
Carnet de bord du vaisseau amiral ISS ENTerPrisE | Objectif : département des Landes (40)
Voyage 40 : En première ligne avec Notre Dame du Rugby !
En cette année 2024, il semble bien que toutes les planètes se soient mises à tourner autour de Paris et des Jeux Olympiques, et il faut avoir le pied spatial pour que votre tête elle-même ne se perde dans cette rotation effrénée !
Fort opportunément, l’ISS ENTPrisE, vaisseau amiral de la mission StarITPEtrek est arrivé en ce début juin aux abords de la planète FR 40 - Landes dont les colonies constituent des points d’ancrage territoriaux particulièrement forts d’une congrégation interplanétaire et sportive baptisée désormais “Ovalie“.
Comme il se trouve que quelques années auparavant (très peu en fait… guère plus de 50 !), son commandant de bord avait appartenu pour une courte période (et surtout quelques “troisièmes mi-temps“!) à cette congrégation, le vaisseau amiral a choisi son astro-port de manière à pouvoir explorer au plus près ce phénomène qui fut longtemps l’apanage des planètes dites “du Sud- Ouest“ de la galaxie France : le Rugby.
Et il faut se rendre à l’évidence, cette exploration a tourné assez vite au pèlerinage. En effet, les scientifiques de la mission StarITPEtrek ont eu le privilège de toucher à l’essence même de la culture rugbystique et de ressentir l’énergie quasi mystique qui poussent ses adeptes à s’étriper consciencieusement sur de vertes prairies dominicales pour conserver la possession d’un ballon ovale, bout de cuir appelé en langue Gasconne “la Beuchigue“.
Laissant de côté provisoirement les églises et les cathédrales, la mission est venue se recueillir, avant de revenir à la mêlée de la vie courante, au calme et à la sérénité de la Chapelle Notre-Dame-du-Rugby.
Identifié depuis le XIe siècle, sur une hauteur boisée de la petite colonie de Larrivière-Saint-Savin, dominant la vallée de l’Adour, le petit sanctuaire, a été restauré et voué en 1964 à l’ovalie à l’initiative de l’abbé Devert. Il perpétue plus particulièrement la mémoire de trois jeunes rugbymen landais décédés dans un accident de voiture : Jean Othats, Émile Carrère et Raymond Albaladéjo (frère de Pierre, bien connu de toute l’ovalie).
Pour s’attirer les bonnes grâces de la Vierge, les joueurs, leurs familles, leurs clubs, leurs fédérations, leurs pays etc… ont fait de nombreux dons à l’association “Les Amis de La Chapelle Notre Dame du Rugby“.
La popularité de la Chapelle s’est accrue au point qu’il a été nécessaire de construire, à proximité immédiate, une salle d’exposition qui abrite notamment plus de 400 maillots de rugby provenant de toute la galaxie France, de la nébuleuse européenne et du monde entier !
Les 4 vitraux de la Chapelle matérialisent de belle manière la ferveur qui accompagne le jeu de l’Ovalie avec “La Vierge à la touche“, “La Vierge à la mêlée“, “Le joueur blessé“ et “La Vierge aux pèlerins.
Tout à sa rigueur scientifique et peu friande des explications liées à l’intervention divine, la mission StarITPEtrek se doit malgré tout de rapporter un évènement particulièrement troublant lié à sa visite à la Chapelle Notre Dame du Rugby le 7 juin 2024.
Le lendemain, le 8 juin 2024, l’équipe de rugby du Racing Club de Vannes (FR 56 - Morbihan) est devenue, en battant celle de Grenoble (FR 38 - Isère) le premier club breton de toute l’histoire de l’Ovalie à intégrer le championnat de France masculin de l’élite rugbystique dite du “Top 14“.
Or, en reprenant ses photos du sanctuaire, la mission a immédiatement identifié, sur l’autel de la Chapelle, une écharpe bleue du RCV déposée là sans doute par un joueur ou un supporter breton.
Il ne s’agit pas de parler de miracle bien sûr, mais la mission se fait fort, à l’occasion de son passage sur FR 56, de recueillir les témoignages de la mêlée bretonne sur le ressenti d’une éventuelle présence supplémentaire en première ligne !
« Je suis Landais ! »
Didier PAULIAT est responsable des Services “Connaissance des Territoires“ et “Application du Droit des Sols“ à l’Agence Départementale d’Aide aux Collectivités Locales (ADACL 40).
Landais certes … mais Didier est d’origine auvergnate, plus précisément de la colonie d’Issoire sur la planète FR 63 - Puy-de- Dôme, où se déroulent ses scolarités primaire et secondaire. Il enchaîne par les classes préparatoires scientifiques au sein de la colonie principale de Clermont-Ferrand. [NDLR : En Ovalie donc …]
Au terme de sa prépa, Didier choisit de rejoindre la 40e promotion de l’ENTPE (1995).
