culture shadok très originale, ainsi que de sciences et d’inventions shadoks tout à fait surprenantes !
En hommage à nos découvreurs, la mission StarITPEtrek tient à restituer un modeste résumé de leurs gigantesques travaux.

Les Shadoks ressemblent à des oiseaux, sauf qu'ils ont des ailes excessivement courtes qui leur servent de mains. Ils possèdent deux longues pattes qui nuisent à leur reproduction car leurs oeufs se cassent toujours en arrivant au sol… Les Shadoks ont donc décidé de pondre des oeufs en acier… mais leur population vieillit inexorablement car leurs poussins sont vieux lorsqu’ils réussissent à éclore en brisant la coque d’acier rouillée !
Ils vivent sur la planète Shadok et se répartissent entre Shadoks “ d’en haut “ (qui ont les pattes en bas) et Shadoks “ d’en bas “ (qui ont les pattes en haut et supportent cet amas indistinct de rochers pas très solidement attachés les uns aux autres). Bien sûr, sans ces derniers, faute d’appui, la planète risque un effondrement partiel. Par exemple, il arrive souvent qu'avec un
escalier prévu pour la montée, on arrive à « monter beaucoup plus bas ».
Les Shadoks ne peuvent pas apprendre plus de quatre syllabes parce que leur cerveau ne contient que quatre cases. Dans la langue Shadok, il y a donc un maximum de 4 syllabes par mot; ce qui limite le dictionnaire Shadok à 64 mots différents. Par voie de conséquence, plusieurs objets doivent partager les même noms. On peut avoir une conversation en utilisant toujours le même mot.
Exemple de conversation :
–    (Ga Ga) : ça va?
–    (Ga Ga) : non, ça va.
–    (Ga Ga) : J'en suis bien content pour vous.
Les ennemis héréditaires des Shadoks sont les Gibis qui vivent sur un astre voisin. Les Gibis sont des animaux très intelligents, et assez gentils, plus en tout cas que les Shadoks. Quand les Gibis ne sont pas en train de danser, ils ne font souvent rien pendant longues périodes de temps. Ils ne se reproduisent pas, ne meurent que rarement et ne vieillissent jamais. Ils portent des chapeaux melon qui sont le secret de leur intelligence collective. En effet, ces chapeaux sont « comme des téléphones, mais si perfectionnés qu'il n'y a même pas besoin de parler dedans ». Quand un Gibi réfléchit à un problème difficile, ça passe automatiquement dans tous les autres chapeaux, et tous les Gibis se mettent à réfléchir ensemble, ce qui fait que la solution est trouvée rapidement.
La planète Gibi est complètement plate, ce qui fait que, quand il y a trop de Gibis d'un côté, la planète penche, des Gibis glissent, et peuvent tomber. De plus, rien ne peut être extrait du sol sans tomber à travers et risquer de transformer la planète en une passoire.
Par contre, l’atmosphère de la planète Gibi est riche en cosmogol, une substance que peut être raffiné pour créer du cosmogol 999 qui sert comme carburant.
Les Shadoks et les Gibis en ont assez de vivre sur des planètes qui ne marchent pas bien. Ils décident de se rendre sur la Terre pour la coloniser. Si les Gibis mettent rapidement au point leur fusée, les Shadoks piétinent, car la fusée mise au point par leur ingénieur, le Professeur Shadoko, n'a pas de carburant… Les Shadoks ont entrepris de pomper à distance l’atmosphère de la planète Gibi et tous sont atteint de “pompomanie“. Selon leur nature, les Shadoks suivent des cours spéciaux sur la “pompologie“, comme les mathématiques “pompiques“, la physique “pompique“, la “geopompographie“, et le cinéma “pompographique“. Les Shadoks pouvaient aussi se spécialiser en “sociopompologie“ ou “psychopompologie“.
Le titre de cet article est emprunté au bon sens du marin Shadok. Il va sans dire que ces personnages hors du commun ont des devises marquées au coin du bon sens (shadok évidemment) :
« Plus ça rate, plus on a de chance que ça marche » : Un principe qui pousse les Shadoks à rater le plus rapidement possible les 999.999e premiers essais de leur fusée car elle n’a qu’une chance sur un million de pouvoir décoller !
« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. » Un must désormais dans le langage courant.
« Pour faire le moins de mécontents possibles, il faut toujours taper sur les mêmes. » Une méthode toujours bien d’actualité !
« Il faut pomper pour vivre, et donc vivre pour pomper. » A transposer dans notre univers professionnel actuel !
« Il vaut mieux pomper d'arrache-pied même s'il ne se passe rien que de risquer qu'il ne se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. » Un principe en pompologie à rapprocher du principe de précaution !

