Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département du Jura (39)

Published on August 28, 2024

Voyage 39 : Sur les routes de la Révolution Française !

Au risque de marcher un peu sur les pieds de monsieur Jean-Marie Gourio et de ses “Brèves de comptoir“, le commandant de bord qui se trouvait alors, et bien sûr pour les besoins de la recherche scientifique, dans un sympathique estaminet de la colonie de Lons-Le-Saunier, préfecture du Jura, entendit un client, sans doute échauffé par l’excellent vin du Jura, s’esclaffer avec véhémence
« Ici, on est très Bleu, Blanc, Rouge ! » Le reste se perdit dans le brouhaha mais StarITPEtrek décidait de mener l’enquête.
Et le film débute par un flash-back… En quittant l’orbite de FR 38 - Isère, tout à son enquête sur les velléités supposées d’annexion de la nébuleuse “Alpes“ par les colons originaires de la Galaxie “Limousin“, la mission StarITPEtrek, repartait avec un léger goût d’inachevé… “
Lorsque l’ISS ENTerPrisE décollait de l’astroport de Vizille, près de Grenoble, le commandant de bord se disait qu’en ces lieux débuta l’épisode fondateur le plus marquant de la création de la France.
Un an presque jour pour jour avant la prise de la Bastille à Paris, le 21 juillet 1788,
491 représentants des Trois Ordres du Dauphiné se réunissent au Château de Vizille dans la salle du Jeu de Paume. Cette assemblée lance un appel à la nation toute entière pour définir un nouvel ordre politique.
En juin 1788, Grenoble se révolte, après la journée des Tuiles le 14 juin, la bourgeoisie prend la tête du mouvement. Se sentant menacées par la hausse du prix des denrées alimentaires, des familles protestent et chargent les membres du parlement du Dauphiné de porter leurs revendications à la connaissance du Roi de France Louis XVI. Ces parlementaires n’obtiennent rien des ministres parisiens. La colère populaire enfle. Le 7 juin 1788, le gouverneur du Dauphiné envoie sa garnison pour réprimer les émeutiers grenoblois qui montent sur les toits. Une pluie de tuiles s’abat sur les soldats. La fameuse « Journée des Tuiles », premier germe de la révolte deviendra Révolution.
La route de l’ISS ENTPrise venait incontestablement de croiser celle de l’Histoire mais, dans ces conditions, l’allusion “bleu, blanc, rouge“ de notre Lédonien n’était-elle pas une borne supplémentaire sur la grande route de la Révolution Française ?
Le mystère s’est dissipé assez rapidement devant une maison située au n° 24 de la rue du Commerce à Lons-le-Saunier, où naquit le 10 mai 1760 un personnage dont la production essentielle devrait tinter longtemps encore à nos oreilles, mais aussi fréquemment, du moins on l’espère, en ces temps olympiques.
C’est la maison de Claude Joseph Rouget dit de Lisle, souvent appelé Rouget de Lisle.
Enfant, passionné de musique et de violon, il suit paradoxalement une formation militaire à Paris et intègre l’Ecole Royale du Génie à Mézières (FR 08 - Ardennes). Le 1er mai 1791, il est affecté à Strasbourg, où il fait la connaissance du maire, Philippe-Frédéric de Dietrich dont la ville est le siège du quartier général de l'armée du Rhin. À la demande de celui-ci, il compose plusieurs chants patriotiques, dont un Hymne à la Liberté pour la fête de la Constitution prévue pour le 25 septembre 1791. Cet Hymne est chanté par la foule sur la place d'Armes de Strasbourg et devient le “Chant de guerre de l'armée du Rhin“. Le chant est amené à Paris à la fin du mois de juillet par les bataillons de volontaires des Bouches-du-Rhône, devenant la Marche des Marseillais, puis La Marseillaise.
Mais il est un aspect bien moins connu de la vie de Rouget de Lisle. En fin d’année 1792, il est destitué de ses fonctions par Lazare Carnot pour avoir protesté contre le sort fait au roi et à sa famille, puis rapidement réhabilité, pour être affecté à l'armée du Nord comme capitaine du génie et aide de camp du général Valence. Il s’illustre en tant qu'ingénieur lors du siège de Namur, prise aux Autrichiens en décembre 1792 et ajoute alors à la Marseillaise deux couplets intitulés « couplets aux Belges »; un ingénieur au caractère bien trempé qui écrira en 1804 à Napoléon : « Bonaparte, vous vous perdez, et ce qu'il y a de pire, vous perdez la France avec vous ! »

 

La mission StarITPEtrek, tout en regrettant le caractère très guerrier des paroles de La Marseillaise (mais aussi dictées par les circonstances des années 1790), reconnaît en Rouget de Lisle une forte tête à laquelle elle décernerait volontiers le diplôme d’Ingénieur des Travaux Patriotes de l’Etat !