« A Lyon, je restais proche de ma famille. J’ai aussi choisi l’école en raison du statut de fonctionnaire et opté pour une voie d’approfondissement “Routes“ parce que je m’intéressais aux travaux d’infrastructures particulièrement les aéroports dont le sujet me plaisait bien. J’ai réalisé mon travail de fin d’études au sein du Service Technique des Bases Aériennes (STBA) de l’Aviation Civile, à Roissy sur l’accueil des nouveaux avions gros porteurs. »
Au sortir de l’école, Didier, toujours pour ne pas trop s’éloigner de la famille, s’engage dans un domaine légèrement différent en choisissant de réaliser… un service militaire dit “Environnement“ en détachement à l’Office National des Forêts (ONF) du Puy de Dôme. « Je me pensais voué à faire des photocopies ou laver des voitures pendant quelques mois mais au contraire j’ai été chargé de concevoir un guide touristique ! » [NDLR : l’ouvrage intitulé “Les plus belles balades autour de Clermont Ferrand“ se trouve toujours au catalogue des éditions du Pélican]
Après cette expérience originale et qui restera unique dans le parcours de Didier, il rejoint en 1996 les effectifs de la DDE du Lot (FR 46) comme chef du bureau d’études “Routes nationales et départementales“. « Une très belle expérience technique dans le droit fil de ma spécialisation au cours de laquelle nous avons dû repenser les axes routiers structurants du département à cause de l’arrivée de l’autoroute A 20. Pour mes premières armes d’encadrement, je dirigeais une unité d’une vingtaine d’agents dont une quinzaine de dessinateurs ! J’ai conservé une certaine nostalgie de cette époque avant transfert des routes aux collectivités. Je crains que nous ayons globalement perdu en compétence mais aussi en gouvernance ! »
C’est en 1999 que Didier va commencer à se découvrir une vocation landaise. Alors que sa compagne trouve un job sur la planète FR 40, lui poursuit sa trajectoire routière et devient chef de la cellule “Etudes et Travaux Neufs“ au service “Routes“ de la DDE des Landes. « Les projets et les chantiers, dont la déviation d’Aire-sur-Adour, m’ont permis de découvrir le département et nous nous sommes installés sur la commune de Sainte-Foy en décidant d’acheter une maison visitée de manière impromptue lors d’un jour de grève dans la Fonction Publique. En quelque sorte, les syndicats ont décidé de ma carrière à Sainte-Foy ! »
Cela n’empêche pas le couple de faire un léger détour par l’Outre-mer en 2004 parce que « si on veut se bouger un peu, c’est maintenant ! » Didier aborde les rivages de l’océan Indien et prend le poste de chef du Pôle “Grands Projets“ en DDE de La Réunion. « Nous avons eu la chance d’y passer trois belles années aussi bien professionnellement que sur le plan personnel, mais le transfert des routes aux collectivités m’a décidé à rentrer en Métropole. »
En 2006, Didier réintègre FR 40 mais cette fois il rejoint en détachement les services du Département des Landes comme responsable du service “Stratégie et Maîtrise d’Ouvrage Routière“ à la Direction de l’Aménagement. « J’y ai retrouvé bien sûr des anciens collègues de la DDE 40 dont le directeur des Routes qui m’a recruté. Et nous nous sommes réinstallés à Sainte-Foy ! »
Didier décide de rejoindre les rangs de la Fonction Publique Territoriale en 2012, avant de rejoindre en 2014 son poste actuel. « Je suis actuellement agent du Département des Landes, mis à disposition de l’ADACL 40. Avec une vingtaine de personnes j’anime un observatoire territorial doublé d’un système d’information géographique (SIG) ainsi qu’un observatoire économique pour 11 EPCI et nous instruisons les actes ADS pour 181 communes soit environ la moitié du département. »
Pour Didier, l’ancrage landais est à ce point ferme et définitif qu’il s’est engagé en politique. Il est devenu en 2014 maire de sa commune de Sainte-Foy et depuis 2020 vice-Président de la communauté de communes de Villeneuve en Armagnac Landais. Avec un brin de malice, il précise que « pour bien débattre avec des élus, il est bien préférable d’être élu soi-même ! »
Dire que les Ingénieurs des TPE sont majoritairement très attachés au Territoire, comme ils le sont au Service Public, est, à l’évidence, un lieu commun. L’engagement sur un mandat d’élu local est moins fréquent et d’autant plus remarquable que les conditions d’exercice s’en sont considérablement dégradées et que, par les temps qui courent, un épais brouillard inter-galactique de couleur brune en assombrit la visibilité et menace l’équilibre inter-planétaire !
A l’avenir, pourquoi ne pas imaginer des ITPEA, Inventeurs d’une Transition Politique de l’Espace… Apaisée !
« À 200% pour le Service Public ! »
Agnès DANNEQUIN est cheffe du bureau “Ressource en eau“ du service “Police de l’Eau et des Milieux Aquatiques“ (SPEMA) de la DDTM des Landes à Mont-de-Marsan.