La mission StarITPEtrek unanime décerne avec enthousiasme et admiration à Jacques ROUXEL et à Claude PIÉPLU le titre d’ingénieur des Travaux de Pompage Existentiels…


« Bon sang ne saurait mentir ! » 

Véronique LE BRIS

Véronique LE BRIS est responsable du pôle “ Cultures marines “ au sein de la DDTM de la Manche à Cherbourg

La mission StarITPEtrek a pu le constater à maintes reprises : sur le plan professionnel, il est bien difficile d’échapper aux effets quasi- génétiques de la filiation. Véronique, qui est originaire de la galaxie bretonne et plus particulièrement de la planète FR22 - Côtes-d’Armor , est aussi la petite-fille d’un cantonnier et la fille d’un spécialiste des bétons et des ouvrages d’art dont la carrière s’est déroulée au laboratoire de l’Equipement de Saint-Brieuc ! « Au final, il me semble que j’ai repris le flambeau familial. Il faut dire qu’au cours de mon enfance, tous les ponts de Bretagne, je les ai vus de l’intérieur ! »
Et pourtant, la passion initiale de Véronique, c’est la géologie. Un bac C puis un DEUG de mathématiques et sciences physiques en poche, elle poursuit à l’université de Rennes et obtient en 2000 une maîtrise de géologie. « J’ai dû me rendre à l’évidence de l’étroitesse des débouchés de cette filière et j’ai décidé de rejoindre la fonction publique de l’État en intégrant l’Ecole nationale des techniciens de l’Équipement de Valenciennes ( FR59 - Nord). J’y ai acquis un bagage technique complet ainsi que toutes les informations nécessaires pour entrer “dans le moule“ de la fonction publique. »
Consciente de la difficulté à rejoindre immédiatement sa Bretagne natale, et voulant éviter « à tout prix » d’être affectée à Paris, Véronique choisit en 2002 de rallier les effectifs de la DDE de l’Eure (FR 27) à Evreux comme chargée d'études “Prospective et observatoires - volet habitat“. « Je n’ai pas pu trouver de poste à dominante géologie. Alors, sans connaître la Normandie, j’ai opté pour le choix le plus proche de chez moi. Et le hasard fait bien les choses, mon unité logeait dans le même couloir que l’unité “Prévention des risques“ avec laquelle j’ai participé à l’annonce des crues en bénévole et où s’est ouvert un poste sur lequel j’ai sauté immédiatement ! »
En effet, en 2003, Véronique devient chargée d'études sur les cavités souterraines au sein de la DDE 27. « L’enjeu est important car sur le territoire de l’Eure, on estime à 60.000 anciennes carrières souterraines alors qu’on en recense tout juste 12.000 avec précision ! Des accidents et des victimes ont été à déplorer car les effondrements se produisent aléatoirement, que ce soit au milieu d’une parcelle agricole, au pied d’une habitation ou sur des chantiers de construction. La pression est donc forte ! C’est un poste technique passionnant en étroite relation avec les spécialistes du Centre d’Études Techniques de l’Equipement et en concertation avec nombre de partenaires comme les services de l’urbanisme, les collectivités, les notaires entre-autres avec comme objectif l’intégration du risque. »
En 2010, la DDE 27 devient la DDTM 27 et Véronique se maintient sur un poste re-configuré de chargée d'études sur les cavités souterraines et mouvements de terrain “ secteur Sud“, suite à sa réussite à l’examen professionnel de technicien supérieur principal de l’Équipement. « Pour moi, ces deux postes enchaînés ont été une bonne entrée en matière professionnelle mais, dans la perspective de devenir ingénieur des TPE il me fallait envisager un changement de domaine. »
De fait, en 2013, Véronique rejoint les effectifs de la DREAL Haute-Normandie à Rouen comme chargée de mission sur la protection des espèces et de leurs milieux. « Un changement complet de domaine et de structure ! Et même, il faut bien le reconnaître un choc des cultures, notamment vis-à-vis des agents issus de la DIREN. J’ai pris un grand intérêt à apprendre et à traiter les dossiers relevant de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
En 2016, Véronique avec sa famille décide d’aller s’installer sur FR50 - Manche et plus particulièrement à Cherbourg. Elle y devient adjointe au responsable de la délégation territoriale Nord au sein de la DDTM 50. « Il était important pour mon avenir de passer par une subdivision et de connaître mon premier épisode d’encadrement. Sur ce plan, on peut dire que j’ai été servie car j’ai assuré l’intérim de la cheffe de cette unité de 20 agents dès mon arrivée pendant au total 10 mois en raison de congés maternité. Un challenge que j’aurais sans doute refusé si je l’avais entrevu, car il était assorti d’une participation au CODIR de la DDTM. Mais il s’est plutôt bien déroulé. Je dois dire que dans ces épisodes, on en apprend aussi beaucoup sur soi … »
Promue ingénieur des TPE par liste d’aptitude en 2020, Véronique rejoint son poste actuel où elle dirige une unité de 7 personnes chargées de missions régaliennes sur les cultures marines qui représentent près de 1.000 ha de concessions ostréicoles et 600 km de concessions mytilicoles qui font de la Manche le deuxième département de France métropolitaine pour l’ostréiculture et la mytiliculture .
« Nous assurons aussi la surveillance sanitaire des zones de production conchylicole et de pêche à pied professionnelle. »
 
