
LES PORTRAITS DU JEUDI | Philippe LATOUR ING 1993 Directeur de la prospective et des démarches partenariales Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté
LE PORTRAIT DU JEUDI
« Les collectivités territoriales, actrices de la relance économique et des transitions »
Nous continuons ce jeudi notre série de témoignages sur la thématique des collectivités territoriales, actrices de la relance économique et des transitions avec Philippe LATOUR, ingénieur diplômé de l'ENTPE en 1993 actuellement Directeur de la prospective et des démarches partenariales au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté.
A&T : Bonjour Philippe, peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ? Comment es-tu arrivé au sein du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté ?
Philippe LATOUR : J’ai la responsabilité d’une direction d’une petite vingtaine d’agents de catégorie A pour la plupart, comprenant un service prospective en charge de l’élaboration et de la mise en oeuvre du Schéma Régional d’Aménagement Durable et D’Egalité des Territoires (SRADDET) ainsi que de la réalisation d’études générales, et un service dédié aux démarches partenariales (contrats de plan État-Région (CPER) et plan de relance avec l’Etat, coopération avec la Suisse, démarche d’attractivité régionale avec les acteurs du territoire, etc.).
A&T : Quelles sont les motivations et les contraintes de ce type de poste, de structure ?
Philippe: Les collectivités territoriales impliquent un travail en proximité avec les élus et permettent de participer au processus d’élaboration et de mise en oeuvre des politiques publiques. Un de leurs grands attraits réside dans l’existence de marges de manoeuvre dans la définition des actions à mener, bien sûr dans le respect de la réglementation et des textes cadrant les compétences des collectivités. Enfin, concernant plus spécifiquement mon poste, il a l’intérêt de la transversalité et du portage de dossiers structurants, nécessitant une vision pluridisciplinaire et permettant un travail avec nombre de collègues en interne et partenaires externes.
A&T : Comment définirais-tu la notion de « transitions » ?
Philippe : Le sujet est vaste, il a largement été exploré par la Région BFC lors de l’élaboration du SRADDET notamment. Pour résumer simplement, on peut partir du constat que notre modèle de société, hier basé sur une croissance régulière (économique, démographique) dont on pouvait répartir les fruits, atteint aujourd’hui des limites. Ces limites sont principalement posées par la rareté des ressources engendrée par ce modèle consumériste : matériaux, sols, énergies fossiles, érosion de la biodiversité, eau, etc. Parallèlement, de profonds changements démographiques (vieillissement des populations), climatiques (liés à l’activité humaine), technologiques (avènement du numérique), sociétaux sont à l’oeuvre. La récente crise sanitaire a enfin mis en évidence la fragilité de ce modèle sur bien des aspects (manque de résilience, accroissement des inégalités, etc.). La notion de transition peut donc être définie comme la nécessité de renouveler notre modèle vers une croissance plus économe en ressources, plus efficace et mieux partagée. Cela recouvre bien sûr la transition énergétique, écologique, mais aussi économique quant à nos modes de production et de consommation (économie circulaire) ou encore une dimension sociale. C’est un sujet que les politiques publiques peuvent et doivent impulser, mais c’est beaucoup plus largement un sujet de société dont tous les acteurs y compris les citoyens doivent s’emparer.
Retrouvez l'ensemble du témoignage dans le fichier joint en annexe.
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