
Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département de l'Eure (27)
Voyage 27 : « Très Grandes Orgues et toute petite mairie ! »
Si la vocation de la mission StarITPEtrek est bien d’aller à la rencontre des Ingénieurs des TPE de toute nature dans toues les colonies terriennes et extra-terrestres de la galaxie France qui les agitent, il lui arrive quelquefois de se heurter à des indices mystérieux.
La planète FR27 - Eure sur laquelle notre vaisseau s’est posée en ce mois d’août 2022 en abrite au moins deux sur lesquels notre équipage de scientifiques n’a pas manqué de s’attarder.
La cathédrale d’Evreux est-elle la base d’une civilisation extra-terrestre sur Terre ?
L’édifice médiéval abrite un étrange élément qui n’appartient pas au style gothique flamboyant et c’est le moins que l’on puisse dire.
Les Grandes Orgues qui ont été inaugurées en 2006 ressemblent à s’y méprendre à un immense vaisseau spatial posé sur les quatre pieds de son train d’atterrissage.
Plus troublant encore, lorsque ces Grandes Orgues jouent, la partie haute du vaisseau déploie des panneaux colorés dont on pourrait penser qu’il s’agit de panneaux solaires nécessaires à la propulsion de l’ensemble dans l’espace intergalactique.
La musique sert-elle également de propulseur ? Il n’est un secret pour personne que la musique
sacrée de Jean-Sébastien Bach nous élève…
La planète FR27 a-t-elle abrité une civilisation pygmée à Saint Germain de Pasquier ?
Notre vaisseau amiral s’est posé à proximité immédiate d’un petit édifice curieux affichant ostensiblement le drapeau bleu-blanc-rouge de notre Galaxie France.
Il s’agirait là de la plus petite mairie de la France. L’édifice ne comporte qu’une seule pièce de 8 m2 (pour un Conseil Municipal de 11 personnes), une surface inférieure au minimum vital accordé au bureau d’un seul fonctionnaire !
Les Ingénieurs des Toujours Pas Elucidés devront à l’avenir se pencher sur ces deux énigmes… avec le renfort des Ingénieurs des Tout Petits Espaces, évidemment…
« J’ai grandi ici … et maintenant, j’y ai ma petite subdivision… agricole ! »
Guillaume ANDRÉ est exploitant agricole sur la Commune de Heudicourt.
Dès le collège, la scolarité de Guillaume se passe en internat à Rouen (76), puis se poursuit par une classe préparatoire BCPST { note du traducteur : lire Agro } ce qui ne le prédestinait pas forcément à devenir ITPE. « J’ai toujours aimé le contact avec la nature, mais la balance a penché à l’issue d’une présentation de l’ENTPE par d’anciens élèves. Leurs témoignages sur la richesse des métiers, notamment dans le domaine des infrastructures, et sur l’organisation territoriale du ministère étaient hyperintéressants ! » Guillaume intègre donc la 51e promotion de l’ENTPE (2006) et choisit la voie d’approfondissement Gestion.
« Sans doute par culture familiale agricole où chacun est à son compte ! »
En 2006, Guillaume connaît une première affectation en administration centrale à la direction des Routes comme chargé de projets routiers. « Il s’agissait d’assurer le suivi de projets autoroutiers, de proposer une synthèse entre les DREAL, le cabinet du ministre, les autres administrations. Appréhender la complexité des enjeux des projets d’infrastructures et participer à la genèse des décisions publiques en matière de routes ont été très formateur.
Mais Guillaume est plutôt à la recherche d’activités opérationnelles sur les infrastructures. Son stage à Voies Navigables de France en première année de l’ENTPE lui ayant laissé de bons souvenirs, il rejoint VNF en 2009 au poste de chef de l’unité Gestion des infrastructures de la Seine aval au sein de la direction territoriale Bassin de la Seine. « Une unité d’une trentaine d’agents chargée d’assurer la maintenance de 19 écluses à grand gabarit, 12 barrages et 600 km de berges. J’ai pu y travailler avec des personnes passionnées par le fluvial et qui excellaient dans des domaines techniques très variés. La fiabilisation de
l’itinéraire exigeait une vraie réactivité technique et budgétaire, je remercie encore mon management de la confiance qu’ils m’ont alors accordé. C’est ce poste qui m’a fait découvrir le plaisir de travailler en autonomie.»
Mais la curiosité professionnelle de Guillaume ne s’arrête pas là. En 2014, il décide d’intégrer le Service national d’ingénierie aéroportuaire (SNIA) au sein de la Direction Générale de l’Aviation Civile. Le pôle territorial de Paris-Charles de Gaulle (CDG) dont il a la charge assure la gestion du patrimoine immobilier et la conduite d’opérations sur les aéroports du Nord de Paris : Roissy-CDG, Le Bourget, Rouen, Lille, Beauvais. « Encore une fois j’ai eu la chance de rencontrer des personnes passionnées. Le boulot était très intéressant mais n’effaçait pas mon attachement à l’agriculture et mon goût prononcé pour l’autonomie ! »
Effectivement, en 2017, Guillaume opte pour la reprise de l’exploitation agricole familiale au départ en retraite de son père. « Les deux autres alternatives étaient la vente ou une externalisation des travaux agricoles auprès d’entreprises locales spécialisées… ce qui ne faisait que repousser l’échéance » « Certains ont vu ça comme une rupture dans ma carrière, je le vois comme une vraie continuité. Les défis que rencontrent aujourd’hui l’agriculture sont très proches des enjeux rencontrés dans mes postes.»