La mission StarITPEtrek constate avec un certain sourire que ce sont des congés maternité qui ont permis fortuitement la naissance d’un tempérament d’ingénieur, même s’il devait préexister compte-tenu des ascendances familiales de Véronique. Il reste au collectif à ne pas perdre les pédales dans le maelström des réformes permanentes imposées sans concertation réelle afin que ce type de transmission puisse se poursuivre au bénéfice du service public !
 

« J’aime les défis ! »

Marie VILLOT

Marie VILLOT est directrice de projet “ Grand Site “ et “ Géoparc “ au sein des services de la commune nouvelle de la Hague.

La passion de Marie, c’est le paysage. Originaire de la petite colonie de Virandeville sur FR 50, elle fréquente collège et lycée à Cherbourg avant de s’orienter vers l’Agro-campus Ouest “Horticulture et paysage“ d’Angers (FR 49) avec une spécialisation “ Paysage“. « Dans les centres d’orientation, je lisais que la voie de l’architecture semblait un peu bouchée, et comme j’étais aussi intéressée par le paysage, ayant grandi à la campagne avec des parents agriculteurs, j’ai choisi la filière d’ingénieur paysagiste. »
En 2009 Marie inaugure son parcours professionnel par un stage puis une mission d’ingénieur d’études au centre national de recherche scientifique (CNRS) au sein du laboratoire “Dynamiques sociales et recomposition des espaces“ (LADYSS). « Il s’agissait notamment de mener une étude sur la prise en compte des paysages urbains dans les Atlas des paysages en France et d’émettre des recommandations méthodologiques en appui scientifique et technique aux politiques publiques. L’occasion pour moi d’établir un premier lien avec la direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP) du ministère de la transition écologique et solidaire (MTES). »
L’année 2010 verra Marie intégrer le bureau d’études privé “Envirene“ spécialisé dans les diagnostics paysagers et la médiation environnementale dans le domaine de l’éolien comme chargée des études d’impact et des études de définition de Zones de Développement de l’Eolien (ZDE). « Un sujet que j’appréhenderai dès mon arrivée l’année suivante au MTES dans le contexte du passage des éoliennes dans le régime des ICPE notamment. »
Dans ces conditions, on comprend aisément que Marie ait été recrutée par le ministère en 2011 comme chargée de mission “Paysage“ au bureau des paysages et de la publicité, au sein de la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN). « J’étais donc en charge de l’élaboration du chapitre “Paysage“ de la loi “Biodiversité ainsi que de l’appel à projets national “Plans de paysage“ et de la création du Club national éponyme. Un poste passionnant dédié à la prise en compte du paysage dans les politiques publiques : dans les domaines de l’urbanisme et de la planification mais aussi dans celui des énergies renouvelables, notamment l’éolien. Je suis très reconnaissante envers les personnes qui m’ont fait confiance et formée aussi à l’administration, pendant cette période. Je me souviens de ce jour où nous avions dû, avec les collègues du bureau des sites, accompagner la ministre Ségolène ROYAL lors de son audition devant la commission parlementaire d’examen de la loi “Biodiversité. Nous ne devions pas être dans la même salle et nous fournissions des éléments de langage sur des petits bouts de papier que nous transmettions au directeur de l’Eau et de la Biodiversité.»