 


« Découvrir encore de nouveaux territoires et leurs habitants ! »

Serge CASTEL

Serge CASTEL est Préfet du Jura.

Pour ses deux premières étapes 2024, la mission StarITPEtrek s’est donc trouvée sur les routes de la Révolution et de la République Françaises, avec comme étendard une bannière évidemment “Bleu, blanc, rouge“. Dans ces conditions, il lui fallait absolument rencontrer celui qui symbolise et personnifie la République dans chaque département : monsieur Le Préfet.
Or par l’effet conjugué du hasard, qui fait souvent bien les choses, et de la superstition, par l’effet bien connu du jamais deux sans trois, la mission a été effectivement reçue par Serge CASTEL, Préfet du Jura.
Les fans de la série StarITPEtrek n’auront aucune peine à se remémorer les épisodes 6 et 12 de notre saga au cours desquels la mission a déjà interviewé Serge CASTEL, comme Directeur Départemental des Territoires et de la Mer des Alpes-Maritimes (FR05), puis comme Préfet du Cantal (FR15).
Pour les ITPE moins attentifs, un court rappel des étapes de son parcours témoigne d’une progression constante pour atteindre le plus haut niveau ainsi que d’un attachement puissant à la fonction Publique de l’Etat.
Marseillais d’origine, Serge devient en 1981 technicien du ministère de l’Equipement (Aide Technique au Service Maritime de la DDE de Guyane puis en subdivisions Pontoise et Bougival au service Navigation de la Seine) , puis en 1994 ingénieur des TPE (promotion 32) enchaînant les subdivisions territoriales de Poissy et Meulan (DDE sur FR 78), la subdivision d’Aix-en-Provence des Services Spéciaux des Bases Aériennes (SSBA) et le parc Départemental de la DDE des Bouches-du-Rhône (FR 13). En 2004, il rejoint les cadres dirigeants comme Secrétaire général, directeur Prospective et Action territoriale du SSBA, puis directeur adjoint de la DDTM sur FR 13 et directeur départemental de la DDTM des Alpes-Maritimes (FR 06).
Préfet du Cantal en août 2020 puis du Jura depuis août 2022, Serge ne dévie en rien de ses convictions profondes. « L’Etat doit assurer la cohésion du territoire et, pour ce faire, l’interministérialité constitue une vraie valeur ajoutée pour accompagner les acteurs locaux. Je suis heureux de faire ce métier car j’aime le territoire et les gens ! Il est indispensable de discuter pour aider avec un relationnel de proximité et de collaboration avec les collectivités territoriales. Un service public solide, porteur d’engagement, de sens, de convictions et de compétences contribue à répondre aux défis auxquels sont soumis les territoires, dans un contexte de bouleversement climatique, mais aussi sociétal. »
« En tant que préfet, j’ai pris conscience de devoir changer de poste tous les deux ou trois ans et, comme chacun sait, la décision de mobilité et de nouvelle nomination ne m’appartient pas. Jusque-là, je ne me plains pas car le Cantal comme le Jura sont des départements qui me correspondent bien ! »
« Le Jura et ses 260.000 habitants est un territoire très dynamique. Economiquement, c’est le premier département industriel par rapport à sa population avec un maillage très dense de TPE-PME dans les domaines aussi variés que le luxe, la lunetterie, l’automobile, l’aéronautique et la plasturgie, et avec des savoir-faire anciens et préservés comme par exemple, la tournerie et la taille des pierres précieuses notamment les diamants. Des entreprises qui maîtrisent généralement l’ensemble de la chaîne de la conception à la réalisation. L’agriculture aussi y est florissante avec des appellations d’origine contrôlées de renommée mondiale comme les vins du Jura et le Comté. Avec un taux de chômage de 5%, ce tissu économique réalise quasiment le plein emploi. Le taux de pauvreté reste faible et la qualité de vie d’un bon niveau. Mais attention, si on vit bien, il faut aussi évoluer et anticiper le futur en s’adaptant ! »
Pour l’avenir, Serge se verrait bien sur un autre poste de Préfet pour « découvrir de nouveaux territoires avec un “oeil neuf“, comme par exemple, sur un littoral », mais surtout : « j’aimerais avoir 2 ou 3 ans avant d’arrêter pour transmettre mes acquis, que je tiens de beaucoup d’autres qui ont su me transmettre en temps voulu leur expérience et leur savoir, tout en me faisant confiance ! »

Puisque 2024 est l‘année des métaphores sportives et olympiques, il faut reconnaître que Serge détient désormais une forme de record toutes catégories puisqu’il est le seul que la mission StarITPEtrek ait eu la chance de rencontrer sur 3 planètes différentes
… et la compétition n’est évidemment pas terminée !
A vrai dire, la mission StarITPEtrek apprécierait tout particulièrement de pouvoir poursuivre le challenge et d’aller à la rencontre de Serge, selon son souhait, sur de nouveaux territoires.