Il faut dire que Guillaume dirige désormais une exploitation de 300 hectares qui produit annuellement quelques 1.200 tonnes de blé mais aussi colza, tournesol, betteraves, lin et sorgho. « Pour la région, nous sommes plutôt dans une moyenne haute et je ne regrette absolument pas mon choix qui me laisse une pleine autonomie de décision avec la Chambre d’Agriculture et les Coopératives comme appui et expertise technique. J’apprécie la variété des tâches de ce métier : de l’opérationnel, du technique,
de la gestion, du management, des projets. En quelque sorte une vraie subdivision … agricole ! »
Il reste que le gêne Ingénieur acquis par Guillaume demeure actif… En effet il mène actuellement avec 2 autres agriculteurs et ENGIE BIOZ (filiale du groupe ENGIE) un projet de réalisation d’une unité de méthanisation dont le volet gestion de projet est plutôt son domaine. « On va produire à la fois du gaz renouvelable et un engrais organique qui va nous permettre de réduire notre consommation d’engrais de synthèse. Le principe est assez génial et localement le projet a très vite été soutenu par Seine Normandie Agglomération qui nous a intégré dans son contrat de transition énergétique (pour en savoir plus : methadesgrandschenes.fr).
Une nouvelle preuve de l’adaptabilité des ITPE… qui plus est lorsque la passion les anime !
La mission StarITPEtrek félicite Guillaume et le remercie chaleureusement pour la visite très instructive du siège de son
exploitation. il est clair qu’un tel évènement risque de ne pas se reproduire avant bien longtemps (voire jamais !).
« Je fais un métier de la médiation environnementale ! »
Camille RIVIÈRE est cheffe du service Connaissances à la direction régionale Normandie de l’Office Français de la
Biodiversité (OFB).
Si Camille est née à Paris, elle revendique des origines bretonnes par son père. « Mon objectif personnel a toujours été de vivre au bord de la mer en Bretagne ». Cela ne l’empêche pas de dérouler une scolarité parisienne, conclue par une classe préparatoire agro au Lycée Fénelon, et prolongée par un master Environnement et un diplôme d’Agronomie Générale à l’Institut National Polytechnique de Lorraine de Nancy (54) en 2002.
Le puissant magnétisme breton agissant, Camille poursuit son cursus et devient en 2003 Ingénieur en Agronomie Approfondie, spécialisation Halieutique, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes (35).
« L’étape déterminante pour moi a été un stage ingénieur de 6 mois au sein du Syndicat Intercommunal d’Aménagement du Golfe du Morbihan, en compagnie d’une sociologue, sur l’analyse comparative de processus de concertation pour la gestion partagée du territoire. J’ai découvert le champ professionnel de la médiation environnementale qui me convient beaucoup mieux que la physique et l’hydraulique… »
De fait, Camille oriente sa carrière professionnelle pour « faire en sorte que les usagers des milieux naturels disposent de toutes les informations scientifiques et de toutes les clefs pour évoluer vers une activité durable, particulièrement les pêcheurs. »
Elle débute en 2004 par un contrat à durée déterminée de 8 mois au sein de la Fédération Départementale de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques (FDPPMA) de l’Eure comme animatrice Natura 2000. Outre la restauration de zone humide, elle anime des réunions techniques et pédagogiques auprès des différents acteurs, élus locaux et usagers sur la protection de deux sites « rivière »…
En 2005, Camille rejoint la FDPPMA de la Somme pour un contrat nouvelle embauche (CNE) de 18 mois, prolongé par un CDI, comme chargée de mission Milieux Aquatiques. « J’étais ce qu’on appelait à l’époque un sous-marin de l’administration, payée par l’Etat mais travaillant pour une association… J’ai beaucoup aimé le milieu associatif car le champ d’action de chacun y est vaste. »
Camille intègre en 2008 l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) qui, au fil des réformes gouvernementales, se fond dans l’Agence Française de la Biodiversité (AFB) en 2017 puis dans l’Office Français de la Biodiversité (OFB) en 2020. Elle est ingénieur au service Production et Valorisation des Connaissances pour la région Normandie puis en 2017 chef du même service. « Avant de prétendre à diriger mes collègues, je leur ai demandé, après plusieurs mois d’intérim sur ce poste, ce qu’ils pensaient de mon éventuelle candidature au poste de chef de service et je ne l’ai confirmée qu’après le soutien de tous. Mes acquis en matière de médiation environnementale m’ont aussi beaucoup servie dans mon rôle de manager d’une équipe pluridisciplinaire et multisite d’une petite dizaine de personnes. »
Dans le même temps, Camille est devenue Ingénieur des TPE lors de la première vague de « déprécarisation ». Elle a rejoint la 62e promotion de l’ENTPE (2017).
Un sous-marin breton, qui plus est dénommé Rivière et qui navigue essentiellement dans les eaux douces normandes…La Mission StarITPEtrek dont les environnements de prédilection sont plutôt les espaces intersidéraux, a tendance à se perdre un peu dans les milieux aquatiques !
Merci Camille d’avoir fait preuve de patience et de pédagogie pour que l’équipage ne se noie pas dans le sujet !
Le plan de vol prévisionnel 2023 de la mission StarITPEtrek
Du 3 au 9 avril : Nîmes et le Gard
Du 17 au 23 avril : Toulouse et la Haute Garonne
Du 15 au 21 mai : Auch et le Gers
Du 29 mai au 4 juin : Bordeaux et la Gironde
Du 26 juin au 2 juillet : Montpellier et l’Hérault
Du 17 au 23 juillet : Rennes et l’Ile et Vilaine
Du 7 au 13 août : Châteauroux et l’Indre
Du 21 au 27 août : Tours et l’Indre et Loire
Du 18 au 24 septembre : Papeete et la Polynésie Française (à confirmer)
Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64