La voie était toute tracée… Marie devient ingénieure des TPE à l’issue d’un concours externe sur titre. Elle appartient à la 60e promotion de l’ENTPE (2015) dans la spécialisation “Paysage“. En 2016, pour sa première nouvelle affectation d’ingénieure, elle rejoint la DREAL Normandie à Caen (FR 14) comme chargée de mission “Paysage“ évidemment.
« Assez rapidement, j’ai eu envie de nouveaux défis et le besoin de voir d’autres choses ! » Alors, sans quitter complètement ses sujets de prédilection, Marie intègre en 2018 son poste au sein des services de la commune nouvelle de La Hague, fruit du regroupement de 19 anciennes communes.
« J’aime beaucoup le travail en équipe-projet. Ici, j’ai avec moi deux chargées de mission l’une travaille sur des questions relatives plutôt à l’urbanisme et l’autre sur de la maîtrise d’œuvre paysagère en collaboration avec nos collègues des services techniques. Elles m’accompagnent sur le Projet Grand Site de France que porte La Hague et que j’anime, en parallèle du projet de labelisation “Géoparc mondial de l’UNESCO. Sur cet autre projet, je travaille plus particulièrement au côté du service patrimoine de La Hague (une dizaine de personnes rattachées à un centre d’interprétation, aux missions à la fois culturelle et touristique, qu’on pourrait assimiler à une « maison de pays »). Il est rattaché à la direction de la Culture. La Hague, c’est une péninsule composée d’une mosaïque de paysages, dont la protection a été reconnue comme d’intérêt général pour la Nation, un patrimoine géologique qui permet de raconter près de la moitié de l’histoire de la Terre (2,1 milliards d’années), avec un centre de retraitement (Orano) et d’enfouissement (Andra) des déchets nucléaires au cœur du plateau. Un défi enthousiasmant qui, au-delà de la préservation et de la gestion des paysages, permet d’appréhender aussi la recherche scientifique, de développer une offre pédagogique, un tourisme durable et la coopération internationale. »
« Evidemment, après 8 ans, déjà, passés sur ce poste, et après avoir intégré la Fonction Publique Territoriale, je me pose la question de l’après.. même si j’ai très envie de mener ces deux projets à leur terme. »
 
La mission StarITPEtrek doit avouer qu’elle s’est prise à flâner sur les côtes du Cotentin à sa pointe ouest entre le “Nez de Jobourg“ et la pointe de la Hague. Même pour une habituée des déplacements inter galactiques et spatiotemporels, réaliser que du haut du phare de Jobourg, 21 millions de siècles de la géologie de la Terre nous contemplent, donne un peu le tournis !
Et la proximité avec une des plus importantes usines de retraitement des déchets nucléaires au monde, si ce n’est la plus importante ajoute une sensation de profond vertige, faisant de nous des Ingénieurs Tous Petits et Effarés !
 

« En mémoire de ma grand-mère ! »

Vincent LEQUENNE

Vincent LEQUENNE est directeur du lycée professionnel maritime et aquacole “Daniel Rigolet“ de Cherbourg.