« En connexion avec le territoire et les élus ! »

Jean-Christophe CHOLLEY est directeur adjoint de la DDT du Jura

Jean-Christophe CHOLLEY

Natif de la colonie de Besançon sur FR 25 - Doubs, Jean-Christophe y déroule sa scolarité et se révèle plutôt de la catégorie des matheux… Naturellement, il poursuit par les classes préparatoires du lycée du Parc à Lyon (FR 69 - Rhône) avant d’intégrer la 41e promotion de l’ENTPE (1996) et une voie d’approfondissement “Génie Civil“.
« Juste avant les oraux de concours, la plaquette de l’école a attiré mon attention par le large éventail de domaines qu’elle proposait. J’ai choisi cette VA parce que cette discipline me paraissait techniquement la plus ardue. A l’expérience, si tu ne fais pas de technique en début de parcours, c’est plus difficile après ! »
Dans le même temps, Jean-Christophe se prend d’intérêt pour les risques et complète sa formation par un DEA de génie civil sur les glissements de terrain.
« La gestion de crise est un sujet essentiel qui nécessite la présence d’un Etat fort et compétent sur le territoire.
La formation acquise à l’ENTPE est une très bonne préparation aux postes futurs dans les services de l’Etat, que ce soit sur le plan technique qu’administratif. »
Dès son premier poste en 1997, Jean-Christophe se frotte au management d’une équipe d’une dizaine de personnes, la section “Géotechnique et Sols“ du laboratoire régional de Clermont – Ferrand rattaché au Centre d’Études Techniques de l’Équipement (CETE) de Lyon. « Une bonne entrée en matière dans le prolongement de ma spécialisation. Je ressentais le besoin aussi de me confronter à l’opérationnel, au terrain et j’étais servi car nous réalisions des diagnostics pour les chantiers ayant rencontré des incidents liés au sol. Par exemple, un important glissement de terrain qui s’est produit sur le chantier de l’Autoroute A89 en Corrèze (FR 19) m’a permis d’échanger avec les ingénieurs de Scétauroute, mais aussi avec les élus locaux. »
La suite est un parcours géographiquement parallèle à celui de son épouse Florence, ITPE de la promotion 44. « Nous recherchions à chaque opportunité des mutations conjointes et nous nous sommes plutôt bien débrouillés. » En 2002, Jean- Christophe rejoint les rangs de la DDE de Haute-Savoie (FR 74) comme chef de la subdivision “Études et grands travaux routiers“.
« Une période très formatrice pour moi, avec notamment un projet d’autoroute A 400 entre Annemasse et Evian pour faciliter les déplacements des frontaliers. Un dossier passionnant car contesté et par lequel j’ai enrichi mes compétences en communication, en relations avec la presse, en conduite de réunions publiques et … en contentieux de tous ordres ! »
Jean-Christophe devient en 2005 responsable de l'Unité Territoriale de la région d'Annecy de la même DDE. « Une grosse subdivision très routière et très intéressante par le contact direct avec les élus et le territoire. »
La promotion de Jean-Christophe au grade d’ingénieur divisionnaire fait émigrer en 2008 le couple CHOLLEY sur la planète FR 11
- Aude à la DDT de Carcassonne. Lui comme chef du service “Prévention des Risques et Sécurité Routière“ et elle comme cheffe de la subdivision “Aménagement du Carcassonnais“. « Un épisode passionnant dans une posture à dominante régalienne et une activité dictée aussi par la gestion de crise en raison des inondations et des effets dévastateurs de la tempête Xynthia. »
Trois ans après, Florence est elle-même promue et le couple met le cap cette fois vers la Bourgogne et Dijon. Jean-Christophe intègre la DDT de la Côte d’Or (FR 21) pour être successivement responsable en 2011 du service “Habitat et Mobilité“, puis en 2014, du service “Eau et Risques“ et, en 2018, du service “Préservation et Aménagement de l’Espace“. « Chaque poste m’a permis de m’ouvrir sur des domaines nouveaux, avec une mention particulière pour le dernier qui m’a permis de découvrir le monde agricole car il couvrait notamment la planification, l’aménagement, le paysage, les énergies nouvelles, la biodiversité, la chasse et la pêche. Un mot d’ordre : Appliquer les règles dans un esprit constructif ! »
Pas étonnant, avec un parcours de terrain aussi solide et diversifié, que Jean-Christophe ait été appelé à rejoindre en 2021 la direction de la DDT du Jura sur son poste actuel. « Une nouvelle dimension bien sûr mais qui conserve une dominante de contact avec les habitants, les élus et le territoire dans sa totalité ! »

