
LES PORTRAITS DU JEUDI | Olivier ASTORGUE ING 2006 DGA Réseaux et Proximité Communauté Urbaine du Creusot Montceau
LE PORTRAIT DU JEUDI
« Les collectivités territoriales, actrices de la relance économique et des transitions »
Nous continuons ce jeudi notre série de témoignages sur la thématique des collectivités territoriales, actrices de la relance économique et des transitions avec Olivier ASTORGUE, ingénieur diplômé de l'ENTPE en 2006 actuellement DGA Réseaux et Proximité Communauté Urbaine du Creusot Montceau qui revient sur le concours d'ingénieur en chef territorial
Le concours d'ingénieur en chef territorial se déroule tous les ans. Pourquoi passer ce concours ? Qu’est ce qui le différencie du concours d’ingénieur territorial évoqué ci-avant ? Quelles sont les épreuves qui le composent ? De même, quelles perspectives de carrière offre-t-il aux lauréats ?
A&T : Peux-tu nous indiquer, les origines et les objectifs de ce concours, qui est assez récent non ?
Olivier Astorgue : En effet, avant 2016, le cadre d’emploi (c’est-à-dire l’équivalent, pour simplifier, de la notion de corps dans la fonction publique d’Etat) des ingénieurs territoriaux comprenait 3 grades dont celui d’ingénieur en chef accessible par voie de concours, par examen professionnel ou par avancement de grade.
Depuis mars 2016, ce cadre d’emploi a été scindé en 2 cadres d’emploi distincts, celui des ingénieurs territoriaux d’une part (avec 3 grades : ingénieur, ingénieur principal et ingénieur hors classe) dont les modalités d’accès ont été précisées dans l’article précédent par Stéphane WOJNAROWSKI et celui des ingénieurs en chef territoriaux d’autre part, accessible par un nouveau concours.
Ce cadre d’emploi des ingénieurs en chef est désormais constitué de 3 grades :
- Ingénieur en chef,
- Ingénieur en chef hors classe,
- Ingénieur en chef général.
Les objectifs de la création de ce nouveau concours étaient multiples :
- Accroître l’attractivité du cadre d’emploi des ingénieurs en chef territoriaux en améliorant les perspectives de carrière des agents ;
- Renforcer les perspectives de carrière des agents exerçant des fonctions d’encadrement supérieur de la filière technique ;
- Doter les grandes collectivités (Régions, Métropoles, Départements, …) et leurs établissements publics des compétences de cadres de direction à la fois stratèges et opérationnels (pragmatisme des ingénieurs) pour piloter les organisations et les grands projets d’ingénierie sur les territoires.
A&T : Quels sont les débouchés pour les lauréates et lauréats du concours d’ingénieur en chef territorial ?
Olivier : Pour présenter le concours, vous devez choisir l’une des cinq options pour l’une des épreuves écrites d’admissibilité :
- ingénierie environnementale ;
- constructions publiques, gestion immobilière, énergie ;
- aménagement des territoires, déplacements et urbanisme ;
- réseaux techniques urbains et infrastructures routières ;
- systèmes d’information et de communication.
Ces options n’ont aucune incidence sur la suite, que ce soit pour les épreuves orales d’admission, la scolarité à l'INET - Institut National des Études Territoriales si vous êtes lauréat, ni-même pour vos choix de poste à l’issue de celle-ci.
Les femmes et les hommes ingénieurs en chef territoriaux exercent leurs fonctions stratégiques dans les domaines à caractère scientifique et technique des grandes collectivités de plus de 40 000 habitants comme les métropoles, les départements, les régions ou les intercommunalités et les grandes villes.
Dans un environnement complexe, ils dirigent ou coordonnent les activités de plusieurs services, de directions, voire d’une collectivité. Ils agissent pour l’intérêt général, travaillent aux côtés des élus pour les usagers, sont acteurs du service public local. Ils interviennent notamment dans les domaines de l’ingénierie, de la gestion technique et de l’architecture, des infrastructures et des réseaux, de la prévention et de la gestion des risques, de l’urbanisme, de l’aménagement et des paysages, du numérique et des systèmes d’information.
Avec leurs collègues ingénieurs territoriaux, ces femmes et ces hommes sont à la manoeuvre pour concevoir et piloter les actions en faveur des transitions au sein des collectivités
Mais je ne voudrais pas résumer ces débouchés à des seules fonctions techniques car le concours et la formation permettent l’accès à grand nombre de postes de dirigeants de collectivités (le fameux directeur général des services - DGS) ou d'exercer dans des domaines plus en lien avec les ressources, voire dans de grands pole sociaux (en Département par exemple) ou dans les domaines économiques (en Métropole et en Région par exemple).