Avec un arrière grand-père anglais (père de sa grand-mère paternelle) pionnier de l’aviation au tout début du XXe siècle (Joseph Howard Harding dont l’avion est exposé au London British Museum) et un grand-père maternel marin musicien de la flotte (clarinette) de la marine française pendant la seconde guerre mondiale, Vincent, bien qu’originaire de Paris, était prédestiné à une carrière technique, dans l’aviation et le domaine maritime.
« Ce n’est pas faux, car mon rêve initial était de devenir pilote de ligne. Mais je réalise aujourd’hui que si je dirige en ce moment un établissement d’enseignement, c’est aussi en hommage à ma grand-mère maternelle, qui a toujours rêvé d'être institutrice près de Dreux (Eure-et-Loir) sans jamais pouvoir rejoindre ce métier… »
Au terme d’une scolarité parisienne, Vincent décroche un baccalauréat scientifique mais « n’est pas intéressé par les classes préparatoires ». Il s’inscrit à l'université à Paris vers un DEUG SSM (sciences et structure de la matière) mais « ça n’a pas accroché réellement… »
Le déclic viendra à l’issue d’une rencontre avec une psychologue spécialiste en orientation scolaire à la Sorbonne qui détecte chez Vincent des prédispositions à un travail technique concret dans un contexte de voyages et lui conseille de s’orienter vers la marine marchande. « C’est ma mère qui a initié cette rencontre et j’ai tout de suite adhéré aux conclusions car j’étais impressionné par la mécanique et le fonctionnement de ces grands navires de commerce ! »
Sur concours du ministère de l’équipement, Vincent intègre donc en 1992, l’école nationale de la marine marchande (ENMM) au Havre (FR 76 - Seine Maritime). « L’enseignement y est équivalent à celui des classes préparatoires avec, en sus, la navigation. Je me suis aussi formé aux métiers de la mécanique comme la soudure dont la pratique est essentielle pour l’entretien des engins en navigation. »
Dans le cadre de sa formation aux « voyages par le truchement d’autrui », Vincent enchaîne les embarquements comme élève-officier : en 1993 sur le porte conteneurs “Suzanne Delmas", en 1994 sur le pétrolier "Iseult" de la compagnie pétrolière TOTAL et en 1996 sur le ferry "Seafrance Cézanne". Il décroche en 1996 son diplôme d’Élève Officier de la Marine Marchande. « Je me suis tout de suite orienté vers les activités de la mécanique pour être confronté à des problèmes techniques et travailler sur les plans des installations. Quand on est mécanicien sur un navire de la marine marchande, on a sa liberté ! »
Avec les 10 mois “d’élève embarqué“ requis, Vincent obtient en 1997 le brevet d’officier de la Marine Marchande, mention chef de quart pont et machine illimité, puis en 1998 le diplôme d’études supérieures de la Marine Marchande. Au début de sa carrière, il regrette de ne pas pouvoir trouver d’emploi stable et de devoir subir un enchaînement de contrats à durée déterminée (CDD). « A 26 ans je pars faire mon service national au terme des reports légaux et je suis formé comme élève officier de réserve de la marine nationale à l’école de Maistrance à Brest et à l'école Navale à Lanvéoc. Mais je voulais être “surfacier“ et pas sous-marinier ! J’ai demandé une affectation dans le domaine de la “Guerre des Mines“ car je trouvais que le déminage est un métier utile à connaître pour un marin du commerce. Mais dès 2001, j’ai eu envie de “mettre le sac à terre“, notamment après avoir rencontré ma conjointe.»
A la suite de la marée noire provoquée par le naufrage de l’Erika notamment, Vincent rejoint par concours externe en 2001, le corps des inspecteurs des affaires maritimes (IAM) créé en 1996 par le ministère de l’Équipement pour répondre à des exigences européennes de renforcement de ce secteur de contrôle des États membres. « Avec mon expérience d’officier et de mécanicien de la marine marchande, je voulais avoir le pouvoir de dire non et de chasser les “navires poubelles“ ! »
Sorti major de sa promotion, Vincent rejoint en 2002 le centre de sécurité des navires (CSN) “Manche/Calvados“ à Hérouville Saint Clair (FR 14 - Calvados), au sein des services de l'actuelle direction inter régionale de la mer (DIRM) “Manche-Est Mer du Nord“. « J’étais particulièrement motivé ! Outre le contrôle de la sécurité des navires sous pavillon français (secteur public et privé) et des navires étrangers faisant escale en France, je participais aux visites conjointes des ferries sur les lignes régulières entre états européens (Directive 1999/35/CE) pour de gros armements comme Britanny Ferries et Irish ferries. »
Avec le sentiment d’avoir considérablement progressé mais aussi « d’avoir un peu fait le tour du poste », Vincent se positionne en 2011 sur son poste actuel de directeur du lycée maritime et aquacole de Cherbourg. « Je souhaitais devenir chef de centre, et je l'envisage toujours… mais aucun poste n’était proposé à cette époque. Ici, c’est un autre challenge permanent et passionnant. L’établissement emploie 55 agents, peut recevoir jusqu'à 168 élèves avec 83 places d’internat, et exploite trois navires et une ferme aquacole. Il est également centre de formation continue d’adultes accueillant en moyenne 250 stagiaires/an. »
Promu inspecteur principal en 2012, puis conseiller des Affaires Maritimes en 2016, il est devenu ingénieur des TPE de la 62e promotion (2017) à l’extinction du corps des IAM en 2016. Il est ingénieur en chef du 2e groupe. « Pour l’avenir, je sais seulement que je n’ai pas envie de quitter le domaine maritime ! »
 