Agnès est native de la commune de Voué, une petite colonie de la planète FR 10 - Aube. Elle est de fait la première Vouzienne rencontrée par la mission StarITPEtrek dans sa quête d’espaces et de civilisations inconnus. Et chez les Vouziens, il semble bien que la zone du cerveau consacrée aux mathématiques soit particulièrement développée !
En effet, au terme de sa scolarité au sein de la colonie principale de Troyes, Agnès s’oriente vers l’université des Sciences de Reims (FR 51 - Marne) et obtient en 1996 une licence de mathématiques. « Je voulais devenir professeur de mathématiques mais, à l’époque, la filière comptait environ 900 étudiants pour très peu de postes proposés. Alors, avec mon compagnon dont la mère travaillait à VNF (Voies Navigables de France) nous avons regardé vers le ministère de l’Equipement. »
Reçus au concours d’Assistant Technique, les deux intègrent ensemble l’ENTE de Valenciennes (FR 59 - Nord) et obtiennent en 2000 le Brevet de Technicien Supérieur de l’Équipement (TSE). « L’école dispensait un large panel de formation et nous avons choisi les “Routes“ et les “VRD“ (Voirie et réseaux divers). »
Pour ses premiers postes, Agnès rejoint les rangs de la DDE de la Marne (FR 51) comme chargée de projets à la subdivision territoriale de Sézanne, puis en 2003 comme chargée d’opérations d’ingénierie publique à la subdivision territoriale de Reims. « Des postes dans la continuité de ma formation à l’ENTE et où l’ai pratiqué essentiellement la maîtrise d’oeuvre et l’assistance à maîtrise d’ouvrage pour des opérations d’infrastructures et de réseaux divers. »
La progression d’Agnès se poursuit par une réussite à l’examen professionnel de technicien supérieur principal en 2006 qui l’oriente vers un nouveau poste de chargée d’opérations en ouvrage d’art dans le service “Infrastructure Routière“ (SIR) de la Direction interdépartementale des Routes Nord (DIR Nord), site de Reims. « Un excellent poste technique pour lequel j’ai pu ressortir mes cours d’ouvrage d’art à l’ENTE ! Désormais, lorsque je passe par Reims, je revois “mes“ ponts ! »
2010 est une année déterminante puisqu’ Agnès est reçue à l’examen professionnel d’ingénieur des TPE alors que son mari l’a été également au concours d’ingénieur Territorial en 2009. Lui rejoint le Conseil Départemental des Landes et Agnès intègre la DDTM des Landes au Service des Bases Aériennes comme cheffe du service local des infrastructures (SLI) de la BA 118 à Mont-de- Marsan. « Cette affectation n’a duré que 6 mois au cours desquels j’ai encadré 50 agents provenant de ministères différents avec des missions d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour les infrastructures de la base et de maîtrise d’oeuvre pour son entretien. »
En 2011, à la suite d’une réorganisation initiée par le ministère de la Défense, Agnès devient cheffe de l’unité territoriale de Mont- de-Marsan de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC/SNIA). « Un excellent souvenir car nous avons travaillé notamment sur les bâtiments et ouvrages d’accueil des avions RAFALES sur la BA 118. Sur cette base, pendant 5 ans, je me suis vraiment “éclatée“… même si je côtoyais 90% de collègues masculins ! » Mais en 2015 la DGAC décide de regrouper ses services territoriaux à Bordeaux et Agnès, qui ne peut envisager de mobilité pour des raisons personnelles, décide de rejoindre la DDTM des Landes au poste de chargée de mission “Développement économique des territoires“ au sein du service “Aménagement et Habitat“. « Bizarrement, je n’ai pas perdu complètement contact avec la BA 118 puisque nous avons procédé à la révision de son Plan d’Exposition au Bruit ! »
En 2018, Agnès se lance dans un nouveau challenge et rejoint son poste actuel. « L’eau est un nouveau défi pour lequel il s’agit notamment d’assurer le suivi du dossier d’Autorisation Unique de Prélèvements portée par l’Organisme Unique de Gestion Collective. Un sujet réellement passionnant avec un service très solidaire, mais dans un contexte difficile et un environnement compliqué illustrés par les manifestations récentes du monde agricole. »
La mission StarITPEtrek aurait été évidemment très fière de faire atterrir l’ISS ENTPrisE sur la base aérienne 118 de Mont-de- Marsan, mais, outre qu’elle ne disposait pas vraiment des autorisations nécessaires, il lui fallait éviter à tout prix de plonger dans la déprime les pilotes de Rafale devant l’avance technologique considérable du vaisseau amiral !
Même si les missions évoluent au sein de notre ministère je n’ai pas de regrets vis-à-vis des différents postes que j’ai pu occuper. Chacun d’eux m’a permis de me remettre en question, d’enrichir mes connaissances et de découvrir des nouveaux
horizons. Et la route est encore longue.
Agnès DANNEQUIN
Le plan de vol des semaines à venir de la mission StarITPEtrek
Semaines 38 et 39 : Cahors et le Lot
Semaines 40 et 41 : Agen et le Lot-et-Garonne
