
LE PORTRAIT DU JEUDI | Luc PETITPAIN ING 2014 Chargé d’études « énergies renouvelables » au Cerema Nantes
« Réinventer la planification écologique grâce au numérique »
Aujourd'hui, retrouvez le témoignage de Luc PETITPAIN, diplômé en 2014 de l'ENTPE, actuellement chargé d’études « énergies renouvelables » au Cerema Nantes
Aménagement & Territoires : Bonjour Luc, en quelques mots qui es-tu ? et peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ?
Luc Petitpain : Fonctionnaire de la promo 59, j’ai d’abord travaillé sur le sujet du foncier et du logement social en DREAL PACA, pendant 4 ans, pour ensuite venir sur le sujet du développement des énergies renouvelables électriques (photovoltaïque notamment), toujours en DREAL, pendant 3 ans. La conjugaison de ces deux premiers postes m’a vite permis de comprendre que « transition énergétique » ne valait pas automatiquement « transition écologique » et qu’il convenait de bien prendre en compte les enjeux de consommation d’espace (le photovoltaïque, ça prend de la place et, quoi qu’on en dise, équiper les toitures ne suffira pas et les Architectes des Bâtiments de France bloquent de toute façon cette possibilité, de préservation de la biodiversité, de risques naturels et de continuité écologique. En somme, le terme d’« aménagement énergétique des territoires » me semble à propos pour définir le concept dans lequel mon travail s’est inscrit et devra s’inscrire ces prochaines années.
A&T : Comment as-tu été amené à travailler sur les sujets numériques ?
Luc : Qui dit aménagement dit cartographie. Et c’est là que le numérique entre en jeu. Le terme de « jumeaux numériques » est à la mode ces derniers temps sans que personne ne donne le même sens à ces mots. Mais c’est bien cette image que l’on convoque lorsque l’on planifie le développement des énergies renouvelables. Pour cela, trois ingrédients me semblent nécessaires.
Le premier : avoir une doctrine concertée sur la façon de développer les énergies renouvelables (ce que l’on veut, ce que l’on ne veut pas).
Deuxième ingrédient : la retranscription cartographique des choix réalisés (territorialiser les projets et visualiser l’impact de nos choix).
Troisième ingrédient : l’itération (les impacts de nos premiers choix étant sans doute discutables, la concertation doit continuer et les choix doivent être précisés).
Ces trois ingrédients ne peuvent être convenablement cuisinés sans marmite numérique. Ces trois ingrédients, nous les retrouvons aussi dans un exercice actuellement en cours : la définition des zones d’accélération pour le développement des énergies renouvelables (loi d’accélération des énergies renouvelables du 13 février 2023).
A&T : Comment les sujets numériques se traduisent-ils dans tes missions au quotidien ?
Luc : En tant que chargé d’études sur les énergies renouvelables thermiques (notamment les réseaux de chaleur et de froid) au Cerema, depuis maintenant 3 ans, j’ai la chance de participer à la construction du « portail cartographique des Énergies Renouvelables (EnR) », qui permet aux collectivités un tel exercice.
Ce portail cartographique n’est ni plus ni moins qu’une cartographie visant à regrouper, dans un même endroit, toutes les données relatives aux potentiels de développement des énergies renouvelables (infrastructures existantes, besoins énergétiques des bâtiments, enjeux environnementaux et patrimoniaux, zones de potentiels énergétiques, etc.). Il intègre par ailleurs des fonctionnalités permettant aux collectivités de dessiner, directement, au travers du portail, les zones d’accélérations pour chaque filière EnR et aux services de l’État de les instruire.
Ma contribution à ce portail passe en fait par un autre projet que je pilote : EnRezo. Il s’agit d’un projet visant à cartographier, en France hexagonale et dans les DROM, les potentiels de développement des réseaux de chaleur et de froid et donc, a fortiori, des énergies renouvelables et de récupération thermiques (solaire, géothermie, biomasse et chaleur fatale des incinérateurs et des industries). Pour ce faire, le numérique est indispensable. Car il s’agit en fait d’estimer les besoins énergétiques de plus de 30 millions de bâtiments en France, en lien avec leur configuration et leur usage ; pour les intéressés, toute la méthodologie et les bases de données sont en téléchargement : https://reseaux-chaleur.cerema.fr/espace-documentaire/enrezo.
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Retrouvez l'ensemble du témoignage dans le fichier joint en annexe.
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