Pourquoi le lycée professionnel maritime porte - il le nom de Daniel Rigolet depuis 2013 ?
Issu d'un choix décidé démocratiquement avec les usagers du lycée (élèves et personnels) en 2012, il nous a permis de retisser le lien avec cet ancien directeur de notre école (1973-1976) inventeur de la combinaison de survie et grand donateur au profit de la SNSM. Je recommande la lecture de son livre "La mer d'abord : récit d'un homme libre qui chérit la mer". Pour en savoir plus https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Rigolet    
Vincent LEQUENNE
 
La mission StarITPEtrek reconnait volontiers son ignorance quasi crasse du domaine maritime et aquacole. Il lui faudrait à coup sûr engager une scolarité complète au lycée “Daniel Rigolet“ ! Quant à la sécurité de son vaisseau principal, l’ISS ENTerPrisE, elle la confierait volontiers à Vincent en espérant que son diagnostic ne soit pas trop salé !
 

« Un Centralien à l’ENTPE ! »

Pierre-Henri BAZIN

Pierre-Henri BAZIN est chef de l’unité “Risques - Crise“ de la DDTM de la Manche à Saint-Lô.

Il est quelquefois des “a priori“ qui sonnent incontestablement faux ! Pierre-Henri est Manchot (certains disent Manchois pour les habitants de la Manche) et originaire de la commune de Villedieu-les-Poêles dont une production réputée est celle des cloches… des églises et des cathédrales dont en particulier Notre-Dame-de-Paris !
Cela n’empêche pas Pierre-Henri de dérouler une scolarité brillante conclue par un baccalauréat S spécialité Physique avec mention “Très Bien“ au lycée de Granville (FR 50). Logiquement, il enchaîne en 2003 par les classes préparatoires scientifiques du lycée Chateaubriand de Rennes (FR35). « J’ai passé les concours avec la ferme intention de ne pas aller à Paris. Je me suis donc concentré sur les écoles de province et j’ai choisi Centrale Lyon, et non l’ENTPE dont le nom m’a un peu rebuté ! »
Pierre-Henri appartient donc à la promotion 2008 des ingénieurs de l’Ecole Centrale de Lyon avec option “Génie Civil – Environnement, y compris Hydraulique, Géotechnique, Macro- Energie, Climat“. « Paradoxalement, c’est à Centrale que j’ai connu un éveil politique très écologique.Je me suis rendu compte que les domaines très techniques portés vers l’industrie ou la finance ne correspondaient pas vraiment à mes attentes personnelles. »
Son travail de fin d’étude à Hydraulics Research Wallingford (Oxford) lui permettra d’approcher les problématiques environnementales, via la conception et la réalisation d’un générateur de tsunami (de laboratoire!) pour étudier ces phénomènes destructeurs.
« Ce projet reste le plus passionnant de ce que j’ai entrepris. 15 ans après, ce générateur et les suivants sont toujours utilisés pour des projets de recherche internationaux.
Après une première expérience professionnelle comme ingénieur d’études en génie civil et hydraulique à ISL-Paris où il pratique les études générales pour la gestion du risque d’inondation (PPRI, ACB…) ainsi que le diagnostic des ouvrages hydrauliques (inspection, étude de stabilité), Pierre-Henri se lance dans la préparation d’une thèse préparée au sein de l’équipe “Hydrologie-Hydraulique“ de l’’INRAE-Lyon sur la modélisation des inondations en milieu urbain. « Une expérience très formatrice car ardue, sur le volet hydro- informatique, la communication et les publications scientifiques, et menée avec deux laboratoires externes : LMFA (INSA de Lyon, 6 mois) et Ujigawa Open Lab (Université de Kyoto, Japon, 6 mois). »