Sans déroger à sa ligne de conduite initiale, Jean-Christophe nous a confié n'exclure aucune opportunité pour poursuivre et diversifier son parcours tout en conciliant ces évolutions professionnelles avec celles de son épouse.
La mission StarITPEtrek constate avec bonheur la cohésion de l’équipage du vaisseau ISS CHOLLEY, et propose, à cette occasion d’ouvrir une mention spéciale d’ingénieur des Travaux Publics Ensemble !


« Un impératif besoin de changer d’environnement professionnel ! »

Yves COHEN

Yves COHEN est ingénieur des TPE et menuisier.

Yves est originaire de la planète FR 45 - Loiret, et plus précisément de sa colonie principale Orléans. Mais il estime n’avoir « pas vraiment de racines » car sa scolarité se déroule sur FR 71 - Saône-et-Loire à Chalon sur Saône (primaire et collège), puis sur FR 83 - Var à Draguignan (lycée), et sur FR 06 - Alpes-Maritimes, à Antibes (classes préparatoires scientifiques).
Et la mobilité se poursuit pour Yves puisqu’il intègre la 66e promotion de l’ENTPE (2021) et opte pour une voie d’approfondissement “Urbanisme“. « J’ai choisi l’ENTPE parce que je voulais, et je veux toujours, être utile pour la transition écologique. Je dirais que c’est un choix pour des raisons écologiques conforme à mes convictions politiques ! »
« La formation à l’école est particulièrement intéressante car large et généraliste. J’y ai beaucoup appris et j’ai pu compléter mon cursus par un stage au sein de la société “Le Creuset Méditerranée“ comme assistant projet dans le cadre d’une étude de “Diagnostic et proposition de réaménagement d’habitat dégradé et insalubre“. »
En 2021, Yves, dans le prolongement de sa formation et de sa spécialisation, choisit de rejoindre, pour un Contrat à Durée Déterminé d’un an, les rangs de l’Agence d’Urbanisme Besançon centre Franche-Comté (AUDAB). Il est assistant projet sur les diagnostics de territoire pour des documents d’urbanisme réglementaire ainsi que sur les dossiers d’aménagement d’espaces publics. « Le conseil aux collectivités, comme par exemple sur la base du diagnostic sur le PLUi de Besançon, est un boulot passionnant mais pour lequel on attend de jeunes ingénieurs sans expérience d’être des experts. Pour moi ça s’est avéré compliqué, d’autant qu’il faut mobiliser autant d’énergie pour peu de résultats et que cela devient particulièrement frustrant d’être soumis à la décision politique ! »
« Je n’ai pas voulu continuer dans cette voie et risquer inévitablement d’avoir encore à avaler des couleuvres, alors que pour ce qui concerne l’écologie et la transition écologique, on ne traite pas les problèmes à la racine ! Dans ces conditions, j’ai réalisé assez rapidement que le travail d’ingénieur susceptible de m’être proposé ne pouvait pas me convenir. »
Yves décide donc en 2022 de « changer complètement d’environnement socio-professionnel » et, par affinité pour le bois, il s’engage dans la formation d’apprenti menuisier et rejoint pour un an en alternance, l’entreprise M.C.F. à La-Chapelle-sur-Furieuse (FR 39 - Jura), spécialisée dans la menuiserie, la charpente et l’ossature en bois.
Au terme d’une année « physiquement très éprouvante, au rythme très soutenu de l’entreprise », Yves obtient son CAP de menuiserie, et, il en est sûr : « A l’avenir, je veux continuer dans les métiers du bois ! »

La mission StarITPEtrek, admirative devant la force de conviction d’Yves, lui souhaite de tout cœur de se réaliser dans sa nouvelle voie professionnelle.
Il pourrait être désormais d’actualité de changer un peu certaines vieilles expressions et de parler d’un caractère taillé dans le bois dont on fait les ingénieurs… et de décerner à Yves le diplôme d’Ingénieur des Travaux Publics en Ebénisterie


Le plan de vol des semaines à venir de la mission StarITPEtrek

Semaines 35 et 36 : Orléans et le Loiret

Semaines 38 et 39 : Cahors et le Lot
Semaines 40 et 41 : Agen et le Lot-et-Garonne

 

Le commandant de bord du StarITPETrek
Serge Echantillac
Contact : [email protected] - 06 03 86 16 64