Pour résumer tout cela, j’emprunterais la formule suivante à une collègue ingénieure en chef passée par l’INET, que je trouve parfaitement adaptée :
L’ingénieur en chef a un coeur d’ingénieur et une âme de manager de la haute fonction publique territoriale.
Nous avons pu voir à l’occasion des dernières crises traversées, à quel point les collectivités ont été à la manoeuvre et c’est en appui aux décideurs locaux que les ingénieurs en chef territoriaux ont pu jouer tout leur rôle.
A&T : Quelles sont les modalités du concours ?
Olivier : Il y a 2 voies d’accès pour ce concours : la voie externe et la voie interne (pour les personnes déjà en poste dans les fonctions publiques).
Pour pouvoir concourir au concours externe, il est nécessaire d’être titulaire d’un diplôme d’ingénieur délivré dans les conditions prévues par les articles L. 642-1 et suivants du code de l’éducation (un titre d’ingénieur diplômé délivré par une école accréditée, après avis de la commission des titres d’ingénieur) ou d’un diplôme scientifique et technique et reconnu comme équivalent dans les conditions fixées par le décret n°2007-196 du 13 février 2007, sanctionnant une formation d’une durée au moins égale à cinq années supérieures après le baccalauréat correspondant aux domaines de compétences suivants :
1. Ingénierie,
2. Gestion technique et architecture,
3. Infrastructures et réseaux,
4. Prévention et gestion des risques,
5. Urbanisme, aménagement et paysages,
6. Informatique et systèmes d’information.
Dès lors on voit bien que pour tout diplômé de l’ENTPE, les conditions sont satisfaites.
C’est un concours très sélectif, qui permet chaque année de pourvoir entre 20 et 30 places maximum.
S’agissant du concours interne, peuvent s’y inscrire tous les fonctionnaires ou agents contractuels (fonction publique d’État, fonction publique territoriale, fonction publique hospitalière ou en fonction dans une organisation internationale intergouvernementale) qui justifient, au 1er janvier de l'année du concours, d'au moins sept ans de services publics effectifs et sont en activité le jour de la clôture des inscriptions.
Et concrètement, le concours externe comme le concours interne comportent tous deux trois épreuves écrites d’admissibilité et trois épreuves orales d’admission :
- pour les épreuves d'admissibilité : deux notes de synthèse et de propositions (une sur un sujet de spécialité parmi les 5 évoqués ci-avant, l’autre portant sur une conduite de projet et soulevant un problème d’organisation ou de gestion rencontré par une collectivité territoriale) et une composition portant sur une question de société contemporaine, toutes d’une durée de 5h ;
- pour les épreuves d’admission : une épreuve de mise en situation professionnelle collective (de 30 minutes plus 15 minutes de débriefing individuel), visant à appréhender et vérifier les aptitudes du candidat dans des situations de relation à autrui, au moment où il se destine à des fonctions de cadre de direction, un entretien avec le jury (de 30 minutes, dont 10 minutes d’exposé de son parcours et de ses motivations) permettant d’apprécier son parcours, ses réalisations, ses capacités d’analyses et de synthèse ainsi que sa motivation et sa capacité à exercer les missions et les fonctions dévolues aux ingénieurs en chef territoriaux et enfin une épreuve orale de langue vivante étrangère (de 30 minutes), obligatoire pour le concours externe, facultative pour le concours interne.
On peut ainsi voir que ce concours est un marathon qui demande un temps de préparation suffisant pour être appréhendé au mieux.
S’il existe depuis le début une préparation « in-house » pour les candidats présentant le concours interne et exerçant déjà dans la fonction publique territoriale (FPT) par le biais du CNFPT, pour les candidats hors FPT et qui plus est hors fonction publique tout court, il est à noter que des structures se mettent en place. Pour la 2ème année, une préparation au concours externe s’est mise en place, en partie hébergée dans les locaux de l’ENGEES - École Nationale du Génie de l'Eau et de l'Environnement de Strasbourg et à laquelle participent comme intervenant plusieurs alumni de l’ENTPE, lauréats du concours.
Retrouvez l'ensemble du témoignage dans le fichier joint en annexe.
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