Reconnu en 2013 docteur en mécanique des fluides de l’Université Lyon 1, Pierre-Henri ne souhaite pas poursuivre dans le secteur privé. Il décide de passer le concours sur titres d’ingénieur des TPE dans la spécialité “Hydrologie“. Il appartient désormais à la 60e promotion de l’ENTPE (2015) où il passe quelques semaines en formation complémentaire sur l’administration, le droit public et le management avant de rejoindre sa première affectation comme chef de projet en hydraulique pour le Service de Prévision des Crues (SPC) “Seine moyenne Yonne Loing“ de la direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports (DRIEAT) “Ile-de-France“.
« Un poste parfait qui m‘a permis de mettre en oeuvre toute ma formation et de faire la connaissance du réseau des prévisionnistes/ hydromètres. J’ai participé au développement d’outils informatiques ainsi qu’aux cellules de crise mobilisées au cours des crues de la Seine et de la Marne en 2016 et 2018. Seulement, j’adorais le boulot mais pas la région parisienne…»
En 2019, Pierre-Henri rejoint les effectifs de la DDT de la Seine-et-Marne (FR 77) à Melun comme chargé de mission planification dans le domaine de l’eau et responsable de la gestion quantitative. « Une création de poste sur les politiques de l’eau qui m’a essentiellement permis de découvrir les services déconcentrés. Mais je me suis repositionné assez rapidement sur un poste “à enjeux“ de la DDT »
Dès 2020, Pierre-Henri prend la direction de l’unité “ Assainissement et urbanisme“ qui assure le pilotage des activités de police de l’eau sur les thématiques eaux usées, eaux pluviales et épandages et le portage des publiques correspondantes. « Un travail très intéressant avec une unité de 5 agents très expérimentés et compétents, ce qui est indispensable lorsqu’on se frotte à des porteurs de projets tels que Eurodisney ou Aéroports de Paris ! Je considère qu’il s’agit de ma première réelle expérience “Hors du bain“ dans l’administration. »
Mais Pierre-Henri regarde vers des territoires plus à l’Ouest incluant la Normandie et la Bretagne et il saisit en 2022 l’opportunité de rejoindre son Cotentin natal sur son poste actuel au sein des services de la DDTM de la Manche à Saint-Lô. « Mon unité (4 agents) est en charge du déploiement des plans de prévention des risques naturels, de l’accompagnement des collectivités sur leur politique de gestion des risques (PAPI, GEMAPI, urbanisme, financement), ainsi que de la planification et de la gestion de crise (COD). Nos partenaires sont les collectivités territoriales et divers bureaux d’étude mais surtout les autres services de l’État, sur un travail très transversal. Je constate que les élus écoutent la parole de l’État quand il s’agit de la prévention des risques naturels, y compris avec les prises de compétence Gemapi ou urbanisme.. »

Les années lyonnaises m’ont vu faire mes premiers pas en capoeira. C’est un art martial brésilien qui comprend une part importante de danse, de musique et de chant. Les capoeiristes rivalisent d’acrobaties, de coups de pieds, d’esquives, et
de malice, sans rechercher de victoire (ça n’existe pas!), mais plutôt en visant un dépassement de soi pour produire du beau jeu. J’aurais régulièrement profité d’opportunités d’entraînement en parallèle des changements de poste : Lyon, Oxford, Paris, Kyoto, Melun… et Saint-Lô ! A découvrir près de chez vous donc, pour ressentir l’énergie qui se dégage des rodas, et pourquoi pas y mettre le pied    
Pierre-Henri BAZIN

La mission StarITPEtrek demande instamment à Pierre-Henri de bien vouloir excuser les propos du premier paragraphe de cet article… Elle y soupçonne la manifestation d’une amertume déplacée de son commandant de bord qui, il y a de nombreuses années, au siècle dernier, s’est lamentablement vautré aux épreuves du concours de “Centrale“ !
En attendant, la preuve est faite qu’un ingénieur de Centrale peut aisément rattraper son retard et devenir un bon Ingénieur desTPE…


Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64