LE PORTRAIT DU JEUDI | Vaiana LEBALLAIS ING 2021 Chargée d’opérations à la Mission Grands Projets du SNIA en charge de l’opération EGNOS

Published on January 19, 2023

 LE PORTRAIT DU JEUDI  

« Décarboner les transports »

 

Nouvel article aujourd'hui avec Vaiana LEBALLAIS, diplômée de l'ENTPE en 2021, actuellement Chargée d’opérations à la Mission Grands Projets du SNIA en charge de l’opération EGNOS qui aborde la décarbonation du transport aérien.

Une étape modeste mais concrète vers le transport aérien décarboné : le Service National d’Ingénierie Aéroportuaire réalise une opération à Saint-Pierre et Miquelon pour le compte de la Commission européenne.

Les procédures de guidage satellitaire : une obligation pour les compagnies aériennes en Europe en 2030. La France est pionnière.
Le service EGNOS, pour European Geostationary Navigation Overlay Service améliore les performances des systèmes de géolocalisation par satellite du GPS.
Le système EGNOS permet ainsi d’atteindre une précision du signal satellitaire compatible avec les exigences de sécurité de la navigation aérienne.
Ainsi en France métropolitaine ce service a permis le déploiement massif de procédures satellitaires sur la plupart des aéroports et de retirer du service depuis 2016 une cinquantaine d’équipements d’atterrissage tous temps basé sur une ancienne technologie de guidage par signal radioélectrique (ILS catégorie 1 ; pour Instrument Landing System).
Si la France est pionnière et leader en Europe du déploiement de ces procédures satellitaires, l’Europe est également particulièrement en avance à l’échelle mondiale.
Un règlement de la Commission européenne impose qu’en 2030 seules ces procédures de navigation aérienne par guidage satellitaire seront possibles pour les compagnies aériennes en Europe. Seul un réseau secours de procédures conventionnelles non satellitaires sera maintenu.
Le modèle économique du service en Europe est également à souligner puisqu’il est gratuit pour les compagnies aériennes utilisatrices sur la zone européenne. La Commission européenne finance le service et le contracte, via son Agence de l’Union Européenne pour le programme spatial (EUPSA), avec un prestataire de service certifié.
Le système est actuellement opéré par une entreprise conjointe des principaux prestataires européens de navigation aérienne (prestataires de « contrôle aérien »), l’ESSP (European Satellite Services Provider) localisé à Toulouse (siège), Madrid et Rome. La direction générale de l’Aviation civile, via sa Direction des Services de la Navigation Aérienne (DSNA), fait partie, pour l’Etat français, des actionnaires de l’ESSP.

Les procédures de guidage satellitaire permettent d’envisager des trajectoires de vol moins émettrices de CO2 et moins bruyantes.
Sur la base de ces nouvelles capacités satellitaires, différents niveaux de procédures de vol peuvent être utilisées. La capacité d’un avion à voler dépendra de 3 éléments : les procédures publiées par la DGAC pour tel aéroport, les équipements disponibles à bord de l’avion avec le niveau de certification correspondant et enfin la formation voire la qualification spécifique des pilotes.
En France, une première étape de déploiement massif de ces procédures a eu lieu et a permis le retrait d’une cinquantaine d’équipements de guidage radioélectrique implantés au sol à proximité des aéroports.
Une nouvelle étape est amorcée sur certains aéroports (Nice ou récemment Ajaccio) permettant d’envisager des trajectoires d’approche finale des avions équipés moins standard, plus courbes notamment et « sur-mesure ». Si elles sont d’abord déployées pour renforcer l’accessibilité de ces aéroports (contraintes de reliefs à proximité), ces trajectoires permettent également aux pilotes d’optimiser leur consommation de kérosène et donc de limiter les émissions de gaz à effet de serre lors des phases d’atterrissage en particulier. Des dispositifs basés sur ces procédures satellitaires sont actuellement à l’étude pour l’aéroport de Paris-CDG.
Ce service de guidage satellitaire permettra également des trajectoires de vol à proximité des aéroports d’éviter plus facilement les zones les plus densément habitées et limiter ainsi l’impact des aéroports en termes de nuisance sonore.

Retrouvez l'ensemble de l'article dans le fichier joint en annexe.

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